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Programme de l’enseignement Anglais, monde contemporain : thématiques, axes et objets d’étude

Publié par Marion Coste le 19/03/2020
Bac2021

Consulter le programme sur le site du Conseil supérieur des programmes

Avant-propos

L’enseignement de spécialité Anglais, monde contemporain vise à sensibiliser les élèves à la diversité des sociétés et des cultures du monde anglophone. Entité complexe, celui-ci s’entend comme un ensemble de pays ayant des liens linguistiques bien entendu, mais aussi et surtout historiques, politiques, économiques et culturels. On pense avant tout au Royaume-Uni et aux pays du Commonwealth, à l’Irlande et aux États-Unis.

L’enseignement de spécialité se donne pour objectif d’analyser quelques grands enjeux sociétaux, économiques, politiques, géopolitiques, culturels, scientifiques et techniques du monde anglophone contemporain, en partant de questions actuelles et en les resituant dans leur contexte historique afin de donner aux élèves les repères et les clés de compréhension indispensables. Il prend appui, pour aborder des questions contemporaines du monde anglophone, sur une grande variété de supports : presse écrite et audiovisuelle, sites d’information en ligne, extraits de publications scientifiques, discours, documents iconographiques, cartographiques, statistiques, films, séries télévisées, documentaires, représentations artistiques, etc. Il contribue au développement des compétences de lecture des élèves, de leur sens critique, de leur esprit d’analyse et de leur autonomie, ainsi qu’à la maîtrise de la langue dans des contextes usuels, des situations de communication nécessitant une connaissance suffisante des enjeux et des nuances entre les différentes régions qui composent le monde anglophone.

Thématiques de la classe de première

Thématique 1 : « Savoirs, création, innovation »

L’actualité fournit de nombreux exemples de la capacité des pays du monde anglophone à innover dans le domaine des sciences et des techniques, dans le champ de la culture et des arts, mais aussi en matière d’organisation du travail ou de moyens de communication. Savoirs et innovations techniques découpent le temps en périodes ou en ères, marquées par un changement décrit et commenté par les acteurs eux-mêmes, par la presse contemporaine et par les commentateurs des générations successives. Ainsi, la révolution numérique – aussi appelée quatrième révolution industrielle – voit la technologie évoluer à une vitesse sans précédent. L’innovation affecte la société dans son ensemble, son bien-être et ses modes d’organisation, de logement, de consommation ; les secteurs de l’économie, des transports, des services, de la sécurité au quotidien, s’en trouvent modifiés. Les progrès effectués peuvent être ancrés dans un territoire délimité ou résulter de collaborations entre États. Le commerce et les échanges se chargent de les diffuser.

L’innovation et la création sont fécondes pour les médias, qui font commerce de « nouvelles » et observent les variations susceptibles d’affecter le public auquel ils s’adressent. Parfois présentées sous le jour de nouvelles modes, de mutations inéluctables ou d’évolutions inquiétantes, ces évolutions sont le fruit de la chaîne de production des savoirs : un maillage d’écoles, d’universités et d’organismes de recherche, et d’innovation construit et transmet les savoirs, et développe les compétences de la population. À côté des institutions productrices de connaissances et de compétences, et en interaction avec elles, une large diffusion des savoirs, par l’imprimé et l’image (aujourd’hui souvent numérique) permet aux individus et au monde de l’entreprise de contribuer au développement des savoirs, des sciences et des technologies. Ainsi se forme une société du savoir qui ne cesse de se renouveler, de disséminer ses connaissances, d’observer et de commenter ses évolutions, en les confrontant à la diversité des points de vue, des interprétations et des applications.

Les savoirs, la création et l’innovation peuvent être étudiés sous l’angle de leur apparition, de leur développement, de leurs évolutions, ainsi que par le biais des débats et controverses qu’ils suscitent (changement climatique, développement durable, biodiversité, etc.). La presse se fait l’écho de ces phénomènes, évolutions et polémiques. La littérature (y compris pour la jeunesse) et toutes les formes d’art intègrent les tendances actuelles ; la fiction les préfigure parfois dans les films et les séries, dans les ouvrages de science-fiction ou dans les utopies, fournissant ainsi à la fois une représentation (textuelle, visuelle ou artistique) de l’innovation et une matière pour la réflexion. Journalistes, essayistes, philosophes, chercheurs, acteurs politiques et créateurs s’interrogent sur les conséquences de ces changements sur les hommes et les femmes d’aujourd’hui et de demain, sur leur humanité (augmentée, transformée, manipulée, etc.), sur leur capacité à bénéficier de ces évolutions et à résister à leurs dérives.

Axe d’étude 1 : Production et circulation des savoirs

Cet axe invite à recenser, dans l’aire anglophone, les manifestations contemporaines de la production des savoirs, que cette dernière soit formalisée dans les institutions scolaires et universitaires, transformée et poursuivie par le monde de l’entreprise ou informelle, fruit de l’expérience ou de l’expérimentation.

Dans le monde anglophone, la production et la transmission des savoirs par les chercheurs s’appuient volontiers sur une approche empirique. Elle permet au grand public de participer au développement de la science et des techniques, d’acquérir et de s’approprier des connaissances dans une grande variété d’institutions éducatives.

L’espace numérique, devenu un lieu privilégié pour partager les savoirs, créer, recréer et innover, est en cela un levier majeur du développement d’une culture pour tous et participative, qui peut passer du local au planétaire (celle des Youtubeurs, par exemple). Le numérique modifie notre rapport aux savoirs et les rend dynamiques. Il permet une réactualisation inédite du patrimoine culturel ; il révèle et amplifie les évolutions du langage, de la pensée et des sociétés. L’ensemble de ces évolutions est abordé dans le monde anglophone.

Exemples d’objets d’étude

La société du savoir : les acteurs et les mécanismes de production du savoir ; la société du savoir dans ses déclinaisons locales (clubs ou associations à but éducatif, pour la promotion des savoirs, des arts ou de l’innovation) ; le numérique éducatif, la numérisation des savoirs et des ressources ; la production de contenus par les institutions, les professionnels (podcasts des radios) et les usagers (vidéastes, blogueurs, etc.), les encyclopédies collaboratives en ligne ; limites et conditions du partage et de la diffusion des savoirs : fracture numérique, limites juridiques, etc. ; le rôle de la presse (généraliste ou spécialisée) et des médias en ligne dans la production et la circulation des savoirs, dans la mise en débat des certitudes et incertitudes des différents domaines du savoir.

L’éducation et les systèmes éducatifs : grandir et étudier en Angleterre, Écosse, Irlande, Californie, Australie, Nouvelle-Zélande, au Canada, au pays de Galles, aux États-Unis, etc. – comparaisons et contrastes ; la mobilité étudiante dans le monde anglo-saxon : flux entrants et sortants, fuite des cerveaux ; l’accès à l’école, à l’université et l’égalité des chances ; l’enseignement à distance et les nouvelles formes de diffusion et de partage des savoirs ; la diversité des savoirs dans les systèmes scolaires (contenus et programmes) ; l’interactivité des savoirs (universités, bibliothèques, musées, fondations) ; la question des contenus étudiés dans les sociétés multiculturelles : une histoire ? des histoires ?

Savoirs et entreprise : création et créateurs de savoirs dans l’actualité socio-économique des pays anglophones (figures du diplômé, de l’entrepreneur et de l’autodidacte dans la Silicon Valley, par exemple) ; partenariat école-entreprise, université-entreprise ; production et diffusion de savoirs en entreprise ; la marchandisation des connaissances et des informations (recueil, stockage, exploitation et commercialisation des données) ; le rôle des algorithmes dans la sélection et la circulation des savoirs et des informations (les algorithmes de recommandation, par exemple).

Axe d’étude 2 : Sciences et techniques, promesses et défis

Cet axe d’étude explore les manières particulières dont le monde anglophone réalise des avancées scientifiques, techniques et technologiques dans des domaines variés (consommation, énergie, habitat, transport) et s’en empare à l’aune, notamment, des divers enjeux économiques, environnementaux et sociétaux qui lui sont propres. Ainsi, dans la continuité de leur histoire et malgré la concurrence internationale, les États-Unis conservent un dynamisme remarquable dans les secteurs de haute technologie. Réagissant au ralentissement de leur croissance économique tout en répondant à une forte demande sociétale, le Royaume-Uni et le Canada développent des politiques volontaristes pour se projeter dans la transition écologique et la course à l’innovation, stimulant par exemple le développement des technologies propres et l’industrie manufacturière.

Une mise en perspective de l’actualité (intelligence artificielle, OGM, gaz de schiste, etc.) est l’occasion d’aborder, ponctuellement, les courants et évolutions de la pensée scientifique, philosophique et politique des zones géographiques étudiées. Capitalisme, liberté d’entreprendre, société de consommation sous-tendent l’expansion des géants du numérique et des secteurs commerciaux dépendants des nouvelles technologies (le e-commerce par exemple), mais peuvent être mis en question par une société qui réfléchit aux conséquences de ces modèles de développement.

Les acteurs du monde de la culture, quant à eux, s’emparent des outils numériques du XXIe siècle pour stimuler la création artistique et explorer le potentiel à la fois esthétique et interactif qu’ils offrent : de l’arrivée de la réalité augmentée dans les musées à l’avènement du numérique au cinéma, des logiciels qui transforment la création musicale aux hologrammes qui bouleversent le spectacle vivant jusqu’à la réalisation d’objets d’art au moyen du code informatique ou de nouveaux procédés de fabrication comme l’impression 3D. La démarche de l’artiste s’en trouve modifiée et l’expérience du public change elle aussi. Cet axe s’intéresse aux relations entre arts, sciences et techniques et à leurs manifestations dans le monde anglophone.

Enfin, replacer les innovations dans leur contexte en croisant les regards (des scientifiques, des politiques, des médias, etc.) qui sont portés sur elles, cela permet d’interroger de manière critique leur pertinence, leur efficacité, et leurs éventuels impacts (directs ou indirects, à court et à long terme). Les grandes avancées de notre siècle conduisent à des changements multiples dont la plus-value est à évaluer au regard de leurs effets. Au coeur des grandes préoccupations du XXIe siècle, les évolutions scientifiques, techniques et technologiques concernent tous les aspects de la vie humaine et jouent un rôle essentiel dans les choix de société qui s’opèrent. Les effets de ces avancées et les controverses qu’elles suscitent sont abordés dans le monde anglophone.

Exemples d’objets d’étude

La course à l’innovation : le poids économique et le rôle géopolitique des sciences et techniques (concurrence dans les industries de l’espace et de la téléphonie, par exemple) ; les stratégies nationales volontaristes (Innovation for a Better Canada, leadership dans le domaine de l’intelligence artificielle aux États-Unis, Innovation Nation au Royaume-Uni) ; les prix Nobel et autres distinctions ; la jeunesse innovante (Youth Innovation Award au Canada, Youth Innovation Centres en Jamaïque, Young Innovators of Nigeria Social Organization) ; nouveaux modes d’organisation des entreprises (start-ups, fablabs).

De l’idée à l’objet : étude longitudinale d’une innovation américaine : genèse d’une idée, création d’un objet, fabrication à grande échelle, voire commercialisation ; les objets connectés (tablettes numériques, téléphones portables, montres) ; réparer et augmenter l’être humain (exosquelette, prothèses extra et intra corporelles, etc.) ; les moyens de transport (drones, voiture autonome, train à suspension magnétique).

L’homme et la machine : l’intelligence artificielle ; l’automation, l’automatisation, la robotisation ; l’amélioration des capacités physiques de l’homme.

Éthique et génétique : le progrès génétique, avantages et inconvénients ; OGM, lobbies industriels et santé publique ; controverses autour des produits alimentaire ; tests génétiques et police scientifique (exploitation des données de sites de généalogie en ligne par la police aux États-Unis) ; génétique et recherche scientifique, en histoire ou en archéologie, par exemple ; l’édition génétique, le séquençage du génome ; le transhumanisme.

Innovation et transition écologique : les bénéfices et écueils du développement des énergies propres (éolien en Nouvelle-Zélande, panneaux solaires en Australie, etc.) ; les innovations industrielles permettant la réduction des émissions de CO2 au Canada et au Royaume-Uni, par exemple.

Numérique artistique et démocratisation culturelle : l’industrie du cinéma : les techniques d’animation, les nouveaux modes de diffusion, les expériences multi-sensorielles ; les plateformes de diffusion de contenus culturels ; le lien entre les institutions culturelles (musées, opéra, etc.) et le public à l’ère du numérique ; l’industrie du jeu vidéo.

Les nouvelles formes d’expression artistique : la création en environnement numérique, les nouveaux espaces de création et de diffusion ; la littérature numérique ; l’art numérique, les oeuvres interactives ; la performance musicale (musique électronique, transformation du son, montage) ; le spectacle vivant (théâtre, danse, concerts, music-hall, opéra).

Urbanisme, habitat et architecture : la transformation de l’habitat, des friches industrielles, des grandes villes nord-américaines (Détroit, San Francisco) ; l’aménagement des espaces et les modalités de travail (mobilités choisies ou subies, télétravail) ; la ville intelligente (Londres, New York, Toronto).

Thématique 2 : « Représentations »

Cette thématique vise à étudier la notion de représentation dans ses diverses acceptions.

Dans sa première acception, la représentation se comprend comme politique : cet axe d’étude vise donc à s’interroger sur la manière dont les citoyens sont représentés et participent à la vie publique et politique.

Représenter et se représenter le monde anglophone, c’est aussi informer et s’informer. L’accès à une information plurielle qui reflète la diversité des points de vue est un enjeu contemporain majeur. Les médias sont un moyen privilégié par lequel sont véhiculées des idées, des images ou des représentations qui influencent notre vision de la réalité. Il s’agit ici de voir comment se détermine la façon dont les individus et les groupes perçoivent les enjeux politiques, économiques et sociaux de leur époque.

La représentation peut, enfin, être esthétique et permettre, par le truchement de la création artistique et culturelle, de véhiculer des images ou des idées et de rendre sensibles des concepts : on s’attache à travers cette notion à étudier la façon dont les sociétés du monde anglophone se représentent à elles-mêmes et se représentent le monde, dans des mises en scène allant de la critique en passant par le consensus, l’anticonformisme et le stéréotype.

À travers les prismes politique, médiatique, culturel et artistique, cette thématique doit permettre une lecture critique et informée des événements, et encourager les élèves à percevoir et confronter les points de vue pour appréhender la pluralité des approches des phénomènes contemporains.

Axe d’étude 1 : Faire entendre sa voix : représentation et participation

À la lumière d’événements récents, cet axe d’étude permet d’explorer les modes de représentation des citoyens dans les pays du monde anglophone tels qu’ils sont prévus par les constitutions des États concernés, mais également tels qu’ils s’expriment concrètement selon les contextes politiques, économiques et sociaux de l’époque.

Si la plupart des États du monde anglophone se réclament de la démocratie, cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont régis par une organisation uniforme : le système parlementaire du Royaume-Uni fonctionne, en effet, selon des règles très différentes de celles de la république fédérale des États-Unis ou de l’Inde, ou encore de celles de la république d’Afrique du Sud. Par-delà ces différences qu’il convient d’expliciter, on s’attache à explorer et à analyser, à travers l’étude d’événements récents, la manière dont la souveraineté populaire s’accomplit par le biais de l’action de ses représentants politiques, ou se trouve empêchée au point qu’une partie de la population ne se reconnaisse pas dans la politique menée. Des situations qui mettent en question la représentation politique peuvent conduire certains citoyens à essayer de faire entendre leur voix à travers les réseaux sociaux. Ceux-ci jouent un rôle dans l’évolution des mécanismes de représentativité démocratique.

Exemples d’objets d’étude

Démocratie, pouvoirs et contre-pouvoirs : citoyenneté et représentation politique : systèmes parlementaires, systèmes électoraux, vote des lois, partis politiques, référendums ; citoyenneté et engagement : syndicats, groupes de pression, droit de pétition, défense de la démocratie par le biais d’associations et d’organisations.

Composition et représentativité des institutions : paysages politiques en mutation (réveil ou affaiblissement des systèmes bipartites, du clivage gauche-droite ; redéfinition, construction et déconstruction des partis politiques ; divisions internes au sein des partis) ; mutations idéologiques : conservatisme, républicanisme, libéralisme, populisme ; séparatismes ; analyse du comportement électoral des citoyens (étude de la volatilité électorale ; participation et abstention électorales).

Parlementarisme et monarchie : monarchie parlementaire britannique – rôle, fonctionnement et enjeux ; le Commonwealth hier et aujourd’hui (représentation des citoyens des pays du Commonwealth ; évolution de cette représentation) ; monarchie et démocratie (monarchie constitutionnelle ; prérogative royale) ; républicanisme et royalisme.

La démocratie à l’ère du numérique : voix démocratique et cyber-militantisme ; mouvements protestataires viraux, mondiaux (pouvoir politique des réseaux sociaux) ; lanceurs d’alerte et fuites d’informations ; atouts et écueils du vote électronique.

Axe d’étude 2 : Informer et s’informer

Cet axe d’étude permet d’analyser les représentations véhiculées dans les médias par la couverture de situations et d’événements particuliers du monde anglophone. En tant que relais du débat public, les médias – et par extension l’ensemble des diffuseurs d’information depuis l’avènement du numérique – sont l’un des outils privilégiés qui aident le peuple à se construire un savoir, à se représenter les enjeux politiques et sociaux et, plus largement, le monde.

L’influence des médias sur la société et l’opinion publique n’est pas à sens unique : l’étude des interactions entre médias, monde politique et opinion publique peut mettre en lumière les réseaux d’influence et la construction de l’opinion. À ce titre, il convient de tenir compte des contextes nationaux spécifiques. En comparant le traitement médiatique et journalistique d’un même événement dans différents médias (ou différents pays), on peut ainsi mesurer l’étendue du principe de la liberté d’expression et ses limites, et appréhender la diversité de tons et d’opinions qui s’exprime dans les médias traditionnels et collaboratifs du monde anglophone.

Cet axe d’étude permet, par ailleurs, d’étudier la manière dont les médias anglophones se sont adaptés aux enjeux du XXIe siècle, notamment le défi posé par la multiplication des écrans, le succès des sites d’information gratuits puis des agrégateurs, qui mettent en difficulté les médias traditionnels.

Exemples d’objets d’étude

Médias et pouvoir politique : pouvoirs et contre-pouvoirs : les médias comme organe de contrôle du pouvoir politique ; journalisme d’investigation ; lanceurs d’alerte et révélation de scandales étatiques ; communiquer à travers les médias : évolution de la communication politique (spin doctors, political narratives, utilisation politique des réseaux sociaux) ; circulation de l’information ; « société du spectacle » et rôle de représentation (théâtrale) des médias ; médias partisans, médias libres : paysage politique des organes médiatiques aux États-Unis, au Royaume-Uni, etc. (presse, radio, télévision) ; conglomérats et médias indépendants ; points de vue et sondages d’opinion.

Liberté de la presse : différentes conceptions, définitions, garanties de la liberté d’expression (garanties constitutionnelles ; débats sur le besoin de réglementer la parole médiatique ; organes de contrôle de la presse ; libre expression, censure et inféodation des médias) ; dérives médiatiques et répercussions sur la confiance du public accordée aux différents médias ; sphère publique, sphère privée et sphère médiatique (on pourra s’interroger ici sur l’effacement ou le renforcement de la frontière entre ces différentes sphères).

Médias et société : visibilité internationale de certains médias et influence sur les sociétés (The New York Times, Reuters, CNN …) ; les médias comme reflet de la société ; couverture médiatique et choix rédactionnels, rhétoriques ; médias et classes sociales (influence du lectorat ou des spectateurs sur les contenus médiatiques et informatifs) ; rôle et influence des campagnes médiatiques ou publicitaires sur les citoyens.

Médias traditionnels et nouveaux médias : évolution des modèles économiques des médias traditionnels ; médias producteurs d’information et agrégateurs ; multiplication des sources d’information (citizen journalism, participatory journalism) ; Big Data et protection des données ; cyber-militantisme.

Les médias à l’heure de la « post-vérité » : tensions entre savoirs et opinion, entre information et désinformation ; construction de l’opinion et manipulation de l’opinion publique ; théories du complot et « faits alternatifs » (fake news, deep fake) ; vérification des faits (fact-checking).

Axe d’étude 3 : Représenter le monde et se représenter

La dimension esthétique et culturelle de la représentation est au coeur de ce dernier axe d’étude. On se propose ici d’étudier la manière dont les sociétés anglophones se donnent à voir à elles-mêmes et au reste du monde à travers des productions culturelles et artistiques. L’acte de représentation, compris ici comme la diffusion d’une image ou d’une idée, est intimement lié à l’art. Il permet de véhiculer des idées par le biais du cinéma (Heritage films, les films de Ken Loach), de la peinture (Banksy, Faith Ringgold, Hew Lowke, etc.), de la musique (les chansons de Bob Dylan, le rap et la culture hip hop), de la littérature (les oeuvres de Paul Auster, Sherman Alexie, Jonathan Coe, Arundhati Roy, J. M. Coetzee, Nadine Gordimer, etc.), du spectacle vivant (théâtre, danse, opéra, arts de rue), de l’architecture (le paysage urbain de Londres ou New-York, l’opéra de Sydney) et de la publicité, commerciale ou institutionnelle.

Le graphisme et l’image au sens large doivent également être envisagés comme autant de mises en scène du réel permettant de visualiser des faits, de représenter et d’organiser le monde. Les symboles et les idées sont, quant à eux, de puissants outils de représentation dont les pays du monde anglophone peuvent user afin d’asseoir leur influence (soft power).

Ces représentations artistiques et symboliques du monde anglophone doivent toutefois se lire à la lumière du contexte culturel, social et politique dans lequel elles s’inscrivent. Une approche comparative pourra ainsi être menée afin de mettre en perspective différents supports (peintures, textes littéraires, films, séries télévisées) et de saisir le caractère arbitraire, stéréotypé ou consensuel de certaines productions artistiques et culturelles.

Exemples d’objets d’étude

Autoportrait, autocongratulation, autocritique : romans nationaux et idiosyncrasies nationales ; célébration ou rejet de traits culturels stéréotypés ou de modèles de société (multiculturalisme) ; reportages et documentaires laudatifs ou critiques ; points de vue narratifs et intentionnalité.

Traditions et mutations : entre passé et présent : représentations contemporaines de la culture britannique ou américaine sous l’angle du passé (visions nostalgiques, passéistes de la culture des pays du monde anglophone) ; adaptations cinématographiques contemporaines de classiques de la littérature – les heritage films présentant une vision idéalisée du passé ; tradition du protest art et évolution des supports et des modes d’expression ; le Commonwealth entre tradition et modernité (Afrique du Sud, Inde, Nigeria).

Se représenter le monde anglophone : cartographies, nomenclatures et toponymies ; infographies, statistiques et sondages dépeignant une certaine réalité ; publicité ; art engagé et perception du monde ; le monde vu par les Britanniques et les Américains (dans la littérature, le cinéma, l’art…) ; diffusion d’images stéréotypées des sociétés du monde anglophone à travers la littérature et le cinéma ; construction et déconstruction de clichés à travers les oeuvres du monde anglophone.

Les vitrines du monde anglophone : villes-monde (comme New York ou Londres qui peuvent être perçues comme offrant une vitrine non seulement du monde anglophone, mais du monde entier, à travers leur architecture, leur multiculturalisme et leur rayonnement international) ; architectures emblématiques ; la monarchie britannique comme vitrine, symbole et objet politique ; l’Australie, pays continent.