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La guerre de Sécession ou "les Etats désunis"

Par Marie Beauchamp : Doctorante - Université Paris 7
Publié par Clifford Armion le 24/04/2007
Paradoxalement, la guerre de Sécession (1861-1865) fut un événement fondateur pour les États-Unis, qui, après avoir frôlé l'implosion, en sont ressortis avec un État et une nation plus solides, unis autour d'un gouvernement fédéral.

Titre emprunté à Kaspi, André, La Guerre de Sécession : les Etats désunis, Paris : Gallimard.

La guerre de Sécession, appelée Civil War en anglais, eut lieu de 1861 à 1865. Les combats meurtriers opposèrent les Etats de l'Union dits du Nord aux Etats confédérés d'Amérique dits du Sud et se déroulèrent presque exclusivement sur les terres sudistes. En 1861, plusieurs états du « sud » des Etats-Unis ont fait sécession, c'est-à-dire qu'ils ne se reconnaissent plus comme appartenant à l'Union des Etats qui composaient les Etats-Unis depuis la guerre d'Indépendance. Les Américains parlent quant à eux de  Civil War. En effet, le gouvernement fédéral a obstinément refusé de reconnaître la sécession des états du Sud. De ce fait, il s'agit, selon la terminologie officielle, d'une guerre civile dans laquelle les sudistes sont considérés comme des insurgés qui se soulèvent contre le pouvoir central et mettent l'idée même de la nation américaine en péril. En ce sens, il semble que l'on puisse bel et bien parler de la guerre de Sécession comme d'un événement fondateur dans l'histoire de ce jeune pays. Tout se passe comme si les Etats-Unis étaient nés deux fois : à la suite de la guerre d'Indépendance (1775-1783) qui avait abouti à leur fondation et au sortir de la guerre de Sécession, alors qu'ils avaient manqué disparaître.

1. Quelles sont les origines du conflit ?

La guerre de Sécession a opposé le Nord au Sud, deux régions aux économies, aux traditions et aux modes de vie fort différents. Ces différences étaient perceptibles dès la rédaction de la Constitution américaine en 1787. Elles se sont encore accrues au fil des ans et se sont cristallisées sur un différend en particulier : la pratique esclavagiste ou « the peculiar interest » comme on l'appelait alors. Au Sud, les planteurs vivaient du labeur des esclaves et considéraient que cette main-d'œuvre gratuite était indispensable au bon fonctionnement de leur économie presque uniquement rurale et dévolue à l'exportation des matières premières. Les états du Nord étaient, quant à eux, plus industrialisés et soucieux de vendre leurs productions sur le marché intérieur. Ils avaient aboli l'esclavage et profitaient ainsi d'une main-d'œuvre bon marché en la personne des « runaway slaves », c'est-à-dire les esclaves qui avaient fui leur plantation.

Ces dissensions autour de l'esclavage agitent également les nouveaux états ralliés aux Etats-Unis à la faveur de la « conquête de l'Ouest ». La question est de déterminer si ces nouveaux états (Californie, Utah, Nouveau-Mexique, Kansas, Nebraska...) seront constitués en états esclavagistes ou non. Dès lors, la tension monte entre abolitionnistes et esclavagistes, de sorte que le gouvernement fédéral procède au vote d'une série de compromis laissant la population des nouveaux états se prononcer elle-même pour ou contre la pratique esclavagiste.

L'esclavage semble donc bel et bien constituer le nœud des différends opposant le Nord au Sud et qui ont finalement amené au conflit. Toutefois, un événement en particulier a provoqué la Sécession et, par la suite, le déclenchement de la guerre à proprement parler : l'élection d'Abraham Lincoln à la fonction de président de la république en novembre 1860.

En effet, les états du Sud avaient annoncé leur intention de faire sécession si Lincoln était élu. Lincoln appartient au parti républicain, venu remplacer le parti Whig qui s'est également déchiré autour de la question de l'esclavage. Sur l'échiquier politique, le parti républicain est l'adversaire du parti démocrate, traditionnellement favorable aux esclavagistes du Sud. Lincoln est connu pour ses prises de position anti-esclavagistes. En outre, il s'est prononcé en faveur du renforcement des pouvoirs de l'état fédéral, quand les Etats du Sud souhaitent accorder un rôle accru aux états. Ainsi, ils ne se reconnaissent absolument pas dans le président fraîchement élu et déclarent que l'Union est dissoute. La Caroline du Sud est le premier état à faire sécession, bientôt suivie d'autres états tels le Mississippi, la Floride, l'Alabama, la Louisiane, la Georgie et le Texas. Ces sept états réunis adoptent une Constitution et fondent les Etats confédérés d'Amérique. Ils désignent Jefferson Davis comme président de la Confédération. Au cours de l'année 1861, d'autres états rejoignent la Confédération des sept : la Virginie, l'Arkansas, la Caroline du Nord et le Tennessee. Les états du Nord, le président Lincoln en tête, estiment que cette sécession est illégale et, de ce fait, n'entendent pas renoncer aux possessions fédérales dans le sud. Le conflit sourd et embrasera bientôt la nation. Pourtant, les deux parties en présence n'envisageaient pas de conflit et surtout pas de conflit aussi long.

2. Comment le conflit s'est-il déroulé ?

La guerre s'est ouverte à la suite de l'attaque des forces sudistes contre Fort Sumter, une installation fédérale située près de Charleston, en Caroline du Sud, qui avait refusé de se rallier à la cause confédérée. Le premier combat a lieu le 12 avril 1861 et a vu des Sudistes affronter d'autres Sudistes. Le conflit n'opposait ainsi pas tant le Nord au Sud que deux visions de la nation et de l'Etat : entre tradition esclavagiste et abolitionnisme, Etat fédéral ou confédération d'états, entre économie rurale et économie industrielle ... D'après certains historiens américains, les états du Nord ont réagi à cette attaque lorsque leur a été rapporté l'épisode suivant : des soldats sudistes auraient brûlé la bannière étoilée, symbole sacré de la nation américaine. Ainsi débute la guerre de Sécession. Le 6 mai 1861, les états confédérés assemblés en Congrès déclarent officiellement la guerre aux Etats-Unis.

Le début des hostilités est favorable aux Sudistes qui peuvent s'appuyer sur des officiers expérimentés et brillants, à l'instar du général Robert E. Lee, commandant de l'armée sudiste. A l'inverse, les Nordistes ne parviennent pas à tirer parti de leur supériorité numériquele Nord dispose en effet d'une population de 22 millions d'habitants, contre 9 millions dans les états du Sudet matériellele Sud est, quant à lui, dépendant des produits manufacturés importés du Norddans un premier temps.

La bataille de Shiloh (les 6 et 7 avril 1862) constitue une défaite retentissante pour les troupes confédérées, dans la mesure où les Sudistes disposaient exceptionnellement d'un avantage numérique, mais sont finalement vaincus et doivent se retirer, au terme d'un combat particulièrement meurtrier.

Malgré les combats incessants, aucun des belligérants ne peut s'enorgueillir de posséder un avantage décisif sur les forces ennemies.

Cette situation est tout à coup bousculée avec la bataille de Gettysburg (du 1er au 3 juillet 1863) qui représente sans conteste le tournant de la guerre de Sécession. Le général Lee décide d'envoyer ses troupes jusqu'en Pennsylvanie, afin de diminuer la pression qui pesait sur ses troupes assiégées à l'ouest. Pendant trois jours, les deux armées s'affrontent et subissent des pertes énormesl'Union perd 23000 hommes, soit un quart des effectifs engagés dans la bataille, et les Sudistes, 31000 combattants, c'est-à-dire un tiers de ses effectifs. Gettysburg constitue la plus grande bataille qui se soit jamais déroulée sur le territoire américain. Défait, le général Lee doit sonner la retraite.

Les conséquences de cette débâcle sont encore plus catastrophiques pour le Sud du fait de la défaite des Confédérés face à l'Union à Vicksburg, le 4 juillet 1863. C'est le général Ulysses S. Grant, futur commandant en chef des troupes de l'Union (le 9 mars 1864), qui mène les troupes nordistes à la victoire. Grâce à ce succès militaire, les Nordistes contrôlent le Mississippi et divisent ainsi les états confédérés.

Le conflit s'achève finalement en 1865, après que les généraux de l'Union (Ulysses S. Grant et William T. Sherman en tête) parvinrent à prendre Atlanta (septembre 1864), puis Savannah, en Géorgie (décembre 1864). Les troupes de l'Union continuent ensuite à avancer vers la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, sans rencontrer de véritable résistance de la part des troupes confédérées démunies et affamées. En effet, les troupes nordistes réquisitionnaient toutes les ressources des zones qu'elles traversaient, puis s'assuraient de détruire tout ce qui aurait pu aider les Sudistes dans leur effort de guerre. Enfin, après les tentatives de Lincoln de parvenir à une paix négociée (reddition des troupes confédérées et retour des états sécessionnistes dans l'Union), le général Grant reçoit la capitulation du général Lee, commandant des troupes confédérées, à l'issue de la bataille d'Appomattox, Virginie, le 9 avril 1865.

Lincoln, assassiné le 14 avril 1865, alors qu'il se trouve au théâtre, par un jeune sympathisant sudiste, John Wilkes Booth, fait figure de dernière victime de la guerre de Sécession. De nombreux auteurs lui ont rendu hommage. Parmi eux, Walt Whitman, le célèbre poète américain, qui a notamment écrit le poème « O Captain ! My Captain ! » en son honneur. (Ce poème jouit à présent d'une renommée internationale grâce au succès du film Le Cercle des Poètes Disparus. En effet, il s'agit du poème déclamé par Robin Williams, puis par ses élèves à la toute fin du long métrage.)

3. Quelles ont été les conséquences de la guerre ?

La guerre a été meurtrière. A ce jour, la guerre de Sécession reste le conflit le plus coûteux en termes de destructions et de pertes humaines dans l'histoire américaine. Les historiens s'accordent pour estimer qu'environ 620 000 soldats ont été tués et au moins autant blessés. Le plus souvent, les hommes ne sont pas morts au combat, mais des suites des épidémies qui ravageaient les régiments. Le Nord a perdu presque un soldat sur cinq, c'est-à-dire environ 360000 hommes. Quant au Sud, près d'un soldat sur quatre a péri, soit environ 260 000 hommes. En plus de ces pertes militaires, on compte plusieurs centaines de milliers de victimes civiles, soit environ un million d'hommes et de femmes sur une population totale de dix millions d'habitants.

Les terres du Sud traversées par l'armée de l'Union sont dévastées, de nombreuses plantations détruites. D'un point de vue économique, les états du Sud sont à genoux au sortir de la guerre. Le sort a été plus favorable aux états du Nord, dont les industries n'ont cessé de tourner pendant la guerre et ont même prospéré grâce au conflit.

Un grand déséquilibre entre le Nord et le Sud se fait alors jour, qui ne laissera de nourrir une rancune tenace des anciens Confédérés vis-à-vis des Nordistes.

On comprendra donc aisément que la guerre de Sécession constitue l'un des épisodes les plus traumatisants de l'histoire américaine. Cet épisode a également bouleversé le pays dans la mesure où l'équilibre du pays en est sorti transformé : les états du Sud, traditionnellement plus riches et plus puissants, ont été avalés par la nouvelle puissance économique du Nord. De même, la Constitution du pays a été revue et modifiée. Où nous retrouvons la question de l'esclavage qui avait envenimé les rapports entre les états et mené à la sécession, puis au conflit.

Le Treizième Amendement à la Constitution abolit officiellement l'esclavage le 31 janvier 1865. Auparavant, en 1862, le président Lincoln avait prononcé sa « Proclamation d'Emancipation » qui stipulait en préambule l'émancipation des Noirs dans l'Union, ce qui constituait déjà un premier pas. Cet Amendement a ensuite été augmenté des Quatorzième et Quinzième Amendements (1866-1869) qui ont entériné, dans les lois, l'égalité civile des Noirs et interdit toute discrimination. En adoptant ces Amendements, c'est également l'unité du pays qui est réaffirmée. (En fait, on sait aujourd'hui que ces Amendements furent adoptés par le « Nord », le « Sud » étant contraint d'accepter une telle modification de la loi. Toutefois, les états du Sud appliquèrent des pratiques discriminatoires jusqu'au mouvement des droits civiques dans les années 1960. Ces discriminations provoquèrent un exode massif des anciens esclaves vers le Nord.)

Au sortir de la guerre, la nation est rétablie dans son unité. Alors que le pays venait de frôler l'implosion, il est à nouveau défini en tant que nation une et indivisible et non pas en tant que constellation d'états jouissant chacun d'une autonomie plus ou moins grande. En ce sens, on peut parler de la guerre de Sécession comme d'un événement clé dans l'histoire des Etats-Unis. Le pays naît une deuxième fois. On peut voir la guerre de Sécession comme le conflit qui a véritablement permis, plus que la guerre d'Indépendance, l'édification d'un Etat et d'une nation solides et unis autour d'un gouvernement fédéral plus fort que jamais auparavant, autour du sacrifice de tous les soldats et autour de l'application dans les faits des premières lignes de la Déclaration d'Indépendance : « We hold these truths to be self evident, that all men are created equal... ». Pourtant, cette unité réaffirmée dans les textes n'est pas toujours au fond des cœurs et le ressentiment des anciens confédérés vis-à-vis des états du Nord et du gouvernement fédéral demeure vivace. Avec la victoire du Nord sur le Sud, c'est la victoire du modèle industriel et protectionniste ; c'est aussi la victoire de l'abolitionnisme et la fin d'un modèle majoritairement blanc, masculin et anglo-saxon (le modèle des pères fondateurs du pays). De nombreux soldats qui ont combattu dans les rangs de l'armée du Nord notamment étaient catholiques ou noirs par exemple. Ils ont conquis une certaine égalité au combat. C'est avec un visage nouveau que le pays sort de la guerre, préfigurateur de l'incroyable puissance industrielle et économique qu'allaient devenir les Etats-Unis au début du vingtième siècle et surtout après la première guerre mondiale.

Document pour la classe : la guerre de Sécession à travers un discours fondateur

Speech at the Dedication of the National Cemetery at Gettysburg, November 19, 1863

Fourscore and seven years ago our fathers brought forth on this continent a new nation, conceived in liberty, and dedicated to the proposition that all men are created equal.

Now we are engaged in a great civil war, testing whether that nation, or any nation so conceived and so dedicated, can long endure. We are met on a great battle-field of that war. We have come to dedicate a portion of that field as a final resting-place for those who here gave their lives that that nation might live. It is altogether fitting and proper that we should do this.

But, in a larger sense, we cannot dedicate - we cannot consecrate - we cannot hallow - this ground. The brave men, living and dead, who struggled here, have consecrated it far above our poor power to add or detract. The world will little note nor long remember what we say here, but it can never forget what they did here. It is for us, the living, rather, to be dedicated here to the unfinished work which they who fought here have thus far so nobly advanced. It is rather for us to be here dedicated to the great task remaining before us - that from these honored dead we take increased devotion to that cause for which they gave the last full measure of devotion; that we here highly resolve that these dead shall not have died in vain; that this nation, under God, shall have a new birth of freedom; and that government of the people, by the people, for the people, shall not perish from the earth.

Lincoln, Abraham. Letters and Addresses of Abraham Lincoln. New York : H.W. Bell, 1903

Commentaire

Le 19 novembre 1863, une foule nombreuse s'était rassemblée à Gettysburg, à l'endroit même où, quelques mois plus tôt, les troupes unionistes et les troupes confédérées s'étaient affrontées. Ce théâtre de l'une des batailles les plus sanglantes de la guerre de Sécession avait été mu en cimetière militaire. Le président Lincoln faisait partie du nombre des orateurs conviés pour inaugurer ce lieu de commémoration du sacrifice consenti et, bien que Lincoln insiste sur la nécessité d'une union retrouvée, pour rendre hommage aux soldats de l'Union. Les paroles qu'il a prononcées ce jour-là sont passées à la postérité et connues de la plupart des citoyens américains aujourd'hui encore. En quelques mots, Lincoln parvient à transmettre ce qu'il perçoit comme l'essence des idées sur lesquelles la nation américaine a été fondée et à tracer le chemin qu'il envisage pour une nation américaine réunifiée. Selon lui, les pères fondateurs n'avaient pu satisfaire toutes leurs aspirations. Ainsi, ils ont laissé à l'état d'intention certains projets que les générations suivantes doivent s'employer à réaliser. Ces projets requièrent de retrouver l'unité du pays. N'oublions pas que la guerre fait encore rage au moment où Lincoln s'adresse à l'assemblée et, bien au-delà, à la nation toute entière. C'est par sa densité même que ce texte qui présente la tâche à accomplir pour les Américains est aujourd'hui considéré comme l'un des discours fondateurs et même l'un des discours sacrés dans l'histoire américaine.

Premier paragraphe

Ce discours prononcé par Lincoln lors de l'inauguration du cimetière militaire de Gettysburg compte parmi les discours fondateurs de la nation américaine, en tant qu'il inaugure une nouvelle ère pour la nation. Le texte ouvre sur un rappel des idéaux qui ont présidé à la fondation des Etats-Unis. Lincoln recourt à l'adjectif « new » pour marquer le caractère proprement nouveau de cette nation dans le monde. Ainsi, la nation est présentée comme un fait acquis depuis les pères fondateurs. Pourtant, malgré cette naissance prometteuse, le pays est déchiré par une guerre civile.

Second paragraphe

La guerre est présentée comme un test pour la nation. Dans ce contexte, les soldats et, bien que cela ne soit jamais explicité, les soldats de l'Union, se battent pour la sauvegarde de la nation. La commémoration débute véritablement avec la deuxième phrase : « We are met on a great battle-field of that war. » Avec elle, les soldats entrent en scène. Ils ne sont jamais désignés en tant que tel. En ce sens, ils apparaissent comme des symboles de la nation. De nombreux adverbes et prépositions ancrent le discours dans le lieu et le moment du discours. Se mêlent alors commémoration et hommage. En effet, à l'instar de nombreux discours de commémoration, la mort des soldats équivaut à la survie de la nation.

Troisième paragraphe

Ce paragraphe s'ouvre sur une superbe gradation de « dedicated » à « consecrated » à « devotion ». Et le texte s'empreint d'une dimension tout à fait sacrée. On peut noter, notamment par l'utilisation d'adverbes tels que « here » (repris en diverses occasions), la place essentielle accordée au « ground ». Le sol est rendu sacré par le sang versé par les soldats.

Les morts et les vivants sont placés sur un pied d'égalité. Ce mouvement est encore accentué par le parallèle établi entre « to dedicate » (ce pour quoi ils sont rassemblés)  et « to be dedicated to », c'est-à-dire la tâche à laquelle les « vivants » doivent se consacrer : la survie de la nation et, par là, la fin de la guerre civile. Les morts sont ainsi rendus nécessaires à la vie de la nation.

En ce sens, l'inauguration du cimetière inaugure bien plutôt une nouvelle ère pour la nation américaine. C'est en cela que le discours de Gettysburg, qui réaffirme les principes de la nation américaine en les glorifiant, compte au nombre des discours fondateurs dans l'histoire rhétorique et politique américaine. Par l'intermédiaire des morts célébrés ici, la nation accède à l'immortalité.

 

Pour citer cette ressource :

Marie Beauchamp, "La guerre de Sécession ou "les Etats désunis"", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), avril 2007. Consulté le 24/05/2019. URL: http://cle.ens-lyon.fr/anglais/civilisation/domaine-americain/immigration-et-minorites/la-guerre-de-secession-ou-les-etats-desunis

Pour aller plus loin

http://www.libs.uga.edu/darchive/hargrett/maps/civil.html (des cartes anciennes de la guerre de Sécession)

ttp://americancivilwar.com/pictures/north_south_states.gif (une carte générale de la guerre)

ttp://americancivilwar.com/civil_war_map/index.html (liste de cartes disponibles)

A lire sur le web

- Recent Scholarship of American Foreign Policy, revue Cercles N°5 (2002), avec une introduction d'Aïssatou Sy-Wonyu.

- "La politique étrangère d'Obama : une nouvelle donne géopolitique ?", à lire sur le blog de Jacques Soppelsa, professeur de géopolitique à l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne).

Mots-Clés
  • conflit
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