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Evolution de la poésie féminine costaricienne à travers trois poètes: Eunice Odio, Julieta Dobles, Ana Istarú

Par Lucie Dudreuil : Etudiante - ENS de Lyon
Publié par Christine Bini le 14/09/2010
Présentation de l'évolution de la poésie féminine costaricienne à travers trois poétesses significatives.

Eunice Odio, Julieta Dobles et Ana Istarú sont trois poètes costariciennes qui correspondent chacune à une période importante de l'évolution de la poésie féminine costaricienne. Eunice Odio correspond à l'étape fondatrice et de rupture par rapport à la poésie traditionnelle en réussissant le pari d'intégrer à la poésie costaricienne les innovations de l'avant-garde. Julieta Dobles appartient au second mouvement qui accorde une grande importance aux problématiques sociales. Elle développe une poésie du quotidien et de l'espérance où elle opère une redéfinition positive de la femme à travers une réinterprétation de certains textes et mythes fondateurs. Ana Istarú, quant à elle, brise certains tabous. L'érotisme désinhibé de sa poésie concède au sujet poétique féminin une libération totale.  

Introduction

Eunice Odio, Julieta Dobles et Ana Istarú sont trois poètes costariciennes qui correspondent chacune à une période importante de l'évolution de la poésie féminine costaricienne. Eunice Odio correspond à l'étape fondatrice et de rupture par rapport à la poésie traditionnelle en réussissant le pari d'intégrer à la poésie costaricienne les innovations de l'avant-garde. Julieta Dobles appartient au second mouvement qui accorde une grande importance aux problématiques sociales. Elle développe une poésie du quotidien et de l'espérance où elle opère une redéfinition positive de la femme à travers une réinterprétation de certains textes et mythes fondateurs. Ana Istarú, quant à elle, brise certains tabous. L'érotisme désinhibé de sa poésie concède au sujet poétique féminin une libération totale.  

Eunice Odio : Anticonformisme et poésie métaphysique

Eunice Odio (1922-1974) présente un parcours de vie plutôt atypique si on la replace dans la société patriarcale costaricienne des années 50. En 1938, elle se marie à 16 ans mais, trois ans plus tard en 1941, elle rompt le mariage et n'aura jamais d'enfant. En 1948, elle s'éloigne de ses compatriotes qu'elle surnomme « costarrisibles » parce qu'elle les juge trop conformistes. A cette occasion elle part vivre au Guatemala où elle obtient la citoyenneté guatémaltèque. Puis, en 1962, elle opte pour la nationalité mexicaine. Elle vivra au Mexique jusqu'à sa mort. Depuis son enfance, sa personnalité problématique et son goût pour la solitude la conduisent à fuguer dans les rues de la capitale costaricienne. Cette instabilité va se traduire tout au long de sa vie par des changements constants d'identité et l'utilisation de divers pseudonymes tel que Catalina Mariel. Son tempérament et son parcours pour le moins original la pousse à se couper du monde. Peu à peu, elle sombre dans l'alcoolisme et la pauvreté. Le 23 de mars 1974, on annonce dans la presse la mort d'Eunice Odio à l'âge de 52 ans dans la ville de Mexico. L'article raconte que son cadavre est découvert en état de putréfaction environ 8 à 10 jours après sa mort. La solitude dans la quelle elle meurt forge chez les critiques l'image d'une « poète maudite ». Même si elle reçoit le plus prestigieux prix de poésie centraméricain, le 15 Septembre 1947 avec son premier recueil, Los elementos terrestres, son œuvre poétique reste méconnue de son vivant et c'est seulement récemment, dans les années 80, que l'on redécouvre et revalorise son œuvre. Dans l'évolution de la poésie féminine costaricienne Los elementos terrestres occupe une place fondamentale. Cette œuvre initiale démontre une volonté d'intégrer à la poésie costaricienne les mouvements d'avant-garde et du surréalisme européen. On y perçoit une rénovation et une inversion des rôles de l'homme et de la femme dans la relation amoureuse en rupture avec la poésie traditionnelle et les tabous patriarcaux. La femme devient sujet poétique et dans le poème suivant elle invite même l'homme aimé aux plaisirs de la chair.  

Posesión en el sueño

Ven Amado Te probaré con alegría. Te soñaré conmigo esta noche. Tu cuerpo acabará donde comience para mí la hora de tu fertilidad y tu agonía; y porque somos llenos de congoja mi amor por ti ha nacido con tu pecho, es que te amo en principio por tu boca. Ven Comeremos en el sitio de mi alma. [...].  

Possession dans le rêve

« Viens Amant Je te goûterai avec joie. Je te rêverai avec moi cette nuit. Ton corps finira où commence pour moi l'heure de ta fertilité et de ton agonie ; et parce que nous sommes plein d'angoisse mon amour pour toi est né avec ton torse, c'est que je t'aime d'abord pour ta bouche. Viens Nous mangerons à l'endroit de mon âme. [...] »   Elle introduit l'érotisme, thème clé de l'avant-garde costaricienne, exprime et revendique ainsi les plaisirs de l'amour au féminin comme on peut le constater dans le poème « Consumación », poème du recueil Los elementos terrestres.

Consumación

[...] Luego, mi amor bajo tu voz resbala, Mi sexo como el mundo diluvia y tiene pájaros, Y me estallan al pecho palomas y desnudos. [...].  

Consumation

« [...] Ensuite, mon amour sous ta voix glisse, Mon sexe comme le monde pleut à torrents et contient des oiseaux, Et m'éclatent à la poitrine des colombes et des nus. [...] ».

Eunice Odio propose une poésie de rupture qui déclare la guerre aux formes d'expression modernistes, à la conception machiste de la société et inaugure des procédés littéraires qui chamboulent les modes d'expression et les rôles traditionnels. Elle apparaît ainsi comme une pionnière dans l'évolution de la poésie féminine costaricienne et influence la production lyrique postérieure.

Oeuvre

Poésie

Los elementos terrestres, 1948. Zona en territorio del alba, 1953. Une bonne partie de sa poésie inédite est intégrée dans l'édition de ses œuvres complètes: Obras completas, 1996 (3 tomes). Il existe également deux ouvrages qui proposent une sélection de poèmes : Territorio del alba y otros poemas, 1974 et Antología, rescate de una gran poeta, 1975.  

Prose

El rastro de la mariposa, 1970. En defensa del castellano, 1970.

Julieta Dobles : Optimisme et poésie sociale

Julieta Dobles est une poète reconnue au Costa Rica et en Amérique Centrale. En effet, elle a gagné à cinq reprises le prix littéraire de poésie costaricienne, el Premio Nacional Aquileo J. Echeverría. Elle a remporté également le Premio Editorial Costa Rica, en 1976, avec son recueil Los pasos terrestres et le Primer Accésit du Premio Adonais avec Hora de lejanías, (Madrid, 1981). Julieta Dobles Izaguirre naît le 11 mars 1943 à San José et elle dédie sa vie à la langue et à la littérature hispanique. Elle est co-coordinatrice de l'atelier des poètes costariciens « el Taller Literario del Círculo de Poetas Costarricenses », de 1967 à 1978. Elle travaille comme professeur de Littérature, Communication et Langue dans l'école des études générales de l'Université du Costa Rica (UCR) depuis 1990 et elle fait partie de l'Académie Costaricienne de la Langue (équivalent de la Real Academia española au Costa Rica). Elle détient également une formation scientifique. Le parcours de Julieta Dobles révèle un enthousiasme pour tous les aspects de la vie et un amour pour la connaissance. A ce propos Alberto Baeza Flores compare la trajectoire d'Eunice Odio et de Julieta Dobles et il distingue bien leur attitude respective face à la vie « Eunice Odio est l'exploratrice solitaire, la voyageuse à travers les grands mondes de l'angoisse de vivre [...]. Julieta Dobles est la vocation fervente de vivre ». Sa conception d'une vie intense et passionnelle va avoir une influence notable dans toute son œuvre. C'est notamment son amour de la vie qui la pousse à développer une poésie d'exploration du quotidien. Le poème suivant intitulé « Retrato cotidiano » et appartenant au recueil Los pasos terrestres constitue un exemple révélateur de cette poésie. La femme est célébrée dans ces actions quotidiennes avec la métaphore de la main créatrice.  

Retrato cotidiano

Mujer, al lado de tus manos acalladas, diligentes, donde se amasa el sol y el alimento rezuma su calor, donde surgen temblando las begonias y la frágil blancura de las sábanas, mis manos se me antojan torpes platos vacíos.  [...].

Portrait quotidien

« Femme, à coté de tes mains silencieuses, appliquées, où s'amasse le soleil et où l'aliment dégage sa chaleur, où surgissent en tremblant les bégonias et la fragile blancheur des draps, mes mains ont l'air de maladroites assiettes vides. [...] ». Julieta Dobles, sous l'influence de la poésie sociale qu'a initié Jorge Debravo dans les années 60.produit une poésie placée sous le signe de l'espérance où la femme revendique son droit à la parole et à la création littéraire. Los delitos de Pandora est un recueil de Julieta Dobles entièrement consacré à la question des femmes. Elle y réinterprète le mythe de Pandore et le texte fondateur de la Genèse pour donner une image positive de la femme. « Último aquelarre » est l'un des poèmes du recueil qui exemplifie le mieux cette volonté de mettre en avant les femmes et leur créativité.

Último aquelarre

Hemos venido todas las de las manos mágicas. tú nos has conjurado, y al exacto poder de la palabra nos hemos reunido, como antaño, en la noche de la luna silente y del calor del fuego receloso.

Dernier sabbat

« Nous sommes toutes venues celles qui ont les mains magiques. tu nous as conjuré, et à l'exacte pouvoir de la parole nous nous sommes réunies comme autrefois, dans la nuit de la lune silencieuse et de la chaleur du feu méfiant.

Dans l'évolution de la poésie féminine costaricienne Julieta Dobles se situe dans la continuation de la brèche ouverte par Eunice Odio. Mais sa poésie acquiert un ton beaucoup plus dénonciateur en se centrant sur des problématiques sociales. Elle intègre cependant les notions d'espérance dans le futur et de solidarité ce qui conduit Alberto Baeza Flores à affirmer dans son livre intitulé Evolución de la poesía costarricense que « Dans la poésie féminine de l'aire, il n'y a pas de voix lyriques aussi profondes, aussi tendres et radieuses, aussi délicates et à la fois enracinées dans l'humain, dans la vocation fervente de vivre, que dans Julieta Dobles. »

Oeuvre

Essais

Poesía contra poesía, 1970. Manifiesto trascendentalista, 1977.  

Poésie

Reloj de siempre, 1965. El peso vivo, 1968. Los pasos terrestres, 1976. Hora de lejanías, 1982. Los delitos de Pandora, 1987. Una viajera demasiado azul, 1990. Amar en Jerusalén, 1992. Costa Rica poema a poema, 1997. Poemas para arrepentidos, 2003. Casas de la memoria, 2004. Fotografías fuera de álbum, 2005. Cartas para Camila, 2006. Hojas furtivas, 2007.

Ana Istarú : Provocation et poésie de rupture

Ana Istarú est une des poètes Centre-américaines les plus connues et respectées actuellement. Elle a obtenu des prix prestigieux pour la qualité de son œuvre littéraire comme le Premio Certamen Latinoamericano EDUCA pour son recueil La estación de fiebre, en 1983, ou le Premio Joven Creación de la Editorial Costa Rica, en 1977, et le Premio Nacional de la Meilleure Actrice Débutante, en 1980. Elle utilise un pseudonyme et à son sujet elle déclare dans une interview « La entrevista vive », en mars 1976: « Mon nom est Ana Soto Marín, et le publier n'a que peu d'importance, car comme je l'ai déjà dit Ana Istarú est un symbole, un nom littéraire ». Elle l'a choisi parce que c'est, ajoute t-elle: « un nom totalement costaricien » et une manière « de revivre les racines de notre passé indigène ». Contrairement à Eunice Odio, Ana Istarú revendique fièrement ses origines costariciennes en faisant références au passé le plus ancien et profond du pays. Elle naît à San José en 1960. Elle fait des études de philologie et d'arts dramatiques à l'Université du Costa Rica. Elle est influencée par les idées féministes transmises par sa mère et par ses lectures, plus particulièrement, celles de l'œuvre de Juana de Ibarbourou. Son père écrit de la poésie. Ana Istarú est élevée dans un environnement favorable aux lettres.et entre dans le monde littéraire de manière précoce. A 15 ans, elle publie son premier recueil de poésie, Palabra Nueva. Ana Istarú aborde principalement dans ses œuvres la thématique de l'amour. Elle énonce dans « La entrevista vive » qu'elle écrit: « sur l'amour et sur les détails intimes de [sa] vie, les sentiments qu'[elle] garde ». Son œuvre et, plus particulièrement, La estacion de fiebre, son recueil majeur qui a connu un grand succès en Amérique Centrale, constitue une « révolution » de la poésie amoureuse et érotique costaricienne. Ana Istarú est la « palabra nueva » de la poésie costaricienne, pour reprendre le titre de son premier recueil publié en 1975. Elle expose la situation d'oppression que vit la femme dans les sociétés machistes et à ce sujet elle dit dans une rencontre organisée par les Belles Etrangères : « Je prétends combattre une morale conservatrice et puritaine en la transgressant à travers la poésie et en proposant une mission différente de la sexualité ». La poésie d'Ana Istarú ne peut pas être réduite à une pure et simple critique du machisme, elle célèbre les corps, les désirs et les parties les plus érotiques du corps féminin qui se transforment en armes libératrices. Ceci est nettement perceptible dans le poème suivant extrait de son recueil La estación de fiebre.

Poema III

[...] Porque tomo la punta de mis senos, campanitas de agudísimo hierro y destierro este himen puntual que me amordaza en escozor machista y en larga lista de herencia colonial. Yo borro este tratado de los cráneos, con ira de quetzal lo aniquilo, con militar sigilo lo muerdo y pulverizo, como a un muerto ajado e indeciso lo mato y lo remato con mi sexo abierto y rojo, manojo cardinal de la alegría, desde esta América encarnada y encendida, mi América de rabia, la Central.

Poème III

« [...] Parce que je prends la pointe de mes seins, petites cloches en fer très pointu et je déterre cet hymen précis qui me bâillonne dans une douleur machiste et dans une longue liste d'héritage colonial. Moi, j'efface ce traité des crânes, Avec une colère de quetzal Je l'anéantis, Avec une discrétion militaire je le mords et le pulvérise, comme un mort abattu et indécis je le tue et l'achève avec mon sexe ouvert et rouge, bouquet cardinal de la joie, depuis cette Amérique écarlate et enflammée mon Amérique de rage, la Centrale. » La poésie d'Ana Istarú n'enferme pas l'homme dans son rôle d'oppresseur. Elle expose une vision égalitaire des relations entre les hommes et les femmes. D'ailleurs dans le poème qui suit l'homme aimé est présenté comme un exemple de tolérance et de respect.

Poema XXIX

No está sentado a la derecha. No me prohíbe ni me arrasa ni me encierra. No tuvo un látigo, no sabe de la cuerda. No prende al negro. No sucumben sus pies en unas botas. No juzgaría a aquel gorrión innecesario. [...].  

Poème XXIX

« Il n'est pas assis à ma droite. Il ne m'interdit pas, ni ne me détruit, ni ne m'enferme. Il n'a pas eu de fouet, il ne s'y connaît pas en matière de corde. Il n'arrête pas les noirs. Ses pieds ne supportent pas les bottes. Il ne jugerait pas ce moineau inutile. Sa poésie intimiste, énergique et pleine d'espérance célèbre les corps aussi bien féminins que masculins à travers un érotisme provocateur et libérateur. Dans le recueil La estación de fiebre, les descriptions des parties les plus érotiques du corps féminins comme le clitoris ou le vagin et masculin comme le sexe symbolisent le climax amoureux. La poésie d'Ana Istarú occupe une place centrale dans la poésie costaricienne contemporaine et dans l'évolution de la poésie féminine costaricienne elle représente le dernier mouvement de rupture jusqu'à aujourd'hui. Elle exalte la femme, son corps et sa fonction créatrice avec un langage érotique, une attitude critique, ironique, parodique et parfois provocante.  

Oeuvre

Poésie

Palabra nueva, 1975. Poemas para un día cualquiera, 1977. Poemas abiertos y otros amaneceres, 1980. La estación de fiebre, 1983. La muerte y otros efímeros agravios, 1988.La estación de fiebre y otros amaneceres, 1991. Verbo madre, 1995. La estación de fiebre y otros poemas, 1998. Poesía escogida, 2002.

Théâtre

El vuelo de la grulla, 1984. Madre nuestra que estás en la tierra, 1989. Baby boom en el Paraíso, 1995. Hombres en escabeche, 1999. 

Conclusion

Eunice Odio initie le cycle de poésie féminine en faisant preuve d'audace par rapport à son époque et à la société conservatrice des années 50 dans laquelle elle évolue. Le fait de prendre la parole en tant que femme, par exemple, permet d'affirmer la volonté de la femme de se définir et de se construire une nouvelle identité d'un point de vue féminin et non à travers le prisme d'un sujet poétique et d'une vision masculine comme c'était le cas dans la poésie traditionnelle. Ce procédé apparaît dans la poésie d'Eunice Odio et s'accentue dans le temps grâce à la progression de la production littéraire féminine. Dans la redéfinition qu'Eunice Odio apporte de la femme, elle établit une nouvelle relation avec son corps où l'érotisme acquiert une place fondamentale. Julieta Dobles poursuit le mouvement avec une attitude plus critique. Elle valorise et revendique le pouvoir de création littéraire de la femme en l'associant avec la figure maternelle et divine. L'insistance sur le caractère de lutte que comporte la prise de parole, dans la poésie de Julieta Dobles, par exemple, illustre la difficulté qu'ont eu les femmes pour accéder à la création littéraire. Ana Istarú rompt totalement avec la poésie traditionnelle en utilisant un érotisme désinhibé. La poète crée un espace poétique où la femme est totalement libre et égale à l'homme. La transgression et la provocation dans l'univers poétique d'Ana Istarú permet d'accéder librement à des « expériences interdites » dans la réalité. On peut dire que la spécificité de la poésie féminine costaricienne réside dans sa fonction libératrice. Elle libère la parole par la rénovation stylistique et thématique du langage poétique et les mentalités par la remise en cause du système patriarcal machiste dans un pays où l'église catholique reste influente.

 

Pour citer cette ressource :

Lucie Dudreuil, "Evolution de la poésie féminine costaricienne à travers trois poètes: Eunice Odio, Julieta Dobles, Ana Istarú", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), septembre 2010. Consulté le 19/09/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/espagnol/litterature/litterature-latino-americaine/poesie/evolution-de-la-poesie-feminine-costaricienne-a-travers-trois-poetes-eunice-odio-julieta-dobles-ana-istaru