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La «Scuola di mistica fascista» : une jeunesse fasciste face au choix du mysticisme

Par Claire Lorenzelli : Agrégée d’italien - ENS de Lyon
Publié par Alison Carton-Kozak le 11/05/2020
La ((Scuola di mistica fascista)), fondée à Milan en 1931, est une institution destinée à la formation politique et intellectuelle de la future classe dirigeante fasciste. Créée, composée et dirigée presque exclusivement par des jeunes, cette École se présente comme une exception dans le panorama des organisations pour l’encadrement de la jeunesse de l’époque. D’autre part, cette institution qui met au centre de son nom et de son enseignement la notion de "mystique", fait de ces jeunes non seulement des ambassadeurs de l’Idée fasciste, mais aussi des missionnaires d’un fascisme interprété et vécu comme "religion politique". C’est donc cette tension entre jeunesse et mysticisme, ses enjeux et ses conséquences, que l’on interrogera à travers cet article.

NB 1 : La Scuola di mistica fascista sera remplacée dans le corps du texte par l’abréviation Smf.

NB 2 : Cet article s’appuie sur un mémoire de recherche de M1 intitulé "La Scuola di mistica fascista et ses Cahiers. Entre mysticisme et radicalité : un corpus de textes commenté" et sur une intervention donnée le 19 décembre 2019 au cours du séminaire "Culture et Fascisme", organisé par Stéphanie Lanfranchi à l’ENS de Lyon.

 


La Direction de la Smf reçue par Mussolini au Palazzo Venezia le 20 novembre 1939 
(Au centre, Mussolini ; derrière lui à gauche, Vito Mussolini ; et à côté, Niccolò Giani en uniforme)
Source Wikipedia

Introduction

"Il giovane è sempre un mistico, perché ha cuore e mente disponibili, perché non è ancora sotto il giogo degli interessi, perché aspira consapevolmente o inconsapevolmente ad un mondo migliore di cui egli sia artefice" (Padellaro, 1940, 24).

Le lien indéfectible que semble tisser Padellaro (1892-1980), pédagogue du régime fasciste, entre jeunesse et mysticisme résume, en un seul binôme, toute l’essence et l’intérêt de la Scuola di mistica fascista.

Le jeune se présente selon lui comme une matière "disponible", qui ne demande qu’à être modelée, dans une sorte d’état de liberté temporaire, avant que les "joug[s] " de l’homme adulte ne reprennent le dessus. À la fois lui-même en construction et désireux de participer à la construction d’un monde nouveau, le jeune est simultanément l’"artisan" de lui-même et l’"artisan" du monde. 

Cependant, si dans la représentation fasciste la jeunesse est un symbole de dynamisme, de volonté créatrice et de recherche de renouveau, elle est aussi animée par l’esprit de révolte, par une volonté de renversement, et par l’amour du risque et du danger. La jeunesse deviendrait alors la synthèse de deux mouvements contraires : la construction et la destruction. 

Les jeunes de la Smf sont l’exemple même de cette position ambiguë. Promoteurs d’une pensée créatrice au service d’une nouvelle conception de la doctrine fasciste, cette intellectualité coexiste avec un désir d’action qui débouche sur une éthique de la guerre et de la violence. De même, impatients de devenir les protagonistes du monde de demain à travers leur formation politique au sein de la Smf, les jeunes de l’École n’hésitent pas à hypothéquer leur futur en s’enrôlant dans les missions les plus périlleuses de la Seconde Guerre mondiale. 

Toutefois, alors que les jeunes de la Scuola réussissent à cultiver tous les paradoxes, ceux-ci ne se révèlent pas pour autant contradictoires. Cette cohérence est permise, comme nous le verrons, par la "mystique", qui est pour ces jeunes, à la fois un objet d’étude, une attitude de l’esprit, et une foi illimitée dans celui qu’ils appelaient leur "Duce" et son fascisme. Avec le caractère fidéiste de la "mystique", les contradictions de ces jeunes s’annulent, ou prennent tout leur sens dans l’ensemble des dogmes du fascisme. C’est donc bien l’interprétation et l’expérience que font les mystiques du fascisme qu’il nous faut interroger. 

D’un point de vue définitionnel, le "mystique" est celui qui proclame et défend ses idéaux avec exaltation et dont les idées et le comportement sont dominés par le sentiment religieux. Cependant, ce qui distingue les jeunes de la Smf d’autres mystiques, c’est l’intransigeance absolue avec laquelle ils vivent leur adhésion non pas à une religion, mais à une idéologie politique. Leur constante recherche du sacrifice, qui les place inexorablement dans ce cycle de création-destruction, pourrait alors être interprétée de manière politique – comme mourir en héros pour l’Italie fasciste –, mais aussi religieuse – comme mourir en martyr pour le Verbe de Mussolini. C’est donc bien par leur adhésion à un fascisme vécu comme "religion politique", selon le concept développé par Emilio Gentile dans Il culto del littorio, que les jeunes de la Smf se différencient. 

Ainsi, après avoir proposé une vue d’ensemble de l’histoire de l’Institution, il s’agira, d’une part, d’analyser certains grands thèmes chers à l’École à partir desquels les jeunes ont élaboré leur "mystique" ; et d’autre part, de revenir sur l’intransigeance politico-spirituelle et le jusqu’au-boutisme qui ont caractérisé ces jeunes mystiques. Nous précisons que cette étude n’a pas pour objectif de tout dire sur la Smf, mais se pense plutôt comme une entrée en matière qui souhaite mettre en exergue les aspects les plus intéressants du cas de la Scuola, c’est-à-dire la jeunesse de ses élèves et son mysticisme. Par conséquent, c’est avant tout le point de vue des mystiques, et non celui du régime, que nous tenons à présenter ici. Nous laissons donc de côté la question de l’instrumentalisation d’une telle Institution, par Mussolini en particulier, pour ne nous concentrer que sur l’École en elle-même.

1. Aperçu historique : l’Institution, ses protagonistes et sa place dans le panorama politico-culturel 

La Scuola di mistica fascista Sandro Italico Mussolini naît à Milan, dans les locaux de la Casa del Fascio, le 10 avril 1930. Le nom de Sandro Italico Mussolini (1910-1930) est un hommage au fils d’Arnaldo Mussolini, frère du "Duce", prématurément disparu à vingt ans seulement. L’Institution et la famille Mussolini sont donc étroitement liées, avec Sandro comme symbole, Arnaldo comme fondateur, au moins sur le plan politique, et Vito (1912-1963), frère cadet de Sandro, comme président. 

Lors de sa création, la Smf fait partie du Gruppo universitario fascista (Guf) de Milan et représente la section jeunesse de l’Istituto fascista di cultura local. Cependant, c’est un groupe de jeunes, guidé par Niccolò Giani (1909-1941), qui est à l’initiative du projet. Giani est alors étudiant en droit et journaliste pour le Popolo di Trieste, sa ville natale, et surtout pour le Popolo d’Italia, le journal de Benito Mussolini. C’est là qu’il se lie d’amitié avec Arnaldo Mussolini, directeur du journal, et que se dessine dans son esprit l’idée d’une École entièrement consacrée à la doctrine fasciste et à la préparation intellectuelle, politique et spirituelle des jeunes fascistes qui voudraient se mettre au service du "Duce".

"Il mio sogno è comunicare ai giovanissimi e ai compagni ritardatari la bellezza dell’ideale fascista. […] noi potremmo uscire da questa stanza, andare nel sole di questa bella primavera, predicare il verbo di Mussolini, creare una scuola, una dottrina, insomma, la dottrina del fascismo […]. Una scuola nuova che imprima il marchio del fascismo alle generazioni nuove. Ciò che Mussolini ha compiuto è così grande che ha bisogno di cantori. Noi saremo i cantori della nuova fede" (Propos rapportés par Guido Conti dans un article de la Cronaca Prealpina du 27 mars 1941. In Grandi, 2004, 29-30).

C’est donc la jeunesse qui est la protagoniste principale de cette École, à la fois conçue comme une Institution "pour" les jeunes, mais aussi animée "par" les jeunes. Pour ne donner que quelques exemples, Giani, directeur de la Smf, n’a que vingt-et-un ans en 1930, Vito Mussolini, son président, dix-huit, et Ferdinando Mezzasoma (1907-1945), son vice-président, vingt-trois((En termes d’effectifs, la production scientifique ne fait pas état du nombre exact d’inscrits au sein de la Smf, notamment parce que les archives de l’École ont été perdues.))

Ainsi, bien que de nombreuses personnalités fascistes soient invitées à intervenir sur la doctrine fasciste, les vrais militants de cette doctrine "mystique" sont les élèves eux-mêmes, c’est-à-dire ceux qui ont fait de la Smf le centre de leur engagement politique. C’est ainsi, par exemple, que les conférences de la première année de vie de l’École ne sont données que par des étudiants, dans l’espace de réflexion "autonome" que leur offre l’Institution. 

Néanmoins, l’autonomie de cette Institution n’est pas tout à fait claire. À la fois fondée et soutenue par Arnaldo Mussolini, sans pour autant avoir été officiellement reconnue par le "Duce", l’École se distingue par l’indétermination de son statut. De même, laissée entre les mains de jeunes étudiants, tout en étant aussi placée sous la tutelle d’organisations plus établies comme le Guf et l’Istituto fascista di cultura de Milan, la Smf ne bénéficie pas encore d’une place bien définie dans le panorama des organisations pour la jeunesse.

Le rapport que la Smf entretient avec les autres organisations pour la jeunesse et la culture est ambigu. L’École est fondée avec l’aval et la participation de Leo Pollini, directeur de l’Istituto fascista di cultura et d’Andrea Ippolito, secrétaire politique du Guf. Cependant, ces organisations ne tardent pas à passer d’une forme de soutien à une forme de supervision, voire de rivalité. C’est d’abord le jeune âge des membres de l'École qui est pointé du doigt et moqué. D’autre part, la volonté de la Smf de se placer en tant que "conscience critique du régime" et "avant-garde révolutionnaire" – c’est-à-dire comme une sorte de milice avant tout dévouée au "Duce" et à la défense du fascisme, et non au Parti National Fasciste (PNF) et ses hiérarques –, ne plaît pas à tout le monde. Dans la conception mystique et intransigeante de ces jeunes, les hiérarques du Parti, pourtant bien souvent d’anciens squadristi, ont perdu, au fur et à mesure que le PNF s’institutionnalisait, le sens révolutionnaire du fascisme des origines, jusqu’à devenir des fonctionnaires plus occupés à satisfaire leurs ambitions personnelles qu’à développer une véritable réflexion sur le fascisme. La démission de Giani de son poste de directeur de l’Institution, fin 1932, est à cet égard particulièrement significative. Ce départ est intéressant parce qu’il témoigne non seulement d’un contrôle marqué et d’un climat de rivalité entre ces organisations, mais aussi d’un type de "caractère" propre au mystique. Cette décision de Giani d’abandonner ce qu’il avait de plus cher, l’École qu’il avait lui-même imaginée, révèle toute l’intransigeance et le refus du compromis de ce personnage, mais aussi l’exigence de l’éducation à l’inflexibilité et au désintéressement en vigueur au sein de l’Institution.

Fin 1931, l’activité de l'École commence à avoir une certaine résonance à l’échelle nationale, notamment grâce au discours "Coscienza e dovere" d’Arnaldo, prononcé le 29 novembre 1931. Ce discours est important non seulement parce qu’il fonctionne comme une sorte de lancement publicitaire de l’Institution, mais aussi parce qu’Arnaldo offre aux mystiques ce qu’ils considèrent comme leur manifeste éthique et politique. Dans son discours, Arnaldo appelle à la foi dans le fascisme, à l’héroïsme désintéressé, au sens du devoir et réaffirme le rôle essentiel des jeunes dans la vie politique. C’est donc à partir de ce discours fondamental que Giani rédigera, en 1939, le Decalogo dell’italiano nuovo, une véritable liste de commandements pour devenir le "parfait" fasciste.

Concernant sa mission et ses enseignements, la Smf poursuit deux objectifs : l’élaboration et la diffusion de la nouvelle conception fasciste de l’individu ; et la formation d’une élite capable de réfléchir sur les enjeux du fascisme, pour occuper un jour les plus hautes fonctions de l’État, sans tomber dans les travers des hiérarques actuels. Pour ce faire, la Smf prône un retour aux textes et à la doctrine fascistes, qui se fait grâce à des cours, des débats critiques, et surtout, de nombreux cycles de conférences. Ces conférences, ouvertes au public et se déroulant toujours en présence d’autorités administratives milanaises, sont données par les étudiants eux-mêmes et par des intervenants extérieurs appartenant à l’intelligentsia de l’époque, à l’instar d’Emilio Bodrero, Julius Evola ou Carlo Costamagna. On y aborde les thèmes les plus variés : du rapport entre l'Église et l’État à la valeur éthique et sociale de la Carta del Lavoro, en passant par la volonté expansionniste de la Nation, pour aboutir à des questions d’ordre économique. Certaines conférences sont alors publiées dans les Quaderni (1932-1941), une publication de l’École sous forme de petits opuscules qui correspondent souvent aux conférences ou essais produits par les élèves de l’Institution qui ont été le plus appréciés. Cependant, le thème le plus emblématique de la Smf est celui de la "mystique". En cohésion avec son idée de fonder une École qui soit le "chœur" de la "nouvelle foi" fasciste, Giani insiste pour que l’Institution fasse directement référence par son nom à la "mystique". Ainsi, à travers son discours d’ouverture de l’École, dédié à la mystique révolutionnaire, Giani rappelle non seulement quelles sont les origines, l’essence, et les idées de la Révolution fasciste, mais aussi, l’héritage de pensée et d’action dans la lignée duquel l’École se place.

Autour de 1936-1937, une nouvelle phase débute pour la Smf suite au tournant entrepris par l’État concernant la culture. À partir de 1936, le régime entend coordonner et harmoniser entre elles toutes les activités culturelles. Dans ce contexte, l’État ne laisse plus aucune organisation ou association agir de manière improvisée ou exister sans son aval officiel. C’est ainsi qu’avec le feuillet de disposition n° 768 du 15 mars 1937, l'École est enfin reconnue et validée par le régime, sept ans après sa création.

L’évolution de la situation économique de l’Institution et les nouvelles possibilités qui lui sont offertes sont une preuve supplémentaire du changement de position du régime à son égard. En 1939, l'École peut compter sur 450 000 lires de subventions de la part du Ministère de la Culture Populaire, du Directoire National, et de la Fédération de Milan. D’autre part, la guerre d’Éthiopie ouvre de nouveaux champs de réflexion pour l’École, qui se présente alors comme un lieu de débat autour de grandes thématiques comme la portée universelle du fascisme. Cette période de renouveau correspond aussi au retour de Giani, rappelé par Mussolini en 1936. 

Forte de cette reconnaissance et de ces nouveaux financements, l’École se lance dans de nouveaux projets. En septembre 1937 par exemple, la Smf commence à publier sa propre revue, la Dottrina fascista, qui vient s’ajouter aux Cahiers. En 1940, l’École lance ses lecturae ducis, des lectures à voix haute et commentaires publics des discours de Benito Mussolini, sur le modèle des lecturae dantis. La même année, elle organise aussi un concours pour la meilleure monographie sur le thème de la "mystique du racisme fasciste", remporté par Enzo Leoni avec un essai du même nom, publié au sein des Cahiers

Toutefois, l’apogée de cette seconde phase correspond à l’obtention des locaux du "Covo", situés au 25 via Paolo da Cannobio, après des années d’attente et de déménagements. En effet, Giani demande à Mussolini de pouvoir y installer son École dès 1932, cependant, à cause de l’intercession en sa défaveur de Pollini et d’Ippolito, la jeune Institution doit attendre 1939 pour investir les lieux. D’un point de vue historique, l’intérêt des mystiques pour ces locaux s’explique par leur histoire. Le Covo fut le premier siège du journal Il Popolo d’Italia, l’organe officiel du régime fasciste fondé en novembre 1914 par Mussolini, puis dirigé par Arnaldo de 1922 à 1931, et enfin par Vito de 1931 à 1943. Cependant, la vraie valeur de cette attribution réside surtout dans sa portée symbolique. Pour les mystiques, le Popolo d’Italia représente le fascisme des origines, par conséquent, ces locaux sont une sorte de temple des idéaux fascistes dont on leur aurait confié les clés afin qu’ils en deviennent les gardiens. Le 27 octobre 1939, les mystiques peuvent enfin s’installer dans ces locaux, et ce, au cours d’une cérémonie officielle qui voit la participation d’Achille Starace, secrétaire du PNF, et qui finit de "consacrer", aux yeux de tous, le lieu et la mission confiée par le "Duce" aux mystiques. 

Ainsi, après l’obtention du Covo, la Scuola peut enfin organiser ce qui représente son plus grand succès : son propre congrès national de mystique fasciste à Milan, le 19 et 20 février 1940. L’objectif de cet événement intitulé "Perché siamo dei mistici", est de mettre en contact toutes les organisations fascistes pour repenser cette mystique nécessaire, selon la Scuola, au maintien d’une pensée et d’une action révolutionnaires au sein du fascisme. 

Cependant, l’entrée en guerre de l’Italie en 1940 et le départ comme volontaires de la majeure partie de ses jeunes – dirigeants, élèves et collaborateurs confondus – pousse l’Institution à suspendre son activité. Après avoir discouru pendant des années sur le slogan "libro e moschetto, fascista perfetto", l’heure était venue pour les mystiques de défendre leur doctrine sur le terrain. Fin 1941, quinze jeunes sont déjà tombés au combat, et parmi eux, Giani, mort sur le front gréco-albanais en mars 1941. 

Le 19 février 1942, la Consulta de l’École se réunit pour relancer son activité. La Smf reconnaît les erreurs du fascisme, sans pour autant renoncer à l’Idée fasciste, ou pire encore, blâmer le "Duce". Toutefois, malgré tous les efforts fournis pour réanimer l’Institution, la destitution de Mussolini, le 25 juillet 1943, met définitivement un terme à l’existence de la Smf, qui ne perdure pas pendant la République de Salò. C’est sans nul doute la mort de ses principaux dirigeants qui rend difficile leur remplacement et a fortiori la réorganisation de l'École. 

2. Aperçu philosophique : la pensée de l’École et de ses jeunes 

Avant de commencer, il convient de spécifier que la Scuola et sa pensée sont le reflet d’une génération. Les jeunes qui naissent dans les années 1910 et grandissent dans l’entre-deux-guerres portent en eux le traumatisme de la Première Guerre mondiale. Paradoxalement, cette crise identitaire ne dérive pas d’un traumatisme de guerre, mais de l’impossibilité de se battre. Dans un contexte où l’on glorifie avec des discours empreints de nationalisme l’expédition de Fiume de D’Annunzio (1919-1920), certains jeunes ont l’impression de ne pas avoir participé à la gloire du pays et d’avoir manqué un moment clé de l’Histoire. Un regret, voire une culpabilité, qui transparaît dans les productions de l’époque. Ainsi, c’est à travers le fascisme que certains de ces jeunes essayent de conquérir leur place dans la société italienne. C’est donc dans ce contexte bien précis qu’il s’agit de replacer la Smf pour comprendre la pensée de ses jeunes, mais surtout, leur choix d’adhérer à une mystique du fascisme, avec tous les sacrifices que cela implique. 


Schéma : Mise en réseau de la pensée de la Scuola pour une définition de la mystique

Par conséquent, après cette bataille manquée, il n’est pas étonnant que l’idée de combat soit extrêmement importante dans la production de l’École. La Smf développe ce que l’on pourrait appeler une éthique de la révolution et de la guerre, où le combat se présente comme le terreau principal pour la naissance d’un "homme nouveau".

Les jeunes de l’Institution se considèrent avant tout comme les défenseurs d’une révolution permanente, toujours en mouvement, toujours en action. Contrairement aux "anciens", le jeune a cette énergie, ce dynamisme, cette volonté de changement qui le poussent à agir. Il est donc le plus à même de garder vivant cet esprit révolutionnaire au sein du fascisme, afin de ne pas tomber dans les travers d’une idéologie politique établie en parti unique, de révolutionnaires devenus des bureaucrates, ou d’une doctrine des origines devenue folklore avec le temps.

"La vita è bella perché è lotta, gagliarda e leale. Solo infatti attraverso la lotta gli animi si purificano e si esaltano. La lotta è simbolo e sintomo di perenne giovinezza" (Giani, 1933, 46).

Cependant, si la révolution vient renverser l’ordre établi, il ne s’agit aucunement de sombrer dans l’anarchie. Dans la lignée de l’"uomo nuovo" de Mussolini, pour les mystiques, le fascisme entend créer un ordre et un modèle d’individu nouveaux. 

"[…] la Rivoluzione Fascista per dare l’impronta al nuovo periodo storico si sforza di creare l’uomo fascista, rinnovando radicalmente i concetti di natura, d’individuo, di Stato e di libertà che sono alla base di ogni sistema di pensiero" (Spinetti, 1940, 11).

D’un point de vue politique, l’ancienne démocratie libérale, l’Italietta, doit laisser place à un nouvel État, fort et conçu de manière organique, où chaque individu a une place et un rôle à jouer. Mussolini est alors le grand "horloger" de cette machine-État dont il assure le fonctionnement harmonieux. C’est de cette représentation de l’État que naît la conception corporatiste, centrale dans les Cahiers. D’autre part, d’un point de vue moral, l’individualisme du "bourgeois", l’inaction de l’"intellectuel", la couardise des "pantouflards" et le carriérisme des "bureaucrates" et "des faux-fascistes", doivent disparaître au profit de nouvelles valeurs, comme le courage, le désintéressement et le sacrifice. Tel est le "nouvel homme" fasciste, comme ne cessent de le représenter les mystiques dans leurs écrits : un individu dont la raison d’être et la valeur ne se justifient et ne se mesurent que par sa place et son poids dans le grand projet civilisationnel de Mussolini.

"Il mistico del fascismo non giudica gli uomini dall’apparenza, dalle commende e dai titoli accademici, ma dalla sostanza : per l’uomo in tanto vale in quanto dà (sic). Chi non ha dato nulla non vale nulla" (Pallotta, 1940, 8-9).

Avec ces valeurs, l’individu fasciste devient aussi "soldat". La hiérarchie d’un État organique est l’équivalent politique de l’organisation interne d’une armée. Autorité, sens de la discipline et respect du chef sont alors érigés en valeurs fondamentales. Cependant, pour les jeunes de l’École, cette obéissance n’est pas une simple passivité, une molle soumission à des volontés hiérarchiques non comprises, ou un bellicisme aveugle et sans but. L’obéissance et le combat qu’ils théorisent sont non seulement mus par un élan guerrier, mais aussi justes, puisque mis au service d’une Cause. Il n’est alors pas étonnant que les jeunes fassent du trinôme "Credere, Obbedire, Combattere" le cri de ralliement de l’Institution.

Grâce à ce slogan qui lie trois sphères distinctes – la politique, la foi et le combat –, les mystiques peuvent introduire les notions de service et de sacrifice, qui appartiennent normalement à la sphère religieuse. Le régiment de soldats devient alors dans le lexique et l’imaginaire des mystiques, une sorte d’ordre combattant au service d’une foi, et le sacrifice, non pas une mort, mais une élévation spirituelle, une sorte d’ascèse ou de mors triumphalis héritée de l’Antiquité. Cette conception transparaît, comme nous le verrons plus tard, dans la fin de bon nombre de mystiques, lesquels redoublèrent de zèle et de volontarisme jusqu’à donner leur vie pour le fascisme et acquérir ainsi ce statut de "martyr de la Révolution".

"Il Duce [...] ha detto: “Io vorrei che questa diventasse la parola d’ordine del giovane fascismo italiano : Vivere pericolosamente. Perché ciò significa essere pronti a tutto, a qualsiasi sacrificio, a qualsiasi pericolo, a qualsiasi azione, quando si tratta di difendere la Patria e il fascismo” " (Giani, 1933, 46).

Avec toutes ces injonctions, valeurs et préceptes normalement propres à la religion, le fascisme se présente, en reprenant le concept d’Emilio Gentile, comme une "religion politique". En voulant proposer un nouveau modèle d’individu, Mussolini instaure aussi une nouvelle identité type et de nouveaux dogmes. Toutefois, le fascisme ne se limite alors plus à la sphère publique et politique, mais s’invite aussi dans la sphère privée de l’individu. En effet, selon la définition de Gentile, la religion politique correspond à la sacralisation d’un système politique qui cherche à imprégner tous les aspects de la vie individuelle et collective à travers le monopole du pouvoir et la subordination de l’individu à ses commandements. Cependant, si le fascisme vaut comme religion politique pour l’ensemble de la population italienne de l’époque, en quoi la religion politique vécue par les mystiques est-elle différente ? Le rapport au religieux est donc un autre enjeu clé de la Smf.

La question du religieux se joue tout d’abord dans le rapport de la Scuola à l’Église et à la foi catholique. Les jeunes mystiques ne sont pas contre le catholicisme. Pour bon nombre d’entre eux, mysticisme fasciste et catholicisme peuvent cohabiter au sein d’une même personne. 

Néanmoins, d’un point de vue politique, Régime fasciste et Église catholique sont en concurrence directe. Ils se disputent non seulement le contrôle de la sphère privée de l’individu, mais aussi le droit d’encadrer la jeunesse. De même, d’un point de vue religieux, l’attribution de caractéristiques spirituelles et morales à une idéologie politique "terrestre" ne peut en aucun cas être compatible avec la foi catholique, ce que le Vatican ne manque pas de souligner, suite au congrès "Perché siamo dei mistici" de la Smf de 1940.

"Teniamo adunque fermo che la mistica come dottrina e come pratica si riferisce ai nostri rapporti con Dio; e si può applicare anche alla nostra vita quando da Dio prende l’ispirazione e il motivo delle nostre determinazioni. […] ma non idolatriamo ciò che è umano e non umanizziamo ciò che è divino, nemmeno per abuso di linguaggio che porta confusione nelle coscienze, anche se nessuno pensa a dire cose non vere" (L’Osservatore romano, 22 février 1940. In Grandi, 2004, 93).

Giani tente alors d’apaiser les tensions en condamnant les amalgames entre "mystique" et "religion".

"C’è una mistica che è politica, esclusivamente politica perché riguarda il finito, l’umano, quello che c’è in questa terra. C’è invece un misticismo che è religioso, esclusivamente religioso. Ci potranno essere analogie, ci potrà essere confluenza di scopi anche, ma il rapporto è di demarcazione netta, così come quello che intercorre tra l’umano e il divino, tra il terreno che è spirito e materia e il soprannaturale che è Dio, anima" (Giani, 1940, 20). 

Cependant, malgré ces tentatives de conciliation, il est évident qu’une entente est impossible. Ce que les mystiques proposent à l’Église à travers la reconnaissance de son caractère divin, c’est un royaume des cieux mais sans sujets, tandis que le fascisme continuerait de régner sur terre, ce que le Vatican ne peut accepter.

D’autre part, on retrouve aussi la question du religieux dans les tentatives de l’École de définir la mystique. La Scuola est mystique dans la mesure où elle a reçu du "Duce" un corpus de dogmes, auquel elle se réfère sans cesse et qui crée un sentiment d’appartenance à une communauté de "croyants" du fascisme au sein de l’Institution. Toutefois, une question importante est soulevée par la mystique, celle du choix conscient ou inconscient d’adhérer à celle-ci. Sans rentrer dans des considérations trop complexes, tout l’enjeu définitionnel du mysticisme fasciste tourne autour du débat rationalisme-irrationalisme. 

La foi dans le fascisme est-elle, et doit-elle être, raisonnée ou irrationnelle ? Si certains disent que la foi n’est pas forcément aveugle et que la raison n’est pas l’ennemi d’un enthousiasme spirituel (Pallotta), d’autres se font les défenseurs d’un passage obligé par une forme d’adhésion inconditionnelle pour ne pas avoir à constamment justifier les prémisses de cet engagement (Giani). Aussi, se dessinent déjà à l’horizon les dangers d’une approche dogmatique qui éliminerait a priori toute forme de débat sur les raisons fondées de la foi mystique fasciste. En attendant, Giani trouve une solution à l’opposition "rationnel-irrationnel" dans la réitération de l’importance de l’action pour parfaire la foi :

"Mistica è, non negazione, ma superamento della ragione, perché se noi siamo contro il razionalismo che la ragione esaurisce e isterilisce in se stessa, siamo invece per una ragione […] ravvivata dal calore, siamo per una ragione che vuole farsi vita, cioè azione" (Giani, 1940,19).

Ainsi, selon la Scuola, la mystique doit tenir ensemble foi et action pour être viable (cf. schéma). Il n’y a donc pas de place pour la disparition de l’une d’elles, ce qui explique, au-delà du fidéisme de ces jeunes, le jusqu’au-boutisme qui les anime jusqu’à la fin.

3. Aperçu socio-politique : de l’intransigeance politico-spirituelle au jusqu’au-boutisme en acte 

Le jusqu’au-boutisme est la traduction en acte de l’intransigeance intellectuelle, politique et spirituelle de ces jeunes. C’est donc le passage de cette intransigeance "théorique" à un jusqu’au-boutisme "pratique" que nous étudierons à présent. Notre objectif sera de montrer comment leur adhésion à la mystique n’était pas qu’un choix intellectuel dans le cadre confortable d’une École, mais aussi un choix de vie, ou plutôt de "mort", renouvelé dans l’adversité. Sans vouloir faire un quelconque éloge de ces jeunes, nous cherchons surtout à décrire la profondeur de leur militantisme et mysticisme, face à d’autres groupes des jeunesses fascistes.

Le degré d’intransigeance des mystiques transparaît à travers la constance et l’inconditionnalité, malgré les échecs du fascisme, de leur foi en la figure du "Duce". Jamais critiqué ou remis en question, Mussolini, en tant que "père spirituel" du fascisme, est un Dieu vivant à vénérer. Cependant, on peut se demander pourquoi des jeunes qui se considéraient comme la "conscience critique du régime" et qui avaient à la fois les capacités et un intérêt pour le fascisme n’ont jamais souhaité interroger les commandements de leur "Duce"((Cela est particulièrement visible en ce qui concerne la justification de l’impérialisme, et surtout du racisme et de l’antisémitisme. Les Cahiers se font, sur ce point, l’écho du changement drastique de politique opéré par Mussolini au milieu des années 1930. On y constate, à partir de 1936, le passage d’un impérialisme outil de diffusion de la civilisation fasciste, qui ne suppose pas nécessairement la guerre, à un impérialisme belliqueux. De même, après 1938, les Cahiers passent d’une critique constante du racisme biologique allemand à une justification des lois raciales. Néanmoins, même si ces jeunes arrivent à conceptuellement justifier ce changement de cap – notamment en élargissant leur idée d’élitisme spirituel à une forme de racisme spirituel susceptible de soutenir petit à petit un racisme biologique –, leurs discours sonnent faux. Ces changements nous permettent au moins de dire, qu’une chose reste sacrée envers et contre tout : la parole du "Duce", qui est à présent l’allié de l’Allemagne nazie.)).

Cette incapacité à interroger le fascisme et son "Créateur" dérive de la posture intellectuelle des jeunes de la Scuola. Ces derniers ont opéré un passage d’une adhésion à une doctrine politique à une foi dans une seule et unique personne. Telle est la principale différence entre les jeunes fascistes, comme il y en a tant eu, et les jeunes mystiques de la Smf. Avec la branche mystique, c’est une transformation du fascisme en "mussolinisme" que l’on observe.

Si une doctrine est susceptible d’évoluer et d’être interrogée, la foi et le dogme ne le peuvent pas. La foi n’est pas soumise à la contingence et, comme la définit Giani, c’est une proposition sans démonstration, qui nie toutefois la possibilité d’un contraire. Quant au dogme, il porte en soi sa raison d’être, sans nécessité aucune de justification. Ainsi, en faisant des principes de Mussolini des dogmes, les mystiques font de ses propos des énoncés indiscutables et irréfutables. C’est donc cette certitude fidéiste dans laquelle les jeunes mystiques s’enferment qui est à la base de leur intransigeance et les empêche d’adopter une quelconque position critique concernant Mussolini. Avec ses directives de 1939, ce dernier ne manque pas de les inviter à poursuivre dans cette voie :

"Voi dovete lavorare per l’avvenire. Per fare questo occorre la fede. È facile ad un certo momento deviare nella politica: voi dovete essere al di fuori e al di sopra delle necessità della politica" (Mussolini. In Marchesini, 1976, 96 ; Grandi, 2004, 90).

Cependant, cette posture fidéiste est perçue par certains comme une des grandes limites de l’École. Pour le philosophe Julius Evola, les jeunes mystiques ne se rendent pas compte qu’en adoptant une posture dogmatique ils perdent aussi la possibilité d’agir. Pour ce théoricien d’un élitisme spirituel, qui s’était justement rapproché de la Smf sur la base de cet intérêt commun, la "liberté" – non pas comme finalité, mais comme moyen d’accomplir une fonction donnée – et la "personnalité" – comme ensemble de qualités singulières qui permettent à l’individu de pratiquer une "philosophie de la responsabilité" – sont les marques distinctives d’une élite spirituelle. Toutefois, par cette certitude fidéiste qui les porte à abdiquer leur libre arbitre et toute position critique, les mystiques renoncent à ces prérogatives et responsabilités de l’élite spirituelle. Si Evola et les mystiques envisagent l’intellectuel de manière similaire – comme celui qui se bat pour ses idées –, pour les mystiques une foi inconditionnelle en l’homme de la providence accompagne nécessairement l’intellectuel dans son action, tandis que pour le philosophe, une élite qui dépendrait de l’esprit d’un seul homme ne peut plus être considérée comme telle et perd de fait son pouvoir d’action.

Selon nous, cette posture fidéiste ôte surtout aux mystiques toute possibilité d’agir de manière autre que jusqu’au-boutiste. Dans leur conception mystique qui prône une abnégation complète de soi, les jeunes de la Smf sont surtout "en dehors et au-dessus" de leurs propres désirs. Dans ces circonstances, leur action ne peut être que fatale.

"Il dovere è la legge della vita, perché la vita è missione, missione di grandi come di piccole cose, missione di combattere e morire per l’Idea" (Giani, 1933, 43). 

Ainsi, dès la Seconde Guerre mondiale, la quasi totalité des jeunes mystiques s’engagent comme volontaires sans attendre la conscription et beaucoup perdent la vie comme Berto Ricci ou Guido Pallotta. Quant à Giani, il harcèle littéralement les autorités fascistes pour être envoyé dans les zones de combat les plus dangereuses, là où on meurt, selon ses paroles, "pour de vrai". Après avoir été envoyé dans les Alpes autrichiennes, puis en Afrique du Nord, c’est sur le front gréco-albanais que Giani perd la vie, en lançant une opération perdue d’avance. 

Les similarités qui traversent les destins de certains jeunes de la Smf ont porté les historiens à soulever la question d’un potentiel "suicide" des mystiques face aux échecs du fascisme. Si pour certains, il y a bien eu sacrifice pour éviter de faire face à la fin de leurs illusions (Zangrandi), pour d’autres, les mystiques ont toujours cru au fascisme et ne se sont en aucun cas suicidés (Buchignani, Bernardi-Guardi), pour d’autres encore, les mystiques virent les limites du fascisme sans pour autant abandonner leurs convictions (Montanelli, Grandi). Le document rédigé par la Consulta de la Smf, qui reconnaît les erreurs du fascisme tout en réitérant la confiance de l’École dans le "Duce", corrobore l’hypothèse d’une mort aussi "délibérée" que "consciente" des mystiques.

Conclusion

Les jeunes de la Smf représentent une branche particulière du fascisme, celle de la mystique fasciste, qui est à la fois une adhésion politique et religieuse à une idéologie et une posture intellectuelle face au monde. Les jeunes mystiques semblent trouver dans la nouvelle identité et les nouvelles responsabilités que leur confie le "Duce", cette possibilité d’exercer leur rôle d’"artisan" du monde qui leur manquait. Toutefois, avec cette attitude mystique, l’engagement de ces jeunes ne se mesure plus de manière politique, mais de manière spirituelle. En embrassant la mystique, ces jeunes font le serment d’une abnégation totale d’eux-mêmes. Tout le paradoxe de cette École réside donc dans sa volonté de se placer, au moins à ses débuts, en tant qu’"école de vie", alors qu’elle ne sera, en réalité, qu’une école où l’on apprend à se sacrifier, une "école de mort". Ainsi on pourrait parler dans le cas des jeunes de la Smf, d’une génération "sacrifiée" par le fascisme, mais aussi, d’une génération "sacrifiante" dans la mesure où les mystiques choisirent et acceptèrent ce destin.

Bibliographie

  • Sources primaires

GIANI, Niccolò. 1939. "Decalogo dell’italiano nuovo", in Dottrina fascista, IV, 2, décembre 1939. 

GIANI, Niccolò. 1933. La marcia ideale sul mondo della Civiltà Fascista. Milan : Scuola di mistica fascista Sandro Mussolini.

GIANI, Niccolò. 1940. Perché siamo dei mistici. Milan : Scuola di mistica fascista Sandro Italico Mussolini. 

LEONI, Enzo. 1941. Mistica del razzismo fascista. Monografia vincitrice del concorso bandito dalla Scuola di mistica fascista. Padoue : CEDAM.

MUSSOLINI, Arnaldo. 1938 (1932-1941). Coscienza e dovere. Milan-Varèse : Officine Grafiche Amedeo Nicola.

PADELLARO, Nazareno. 1940. Tradizione antirazionalistica e antintellettualistica del pensiero degli italici. Milan : Scuola di mistica fascista Sandro Italico Mussolini, publié aussi in Dottrina Fascista, IV, 6, janvier-mars XVIII.

PALLOTTA, Guido. 1940. Funzione della mistica nella dinamica della rivoluzione fascista. Milan : Scuola di mistica fascista Sandro Italico Mussolini.

SPINETTI, Gastone Silvano. 1940. Fascismo e libertà: verso una nuova sintesi. Padoue : CEDAM.

  • Sources secondaires

BERNARDI-GUARDI, Mario. 2004. "I “sacerdoti” del fascismo" in Secolo d’Italia, 29 septembre 2004.

BUCHIGNANI, Paolo. 1994. Un fascismo impossibile: l’eresia di Berto Ricci nella cultura del Ventennio. Bologne : Il mulino.

CARINI, Tomas. 2009. Niccolò Giani e la Scuola di mistica fascista: 1930-1945. Milan : Mursia.

CARINI, Tomas. 2009. Julius Evola. La scuola di mistica fascista: scritti su mistica, ascesi e libertà 1940- 1941. Naples : Controcorrente. 

GRANDI, Aldo. 2004. Gli eroi di Mussolini: Niccolò Giani e la Scuola di mistica fascista. Milan : BUR. 

GENTILE, Emilio. 2007 (2001). Le religioni della politica: fra democrazie e totalitarismi. Rome-Bari : Laterza.

GENTILE, Emilio. 2009 (1993). Il culto del littorio: la sacralizzazione della politica nell’Italia fascista. Rome : Laterza. 

MARCHESINI, Daniele. 1976. La Scuola dei gerarchi: Mistica fascista. Milan : Feltrinelli. 

MONTANELLI, Indro. 1984 (1931). Préface à Berto, Ricci. Lo scrittore italiano. Rome : Ciarrapico.

ZANGRANDI, Ruggero. 1971 (1962). Il lungo viaggio attraverso il fascismo. Milan : Garzanti.

  • Pour approfondir la question de la jeunesse fasciste

LA ROVERE, Luca. 2003. Storia dei GUF: organizzazione, politica e miti della gioventù universitaria fascista. Turin : Bollati Boringhieri.

GRANDI, Aldo. 2001. I giovani di Mussolini: fascisti convinti, fascisti pentiti, antifascisti. Milan : Baldini & Castoldi.

FANTINI, Luca. 2004. Essenza mistica del fascismo totalitario: dalla scuola di Mistica fascista alle Brigate Nere. Pérouse : Associazione culturale 1 dicembre 1943.

Notes

Pour citer cette ressource :

Claire Lorenzelli, "La «Scuola di mistica fascista» : une jeunesse fasciste face au choix du mysticisme", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), mai 2020. Consulté le 29/10/2020. URL: http://cle.ens-lyon.fr/italien/civilisation/xxe-xxie/la-scuola-di-mistica-fascista-une-jeunesse-fasciste-face-au-choix-du-mysticisme