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Programmes et ressources pour l'agrégation interne et externe 2025

Publié par Cécilia Fernandez le 28/04/2024

Concours interne de l'agrégation et  CAER-PA

Le programme de l'agrégation interne a été publié le 10 avril 2024.

Programme complet disponible à cette adresse

https://www.devenirenseignant.gouv.fr/les-programmes-des-concours-d-enseignants-du-second-degre-de-la-session-2025-1374

1. La poésie de Rainer Maria Rilke

  • Rainer Maria Rilke, Gedichte. Auswahl und Nachwort von Dietrich Bode, Stuttgart, Reclam, 1997. ISBN 978- 3-15-009623-9. (modifié le 18 juin 2024)

La création rilkéenne s’ancre dans le double contexte d’une existence personnelle cosmopolite et de la modernité artistique des années 1890-1920, sources l’une comme l’autre d’impulsions décisives pour le poète. Ces éléments de contextualisation devront être pris en compte dans la réflexion sur la genèse des recueils majeurs de Rilke, jalons de l’anthologie mise au programme. Surtout, on étudiera l’évolution d’un langage poétique qui ne cessa de se réinventer, depuis les textes encore épigonaux écrits en hommage à la ville de Prague (Offrande aux lares) jusqu’aux accents inconnus des Sonnets à Orphée en passant par la révolution esthétique que mettent en œuvre les Nouveaux Poèmes. Il s’agira non seulement d’identifier les spécificités formelles, génériques, motiviques et thématiques de chacun des recueils de Rilke, mais aussi de poser les grandes questions de poétique qui traversent l’ensemble du corpus. On s’intéressera ainsi au rôle de la subjectivité lyrique et à la manière dont Rilke est amené à reconfigurer ses contours ; on se penchera sur les infléchissements que subit le rapport du moi au réel, et sur la manière dont le monde des « choses » (entre autres des « choses d’art ») est appréhendé par le poète ; on dégagera de la lecture des textes les éléments qui dessinent la construction progressive de l’esthétique rilkéenne. On abordera aussi le dialogue entretenu par Rilke avec les grandes formes et modalités de l’écriture poétique telles qu’elles se sont établies dans la tradition littéraire, mais aussi avec d’autres langages artistiques. L’intérêt qu’on ne manquera pas de porter à la poétique rilkéenne du regard, nourrie d’une fréquentation intime des arts plastiques, devra être complété par une réflexion sur l’importance des rythmes et des sonorités dans la facture même des textes, sur la musicalité du discours poétique.

Pour l’explication de texte à l’oral, les poèmes ne seront pas choisis parmi les deux recueils Duineser Elegien et Sonette an Orpheus.

 

2. Gotthold Ephraim Lessing, Nathan der Weise. Ein Dramatisches Gedicht

  • Gotthold Ephraim Lessing, Nathan der Weise. Ein Dramatisches Gedicht, in fünf Aufzügen. Anm. von Peter von Düffel. 172 S. Stuttgart, Reclam, 2000. RUB 3. ISBN: 978-3-15-000003-8.

Point d’aboutissement de l’œuvre dramatique et de la pensée de G. E. Lessing, le « poème dramatique » Nathan der Weise (1779) s’ancre résolument dans les Lumières allemandes, dont il est autant un réceptacle qu’un creuset. Sur la toile de fond fortement fictionnalisée de la troisième croisade, Lessing fait agir, dialoguer, penser, débattre des personnages et permet ainsi d’appréhender, à travers la dynamique de l’échange dramatique, des concepts aussi fondamentaux que ceux de tolérance, en particulier religieuse, de fraternité entre les hommes, de perfectibilité morale, de quête inlassable de la vérité, d’humanisme et d’humanité. On s’intéressera à la genèse complexe de l’œuvre, qui permet d’en saisir plus aisément certains enjeux, notamment à la célèbre « querelle des fragments » et à la réflexion de Lessing sur la question des dogmes. On pourra également mettre l’œuvre en relation avec la réflexion que Lessing mène en parallèle avec l’évolution et le sens de l’Histoire dans Die Erziehung des Menschengeschlechts. On tentera de cerner le caractère fondamentalement novateur de cette pièce philosophique, due à un écrivain qui n’a cessé de penser la refondation du répertoire théâtral allemand. Les éléments d’intertextualité (sources avérées, mais aussi rapprochements possibles avec le théâtre – français – du XVIIIe siècle) ne seront pas négligés, de même qu’on n’omettra pas de prendre en considération les éléments de style et de diction induits par l’emploi du Blankvers. On se gardera de réduire l’œuvre à une pièce « à message » : on se penchera sur sa dramaturgie, on examinera l’articulation que construit l’auteur entre rythme dramatique et dynamisme réflexif, entre langage des émotions et débat intellectuel, entre narrativité et argumentation. On réfléchira également à la visée de cette pièce et à la manière dont elle s’adresse au public bourgeois de l’Aufklärung, à l’éducation duquel elle entend contribuer.

3. L’Allemagne, de la capitulation à la souveraineté retrouvée (1945-1955)

Le programme de civilisation englobe la décennie qui va de la capitulation du Troisième Reich le 8 mai 1945 à l’année 1955, au cours de laquelle la division de l’Allemagne en deux États antagonistes semble être définitivement scellée avec l’entrée en vigueur des accords de Paris le 5 mai 1955, précédée par la déclaration de souveraineté de la RDA par l’Union soviétique le 25 mars 1954. La réflexion s’articulera autour de deux grands axes largement interdépendants : les conséquences directes et indirectes de la Seconde Guerre mondiale d’une part, la division de l’Allemagne et l’intégration progressive de ses deux parties dans les blocs concurrents sur fond de « guerre froide » d’autre part. On étudiera la situation de l’Allemagne au lendemain de la défaite sous ses aspects économiques, sociétaux (rôle des Églises), humains (mouvements de population), politiques (zones d’occupation, blocus de Berlin), géopolitiques (questions territoriales), diplomatiques (conférence de Potsdam) et idéologiques (dénazification). On interrogera également la notion controversée de « Stunde Null », qui fait l’impasse sur les éléments de continuité avec les périodes précédentes. Parallèlement, on s’intéressera à la renaissance de la vie politique et économique dans le contexte national et international, d’abord dans le cadre des zones d’occupation puis, à partir de 1949, dans celui de la rivalité entre RFA et RDA (économie de marché versus économie planifiée, renouveau de la vie démocratique décentralisée autour de trois grands partis versus montée en puissance d’un parti unique et centralisation des pouvoirs entre les mains du bureau politique du SED, sur le modèle stalinien). On étudiera les étapes de l’intégration de la RFA dans la zone d’influence occidentale (plan Marshall, réforme monétaire, politique étrangère d’Adenauer, adhésion à l’OTAN), sans oublier que cette évolution ne passe pas uniquement par une série d’alliances économiques, politiques et militaires, mais également par l’adhésion croissante à un système de valeurs commun (« Westernisierung »), et, parallèlement, les étapes de l’inclusion de la RDA dans le bloc de l’Est comme de l’imprégnation (volontaire ou forcée) de l’État est-allemand par l’idéologie soviétique (adhésion au COMECOM, rôle de la Stasi, soulèvement du 17 juin 1953, adhésion au pacte de Varsovie). 

Il n’y a pas cette année de recueil au programme. À titre indicatif, les candidats pourront se reporter aux sources suivantes : https://germanhistorydocs.ghi-dc.org/sub_docs.cfm?section_id=14&language=german

 

Sur la Clé des langues:

 

Concours externe de l'agrégation

Le programme de l'agrégation externe a été publié le 10 avril 2024.

Programme complet disponible sous le lien suivant

https://www.devenirenseignant.gouv.fr/les-programmes-des-concours-d-enseignants-du-second-degre-de-la-session-2025-1374

 

ÉCRIT : tronc commun

1. Historia von D. Johann Fausten

  • Historia von D. Johann Fausten. Text des Druckes von 1587. Kritische Ausgabe. Hrsg. von Stephan Füssel und Hans Joachim Kreutzer, Stuttgart, Reclam, 1999. 352 p. (RUB 1516. ISBN: 978-3-15-001516-2).

L’Historia est un texte matriciel de la culture européenne dont la riche postérité a cependant occulté le souvenir. Il s’agit d’une œuvre d’une grande ampleur thématique, où la dimension récréative côtoie l’édification morale et la controverse théologique. Agrégat romanesque de sources multiples, cette œuvre composite et compilatoire n’en est pas moins fortement structurée par un dessein confessionnel et moral. On s’interrogera sur le régime de vérité de l’Historia qui se donne pour la biographie d’un savant de la Renaissance, sur son statut générique entre factualité et fictionnalité. Le récit reprend et déjoue en même temps les attendus des Prosaromane des XVe et XVIe siècles marqués par un onirisme aventurier et facétieux. Le texte, empreint de dialogisme, traversé de multiples discours (notamment misogyne, démonologique, magique, géographique), illustre le changement de paradigme du savoir au cours de la Première Modernité, la confrontation de la scolastique et de l’empirisme, et se fait le miroir autant des disputes théologiques de l’époque sur les questions du libre arbitre ou du salut que de la disciplinarisation sociale à l’ère de la confessionnalisation. Une attention particulière sera portée aux phénomènes d’intertextualité, implicites et explicites, qu’il s’agisse du substrat biblique ou de références scientifiques et littéraires, ainsi qu’à la construction à la fois dramaturgique, narrative et homilétique de l’œuvre, à ses ressorts picaresques, comiques ou parodiques. On étudiera la place de l’Historia dans le débat intra- et interconfessionnel, comment elle éclaire notamment la polémique au sein du camp luthérien après la mort du Réformateur.

2. Gotthold Ephraim Lessing: Nathan der Weise. Ein Dramatisches Gedicht

  • Gotthold Ephraim Lessing, Nathan der Weise. Ein Dramatisches Gedicht, in fünf Aufzügen. Anm. von Peter von Düffel, Stuttgart, Reclam, 2000. 172 p. (RUB 3. ISBN: 978-3-15-000003-8).

Point d’aboutissement de l’œuvre dramatique et de la pensée de G. E. Lessing, le « poème dramatique » Nathan der Weise (1779) s’ancre résolument dans les Lumières allemandes, dont il est autant un réceptacle qu’un creuset. Sur la toile de fond fortement fictionnalisée de la troisième croisade, Lessing fait agir, dialoguer, penser, débattre des personnages et permet ainsi d’appréhender, à travers la dynamique de l’échange dramatique, des concepts aussi fondamentaux que ceux de tolérance, en particulier religieuse, de fraternité entre les hommes, de perfectibilité morale, de quête inlassable de la vérité, d’humanisme et d’humanité. On s’intéressera à la genèse complexe de l’œuvre, qui permet d’en saisir plus aisément certains enjeux, notamment à la célèbre « querelle des fragments » et à la réflexion de Lessing sur la question des dogmes. On pourra également mettre l’œuvre en relation avec la réflexion que Lessing mène en parallèle avec l’évolution et le sens de l’Histoire dans Die Erziehung des Menschengeschlechts. On tentera de cerner le caractère fondamentalement novateur de cette pièce philosophique, due à un écrivain qui n’a cessé de penser la refondation du répertoire théâtral allemand. Les éléments d’intertextualité (sources avérées, mais aussi rapprochements possibles avec le théâtre – français – du XVIIIe siècle) ne seront pas négligés, de même qu’on n’omettra pas de prendre en considération les éléments de style et de diction induits par l’emploi du Blankvers. On se gardera de réduire l’œuvre à une pièce « à message » : on se penchera sur sa dramaturgie, on examinera l’articulation que construit l’auteur entre rythme dramatique et dynamisme réflexif, entre langage des émotions et débat intellectuel, entre narrativité et argumentation. On réfléchira également à la visée de cette pièce et à la manière dont elle s’adresse au public bourgeois de l’Aufklärung, à l’éducation duquel elle entend contribuer.

3. L’Allemagne, de la capitulation à la souveraineté retrouvée (1945-1955)

Le programme de civilisation englobe la décennie qui va de la capitulation du Troisième Reich le 8 mai 1945 à l’année 1955, au cours de laquelle la division de l’Allemagne en deux États antagonistes semble être définitivement scellée avec l’entrée en vigueur des accords de Paris le 5 mai 1955, précédée par la déclaration de souveraineté de la RDA par l’Union soviétique le 25 mars 1954. La réflexion s’articulera autour de deux grands axes largement interdépendants : les conséquences directes et indirectes de la Seconde Guerre mondiale d’une part, la division de l’Allemagne et l’intégration progressive de ses deux parties dans les blocs concurrents sur fond de « guerre froide » d’autre part. On étudiera la situation de l’Allemagne au lendemain de la défaite sous ses aspects économiques, sociétaux (rôle des Églises), humains (mouvements de population), politiques (zones d’occupation, blocus de Berlin), géopolitiques (questions territoriales), diplomatiques (conférence de Potsdam) et idéologiques (dénazification). On interrogera également la notion controversée de « Stunde Null », qui fait l’impasse sur les éléments de continuité avec les périodes précédentes. Parallèlement, on s’intéressera à la renaissance de la vie politique et économique dans le contexte national et international, d’abord dans le cadre des zones d’occupation puis, à partir de 1949, dans celui de la rivalité entre RFA et RDA (économie de marché versus économie planifiée, renouveau de la vie démocratique décentralisée autour de trois grands partis versus montée en puissance d’un parti unique et centralisation des pouvoirs entre les mains du bureau politique du SED, sur le modèle stalinien). On étudiera les étapes de l’intégration de la RFA dans la zone d’influence occidentale (plan Marshall, réforme monétaire, politique étrangère d’Adenauer, adhésion à l’OTAN), sans oublier que cette évolution ne passe pas uniquement par une série d’alliances économiques, politiques et militaires, mais également par l’adhésion croissante à un système de valeurs commun (« Westernisierung »), et, parallèlement, les étapes de l’inclusion de la RDA dans le bloc de l’Est comme de l’imprégnation (volontaire ou forcée) de l’État est-allemand par l’idéologie soviétique (adhésion au COMECOM, rôle de la Stasi, soulèvement du 17 juin 1953, adhésion au pacte de Varsovie).

Il n’y a pas cette année de recueil au programme. À titre indicatif, les candidats pourront se reporter aux sources suivantes : https://germanhistorydocs.ghi-dc.org/sub_docs.cfm?section_id=14&language=german

Bibliographie indicative :

Deutsche Geschichte in Quellen und Darstellung, Bd. 10: Besatzungszeit Bundesrepublik und DDR 1945- 1969, Stuttgart, Reclam,1998.

Horst Möller: Deutsche Geschichte – die letzten hundert Jahre. Von Krieg und Diktatur zu Frieden und Demokratie. München, Piper, 2022.

Le jury se réserve la possibilité de proposer à l’épreuve d’admission d’explication de texte d’autres textes relatifs à la thématique et à la période considérées que ceux disponibles en ligne.

4. La poésie de Rainer Maria Rilke

  • Rainer Maria Rilke, Gedichte. Auswahl und Nachwort von Dietrich Bode, Stuttgart, Reclam, 1997 (RUB 9623. ISBN 978-3-15-009623-9)

La création rilkéenne s’ancre dans le double contexte d’une existence personnelle cosmopolite et de la modernité artistique des années 1890-1920, sources l’une comme l’autre d’impulsions décisives pour le poète. Ces éléments de contextualisation devront être pris en compte dans la réflexion sur la genèse des recueils majeurs de Rilke, jalons de l’anthologie mise au programme. Surtout, on étudiera l’évolution d’un langage poétique qui ne cessa de se réinventer, depuis les textes encore épigonaux écrits en hommage à la ville de Prague (Offrande aux lares) jusqu’aux accents inconnus des Sonnets à Orphée en passant par la révolution esthétique que mettent en oeuvre les Nouveaux Poèmes. Il s’agira non seulement d’identifier les spécificités formelles, génériques, motiviques et thématiques de chacun des recueils de Rilke, mais aussi de poser les grandes questions de poétique qui traversent l’ensemble du corpus. On s’intéressera ainsi au rôle de la subjectivité lyrique et à la manière dont Rilke est amené à reconfigurer ses contours ; on se penchera sur les infléchissements que subit le rapport du moi au réel, et sur la manière dont le monde des « choses » (entre autres des « choses d’art ») est appréhendé par le poète ; on dégagera de la lecture des textes les éléments qui dessinent la construction progressive de l’esthétique rilkéenne. On abordera aussi le dialogue entretenu par Rilke avec les grandes formes et modalités de l’écriture poétique telles qu’elles se sont établies dans la tradition littéraire, mais aussi avec d’autres langages artistiques. L’intérêt qu’on ne manquera pas de porter à la poétique rilkéenne du regard, nourrie d’une fréquentation intime des arts plastiques, devra être complété par une réflexion sur l’importance des rythmes et des sonorités dans la facture même des textes, sur la musicalité du discours poétique.

5. Johann Gottlieb Fichte : Reden an die deutsche Nation

  • Johann Gottlieb Fichte, Reden an die deutsche Nation. Herausgegeben von Alexander Aichele, Hamburg, Meiner, 2008 [Philosophische Bibliothek 588] (ISBN 978-3-7873-1856-8)

Les Discours à la nation allemande de Johann Gottlieb Fichte sont un texte essentiel et fondateur pour la compréhension de la conception allemande de la nation. En mettant l'accent sur la manière dont se conjuguent les notions de patriotisme, de peuple et celles de langue, de culture et d'éducation, on explorera la conception de la nation allemande élaborée par Fichte. Une attention particulière sera apportée aux notions d’universalisme, d’organicisme et d’identité culturelle. Cela donnera l’occasion de se pencher sur la réception fichtéenne de Kant et des Lumières ainsi que de Machiavel. L'étude du texte tiendra compte du contexte historique de la défaite de la Prusse devant les armées napoléoniennes et de la réception des idées majeures de la Révolution française dans les réflexions de Fichte sur l'identité nationale. Les conceptions de l’Europe et de l’Allemagne qui sous-tendent le texte devront également être prises en compte et articulées avec une réflexion sur le diagnostic porté par Fichte quant au « retard » de l’Allemagne par rapport aux autres nations.

 

Sur la Clé des langues:

 

ORAL : options

Option A - littérature : Lutz Seiler, Kruso. Roman (2014)

  • Lutz Seiler, Kruso, Berlin, Suhrkamp, 2024 [suhrkamp taschenbuch 4630] (ISBN 978-3-518-46630-8)

Né en RDA en 1963, Lutz Seiler publie, presque vingt après la parution de son premier recueil de poésie, son roman-monde Kruso. Recentrée essentiellement sur l’île de Hiddensee et les mois qui vont de l’été 1989 à la chute du Mur, l’action propose un retour narratif décalé sur l’histoire de la RDA en partant de ses marges. On étudiera le contexte spatial, historique, politique et sociologique de l’intrigue : notamment le rôle de l’île de Hiddensee, de sa topographie particulière, de son histoire, qui mène au coeur des débats politiques et culturels en RDA (concernant en particulier la contre-culture). Au-delà de cet ancrage historique et des nombreux « biographèmes » qui encouragent à une lecture intratextuelle, il s’agira de réfléchir à la valeur métaphorique de l’île et de ses naufragés, à la stratification des thèmes investis, à la complexité des personnages qui gravitent autour de Kruso et des rituels du Klausner ainsi qu’à l’originalité de la forme de ce roman qui interroge les liens entre récit et mémoire, individuelle et collective (voir aussi les phénomènes d’intermédialité : photographies, cartes, radio, musique). Les références littéraires (de Defoe et Shakespeare à Plenzdorf en passant par Rimbaud et la modernité poétique), la structure polymorphe du récit (fragmentation, changement de perspective, récit documentaire des noyés, victimes oubliées de la RDA, en lisière du roman, réalisme magique, poésie…), les nombreux passages poétologiques et méta-poétiques en font aussi un grand roman de formation esthétique, politique et sentimentale (en tant que genre littéraire permettant ici également une réflexion sur les représentations du masculin et du féminin), dont les racines remontent au moins au romantisme allemand et à sa fortune particulière en RDA. Ainsi, tant pour Ed que pour Kruso, la poésie joue un rôle existentiel ; liée à la perte et au deuil, elle est aussi moyen de résistance individuelle et collective.

Option B - civilisation : L’unité allemande et la République de Berlin (1990-2005)

La question de civilisation porte sur la phase de transformation qui commence à la fin de la guerre froide, en 1990, avec l’avènement de la « nouvelle » République fédérale, acté par la signature de traités (Union monétaire, économique et sociale, Traité d’unification, Traité de Moscou avec les alliés) entre la République fédérale d’Allemagne (RFA) et la République démocratique allemande (RDA) ; elle se clôt sur l’année 2005 et l’accession de la chrétienne-démocrate Angela Merkel à la Chancellerie, signe du renouveau et d’une féminisation notoire de la politique.

L’unité allemande sera étudiée à travers les mutations institutionnelles liées d’une part à l’adhésion de la RDA au « domaine d’application de la Loi fondamentale » (mise en place des structures étatiques de la RFA à l’Est, remplacement des anciennes élites de RDA) et d’autre part au transfert de la capitale de Bonn à Berlin au cours des années 1990. La réflexion portera également sur les enjeux économiques et sociaux de l’unité allemande, notamment dans les « Nouveaux Länder » où l’économie s’effondre après leur intégration dans l’économie de marché et la privatisation à marche forcée de leur tissu industriel. On questionnera l’action de la « Treuhand » et l’impact de la libéralisation sur ces territoires (chômage de masse, délitement du lien social, perte de repère identitaire).

Les réflexions porteront en outre sur le passage de l’ère Kohl à l’ère Schröder et sur les reconfigurations que connaît alors la culture politique (émergence du PDS et plus tard de la WASG, montée de l’extrême droite à l’échelle régionale, affaire des caisses noires à la CDU). L’instauration de la première coalition rouge-verte à l’échelle fédérale, en 1998, retiendra tout particulièrement l’attention. Afin de relever les défis intérieurs et extérieurs, la nouvelle coalition opère d’importants revirements politiques : avec une économie fortement éprouvée, elle doit ajuster sa politique économique et sociale (Agenda 2010, lois Hartz). La nouvelle situation géopolitique la force, de plus, à revoir les paradigmes de sa politique étrangère et de défense. On tiendra donc également compte de la nouvelle place de l’Allemagne en Europe et dans le monde face à la globalisation et aux guerres (notamment la guerre du Kosovo, d’Afghanistan et d’Irak) qui surviennent avant et après le 11 septembre 2001.

Bibliographie indicative

  • Edgar Wolfrum, Der Aufsteiger. Eine Geschichte Deutschlands von 1990 bis heute, Stuttgart Klett-Cotta, 2020.
  • Edgar Wolfrum, Rot-Grün an der Macht. Deutschland 1998-2005. München, C. H. Beck, 2013.
  • Manfred Görtemaker, Die Berliner Republik. Wiedervereinigung und Neuorientierung, Bonn, Bundeszentrale für politische Bildung, 2009.
  • Hartmut Jäckel (dir.), Die neue Bundesrepublik, Baden-Baden, Nomos, 1994.

Option C - linguistique : Les prépositions et les groupes prépositionnels

Dans la description grammaticale de l’allemand, les prépositions constituent une classe de mots relativement bien délimitée. Élément invariable, la préposition se distingue des autres mots grammaticaux par le fait qu’elle constitue la base d’un groupe syntaxique (« groupe prépositionnel »), ayant pour membre un groupe nominal (mit meiner Schwester), un élément pronominalisé (mit ihr, darauf), un adverbe (nach unten) ou un groupe infinitif (um meinen Bruder zu besuchen) ; elle régit par ailleurs un – voire deux – cas, propriété qui la rend emblématique des difficultés d’apprentissage que pose l’allemand, et soulève la question du statut de als et wie.

Sur le plan morphologique, les prépositions peuvent être simples (von, bis, zu), complexes (aufgrund, angesichts) ou se présenter sous la forme de locutions (in Anbetracht, auf der Grundlage). Elles peuvent intervenir dans la formation lexicale des noms (Mitbürger), des verbes (aufmachen), des adverbes (inzwischen, mitunter), des formes en da- (dadurch) et wo- (worauf), des conjonctions (damit), etc. Sur le plan syntaxique, on s’intéressera entre autres aux combinaisons de prépositions (Haftstrafen von bis zu zwölf Jahren), à l’emploi des groupes prépositionnels comme circonstants (auf dem Schulhof spielen), compléments de verbes, de noms ou d’adjectifs contraints (auf etwas warten, das Interesse an etwas, auf etwas stolz) ou libres (auf, über, unter dem Tisch liegen), ou encore comme membres plus ou moins figés de locutions à verbe support (jemand ~ etwas zu Grabe tragen) ; les groupes prépositionnels peuvent fonctionner également comme énoncés autonomes (Bis Montag!) ou, à la suite d’ellipses, comme éléments adverbiaux (Willst du den Film mit anschauen?), parfois membres de phrasèmes (Die Zeit ist um ; oben ohne ; durch und durch). On s’intéressera également au choix du cas, à la question de l’amalgame avec l’article (am, im, aufs), à celle de la délimitation entre la préposition et la particule verbale, à la concurrence avec les autres manières de marquer les liens syntaxico-sémantiques (das Haus von meinem Bruder ~ das Haus meines Bruders), ainsi qu’aux faits de linéarisation.

L’étude de ces aspects morphosyntaxiques sera mise en relation avec la valeur sémantique et le fonctionnement discursif des prépositions et groupes prépositionnels en contexte. Ce faisant, on tiendra compte des nuances sémantiques (über/von etwas sprechen, eine Debatte über/um etwas), des faits de variation, qu’ils relèvent de la variation régionale (par exemple innert ‘dans l’espace de’, ob ‘au-dessus de’ en Suisse et en Autriche), du registre (samt et nebst dans un registre soutenu, binnen dans un registre administratif), du medium écrit ou oral (qu’il s’agisse d’oral spontané ou représenté, cf. la dislocation da kann ich nichts für), de la diachronie (si la préposition wider figure dans certaines locutions telles que wider Erwarten et wider Willen, elle n’est plus employée spontanément dans l’usage courant). On envisagera enfin les hésitations fréquentes de la part de germanophones (« Zweifelsfälle »), qui correspondent souvent à des changements linguistiques en cours. On pourra ainsi examiner le choix entre als et wie dans le domaine de la comparaison (größer als ~ wie), les hésitations graphiques (zugunsten ~ zu Gunsten), casuelles (wegen des Regens ~ dem Regen ; trotz Beweise ~ Beweisen) ou encore celles liées à l’emploi d’une coordination (mit und ohne Kinder ~ Kindern).

Sur la Clé des langues:

 

Pour citer cette ressource :

"Programmes et ressources pour l'agrégation interne et externe 2025", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), avril 2024. Consulté le 25/06/2024. URL: https://cle.ens-lyon.fr/allemand/se-former/programmes-des-concours/programmes-et-ressources-pour-lagregation-interne-et-externe-2025