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«Some Like It Hot» (1959), Billy Wilder

Par James Thierrée, Nathalie De Biasi
Publié par Marion Coste le 11/02/2019
James Thierrée est comédien, metteur en scène, acrobate, danseur et musicien, petit-fils de Charlie Chaplin à l’honneur en 2018 au festival à travers une exposition photographique. Il est venu présenter le film ((Certains l’aiment chaud)) de Billy Wilder le 17 octobre 2018 au Cinéma Gérard Philipe de Vénissieux dans le cadre du Festival Lumière et du cycle Nouvelles Restaurations, une programmation de films restaurés récemment pour une nouvelle sortie en salles [meilleure qualité que les restaurations pour une diffusion en DVD, nda]. Ce texte est une retranscription de sa présentation, qui a été par endroits modifiée pour l'adapter au format écrit.

https://www.youtube.com/embed/rI_lUHOCcbc

(Source : Youtube, Some Like It Hot Trailer)

 

[La présentation débute par une démonstration de slapstick comedy : James Thierrée fait une chute spectaculaire en descendant les escaliers de la salle de projection puis perd son micro en essayant d’enlever puis de remettre sa veste plusieurs fois.]

Il était trop tentant, pour présenter Billy Wilder et son film Certains l’aiment chaud, de faire en introduction un petit grand n’importe quoi burlesque, qui, contrairement aux numéros de slapstick du music hall, n'a pas du tout été travaillé. 

Certains l’aiment chaud a été réalisé en 1959 par Billy Wilder, qui a énormément puisé dans la tradition du music hall et dans ce que l’on appelle le slapstick comedy : lorsque l’on voit Jack Lemmon à l’écran, on a véritablement l’impression d’assister à un sketch de music hall. Même sans le son, la scène serait quand même drôlissime : le film tout entier, dialogues compris, est travaillé comme une chorégraphie.

Certains l’aiment chaud présente des séquences mythiques qui s’enchaînent, à un rythme effréné : cela fait penser à une partition, car tout chez Billy Wilder est rythmé. Le film me rappelle un peu Whiplash de Damien Chazelle, dans lequel la musique du film et l’expérience du personnage principal, un batteur, étaient fusionnées. On sent chez Damien Chazelle ce même goût qu’avait Billy Wilder pour le rythme musical d’un film.

Certains l’aiment chaud raconte l’histoire d’un groupe de femmes musiciennes en tournée qui recueillent deux lascars qui fuient la police. Tout le monde a en tête l’histoire de ce film, dans lequel chaque scène est devenue mythique. L’arrivée de Marilyn Monroe constitue l’apogée du film, mais également son point tournant, car elle fait basculer le film dans une autre phase, celle de la volupté. Jack Lemmon et Tony Curtis formaient dans la première partie du film un duo comique qui nous entrainait dans des séquences endiablées et comiques, qui ne laissent pas au spectateur le temps de réfléchir. Avec Marilyn Monroe survient une explosion de volupté qui transforme le film en une sorte d’improbable offrande cinématographique. Cette force de vie et cette joie communicative sont les éléments comiques que l’on peine à retrouver dans les comédies aujourd’hui : il est difficile de trouver une comédie qui repose sur les dialogues, mais également sur le corps, la volupté, l’espièglerie et une forme d’innocence du cinéma.

Billy Wilder était tout autant capable de réaliser ce genre de film jouissif qu’un film noir ; il avait cette incroyable capacité à passer d’un style à un autre. La Garçonnière, par exemple, garde ce rythme incroyable et la drôlerie de Jack Lemmon. Ce qui se passait devant la caméra ne relevait pas de l’improvisation, mis nécessitait un nombre important de répétitions pour peaufiner ces numéros de scène d’une précision physique incroyable.

Pour citer cette ressource :

James Thierrée, Nathalie De Biasi, "«Some Like It Hot» (1959), Billy Wilder", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), février 2019. Consulté le 17/02/2019. URL: http://cle.ens-lyon.fr/anglais/arts/cinema/some-like-it-hot-de-billy-wilder