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Programme d'enseignement de spécialité de la classe de première

Publié par Cécilia Fernandez le 22/02/2019
Réforme du lycée: parution des nouveaux programmes au Bulletin Officiel (2019)

Le programme a été publié au Bulletin Officiel Spécial n°1 du 22 janvier 2019.

Les thématiques et oeuvres intégrales

Les contenus culturels et littéraires sont déclinés en cinq thématiques (deux pour la classe de première, trois pour la classe terminale), elles-mêmes subdivisées en axes d’étude selon les spécificités propres à chaque langue. Les axes d’étude, ni limitatifs ni exhaustifs, ne constituent pas un catalogue de prescriptions juxtaposées : ils ont pour fonction d’aider les professeurs à élaborer et construire des progressions pédagogiques adaptées à la diversité des niveaux et des besoins des élèves.

Pour chacune des cinq thématiques, un descriptif pour chaque langue permet d’expliciter les contenus proposés à l’analyse et d’orienter la réflexion. À ce descriptif est associé un programme de lectures pour chacune des langues et chacun des niveaux du cycle terminal.

Les thématiques proposées dans les différentes langues permettent d’aborder un certain nombre de figures et d’œuvres importantes dans les domaines de la littérature, des arts en général (peinture, sculpture, architecture, musique ; photographie, cinéma, télévision ; chanson) et de l’histoire des idées. Les artistes, les penseurs et leurs œuvres sont replacés dans leur contexte historique, politique et social. Des documents de nature différente (textes littéraires à dimension philosophique ou politique ; tableaux, gravures, photographies, films, articles de presse, données chiffrées, etc.) et de périodes différentes sont mis en regard les uns avec les autres pour permettre des lectures croisées ou souligner des continuités ou des ruptures.

Deux œuvres littéraires intégrales (court roman, nouvelles ou pièce de théâtre), à raison d’une œuvre par thématique, auxquelles pourra être ajoutée une œuvre filmique, devront être lues et étudiées pendant l’année et obligatoirement choisies par les professeurs dans un programme limitatif, défini par note de service, renouvelé intégralement ou partiellement tous les deux ans. Pour les autres œuvres abordées en classe, il appartiendra aux professeurs de sélectionner, notamment dans les listes proposées à la fin de ce programme, les extraits les plus appropriés pour leur approche. Les œuvres et supports ne sont mentionnés dans les descriptifs des thématiques ci-dessous ou dans l’annexe qu’à titre d’exemples. Bien d’autres documents pourraient tout à fait être utilisés en classe.

Programme de langues, littératures et cultures étrangères - allemand - de première générale

Thématique «Les imaginaires»

L’imaginaire occupe une place de choix dans la littérature et la philosophie de langue allemande, et se situe à la croisée des chemins entre art et théorie. La thématique de l’imaginaire, étroitement liée à l’imagination, faculté humaine et modalité d’être au monde sans laquelle les mondes imaginaires ne sauraient exister, permet d’explorer de nombreuses œuvres littéraires et artistiques du patrimoine culturel germanophone. Non seulement les formes, mais aussi la fonction des mondes imaginaires peuvent faire l’objet d’une réflexion invitant les élèves à se demander ce que les mondes imaginaires disent de la réalité ou à s’interroger sur la vérité qu’ils délivrent sur l’homme et le monde par le rêve, les prophéties, les visions. On envisage ces mondes merveilleux, étranges et fantastiques comme autant de modalités esthétiques pour s’éloigner d’une réalité difficile ou triviale; on peut étudier les mondes imaginaires comme la capacité humaine à créer d’autres univers, qu’ils soient obscurs et angoissants ou constructifs et porteurs d’espoir. Concernant les documents iconographiques, nombreux à illustrer cette thématique, on prend soin d’insister sur leur portée métaphorique. Une entrée possible dans la thématique peut se faire par une réflexion initiale sur ces termes fondamentaux de la pensée et de la langue allemandes que sont «Bild» (image) dans le rapport à son modèle («Urbild» «Abbild» «Gleichbild»), «Einbildung» (imagination entendue dans le terme lui-même comme processus et pouvoir intérieur de façonner des images) et par un ancrage dans la diachronie en partant des concepts ratio et imaginatio annonçant des controverses esthétiques et philosophiques qui caractérisent le XVIIIe siècle. C’est notamment le traité d’Immanuel Kant Critique de la faculté de juger (1790) qui ouvre la voie à l’éclosion particulièrement remarquable de l’imaginaire sous toutes ses formes (merveilleux, fantastique, étrange) au tournant du XIXe siècle. On peut dans ce contexte explorer le dépassement de la réalité par la force de l’imagination en sensibilisant les élèves à la distinction établie dans l’Antiquité entre «mimesis» et «phantasia», la première soucieuse d’imiter la réalité, la seconde de la créer ou de la recréer.

La thématique peut ainsi donner lieu à plusieurs axes d’étude décrits ci-dessous:

Axe d'étude 1: L'imaginaire populaire allemand

L’imaginaire populaire allemand est riche de motifs ancestraux et récurrents; parmi eux, on peut citer le dragon, l’ombre perdue, le pacte avec le diable, la sorcière, le rêve et ses frontières poreuses avec la réalité. On peut à cet égard insister sur la façon dont des auteurs à partir de la fin du XVIIIe siècle retravaillent des récits populaires fantastiques de fantômes et de revenants («Schauerballade» ou «ballade terrifiante»). Puis, au tournant du XIXe siècle, la littérature romantique allemande redécouvre quant à elle la puissance de l’imagination et la beauté des mondes imaginaires à l’exemple des frères Grimm et Adelbert von Chamisso qui axe son récit Peter Schlemihls wundersame Geschichte («L’étrange histoire de Peter Schlemihl») autour de la perte de l’ombre ou de E.T.A. Hoffmann et son univers fictionnel angoissant par exemple. Les romantiques allemands voient l’origine de la poésie dans l’émancipation par rapport à la domination de la raison. C’est grâce à eux que le conte, qu’il soit populaire («Volksmärchen») ou esthétique («Kunstmärchen»), fait l’objet d’un engouement qui n’est pas sans lien avec la redécouverte au même moment de l’enfance entendue comme phase de l’existence à part entière. Le conte redonne à la magie, aux êtres surnaturels, aux animaux merveilleux, aux personnages dotés de pouvoirs étranges une place de choix dans le monde poétique et fictionnel de langue allemande.

Axe d'étude 2: L'inquiétante étrangeté

Si l’on poursuit dans l’approche diachronique de la thématique, on fait également mention du tournant du XXe siècle marqué par les théories de Sigmund Freud sur le rêve et l’inquiétante étrangeté («das Unheimliche») qui eurent des résonances auprès de nombreux auteurs tels Arthur Schnitzler que Freud qualifiait de «double de lui-même» ou encore Hugo von Hofmannsthal et Franz Kafka. La question du double qui incarne le surgissement de l’étrange au cœur du quotidien, mais aussi celle de la folie, peuvent faire l’objet d’un travail en classe. On s’intéresse notamment aux procédés littéraires et esthétiques de représentation de la folie et du rêve. On peut sensibiliser les élèves à l’hésitation permanente suscitée chez le lecteur entre un monde rationnel et un autre irrationnel et que résume très bien l’interrogation de Faust à la première apparition de Méphistophélès: «Ist es Schatten, ist es Wirklichkeit?» («Est-ce une ombre, est-ce la réalité?»).

Axe d'étude 3: L'imaginaire fantastique

On peut aussi choisir de mettre le fantastique à l’honneur et on accorde dans cette perspective une place à la littérature fantastique de jeunesse et à ses adaptations filmiques susceptibles de constituer une porte d’entrée motivante pour des adolescents. Les personnages de vampires de Nosferatu à Der kleine Vampir («Le petit vampire») peuvent être analysés en tant que vecteurs d’évolution participant pleinement d’un processus de socialisation et d’individuation. La littérature fantastique et de science-fiction allemande peut favoriser chez les élèves le goût de la lecture; elle permet non seulement d’augmenter leur capacité d’abstraction par le décodage de l’implicite propre à cette littérature qui a recours à de nombreuses allégories, mais de renforcer également leur culture littéraire dans des genres plus traditionnels avec les codes desquels elle joue, tels que le roman d’amour, le roman d’initiation ou le roman d’aventures.

Questions et références pour la thématique «Les imaginaires»

Questions

Références fictionnelles et poétiques

Autres références culturelles

Préambule: l’entrée dans l‘imaginaire

Lire et imaginer pour

appréhender la réalité

Stefan ZWEIG, Begegnungen mit Büchern. Aufsätze und Einleitungen aus den Jahren 1902-1939 (plus particulièrement «Das Buch als Eingangzur Welt» p. 7-17 et «Das Buch als Weltbild», p. 138-143).

Alfred ANDERSCH,  Sansibar oder der letzte Grund, 1957.

Hans Magnus ENZENSBERGER, Altes Medium, 1993.

Bernhard SCHLINK,  Der Vorleser, 1995.

Ruth KLÜGER, Frauen lesen anders, 1996.

[essai] Bruno BETTELHEIM, Kinder brauchen Bücher. Lesenlernen durch Faszination, 1985 (plus particulièrement le chapitre «Die Magie des Lesens»)[à noter: texte original en anglais, traduit en allemand].

[icon.] Carl SPITZWEG, Der arme Poet, 1835.

[icon.] Egon SCHIELE, Stillleben mit Büchern [Schreibtisch des Künstlers], 1914 et Selbstseher II [Tod und Mann], 1911.

[icon.] Ferdinand ANDRI, Sitzende in rotem Kleid, 1927.

[icon.] Gustav KLIMT,  Der Blinde, um 1896 et Tod und Leben, 1910/1911, umgearbeitet 1915/1916.

[icon.] Karl ARNOLD, Romananfang (« Beim Tanz mit Elly sah er, über Oskars Schultern,Paula zum erstenmal...»), 1928.

[Pour une mise en perspective]

[icon.] Pierre-Auguste RENOIR, L’après-midi des enfants à Wargemont, 1884.

[icon.] Jessie Willcox SMITH, Girl reading.

[icon.] Friedrich VON AMERLING,  In Träumen versunken, 1835.

[icon.] Gerhard RICHTER, Lesende, 1994.

[adaptation filmique] Stephen DALDRY, The reader, 2008.

Axe d’étude 1: l’imaginaire populaire allemand

Ballades et histoires

terrifiantes

(«Die Schauerballade»;

«Gespenster- und

Spukgeschichten»)

 

Poèmes de Ludwig Christoph Heinrich HÖLTY.

Gottfried August BÜRGER, Lenore, 1774.

J. W. GOETHE: la poésie goethéenne et ses traits magiques, démoniaques, inquiétants:

Heidenröslein, 1771

Der König in Thule, 1774

Der untreue Knabe, 1774-1775

Der Fischer, 1778

Erlkönig, 1782

Der Sänger, 1783

Der Zauberlehrling, 1797-1827

Der Schatzgräber, 1797.

Heinrich VON KLEIST, Das Bettelweib von Locarno, 1810.

[mus.] Franz LISZT, Lenore, 1858.

[icon.] Ary SCHEFFER, Les morts vont vite, 1830.

[mus.] Richard WAGNER, Der fliegende Holländer, 1843.

[mus.] Franz SCHUBERT, Erlkönig, 1815.

[essai] Stefan ZWEIG,  «Zurück zum Märchen» in: Begegnungen mit Büchern (p.73-76).

 

 

Quelques motifs de

l’imaginaire allemand

Die NIBELUNGEN, Siegfrieds Jugend (XIIIème siècle).

J. W. GOETHE, Faust I (le pacte avec le diable, La cuisine de la sorcière ; Brocken ; Walpurgisnacht).

Thomas MANN, Doktor Faustus (extraits), 1947 (cf. plus particulièrement chapitres 23 à 28).

Adelbert VON CHAMISSO, Peter Schlemihls wundersame Geschichte, 1813.

W. und J. GRIMM, la sorcière dans Hänsel und Gretel, Schneewittchen, Rapunzel.

Gustav MEYRINK, Der Golem, 1915.

Hugo VON HOFMANNSTHAL, Die Frau ohne Schatten, 1919.

Cornelia FUNKE, Drachenreiter, 1997.

 

[film] Fritz LANG, Die Nibelungen, 1924.

[icon.] Albrecht DÜRER, Hexensabbat, vers 1500.

[culture] Tradition du Carnaval enAllemagne

[opéra] Engelbert HUMPERDINCK, Hänsel und Gretel, 1891.

[Pour une mise en perspective]

[culture] la sorcière Baba Yaga

[film] Carl BOESE & Paul WEGENER, Der Golem, wie er in die Welt kam, 1920.

[opéra] Richard STRAUSS, Die Frau ohne Schatten, 1919.

Axe d’étude 2: l’inquiétante étrangeté («das Unheimliche»)

Porosité des frontières

entre rêve et réalité

 

Hugo VON HOFMANNSTHAL, Das Märchen der 672. Nacht, 1895.

Theodor STORM, Der Schimmelreiter, 1888.

Alfred DÖBLIN, Die Ermordung einer Butterblume, 1903-1905.

Franz KAFKA, Die Verwandlung, 1912, Ein Traum, 1920, Die Brücke, 1916-1917, Der Schlag ans Hoftor, 1917.

Arthur SCHNITZLER, Traumnovelle, 1925.

Leo PERUTZ, Das Mangobaumwunder, 1913, Der Marques de Bolibar, 1920, Sankt Petri Schnee, 1933, Der schwedische Reiter, 1936.

 

 

[essais] Sigmund FREUD, Die Traumdeutung, 1900 et  Das Unheimliche, 1919.

[adaptation filmique] Alfred WEIDENMANN, Der Schimmelreiter, 1978.

[icon.] Johann Heinrich FÜSSLI, Der Nachtmahr, 1781 et Traum des Schäfers, 1793.

[mus.] Franz SCHUBERT, Der Fischer, 1823.

[Comics] R. CRUMB & D. Zane MAIROWITZ, Kafka, 2007.

[adaptation filmique] Stanley KUBRICK, Eyes wide shut, 1999.

[icon.] L'Ile des Morts (Toteninsel) chez Arnold BÖCKLIN, Cinq tableaux, 1880-1886.

Ernst FUCHS, 1971.

Borislav SAJTINAC, 1986.

[mus.] Max REGER, Die Toteninsel, 1913.

[pour une mise en perspective]

[litt.] Nicolaï GOGOL, Le nez, 1836.

[litt.] Honoré DE BALZAC, La peau de chagrin, 1831.

Symbolistes et

expressionnistes

Otto Julius BIERBAUM, Traum durch die Dämmerung, 1892.

Arno HOLZ, Phantasus, 1898.

Poèmes de Stefan GEORGE, par exemple Danksagung, 1907, Das Lied, 1928, Das Wort, 1928.

Poèmes de Georg TRAKL, par exemple Traumwandler, 1908, Im Osten, 1914, In einem alten Garten, 1915.

Poèmes de Rainer Maria RILKE Der Panther, 1902, Rosa Hortensie, 1907, Die Flamingos, 1908.

Charlotte SALOMON, Leben ? oder Theater ?, 1942.

[mus.] Richard STRAUSS, Traum durch die Dämmerung, 1895.

[essai] Hermann BAHR, Symbolisten, 1886.

[film] Fritz LANG, Metropolis, 1927.

[Pour une mise en perspective]

cf. l’enthousiasme des poètes et musiciens symbolistes français pour WAGNER (Claude DEBUSSY et Parzival)

[film] Karl Gustav VOLLMOELLER, Das Mirakel, 1911.

[photos]Karl Gustav VOLLMOELLER, Josephine Baker, 1926.

 

Les contes

 

J. W. GOETHE, Die Sängerin Antonelli, 1795 et Das Märchen, 1795.

Friedrich DE LA MOTTE FOUQUÉ, Das Galgenmännlein, 1810 et Undine, 1811.

Achim VON ARNIM, Isabella von Ägypten, 1812.

Clemens BRENTANO & Achim VON ARNIM, Des Knaben Wunderhorn, 1805-1808.

E.T.A. HOFFMANN, Der goldene Topf. Ein Märchen aus der neuen Zeit, 1813 et Der Sandmann, 1816.

Brüder GRIMM, Kinder-und Hausmärchen, 1812-1815, plus particulièrement Tischlein deck dich et Rumpelstilzchen

[opéra] Jacques Offenbach, Les contes d’Hoffmann, 1881

 

 

Le double

« das Doppelgängermotiv »

 

 

J. W. GOETHE, le personnage de Wagner dans Faust I comme double grimé de Faust.

Ludwig TIECK, Der blonde Eckbert, 1797.

Franz KAFKA, Der Nachbar, 1917.

Charlotte KERNER, Blueprint –Blaupause, 1999.

[mus.] Franz SCHUBERT, Der Doppelgänger, 1828.

[adaptation filmique] Rolf SCHÜBEL, Blueprint, 2003

[pour une mise en perspective]

[litt.] Christopher MARLOWE, The Tragical History of Doctor Faustus (fin du 16ème siècle)

[litt.] Fedor DOSTOÏEVSKI, Le double, 1846

Êtres merveilleux et

surnaturels

 

Annette VON  DROSTE-HÜLSHOFF, Der Knabe im Moor, 1842.

Le personnage de Jean-Baptiste Grenouille in Patrick SÜSKIND, Das Parfum, 1985.

Benjamin STEIN, Das Alphabet des Rabbi Löw,2014.

[litt.] Nicolaï GOGOL, Le manteau, 1842.

 

 

 

Représentations de la folie

 

La folie d’Iwein dans Harmann VON AUE, Iwein, vers 1200.

Le personnage de Till Eulenspiegel in Sebastian BRANT, Das Narrenschiff, 1494.

Georg BÜCHNER, Woyzeck, 1837 et Lenz, 1839.

Gerhart HAUPTMANN, Bahnwärter Thiel, 1888.

Alfred DÖBLIN, Die Tänzerin und der Leib, 1912.

Arthur SCHNITZLER, Fräulein Else, 1924, Leutnant Gustl, 1900 et Andreas Thamayers letzter Brief,1902.

Georg HEYM, Der Irre, 1913.

Stefan ZWEIG, Schachnovelle, 1942.

Patrick SÜSKIND, Die Taube, 1987.

[icon.] Hieronymus BOSCH, Das Narrenschiff, vers 1500.

[mus.] Reinhard MEY, Das Narrenschiff, 1998.

[icon.] Albrecht DÜRER, Melencolia I, 1514.

[icon.] Edvard MUNCH, Der Schrei, 1893.

[icon.] Jeanne MAMME N, Schachspieler, 1929/1930.

[film] Gerd OSWALD, Schachnovelle, 1960.

Axe d’étude 3: l’imaginaire fantastique

 

Littérature fantastique et

littérature de jeunesse

 

 

 

 

 

Alfred KUBIN, Die andere Seite, 1908.

Otfried PREUSSLER, Krabat, 1971.

Michael ENDE, Momo, 1973, Die unendliche Geschichte, 1979 et Jim Knopf und Lukas der Lokomotivführer, 2015.

Gudrun PAUSEWANG, Die Wolke, 1987.

Christian BIENIEK, Switch, 2004.

Andreas ESCHBACH, Stille Nacht, stillere Nacht, 2 Kurzgeschichten, 2008-2011.

[dessins] Alfred KUBIN

[adaptations filmiques]M. KREUZPAINTNER, Krabat, 2008.

Wolfgang PETERSEN, Die unendliche Geschichte, 1984.

Johannes SCHAAF, Momo, 1986.

Dennis GANSEL, Jim Knopf und Lukas der Lokomotivführer, 2018.

Gregor SCHNITZLER, Die Wolke, 2006.

[Comics] FLIX/Bernd KISSEL, Münchhausen, 2016

La « fantasy »

à l’allemande

 

Kai MEYER, « Arkadien » -Trilogie: Arkadien erwacht, 2009, Arkadien brennt, 2010 et Arkadien fällt, 2011.

Cornelia FUNKE-Tintenwelt-Trilogie: Tintenherz, 2003, Tintenblut, 2005 et Tintentod, 2007.

Kerstin GIER, Die Edelstein-Trilogie: Rubinrot, 2009, Saphirblau, 2010 et Smaragdgrün, 2010.

Sigrid KRAFT, Ardeen, 2013-2016.

[film] Werner HERZOG, Herz aus Glas, 1976.

[pour une mise en perspective]

Stephenie MEYER, Biss-Romane

[adaptations filmiques]Iain SOFTLEY, Tintenherz, 2008.

Katharina SCHÖDE, Rubinrot, 2013, Saphirblau, 2014 et Smaragdgrün, 2016.

Science-fiction

 

Herbert W. FRANKE, Das Gedankennetz, 1961 et Der Orchideenkäfig, 1961.

Wolfgang JESCHKE, Der letzte Tag der Schöpfung, 1981.

 

 

Visions allemandes d’un avenir (extra-?)terrestre

Karsten KRUSCHEL, Raumsprünge, das kleine Weltallund andere fantastische Erzählungen, 1985-1989 et genplanet, 2009.

Nadine ERDMANN, Cyberworld-Reihe, notamment: 1.0 Mind Ripper, 2017.

Michael MARRAK, Der Kanon mechanischer Seelen, 2017.

[film] Sebastian HILGER, Wir sind die Flut, 2016.

Thématique «Représentations et expressions de la mémoire»

On envisagera la place que l’aire germanophone réserve à la mémoire, qu’elle soit collective ou individuelle, documentée ou fantasmée, littéraire ou non fictionnelle. Cette thématique, où se croisent les termes «Erinnerung» («souvenir») et «Gedächtnis» («mémoire»), mais aussi «Vergangenheit» («passé»), «Geschichte» («Histoire»), «Historie» («histoire événementielle») et «Erinnerungskultur» («devoir de mémoire»), s’attachera autant au temps long qu’aux témoignages sur le vif, autant à la mémoire des traumatismes qu’à celle des innovations et des utopies. On veillera d’une part à analyser la façon dont la mémoire des moments décisifs de l’histoire allemande au sein de l’espace européen (Saint-Empire romain germanique, Réforme, Guerre de Trente Ans, Lumières, guerres mondiales) s’est construite et évolue. D’autre part, les spécificités de l’organisation territoriale, politique et confessionnelle des pays germanophones sont autant de facteurs structurants de l’écriture de la mémoire : on pourra envisager comment la littérature, les arts, l’historiographie témoignent de cette singularité. On réfléchira à faire par exemple une place à la Trümmerliteratur («littérature des ruines») qui s’ancre dans une mémoire du territoire. Par ailleurs, on explorera la tension qui peut exister entre mémoire individuelle et histoire collective, telle qu’elle s’exprime dans le Familienroman («roman familial») ou la Väterliteratur («littérature des descendants des acteurs de la guerre et de la dictature») par exemple. Cette expression de l’individu dans sa filiation culturelle, linguistique et territoriale, qu’elle soit contestée ou assumée, alimentera la réflexion sur le rapport au passé dans sa dimension générationnelle. Dans l’articulation entre ces différentes démarches, l’élève trouvera les éléments indispensables pour saisir les grands enjeux qui traversent le monde germanique contemporain.

Axe d'étude 1: Histoire(s) et territoires

On s’attachera ici à approfondir le lien entre la mémoire et le territoire, réel ou imaginaire, dans lequel elle s’ancre. Ainsi l’espace germanophone a-t-il été façonné par des mouvements politiques, culturels et religieux dont il porte les traces: les oppositions nord/sud et est-ouest, par exemple, imprègnent de longues périodes et restent souvent palpables. Le territoire est donc à la fois le décor de l’Histoire (Weimar à l’époque classique) et le lieu dont l’évocation dépasse, par sa seule portée, l’existence physique (Buchenwald à la période nationale-socialiste). On analysera donc dans quelle mesure le territoire concourt à la représentation et à l’expression de la mémoire, et avec quelles incidences il est convoqué par les auteurs, les artistes, les historiens. Par ailleurs, on pourra évoquer les territoires imaginaires générés par les représentations de l’histoire (le Rhin, œuvres cinématographiques), et on ouvrira la réflexion aux débats contemporains sur le statut de ces territoires ruraux ou urbains qui dédaignent ou au contraire revendiquent leur inscription dans l’histoire. Pour cet axe d’étude, on pourra interroger la notion de «lieu de mémoire».

Axe d'étude 2: la construction de la mémoire

On envisagera ici plus spécifiquement la nature des textes et leur destination: le journal documenté, la fiction qui saisit l’air du temps, l’œuvre d’anticipation, l’autobiographie et son regard sélectif et subjectif sur une époque en soulignant comment la littérature s’empare de la construction de la mémoire. Si les «empires» scandent l’histoire allemande, leurs représentations littéraires, artistiques et philosophiques ont profondément évolué avec le temps. Il sera également opportun de prolonger la réflexion sur le rapport entre mémoire et vérité. Pour cet axe, on croisera avec profit les différentes formes d’expression pour mesurer la puissance évocatrice d’une œuvre et son impact sur la mémoire: on pourra notamment adosser cette réflexion à des œuvres picturales et cinématographiques, qui sont souvent propices à construire les représentations collectives, mais peuvent également contribuer à une mise en distance critique d’une époque.

Axe d'étude 3: «Erinnerungskultur» («devoir de mémoire»)

Cet axe d’étude sera l’occasion d’approfondir le lien entre mémoire collective et mémoire individuelle et d’envisager selon quelles modalités l’individu comme la société s’inscrivent dans leurs généalogies respectives. À ce titre, le succès du Familienroman témoigne de la volonté d’inscrire les péripéties individuelles qui ne prennent sens qu’au regard des événements collectifs. Pour cet axe, on pourra également étudier la portée symbolique de destins individuels aux prises avec les crises et transformations historiques. Selon les contextes, on étudiera comment la fiction contribue à modeler un héritage culturel, à affronter les traumatismes de l’histoire ou à bâtir des utopies en réponse aux déficits du passé. La littérature et les productions artistiques de l’aire germanophone nourrissent ce qu’on appelle «Erinnerungskultur», qu’il conviendra de définir avec les élèves pour les amener à percevoir les enjeux des débats actuels sur l’historiographie, la muséographie, l’urbanisme, etc.

Questions et références pour la thématique «Représentations et expressions de la mémoire»

Questions

Références fictionnelles et poétiques

Autres références culturelles

Axe d’étude 1 : Histoire(s) et territoires

Mémoire politique, culturelle et

religieuse

Andreas GRYPHIUS, Tränen des Vaterlandes, 1637.

Theodor FONTANE, Grete Minde , 1879.

Bertolt BRECHT, Mutter Courage und ihre Kinder, 1941 et  adaptation du Hofmeister de J.M.R.LENZ, 1950.

Kai MEYER, Die Geisterseher, 1995 à mettre en perspective avec Friedrich SCHILLER, Der Geisterseher, 1787-1789.

Wolfram FLEISCHHAUER, Das Buch, in dem die Welt verschwand, 2003.

Daniel KEHLMANN, Tyll, 2017.

[icon.] tableaux de Lucas CRANACH l’Ancien et Lucas CRANACH  le Jeune.

[icon.] gravures d'Albrecht DÜRER.

[livret d’opéra] Siegfried MATTHUS, Luthers Träume, 2015.

[sociologie] Max WEBER, Die protestantische Ethik und der Geist des Kapitalismus, 1904.

[film] Edgar REITZ, Die andere Heimat, 2013.

[bande dessinée] Ambre et Didier VANDERMEULEN, La Passion des Anabaptistes, 2017.

[autre] „Flugblätter‟, caricatures.

La mémoire dans le paysage

Heinrich HEINE, Die Loreley, 1824, Cycle Nordsee, 1825-1826.

Thomas MANN, Buddenbrooks, 1901.

Alfred DÖBLIN, Berlin Alexanderplatz, 1929.

Günter GRASS, Das Treffen in Telgte, 1979.

Volker KUTSCHER, les enquêtes de Gereon Rath, par exemple Der nasse Fisch, 2007, Die Akte Vaterland, 2012 et Märzgefallene, 2014.

[société] Débat autour du Mémorial de l'holocauste «Holocaust-Mahnmal».

[architecture] Musées berlinois (Museumsinsel, Jüdisches Museum).

[urbanisme] Berlin, Vienne.

[autre] Les «Stolpersteine»: quelles existences, quels objectifs ?

[film] Roberto ROSSELLINI, Germania anno zero, 1948.

[adaptations filmiques] Alfred WEIDENMANN, Buddenbrooks, 1959.

Heinrich BRELOER, Buddenbrooks, Verfall einer Familie, 2008.

[film] Edgar REITZ, Heimat, 1985.

[bande dessinée] Jason LUTES (traduction Heinrich ANDERS), Steinerne Stadt (Berlin, Band 1), 2004, Bleierne Stadt (Berlin, Band 2), 2008.

[icon.] Caspar David FRIEDRICH

[icon.] Adolf VON MENZEL

Axe d’étude 2 : les «empires»: la construction de la mémoire

Mémoire et

témoignage

Heinrich HEINE, Die beiden Grenadiere, 1822.

Heinrich MANN, Der Untertan, 1918.

Erich Maria REMARQUE, Im Westen nichts Neues, 1929.

Joseph ROTH, Radetzkymarsch, 1932, Die Kapuzinergruft, 1938.

Günter DE BRUYN, Zwischenbilanz. Eine Jugend in Berlin, 1992.

Bertolt BRECHT, Der aufhaltsame Aufstieg des Arturo Ui, 1941.

Stefan ZWEIG, Die Welt von gestern. Erinnerungen eines Europäers, 1943.

[mus.] Robert SCHUMANN, Die beiden Grenadiere, 1840.

[film] István SZABÒ, Oberst Redl, 1985.

[film] Helma SANDERS-BRAHMS, Deutschland, bleiche Mutter, 1980.

[film] Josef VON STERNBERG, Der blaue Engel, 1930.

[cinéma] Wolfgang BECKER, Good Bye Lenin!, 2003.

[film] Tom TYKWER et Achim VON BORRIES, Babylon Berlin, 2017.

[film] Margarethe VON TROTTA, Die Bleierne Zeit, 1981.

[monument] Völkerschlachtdenkmal (Leipzig)

Déconstruction,

reconstruction

Paul CELAN, Mohn und Gedächtnis, 1952.

Ruth KLÜGER, Weiter leben, 1992.

E.T.A.HOFFMANN, Die Vision auf dem Schlachtfelde bei Dresden, 1814.

Sebastian HAFFNER, Geschichte eines Deutschen –Die Erinnerungen 1914-1933, 2000.

Elias CANETTI, Die gerettete Zunge : Geschichte einer Jugend, 1977 et  Die Fackel im Ohr, 1980.

Günter GRASS, Mein Jahrhundert, 1999.

[entretien] Klaus WIEGREFE, SPIEGEL-Gespräche mit Helmut Schmidt, 2015.

[icon.] Anselm KIEFER, Dein goldenes Haar, Margarethe –Dein aschenes Haar, Sulamith, 1981.

[trilogie cinématographique avec scénario publié en 2009] Axel CORTI, Wohin und zurück, 1982-1985 comprenant: An uns glaubt Gott nicht mehr,  Santa Fe et Welcome in Vienna.

[recueil de photographies] August SANDER,  portraits réalisés entre 1914 et le début des années 30 avec une préface «Deutschlandspiegel. Menschen des 20. Jahrhunderts», 1962.

[film, bilingue] François OZON,  Frantz, 2016.

[journal]Viktor KLEMPERER, Lingua tertii imperii, 1947.

Gespräche mit Helmut SCHMIDT, par exemple Außer Dienst, eine Bilanz, 2008, Auf eine Zigarette mit Helmut Schmidt, 2009 et Was ich noch sagen wollte, 2016.

[philosophie] Friedrich NIETZSCHE,  Unzeitgemässe Betrachtungen. Zweites Stück: Vom Nutzen und Nachtheil der Historie für das Leben, 1874.

[film] Fritz Bauer,  Im Labyrinth des Schweigens, 2014.

[film] Florian VON DONNERSMARK, Das Leben der Anderen, 2006.

[série télévisée] Anna WINGER, Deutschland 83, 2015.

[série télévisée] Annette HESS, Ku’damm 56, 2018.

[film] Margarethe VON TROTTA, Rosenstrasse, 2003.

Axe d’étude 3: «Erinnerungskultur» (le devoir de mémoire)

L’articulation entre mémoire collective et

mémoire individuelle

Ernst TOLLER, Hinkemann, 1923.

Wolfgang BORCHERT, Draußen vor der Tür, 1947/1949.

Arthur SCHNITZLER, Jugend in Wien, 1968.

Christoph HEIN, Der fremde Freund / Drachenblut, 1982.

G.W. SEBALD, Austerlitz, 2001.

Günter GRASS, Im Krebsgang, 2002.

Herta MÜLLER, Atemschaukel, 2009.

Julia FRANCK, Rücken an Rücken, 2011.

Mechtild BORRMANN, Trümmerkind, 2016.

Friedrich Christian DELIUS, Die Zukunft der Schönheit, 2018.

[film] Christian PETZOLD, Jerichow, 2008 et Barbara, 2012.

[film] Alexander KLUGE, Anita G. (Abschied von gestern),1966.

[film] Guido RICCIARELLI, Im Labyrinth des Schweigens, 2014.

[entretien] Jana SIMON, Sei dennoch unverzagt: Gespräche mit meinen Großeltern Christa und Gerhard Wolf, 2013.

[film] Leander HAUSSMANN, Sonnenallee, 1999.

[film] Dominik GRAF, Der rote Kakadu, 2006.

[film] Michael HANEKE, Das weisse Band, 2009.

Le «roman familial»

Christoph MECKEL, Suchbild. Über meinen Vater, 1980.

Ulla HAHN, Das verborgene Wort, 2001.

Arno GEIGER, Es geht uns gut, 2005.

Julia Franck, Die Mittagsfrau, 2007.

essai] Sigmund FREUD, Bruchstück einer Hysterie-Analyse, 1905.

[icon.] Gustav KLIMT, Die Familie, 1909.

 

 

 

Pour citer cette ressource :

"Programme d'enseignement de spécialité de la classe de première", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), février 2019. Consulté le 22/05/2019. URL: http://cle.ens-lyon.fr/allemand/se-former/programmes-denseignement/programme-denseignement-de-specialite-de-la-classe-de-premiere