Vous êtes ici : Accueil / Civilisation / Histoire espagnole / Guerre civile et dictature / Entretien avec Antonia Pallach

Entretien avec Antonia Pallach

Par Antonia Pallach : Responsable du département de langues et civilisations - Université Toulouse 1 (faculté de droit) , Marta Martinez Valls : Etudiant-chercheur
Publié par Christine Bini le 27/11/2008
Antonia Pallach a accepté de nous rencontrer et de nous parler de son travail au sein de l'Université Toulouse 1. Qu'est-ce qu'une langue, en quoi est-elle fondamentale dans la constitution d'un individu ou d'une nation, comment l'enseigner? Quels sont les projets développés dans son département? Le témoignage d'Antonia Pallach est d'autant plus intéressant qu'il nous permet aussi de nous pencher sur des questions essentielles de l'Histoire d'Espagne : à travers son expérience et son vécu, celle-ci nous livre des renseignements sur la résistance contre le franquisme en dehors de la péninsule ibérique, des réflexions sur la mémoire historique, sa définition, ses réalités, ses contradictions... Cet entretien vient compléter celui de Teresa Albareda, il aborde des sujets qui suscitent de nombreux problèmes dans l'état espagnol, mais à travers un point de vue complètement différent.

Antonia Pallach est responsable du département de langues et civilisations de l'Université Toulouse 1 (faculté de droit). Professeur d'espagnol comme langue de spécialité, elle a écrit et publié une thèse de doctorat intitulée Le Fait différentiel catalan, essai de définition (1), dans laquelle elle analyse l'histoire politique et littéraire de la Catalogne, de ses institutions, de sa langue et de sa culture, en la mettant en perspective avec celle du reste de l'état espagnol.

  Elle est aussi la coordinatrice du programme PETAL (Programme Économique Toulouse-Amérique Latine), qui assure des échanges internationaux entre les étudiants de la faculté de Toulouse et ceux d'autres universités latino-américaines.   Son père, Josep Pallach i Carolà (Figueres, 1920 - L'Hospitalet de Llobregat, 1977), fut un illustre politicien et pédagogue militant pour la lutte contre le franquisme. Après avoir combattu avec la « Divisió 27 » (groupe de miliciens qui s'étaient battus sur les fronts d'Aragon et de l'Èbre), il s'exile en France à la fin de la guerre. A Montpellier, il obtient une licence de philosophie et de lettres, puis s'engage dans la résistance lors de la Seconde Guerre Mondiale. Au cours des années 40, Pallach effectue en secret plusieurs voyages en Catalogne ; il sera incarcéré entre 1944 et 1946, puis s'installera à Paris où il suivra des cours de psychologie à l'université de la Sorbonne. Il dirige dans cette ville l'organe du « Moviment Socialista de Catalunya » (Mouvement Socialiste de Catalogne), « Endavant » (En avant), qui avait également établi des bases au Mexique et, de manière clandestine, en Espagne. Enfin, il rentre dans son pays natal en 1966, participe à la création de l' « Aliança Sindical Obrera » (Alliance Syndicale Ouvrière), et fait un doctorat en Sciences de l'Éducation à l'Universitat Autònoma de Barcelona, où il enseignera pendant près de quatre ans. En 1974, il fonde le « Reagrupament Democràtic i Socialista » (Regroupement Démocratique et Socialiste), ancien nom du Parti Socialiste de Catalogne, dont il sera élu secrétaire général en 1977. Il meurt deux jours plus tard. – Antonia Pallach a accepté de nous rencontrer et de nous parler de son travail au sein de l'Université Toulouse 1. Qu'est-ce qu'une langue, en quoi est-elle fondamentale dans la constitution d'un individu ou d'une nation, comment l'enseigner? Quels sont les projets développés dans son département? Le témoignage d'Antonia Pallach est d'autant plus intéressant qu'il nous permet aussi de nous pencher sur des questions essentielles de l'Histoire d'Espagne : à travers son expérience et son vécu, celle-ci nous livre des renseignements sur la résistance contre le franquisme en dehors de la péninsule ibérique, des réflexions sur la mémoire historique, sa définition, ses réalités, ses contradictions...  Cet entretien vient compléter celui de Teresa Albareda, il aborde des sujets qui suscitent de nombreux problèmes dans l'état espagnol, mais à travers un point de vue complètement différent.  

 

(1) A. Pallach, La Identitat catalana, el fet diferencial. Assaig de definició, Barcelona, Proa, 2000 ; Le Fait différentiel catalan : essai de définition, Lille, ANRT/Université Lille 3, 1999.   Oeuvres de J. Pallach : La Democràcia, per fer què?, Barcelona, Editorial Nova Terra, 1976 (2e éd.). La Explosión educativa, Barcelona, Salvat, 1973. Els Instituts Pilot i la Reforma de l'ensenyament mitjà (1971) El gran problema: escola per a tots, Perpinyà, Ed. Iberia, 1964. Les nostres arrels (1962) El nostre combat, acció i perspectives del socialisme a Catalunya, Paris, Ediciones del Moviment Socialista de Catalunya, 1954.   Note Antonia Pallach a également publié : Historia d'un home de dret, Columna, Barcelona, 2005. Josep Pallach : tretze anys de passió, Orion 93, Palafrugell, 1989   Pour plus d'information sur la mémoire historique, on consultera avec profit le blog de Narcís Oliveres i Terrades (en catalan) docteur en droit et ex-sénateur, comportant de nombreux articles critiques, parmi lesquels celui du 14 juin 2008, sur J. Pallach.  

Pour citer cette ressource :

Antonia Pallach, Marta Martinez Valls, "Entretien avec Antonia Pallach", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), novembre 2008. Consulté le 22/08/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/espagnol/civilisation/histoire-espagnole/guerre-civile-et-dictature/entretien-avec-antonia-pallach