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Pedro Mairal

Par Julia Azaretto : Étudiante-chercheuse
Publié par Christine Bini le 05/10/2010
Consumidor final est le deuxième ouvrage de poésie de Pedro Mairal, publié après la crise politico-économique de 2001. L'ouvrage rassemble deux livres de poésie : Todos los días (Tous les jours, écrit entre 1997-1999), et Consumidor final (Consommateur final : celui qui ne déduit pas la TVA, écrit entre 2000-2002). C'est dans cet ouvrage que Pedro Mairal trouve une forme pertinente pour évoquer, avec un ton désabusé et drôle, les péripéties économiques, sociales et politiques de la société argentine post-crise.

Pedro Mairal, Consumidor final, Buenos Aires, Bajo la luna nueva, 2003

Ce jeune écrivain argentin - possédant déjà un lectorat fidèle des deux côtés de l'Atlantique -, né à Buenos Aires en 1970, est romancier, poète et collaborateur régulier des revues argentines et latino-américaines. Après des études de lettres, il exerce en tant que professeur dans une université privée de la capitale argentine. Son premier roman,

Una noche con Sabrina Love, reçut le prix Clarín en 1998, et fut chaleureusement salué par Adolfo Bioy Casares. Alejandro Agresti réalisa une adaptation de ce roman pour le cinéma, ce qui accentua le succès de ce jeune homme. Depuis, trois romans ont été traduits en français et publiés aux éditions Rivages : Une nuit avec Sabrine Love (2004), Tôt, ce matin (2004), l'Intempérie (2007). Il a également été traduit en italien, en allemand, en portugais, et en polonais. 
Consumidor final est le deuxième ouvrage de poésie de Pedro Mairal, publié après la crise politico-économique de 2001. L'ouvrage rassemble deux livres de poésie : Todos los días (Tous les jours, écrit entre 1997-1999), et Consumidor final (Consommateur final : celui qui ne déduit pas la TVA, écrit entre 2000-2002). C'est dans cet ouvrage que Pedro Mairal trouve une forme pertinente pour évoquer, avec un ton désabusé et drôle, les péripéties économiques, sociales et politiques de la société argentine post-crise. Ce sont des portraits urbains où le poète entend hausser sa voix en faveur des personnages trop silencieux, peu bruyants d'un point de vue social (le retraité, l'employé de bureau, les étudiants sur les places, le clochard), et pourtant quotidiennement écrasés par des décisions politiques les concernant de près, mais très éloignées de leurs intérêts. Il n'est pas surprenant d'ailleurs que Piazzolla ait inspiré, avec sa cadence d'avant-garde, un questionnement mélancolique autour de cet effritement politique. Ce livre est donc le moment pour Pedro Mairal de cesser d'être un poète cosmique et devenir un « poète d'immeuble, un poète d'ascenseur » (ce n'est pas anodin si Mairal évoque dans un poème, l'éclipse linguistique subie avant de franchir ce pas). Il s'éloigne ainsi d'une voix trop poétiquement correcte, c'est-à-dire d'une poésie altière mimant les tendances européennes, car cette voix vétuste ne concerne plus le quotidien du peuple argentin. 

La singularité de Mairal s'incarne dans le texte à travers des poèmes écrits en minuscule pour la plupart d'entre eux. Tout se passe comme si, pour mieux affirmer cette chute prosaïque, il fallait s'opposer à une majuscule qui représente moins une simple règle typographique, qu'une poésie avec un grand P. Dans un style simple mais lexicalement recherché, le poète s'affirme dans le réseau poétique argentin, dont la quête - désacraliser le poème et le faire entendre dans la cité - se présente comme une voie possible face aux débris laissés par la société. Tout l'intérêt et la nouveauté de l'ouvrage résident dans cette descente de la poésie vers la place publique. En mêlant la beauté poétique à la saleté de l'argent, le poète interroge inlassablement les maillons de la chaîne productive, et fait un clin d'œil rapide mais élégant au grand penseur du système capitaliste : Karl Marx. Sans doute, ce recueil de poèmes aux résonances politiques, saura-t-il se faire entendre dans la société française, dont les échos contemporains semblent, malheureusement, trop proches des maux qui atteignent les pays du sud depuis très longtemps.

 

 

Poemas/Poèmes


Pedro Mairal, Consumidor final
Extraits du recueil et traduction française

 

Un panorama de la poésie argentine contemporaine


Présentation et sommaire du dossier

 

Pour citer cette ressource :

Julia Azaretto, "Pedro Mairal", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), octobre 2010. Consulté le 24/05/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/espagnol/litterature/litterature-latino-americaine/poesie/pedro-mairal