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«Un temps insurrectionnel pas comme les autres»

Par Pierre Robert Baduel : Directeur de recherche au CNRS en sociologie politique - CNRS
Publié par Faten Ajmi le 29/01/2020
Dans le cadre du séminaire « Écrire les modernités arabes », organisé par Makram Abbès (professeur en études arabes à l'ENS de Lyon), Pierre-Robert Baduel, directeur de recherche au CNRS en sociologie politique, a présenté son ouvrage ((Un temps insurrectionnel pas comme les autres)) : la chute de Ben Ali et les printemps arabes, paru en novembre 2018. Du fait de sa connaissance du terrain tunisien, il refuse toute perspective téléologique et propose une approche centrée sur le contexte historique et socioéconomique dans lequel la révolution voit le jour.

http://video.ens-lyon.fr/eduscol-cdl/2019/2019-01-20_ARA_2019_pbaduel_seminaire_06_2.mp4

Que reste-t-il des Printemps arabes ? Le succès relatif de la révolution dans un seul pays, la Tunisie, et un échec général dans les autres ? Pourquoi la Tunisie ? Pour répondre à cette interrogation, après une remise en perspective historique nationale et internationale de la présomption d’une « exception autoritaire arabe », une comparaison s’impose des trajectoires des insurrections tunisienne et arabes.

Dans ces Printemps, le temps insurrectionnel tunisien occupe une place à part : il les précéda tous et servit aux autres peuples de moteur et de modèle. Il fut particulièrement complexe dans son déroulement et son issue, la chute du président Ben Ali, résulta d’une exceptionnelle, voire aléatoire, combinatoire de facteurs qui est ici reconstituée. Aux portes d’une Libye chaotique et au terme de quatre années de combats et débats souvent durs, la Tunisie est entrée dans une phase post-révolutionnaire et bénéficie depuis et jusqu’ici d’un régime démocratique d’une « solide fragilité ».

S’agissant des autres pays du front des Printemps arabes, voire de l’ensemble du monde arabe, qui peut sérieusement dire, au regard d’un retour dans ces régions du séculaire « Grand Jeu » international, que les apparents échecs et les impasses actuelles sont imputables à un déficit démocratique des peuples arabes, qui peut assurer que, là où elles semblent en panne actuellement, la page des révolutions est définitivement tournée ?

Pour citer cette ressource :

Pierre Robert Baduel, "«Un temps insurrectionnel pas comme les autres»", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), janvier 2020. Consulté le 09/08/2020. URL: http://cle.ens-lyon.fr/arabe/civilisation/maghreb/pierre-robert-baduel-un-temps-insurrectionnel-pas-comme-les-autres