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«F.T.A.» (Francine Parker, 1972) : Jane Fonda, militante anti-guerre du Vietnam

Par Lucien Logette, Nathalie De Biasi
Publié par Marion Coste le 31/01/2019
Lucien Logette, directeur de la revue Jeune Cinéma et lauréat du Prix Bernard-Chardère 2018, est un des quelques dizaines de français seulement à avoir vu le documentaire ((F.T.A.)) lors de sa sortie en France à l’automne 1972. Il est venu présenter le film, réalisé par Francine Parker, le 16 octobre 2018, à l’Institut Lumière, dans le cadre du festival Lumière et de la programmation consacrée à Jane Fonda, Prix Lumière 2018. Ce texte est une retranscription de sa présentation, qui a été éditée pour convenir au format écrit.

https://www.youtube.com/embed/4HlkgPCgU7g

(Source : Youtube, F.T.A. Trailer)

F.T.A. n’a été projeté que dans une salle en 1972, au cinéma du Panthéon à Paris, et n’est resté qu’une semaine à l’affiche ; il y avait peu de public dans la salle car ce n’était pas trop dans les habitudes d’aller voir des documentaires au cinéma. C’est un film rare, qui complète bien le portrait de Jane Fonda entre tous les aspects qu’on connaît de sa carrière (Hollywood, l’Europe, etc.) et sa personnalité documentaire. Il complète l’image qu’on peut se faire d’elle à partir du film d’entretiens de Delphine Seyrig, Sois Belle et Tais-Toi [1976, sorti en 1981, et programmé au festival Lumière].

F.T.A. est un documentaire sur une tournée théâtrale de la troupe FTA (Free Theater Associates) qui avait été montée entre autres par Mike Nichols et Donald Sutherland, ainsi que des militants contre la guerre du Vietnam. Le documentaire a été réalisé en 1971 : la guerre du Vietnam durait déjà depuis une dizaine d’années et allait durer encore quatre ans (jusqu’en 1975). Elle était, au début des années 1970, à son sommet d’impopularité aux États-Unis, notamment au sein de la contre-culture. Dans ce contexte, Jane Fonda et ses amis ont monté une troupe qui mettait en scène des sketchs et des chansons joués uniquement pour les bases américaines, tout d’abord dans le Massachusetts aux États-Unis, puis dans les bases du Pacifique (Okinawa au Japon, par exemple). Ils faisaient leur numéro devant des soldats américains : mais c’était un spectacle anti-guerre.

Jane Fonda était allée seule avec sa troupe faire une tournée dans le Nord du Vietnam et s’était fait une réputation épouvantable auprès des médias américains. Ce film n’a d’ailleurs pas arrangé sa réputation, puisque – sans aller jusqu’au boycott total – elle était de moins en moins considérée pour des films américains et a dû venir tourner en Europe.

F.T.A. a contribué à changer l’image que les spectateurs de l’époque avaient de Jane Fonda. On la connaissait pour les films américains qu’elle avait tournée (The Chase [d’Arthur Penn, 1966], par exemple) ; c’était Madame Vadim, mais ce qu’elle a tourné avec Vadim, malgré Barbarella qui est un objet d’époque intéressant, n’est pas ce qui est le plus marquant dans sa filmographie. Elle a pris, pour tous les gens qui se sentaient concernés par le Vietnam et pour tous les gens un peu engagés à l’époque en France, une dimension d’héroïne de la contestation.

Le film a malheureusement eu très peu de succès en Amérique, et presque aucun en Europe. C’est donc une soirée de rattrapage que le festival Lumière propose.

Pour citer cette ressource :

Lucien Logette, Nathalie De Biasi, "«F.T.A.» (Francine Parker, 1972) : Jane Fonda, militante anti-guerre du Vietnam", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), janvier 2019. Consulté le 15/09/2019. URL: http://cle.ens-lyon.fr/anglais/arts/cinema/fta-jane-fonda-militante-anti-guerre-du-vietnam

Lecture complémentaire

La critique du New York Times à la sortie du documentaire en 1972 : Jane Fonda's 'F.T.A.' Show Now a Film, Roger Greenspun.