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Une classe de Seconde à la rencontre de Julián Ríos

Publié par Christine Bini le 05/05/2010
A l'occasion des Assises Internationales du Roman (AIR), Élodie Bouchiche, professeur de Français au lycée Condorcet de Saint-Priest (Rhône), a travaillé avec sa classe de Seconde sur les textes de Julián Ríos, et plus particulièrement sur le recueil ((Nouveaux chapeaux pour Alice)).

La séquence

Intitulée "Chapeau bas pour l'écrivain", la séquence s'organise selon les axes suivants :

  • la réécriture et l'intertextualité, les échos, la "littérature palimpseste" (Lecture de Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll en lecture cursive et visionnage du film de Tim Burton)
  • le travail sur le jeu de langage, l'écriture ludique.
  • le travail sur les illustrations, les dessins qui accompagnent les récits.
  • le travail sur la création littéraire et le rôle de l'écrivain.
  • le travail du traducteur : en collaboration avec un professeur d'Espagnol (tous les élèves de la classe sont hispanisants) une séance a été consacrée à la confrontation du texte original et de sa traduction. Le texte choisi, "Sangre y arena", a permis aux élèves de s'interroger sur le glissement d'une langue à l'autre, sur le travail du traducteur, sur le sens et les sons des mots. Par exemple, comment rendre en français : "Olé, toro, gritan, olé, oleaje de multitud"? En transposant le jeu de phonèmes « olé/oleaje » sur « oleaje/multitud » = la houle de la foule.

Travailler avec l'auteur

17/03/2010 Cher Julián Ríos,   Nous sommes la classe de Seconde J du Lycée Condorcet de Saint-Priest (69) et nous avons le plaisir de travailler sur votre œuvre Nouveaux Chapeaux pour Alice dans notre cours de français consacré au travail de l'écrivain afin de participer aux quatrièmes Assises Internationales du Roman organisées par la Villa Gillet.   Vous avez déjà pu rencontrer notre professeur Mme Bouchiche lors de la Fête du Livre de Bron le 6 mars dernier et nous vous remercions d'avoir gentiment accepté de communiquer sur votre œuvre et sur votre travail avec nous.   Votre livre nous a beaucoup intrigués. Et il a soulevé en nous de nombreuses questions. Nous sommes donc impatients de connaître vos réponses : elles seront très précieuses afin d'écrire dans le journal « Lyon Plus » le plus bel article critique!   Pardonnez cette longue liste de questionnements mais qui nous rendent plus curieux et plus enthousiastes encore dans notre lecture.   Muchas gracias para su punto de vista y su apoyo en nuestro estudio.  Recevez nos salutations les plus sincères, Au plaisir de vous lire au plus vite.  

Cindy, Rayan, Férielle, Nicolas, Linda, Elias, Mégane, Audrey, Chérine, Brooklynn, Brice, Caroline, Justine, Kévin, Axelle, Marine, Laurie, Amélie, Laura, Lorine, Maureen, François, Christelle, Préscillia, Edwige, Manon, Flavien, Mélanie, Manon, Billel, Stéphanie et Mathilde.

 

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  19/03/2010 Chers lycéens, Voici mes réponses à vos questions. Muchas gracias y un saludo,

Julián Ríos
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Tout d'abord, d'où vous est venue l'idée de réutiliser le mythe d'Alice ? En quoi Alice vous inspire-t-elle ?

Alice et Lewis Carroll ont toujours été présents dans mon oeuvre et j'aurais aussi sans doute glissé Alice dans mon roman épistolaire et abécédaire Amores que atanBelles Lettres en français) si je ne m'étais pas imposé la contrainte de ne choisir pour belles que des héroïnes de romans du XXe siècle. J'ai toujours été fasciné chez Alice par sa capacité à passer d'une dimension à l'autre, du rêve au monde réel, d'un côté à l'autre du miroir. Il ne faut pas oublier que ce que nous rêvons et imaginons fait aussi partie de la réalité, de notre réalité, en tant qu'êtres subjectifs et uniques. Nouveaux chapeaux pour Alice est né d'une commande : le peintre Eduardo Arroyo avait réalisé une série de gravures représentant des chapeaux et je devais écrire le texte du catalogue de l'exposition. J'avais carte blanche. Alors que je regardais les images, j'ai tout à coup entendu la voix du Chapelier Fou et le livre a démarré.

Peut-on qualifier votre livre de recueil de nouvelles ? ou sort-il de tout genre prédéfini ? L'ordre  des chapitres a-t-il un sens ?

Nouveaux chapeaux pour Alice peut être un recueil de nouvelles ou bien un monologue dramatique. D'ailleurs certaines compagnies de théâtre avaient songé à en monter une adaptation. En ce qui concerne l'ordre des chapitres, il a effectivement un sens. La construction, l'agencement font partie de l'écriture. C'est particulièrement vrai pour la deuxième partie du recueil, certaines histoires illuminent rétrospectivement les autres.

  A quels lecteurs s'adresse votre livre ?

J'aime dire comme Cervantès que je m'adresse à tout lecteur curieux.

  Pourquoi avez-vous poursuivi l'écriture de Chapeaux pour Alice avec Nouveaux Chapeaux pour Alice ? Le livre pourrait-il continuer ainsi à l'infini ? Y-a-il une différence entre les deux ?

Comme je vous l'expliquais, la première partie du recueil est née d'une contrainte, une commande. Les illustrations d'Arroyo étaient un fil conducteur. Mais rapidement les personnages ont débordé de ce projet initial et ainsi j'avais déjà inséré dans la première partie une nouvelle sans illustration. Après la publication du livre, je continuais d'entendre la voix du Chapelier, et pour la réédition de ce titre j'ai rajouté de nouveaux textes. Cette fois, c'est moi qui ai sélectionné ou inventé des chapeaux pour Alice, c'est moi qui ai choisi les sources cachées. Ainsi un chapeau de sorcière m'a permis de revisiter au passage un de mes récits favoris de Camus. A vous de deviner lequel... De même qu'une illustration, un récit peut avoir plusieurs interprétations. C'est ce que je me suis amusé à démontrer avec "Witch Hat (La Deuxième Sorcière)". En principe un livre pourrait effectivement continuer jusqu'à l'infini, et on pourrait citer Flaubert : « la bêtise de vouloir conclure »... Mais dans la pratique il arrive un moment où le livre vous dit ça suffit. Cependant je n'écarte pas l'idée qu'un jour peut-être je sentirai à nouveau le besoin de fabriquer des chapeaux...

  Nous ne retrouvons pas les illustrations de Arroyo dans Nouveaux Chapeaux, pourquoi les avoir retirées ? Avez-vous vous-même réalisé les croquis des dessins ?

J'ai décidé de retirer les illustrations de Arroyo pour unifier l'ensemble du recueil, il me semblait d'autre part qu'elles n'étaient plus indispensables. Dans le cas de ce livre je suis parti d'illustrations existantes, je n'ai pas participé à la création picturale. Mais dans un autre livre, j'avais travaillé avec le peintre à la conception des illustrations d'Ulysse, de James Joyce. J'ai beaucoup travaillé avec les peintres, Eduardo Arroyo, Antonio Saura, Roy Lichtenstein, R B Kitaj... Et j'ai aussi à l'occasion inventé un peintre et son oeuvre, dans mon roman Monstruaire.

  Pourquoi avez-vous changé de maison d'édition ?

Parfois nous autres écrivains, nous sommes comme les footballeurs, nous changeons de club...

  Alice ne prend pas la parole directement dans le texte, elle ressemble à une marionnette que manipulerait le chapelier fou, pourquoi ne parle-t-elle pas ?

Dans un sens elle est hypnotisée par le chapelier et de plus elle est très occupée à vivre en imagination les aventures qu'il lui souffle à l'oreille. Peut-être que si elle parlait le chapelier s'évanouirait, c'est une hypothèse...

  Le vrai héros n'est-ce pas le chapelier fou qui crée des milliers de mondes pour Alice ?

Il est plutôt la voix qui dirige chaque histoire et dans ce sens-là il est un peu l'auteur ou sa parodie.

 Pensez-vous véritablement qu'un chapeau puisse nous transporter dans un nouvel univers ? Quelle valeur symbolique attachez-vous aux chapeaux ?

 Pas de symbolisme chez moi. Un chapeau a une forme et à toute forme on peut donner un contenu. Je pourrais de la même façon faire sortir des histoires d'une collection de chaussures. C'est une affaire d'imagination. L'objet réel est un point de départ pour aller plus loin

  Pourquoi dites-vous tout d'abord qu' « un chapeau n'est pas un chapeau » pour finir par dire le contraire ?

A la fin du livre on trouve pour épigraphe la citation de James Joyce : « Un chapeau est un chapeau ». Mon livre commence en niant cette proposition car le langage, surtout au royaume d'Alice, peut signifier en toute logique une chose et son contraire. Et d'ailleurs il ne faut pas oublier que le père d'Alice, Lewis Carroll, était un mathématicien et un professeur de logique. C'est peut-être pour cela que je l'aime tant.

  Avez-vous vécu une de vos histoires ?

Je ne suis jamais autobiographique mais j'utilise souvent mon expérience pour la transfigurer. Chapeaux pour Alice est mon livre le plus spontané, je l'ai écrit presque d'un trait, souvent en avion, pendant des trajets de Berlin à Madrid. Peut-on dire de ce point de vue que la nouvelle «Iberia » est la plus autobiographique ?  

Que représente pour vous la thématique du voyage ?

Écrire est pour moi l'exploration d'un territoire inconnu, c'est voyager sans carte. Le voyage est intimement lié à la littérature depuis ses origines ("Heureux qui comme Ulysse...") et tout particulièrement dans le roman moderne : pensez à Don Quichotte... Et pour ma part, je trouve juste le vieux dicton latin : "Navigare necesse est, vivere non est necesse."

Les textes des élèves

A partir de l'étude du recueil Nouveaux chapeaux pour Alice, les lycéens de Seconde du lycée Condorcet de Saint-Priest (Rhône) ont écrit des textes "à la manière de..."  

Consignes

  Critères de réussite : COHERENCE  

  • respect de l'amorce et du dessin
  • tu
  • jeu des temps
  • écriture labyrinthique
  • chute
  • intertextualité (Alice)
  • le rêve- cauchemar -réveil
  • le "non sense"
  • jeux de langage et de sonorités
  • jeux de reprise et d'échos aux autres chapitres
  • thèmes : amour, séduction, voyage, villes, changement d'identité

Laura

Ce chapeau à flèche est en réalité un casque dit le chapelier fou à Alice et quand tu le mettras tu deviendras encore plus ........ Tu seras victime de Cupidon, utilisée comme marionnette, ensorcelée par une de ses flèches. Tu te retrouveras dans la ville la plus romantique, Paris. Tu te dirigeras vers un café. Tu es sûre qu'il t'attend là bas. Tu t'assois à une table, dans un coin et commande un thé. Soudain tu croises son regard, Cupidon s'approche de toi et t'adresse un sourire radieux : « Te souviens-tu avoir péché à Londres un 15 février 1941 ? Bonne Saint Valentin ! » Il te tend désormais une pomme magnifique et alléchante. Tu doutes un instant puis mords dedans à pleines dents. Tu regardes autour de toi, une vieille ville médiévale t'entoure. Beaucoup de personnes t'encerclent et attendent impatiemment qu'il se passe quelque chose.  Soudain, tu remarques en face de toi un homme tenant un arc. Des enfants l'interpellent en anglais : « vas-y Guillaume ! » Puis, il tend son arc et tire. Bizarrement tu n'es pas effrayée. La flèche vient se planter au dessus de ta tête dans une pomme à moitié croquée que tu n'avais même pas remarquée et tu tombes à la renverse. La dernière chose que tu vois en t'évanouissant, tu es dans le même café que tout à l'heure (où était-ce il y a très longtemps ?) et un homme affublé d'un arc quitte la table en te tournant le dos.  

Lorine

Ce chapeau à flèche est en réalité une bague dit le chapelier fou à Alice, et quand tu te la mettras tu deviendras encore plus gourmande. La pomme est en réalité la cerise confite qui te semblera particulièrement amère le jour où tu apprendras à ne pas manger la cerise avant d'avoir écouté l'histoire. Une simple glace italienne peut s'avérer dotée d'un crime sans châtiment. Mieux vaut une bonne cerise qu'un rubis non mérité. « A présent, tu peux manger la cerise ».  

Elias

Ce chapeau est en réalité un attrape cœur dit le chapelier fou à Alice, et quand tu te le mettras, tu deviendras encore plus sensible et beaucoup de personnes seront attirées par toi, aimantées. Chaque personne que tu croises dans la rue, dans cette nuit noire, te regarde avec un beau sourire et d'un regard étrange. A un certain moment, une personne t'arrête. Un homme grand, mystérieux, correct et sans aucune émotion qui se prononce sur son visage. Il te demande de quelle manière tu as eu ce chapeau. Tu hausses les épaules, en disant que tu ne savais plus. Cette personne t'invite à boire une tasse de thé et te raccompagne jusqu'à la porte d'entrée. A cet instant il te fixe comme s'il était en colère contre toi et tu te dis que ce chapeau lui appartient. Tu remarques qu'il sort de sa poche quelque chose de brillant, un objet de petite taille assez pointu et se rapproche de toi doucement, et toi reculant. Tu te réveilles soudainement en sursaut chez toi dans ton lit en te disant que ce n'était qu'un rêve, tu regardes de partout, mais où est ton chapeau ?  

Préscillia

Ce chapeau à flèche est en réalité une libération dit le chapelier fou à Alice et quand tu te le mettras, tu deviendras encore plus libre, tu pourras t'évader, partir loin, très loin, peut-être même trop loin. Tu vas pouvoir profiter de la vie et tu vas pouvoir voir beaucoup de choses mais quand tout s'arrêtera, tu resteras à l'endroit où la magie s'est arrêtée.  

Christelle

Ce chapeau à flèche est en réalité un centre de gravité dit le chapelier fou à Alice, et quand tu te le mettras, tu deviendras encore plus séparée qu'une pomme en deux. Tu seras à deux endroits différents, l'un où l'on te demandera  si tu veux bien te joindre  à eux pour tirer des flèches, on ne t'en dira pas plus bien sûr, et l'autre où l'on aura besoin de toi. Tu n'auras même pas le temps de répondre que tu seras déjà placé à ces deux endroits. Tu te diras, il faut que je vise cette pomme, il faut qu'elle vise cette pomme. Tu étendras ton bras, tu fermeras tes yeux et tu croqueras dans cette pomme à pleines dents.  

Manon R.

Ce chapeau à flèche est en réalité un gâteau aux pommes dit le chapelier fou à Alice, et quand tu te le mettras, tu deviendras encore plus gourmande. Tu rentreras dans le gâteau comme une petite fourmi dans ses tunnels de terre. Tu trouveras dans ce grand gâteau des milliers de petites friandises de toutes sortes et de tout parfum. Tu découvriras alors de nouvelles saveurs inexistantes purement sorties de ton imagination et de tes rêves. Quand le moment tant attendu de manger la gourmandise de tes rêves, le réveil sonne et une journée ordinaire recommence.  

Stéphanie

Ce chapeau à flèche est en réalité une cerise dit le chapelier fou à Alice, et quand tu te le mettras, tu deviendras encore plus gourmande. Un jour en te promenant dans le centre ville tu apercevras sur le trottoir d'en face un restaurant et tu te précipiteras devant l'entrée. Bien sûr, tu n'hésiteras pas à entrer et tu verras un serveur qui te conduira à une table. Celui-ci te proposera de regarder le menu et en voyant tous ces choix, tu n'hésiteras pas à commander tous les menus. Une fois toutes les assiettes posées devant toi, tu dévoreras tout jusqu'à la dernière miette. Quand tu auras fini, tu partiras et à la sortie un énorme vent viendra vers toi et celui-ci t'enlèvera ton chapeau et tu te rendras compte que tu auras changé d'apparence à la sortie du restaurant mais tu penseras que ce n'était qu'un chapeau, alors tu te réveilleras et tu verras que ce n'était qu'un rêve.  

Linda

Ce chapeau à flèches est en réalité une tasse de thé animée remplie de souvenirs, dit le chapelier fou à Alice, et quand tu te le mettras, tu deviendras encore plus nostalgique. Tu es tombée dans un monde imaginaire où tu as rencontré de jeunes enfant sen compagnie d'une fée et qui t'ont raconté leurs anecdotes passées mais ce qui te frappe, c'est qu'ils ne veulent pas devenir adultes, t'en souviens-tu ? dit le chapelier fou à Alice. La fée passera vers toi et te saupoudrera le nez, et tu te retrouveras sur la plage où tu rencontreras une petite sirène qui t'embraquera dans ses aventures. Au moment de plonger dans l'au glacée, tu te retrouveras dans la forêt  et tu entendras les 7 nains chanter. Affamée tu seras attirée  par une pomme empoisonnée et tu plongeras dans un sommeil profond. Tu fais soudain un rêve étrange, tu es seule devant ton miroir et tu demandes qui est la plus belle ? Te souviens-tu ? Te souviens-tu de la réponse ?  

Audrey

Ce chapeau à flèche est en réalité un trou noir dit le chapelier fou à Alice, et quand tu te le mettras tu deviendras encore plus perdue que tu ne l'as jamais été. Tes actes seront incorrigibles et n'auront un impact que sur toi. Tout ce qui t'entoure ne sera que rêve et tes pensées seront effacées. A l'instant où le chapeau se posera sur ta tête tu plongeras dans un monde irréel et tu seras la seule à avoir le pouvoir d'en sortir. Les jours se ressembleront et tu n'en verras pas la fin, à moins que ... « Alice ? Alice ? Réveille-toi ! » –

Un article dans le journal

  Un petit coup d'œil à travers le hublot et vous entrez dans le bateau de la seconde J. du lycée Condorcet de Saint-Priest, composé de 9 matelots et de 24 sirènes. Mettez-les sous 33 chapeaux, donnez-leur une plume et vous échouerez dans le monde chapeauté de Julian Rios : Nouveaux Chapeaux pour Alice.  

  « Un chapeau n'est pas un chapeau » et « un chapeau est un chapeau » sont la première et la dernière ligne du livre abracadabrant à l'imaginaire infini de Julian Rios Nouveaux Chapeaux pour Alice réédition de Chapeaux pour Alice. On retrouve donc un chapelier fou plus créatif que jamais entraînant Alice dans ses rêves les plus fous. Celui-ci, à chaque nouveau chapitre, offre un chapeau à Alice, la laisser s'en coiffer et lui conte un récit à chute surprenante. Julian Rios a su reprendre le style merveilleux de Lewis Carroll, l'inventeur d'Alice au pays des merveilles, tout en posant un regard nouveau sur l'étrange et le « non sense » qui renverse toutes les certitudes et vérités. Des contes comme « Ibéria », « Capitaine Araignée ou mène moi en bateau au bout du monde », « Serpent à sonnette » nous font nous évader de Londres à Paris en passant par Madrid. Le chapelier fou obsédé par le thé et les jeux de mots et autres anagrammes que la traduction a su rendre à merveille, sait tout et guide Alice telle une marionnette complètement hypnotisée. Un livre truffé de références, d'anecdotes et de clins d'œil aux plus grandes œuvres littéraires dont Nouveaux Chapeaux pour Alice fait désormais partie. Nous sommes sans cesse interpellés par cette écriture intertextuelle et déroutante. Le voyage littéraire nous entraîne ainsi dans un univers d'autant plus renversant et surréaliste. Pour décoder le texte, il faut faire preuve d'une certaine culture littéraire. Fans de mystères, de bizarreries et d'illogismes, voilà pour vous de nouvelles aventures fantastiques d'Alice. Chapeau Rios !

Seconde J lycée Condorcet Saint-Priest (Rhône), classe de français d'Elodie BOUCHICHE  

Classe 2J (2009-2010) du lycée Condorcet de Saint-Priest  
Pour citer cette ressource :

"Une classe de Seconde à la rencontre de Julián Ríos", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), mai 2010. Consulté le 08/12/2019. URL: http://cle.ens-lyon.fr/espagnol/litterature/litterature-espagnole/auteurs-contemporains/une-classe-de-seconde-a-la-rencontre-de-julian-rios