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Au-delà de l'anaphore rhétorique. Figures de répétition et textualisation

Par Emmanuelle Prak-Derrington : Maître de Conférences - ENS de Lyon
Publié par Cécilia Fernandez le 02/06/2015
Le fameux discours de François Hollande "Moi président de la République" a fait entrer l'anaphore dans la culture politique et médiatique française. Cet article explore les différentes formes que peut revêtir la répétition en jouant à plusieurs niveaux, phonique, lexical, syntaxique, textuel. Il s'attache ensuite à analyser le fonctionnement de la répétition dans deux textes politiques majeurs, celui d'Ernst Reuter (1948) et de Martin Luther King (1963), qui, grâce au réseau formé par les multiples échos, créent un effet de communion et accèdent au statut de discours-monument.

Introduction

Avec le célébrissime “Moi président de la République...” de François Hollande, la figure de l’anaphore rhétorique, autrefois réservée au savoir scolaire et universitaire, a fait son entrée dans la culture politique et médiatique française. Depuis, de manière régulière, au gré de leur apparition, de nouvelles anaphores se retrouvent régulièrement commentées dans les blogs ou la presse quotidienne et des articles entiers sont consacrés à cette figure de répétition, qui énumèrent, comme le font les traités de rhétorique, ses propriétés et les effets pragmatiques qu’elle peut provoquer :

(1) L’anaphore, c’est cette figure de style qui consiste à attaquer chaque phrase par le même mot ou le même syntagme. Elle sert à marteler une idée, à insuffler de l’énergie au discours, à marquer les esprits. L’anaphore peut être solennelle, comme celle de Malraux faisant entrer les cendres de Jean Moulin au Panthéon; lyrique à la manière du général de Gaulle comparant Paris à une femme blessée puis libérée; litanique à l’image du « Je me souviens » de Perec. (http://www.letemps.ch/Page/Uuid/c8dd650a-d160-11e3-9e49-58295b2edc48/Le_Jassume_de_Manuel_Valls, souligné par nous)

(2) L'anaphore, figure de rhétorique traditionnellement réservée aux natures affirmées, aux circonstances solennelles mais surtout aux voix de stentor, aux fronts d'airain et aux formulations irréprochables, connaît une sévère dévaluation depuis que François Hollande a jeté, sur cette forme de martèlement de l'argumentation, son dévolu de candidat puis de président. (http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/08/04/31001-20140804ARTFIG00240-et-si-francois-hollande-arretait-les-anaphores.php, souligné par nous)

L’anaphore, reconnaissable et identifiable entre tous les procédés rhétoriques, atteste que la répétition, par ailleurs associée dans le sens commun à des propriétés négatives[1] devient, lorsqu’elle est délibérée, un remarquable outil au service de la persuasion. « La répétition est la plus forte des figures de rhétorique », disait Napoléon[2].

Cet article se propose de revenir sur l’usage de la répétition dans les discours politiques. Les qualités qu’on associe aujourd’hui à la seule figure de l’anaphore rhétorique doivent en réalité être étendues au mode de textualisation spécifique dont elle relève, celui de la répétition à l’identique. Au sein de ce mode de textualisation, l’anaphore rhétorique n’est que l’arbre qui cache la forêt.

Dans un premier temps, nous reviendrons sur le rôle de la répétition dans la structuration textuelle et sur la nécessité de distinguer strictement deux formes de répétition, celle du sens et celle des formes-sens. Nous montrerons que la répétition, loin de se limiter à la figure de l’anaphore, se déploie sur de multiples figures et qu’elle met en jeu tous les niveaux de la langue (phonique, lexical, syntaxique, textuel). Elle construit alors un réseau, tant figural que non figural. Nous parlerons de répétition réticulaire. La répétition réticulaire doit être intégrée et développée comme phénomène de tout premier plan dans les études sur l’argumentation.

Dans une deuxième partie, nous analyserons la mise en œuvre de la répétition au sein de deux discours politiques. Le premier discours est allemand, il a marqué l’immédiat après-guerre dans l’histoire allemande, il s’agit de celui d’Ernst Reuter, maire SPD de Berlin-Ouest, prononcé le 9 septembre 1948 au moment du blocus de Berlin. Le deuxième discours, « I have a dream », de Martin Luther King (1963)[3], a clôturé la Marche sur Washington et compte parmi les plus célèbres du XXe siècle.

Nous verrons comment, dans les deux discours, la répétition réticulaire est mise au service du rassemblement, voire de la communion, et construit une scène d’énonciation mémorable qui a fait accéder ces discours au statut de discours-monument.

Textualisation et répétition

Deux modes de répétition

Il existe deux types fondamentaux de répétition verbale : la répétition comme reprise du sens et la répétition comme reprise des signes (signifiant et signifié). Répéter, c’est soit redire autrement (avec d’autres mots), soit ne pas redire autrement, mais au contraire à l’identique (avec les mêmes mots). Ni la langue courante, ni le langage métalinguistique ne disposent de vocables distincts pour désigner ces deux opérations. L’indifférenciation terminologique a favorisé une indifférenciation dans l’étude des deux types de reprise, tant en rhétorique[4] qu’en linguistique[5], et a longtemps fait obstacle à la reconnaissance de leurs spécificités.

Nous réservons ici le terme simple de « répétition » à la reprise des signes et emploierons le terme composé de « répétition-substitution » pour le premier type. Les deux types de répétition, loin d’être équivalents, s’opposent en réalité de manière radicale.

Les études de linguistique textuelle et d’analyse du discours, parce qu’elles privilégient la perspective informationnelle, le contenu du discours, accordent une large place à la répétition-substitution : c’est elle qui est au cœur de la cohérence textuelle (dans la construction des chaînes de référence, dans les phénomènes de pronominalisation et d’anaphorisation), c’est elle aussi qui est à l’œuvre dans l’opération de reformulation. La répétition des signes, quant à elle a été étudiée par la tradition rhétorique et les études littéraires, pour lesquelles l’étude des formes est incontournable. C’est ainsi que la poétique a pu l’ériger en « principe » (voir en particulier Le principe de répétition (Bardèche 1999) et Wiederholung als ästhetisches Prinzip (Pütz 2004)); tandis qu’en rhétorique, c’est elle qui fonde la famille la plus importante au sein des figures non-tropes : les figures de construction syntaxique par répétition, dont l’anaphore rhétorique constitue la désignation générique.

La répétition-substitution repose sur le principe de l’équivalence entre les signes, équivalence comprise au sens large. Ainsi, pour la reformulation, l’équivalence entre reformulé et reformulant(s) n’est pas forcément d’ordre sémantique, mais peut être pragmatique (Fuchs 1994). De la même façon, on sait que les pronoms et les anaphores ne sont pas de simples reprises mécaniques – ce que sous-entendait l’ancienne désignation de « substituts » – mais un mode particulier de donation du référent, le résultat d’un processus mental de représentation (Kleiber 1994, 2001). Il demeure que ce mode de reprise pose une équivalence entre les signes. En d’autres termes, il autorise leur substitution. Un (des) signe(s) s’efface(nt) pour faire place à un (des) autre(s) signe(s) : mourir peut être remplacé par un synonyme (crever, casser sa pipe etc.) ; le groupe nominal la rhétorique peut être remplacé par une anaphore, pronominale (elle) ou nominale (cette discipline etc.).

La reformulation (répéter autrement), la pronominalisation et, plus largement, tous les phénomènes anaphoriques relèvent de la répétition-substitution.

La répétition des signes, en revanche, suspend le principe d’équivalence des signes entre eux, puisqu’elle maintient, intégralement ou partiellement, les signes, non plus concepts interchangeables, mais « corps » singuliers et non substituables :

« Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir »

« C’est un mystère, un mystère qui peut s’exporter, comme le jazz [le flamenco] »[6]

« 1) la rhétorique est une manipulation de l’auditoire (Platon) ; 2) la rhétorique est l’art de bien parler (ars bene dicendi de Quintilien) ; 3) la rhétorique est l’exposé d’arguments ou de discours qui doivent ou qui visent à persuader » (Meyer 2011 : 5)

La répétition n’exclut pas la variation, et, bien souvent, répétition et reformulation se rejoignent pour créer des formes hybrides, répétitions reformulantes ou reformulations répétitives (Rabatel 2007, Prak-Derrington 2008).

L’opposition entre répétition-substitution et répétition est donc une opposition distinctive, qui fait passer les signes d’une logique d’équivalence ou de possible substitution, à une logique d’impossible substitution (ou d’impossibilité partielle dans le cas de la répétition reformulante). À quels effets, et pour quelles fins ? Cela dépend bien sûr des registres et des genres de discours. Nous nous intéressons ici au discours politique.

Les formes-sens de la répétition

La répétition figurale

On distingue communément entre les répétitions phoniques ou phonétiques (à côté des familières allitérations et assonances, il faut citer l’homéotéleute, soit le fait de répéter une syllabe finale : « elle pue le service, l'office, l'hospice », Honoré de Balzac, Le Père Goriot) et les répétitions syntaxiques (anaphore, épiphore, anadiplose, antépiphore, chiasme, symploque, cf. infra). On pourrait ajouter une autre famille, celle des répétitions lexicales (qui portent sur un mot) : l’antanaclase, qui fait entrer en collision les significations d’un même mot (« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point », Pascal), le polyptote, qui répète un même mot, mais sous différentes formes (« La flamme de la Résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ! », de Gaulle, Appel du 18 juin 1940), ou encore la polysyndète, qui répète un connecteur (« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime », Verlaine, « Mon rêve familier »).

Ces subdivisions appellent les remarques suivantes :

1) La propriété « phonique », réservée à la répétition de sons isolés (consonnes, voyelles ou syllabes), vaut en réalité pour n’importe quelle répétition. C’est même leur propriété constitutive. Indépendamment des critères de nature, de position, de contact, de taille de l’unité répétée, toute répétition des signifiants est, nécessairement, phonique.

2) Les figures syntaxiques sont les seules à être véritablement organisées en système (cf. Prak-Derrington, 2014, Prak-Derrington, à paraître). Elles exploitent toutes, de manière privilégiée, la linéarité du discours. Mais elles exploitent aussi, on va le voir, le discours dans sa verticalité. La répétition à l’identique, loin d’être un phénomène occasionnel et « inintéressant » (Combettes 1988: 78) permet ainsi au locuteur de dessiner des schèmes discursifs d’une remarquable lisibilité et visibilité, parce que répartis sur les deux axes du discours.

Linéarité du discours vs. tabularité de la répétition

On sait que le langage est soumis à deux types de contraintes : d’une part, les mots sont disposés à la queue-leu-leu sur l’axe syntagmatique (principe de linéarité). C’est l’horizontalité du discours, dont relève la structuration informationnelle. D’autre part, les mots entrent en association avec d’autres mots (le mot fauteuil peut être remplacé par siège ; l’homme par il etc.) : c’est l’axe paradigmatique ou la verticalité du discours. Les figures syntaxiques de répétition suspendent l’opposition entre syntagme et paradigme, et créent des séries qui manifestent leur inscription dans ces deux axes.

D’une part, c’est par la disposition sur l’axe syntagmatique que se distinguent les figures de répétition. La répétition porte sur l’ouverture et sur la clôture, ou encore sur les deux. À l’ouverture, c’est l’anaphore (A…/ A…), à la clôture, c’est son pendant, l’épiphore (…A/…A) ou sa forme atténuée, l’épanode, qui admet des variations (…A/…AB/…AC), enfin elle porte sur les deux : c’est par exemple l’antépiphore, qui répète la même unité à la fin et au début (A… A). En termes de structuration informationnelle (Functional Sentence Perspective ou FSP, cf. les travaux de l’École de Prague : Benes 1968, Danes 1972, Firbas 1964, 1974) ou de « progression thématique »[7], la répétition peut donc porter tant sur le thème ou l’élément au dynamisme communicatif le plus bas, que sur le rhème ou l’élément au dynamisme communicatif le plus élevé. La reconnaissance immédiate de la répétition permet dès lors de créer des schèmes bien plus nombreux et variés que ceux que propose la théorie de la « progression thématique » de l’École de Prague, qui s’est intéressée prioritairement à la répétition-substitution, et qui, comme son nom l’indique, ne traite que des progressions autour du thème.

D’autre part, leur récurrence dans la chaîne parlée met en jeu l’axe paradigmatique du discours. C’est là la propriété commune à toutes les figures syntaxiques de répétition. La répétition crée des séries verticales, elle rend visible, à côté de la progression linéaire du discours, le principe de tabularité. Les transcriptions à l’écrit des discours oraux font d’ailleurs le plus souvent coïncider répétitions et passages à la ligne. On écrit, de manière verticale :

« Moi Président de la République, je…

– Moi Président de la République, je…

– Moi Président de la République, je…»,

plutôt que de manière linéaire « Moi Président de la République, je… Moi Président de la République, je… Moi Président de la République, je… – ».

La répétition révèle le texte comme tissu (en latin, c’est le même mot, textus qui signifiait les deux), composé des fils de chaîne et du fil de la trame. À l’exception en effet de l’anadiplose, qui est une figure dynamique, de véritable rebond, la seule des figures de répétition qui soit uniquement soumise à une progression « linéaire » (« Wir leben in einer Pause (rhèmeFSP). In dieser Pause (thèmeFSP) glauben wir, dass es gut ist, wenn die Welt sieht, was das Volk von Berlin wirklich will », Reuter), les figures de répétition syntaxiques instaurent une « progression » qui n’est pas dirigée seulement vers l’aval du discours, mais orientée vers l’amont. La textualisation est progressive autant que rétroactive. Peut-on alors encore parler de progression ? Plutôt que de parler d’empilement et d’entassement (Magri-Mourgues 2014) nous préférons parler de stratification.

Dans les exemples ci-après, la « mise en colonne » (Rabatel 2011) ou les passages à la ligne révèlent les paradigmes verticaux créés par la répétition. Il apparaît très vite que la répétition répète bien plus que ce que nous soulignons en italique ci-après.

Répétition thématique et anaphore

J’assume les choix qui sont faits !

J’assume, car c’est le choix de la cohérence !

J’assume, car c’est le choix de la croissance et de l’emploi !

J’assume, car c’est le choix des réformes et de l’avenir !

J’assume, car c’est le choix d’une fierté et d’un optimisme retrouvés !

J’assume, car c’est le choix de la confiance !

J’assume, car c’est le choix de la France ! Et ces choix, assumons de les faire ensemble !»

(Manuel Valls, 29 avril 2014, Discours devant l’Assemblée nationale)

Répétition rhématique: épiphore (à l'identique) et épanode (avec variation)

The road ahead will be long. Our climb will be steep. We may not get there in one year or even one term,

But America, I have never been more hopeful than I am tonight that we will get there.

I promise you – we as a people will get there.

(Barak Obama, Premier discours en tant que président élu, Chicago, 4 novembre 2008)

Je veux vous rendre – votre liberté.

Votre liberté de choix.

Votre liberté de parole.

Votre liberté de penser.

(N. Sarkozy, Lille, 28 mars 2007)

La répétition réticulaire

Les exemples ci-dessus laissent entrevoir ce qui constitue l’autre propriété, encore largement ignorée de la répétition : son fonctionnement en réseau. Une répétition en cache toujours une autre, et on n’en finit pas, quand on se penche sur les répétitions, d’en trouver d’autres, moins visibles peut-être, mais tout aussi nombreuses. Dans l’anaphore « J’assume » par exemple, il y a certes le début qui est répété, mais aussi la fin, qui est une épanode, une variation du rhème « car c’est le choix de… ». On y trouve aussi trois polyptotes : le premier varie le substantif « choix » en nombre, du pluriel au singulier, puis du singulier au pluriel, le deuxième varie le verbe « assumer » en personne et en mode, du Je de l’indicatif « J’assume » à la première personne du pluriel de l’impératif « assumons », et le troisième fait passer le verbe « faire » du passif état et impersonnel de la structure attributive « sont faits » à l’infinitif « faire ensemble ». Un examen plus attentif révèle que c’est la variation de l’expression « faire des choix », au pluriel qui ouvre et ferme la séquence de l’énumération de choix déclinés au singulier. Si l’on ajoute la répétition de la structure binaire du complément du nom «  de N1 et N2 », il ne reste plus, dans une séquence qui compte 70 mots, que 9 mots (8 substantifs et 1 adjectif) qui ne sont pas répétés : cohérence, croissance (et) emploi, réformes (et) avenirfierté (et) optimisme (retrouvés), France.

J’assume les choix qui sont faits !

J’assume, car c’est le choix de la cohérence !

J’assume, car c’est le choix de la croissance et de l’emploi !

J’assume, car c’est le choix des réformes et de l’avenir !

J’assume, car c’est le choix d’une fierté et d’un optimisme retrouvés !

J’assume, car c’est le choix de la confiance !

J’assume, car c’est le choix de la France! Et ces choix, assumons de les faire ensemble !

(Manuel Valls, 29 avril 2014, Discours devant l’Assemblée nationale)

On est loin de la définition de l’anaphore comme « figure de style qui consiste à attaquer chaque phrase par le même mot ou le même syntagme ». La répétition apparaît comme un phénomène qui se déploie bien au-delà du syntagme, bien au-delà de l’anaphore.

Pour Marc Bonhomme, la répétition est une figure de co-émergence régulière, qui s’oppose aux figures ponctuelles d’émergence singulière. Chaque figure de répétition se distingue par sa « nature séquentielle » et son « organisation multipolaire » :

Ce second type de configuration tire sa figuralité de sa nature séquentielle. […] Tranchant avec la dimension ponctuelle et microstructurale des figures par émergence singulière, les figures par co-émergence régulière mettent en jeu une organisation multipolaire (un tout fait figure) et une extension très diversifiée. (Bonhomme 2005 : 62)

Il faut élargir ce constat : l’organisation multipolaire de la répétition n’est pas concentrée sur une seule figure, mais nécessairement distribuée sur plusieurs[8]. Dans l’exemple de Manuel Valls, outre l’anaphore, on a compté l’épanode et les polyptotes. On a affaire à une macro-figure, et c’est cette macro-figure que nous nommons « répétition réticulaire », ou mode de textualisation par les formes-sens de la répétition. Pas plus que la métaphore n’est une figure de mots, la répétition ne peut être réduite et localisée à un seul mot ou un seul syntagme. Ainsi, quelle que soit la figure de répétition employée, qu’il s’agisse d’anaphore, d’épiphore ou d’antépiphore…, on trouvera la figure portée par un réseau de répétitions convergentes. La répétition apparaît dès lors comme un continuum, qui va de la saillance figurale à l'invisibilité grammaticale (répétition des morphèmes des temps verbaux et des pronoms personnels, des mots-outils etc.). La multiplicité des termes rhétoriques a contribué à dissocier ce qui ne fait qu’un, à légitimer une approche uniquement « localiste », la dispersion terminologique masquant le fonctionnement intégratif et unitaire de la répétition réticulaire.

On peut poser un axiome qui vaut pour tous les types de répétitions. Dès lors que des signifiants (son, lettre, syllabe, morphème, affixe, mot, groupe de mots, phrase, paragraphe…) sont répétés, ils perdent leur transparence, ils sont opacifiés. Toute répétition volontaire devient une forme-sens (Meschonnic 1982). Dès lors, elle est susceptible, en contexte, de faire figure.

On parle de la figure de l’homéotéleute lorsque des syllabes sont répétées en finale, mais la répétition d’une syllabe en début de mot constitue, elle aussi, une forme saillante : « bis die Macht der Finternis zerbrochen und zerschlagen sein wird » (Reuter). De la même façon, on parle de figure quand un connecteur est répété (la polysyndète), mais pourquoi ne pas parler de figure quand c’est une préposition qui est répétée : « Wenn sie nur könnten, heute stünde das Volk von Leipzig, von Halle, von Chemnitz, von Dresden, von all den Städten in der Ostzone », « Sie [die Züge] werden fahren nach München, nach Frankfurt, Dresden, Leipzig, sie werden fahren nach Breslau und nach Stettin » (Reuter).

Tout morphème, tout lexème, tout syntagme, toute phrase répétée peut faire figure : il n’existe pas, de fait, de moyen plus simple et plus direct, pour faire accéder à la saillance figurale, que de répéter.

C’est ce que nous allons voir maintenant avec l’exemple de nos deux grands discours. La répétition réticulaire fait ici accéder une succession d’énoncés, un passage, voire un texte entier, au statut de « monumentalité ».

Grands discours et répétition

Le contexte des deux discours

Les deux discours choisis (Ernst Reuter « Ihr Völker der Welt ! », Martin Luther King « I have a dream») font partie des discours qui marquent l’histoire d’un pays et/ou du monde entier et s’inscrivent dans la mémoire collective.

Le discours de Ernst Reuter est indissolublement lié à l’histoire de la guerre froide et du blocus de Berlin. En septembre 1948, Berlin-Ouest est englobé dans la zone d’occupation soviétique, le blocus a été instauré par Staline deux mois plus tôt pour asphyxier la ville. Les États-Unis ont répondu par un gigantesque pont aérien. Berlin est ainsi devenue l’enjeu de l’affrontement Ouest-Est. Le 9 septembre 1948, trois cent mille personnes se réunissent devant les ruines du Reichstag pour protester contre le blocus. Ernst Reuter, alors maire de Berlin, prend la parole, en s’adressant aux pays du monde entier, pour les conjurer de ne pas laisser le destin de la capitale aux mains des Soviétiques et du SED. Son discours doit redonner leur fierté aux Berlinois et à l’Allemagne toute entière : faire en sorte que les Allemands ne soient plus perçus comme les anciens nazis, mais comme des victimes de la menace communiste, faire que Berlin ne soit pas seulement vue comme une ville asphyxiée, mais comme l’avant-poste du monde libre en zone soviétique.

Le discours de Martin Luther King en 1963, prononcé à l’issue de la Marche sur Washington, a constitué le point d’orgue du mouvement des droits civiques des Noirs américains et peut être vu comme l'accélérateur de leur cheminement vers l'égalité : de la loi sur les droits civiques votée dès l’année suivante en 1964, à l’accession de Barack Obama à la Présidence des États-Unis en 2008.

Répétition, épidictique et communion

Les deux discours relèvent du genre oratoire de l’épidictique, dont Perelman et Olbrecht-Tyteca (1988) ont montré que la fonction principale, loin de se réduire à l’ornemental (« une forme dégénérée de l’éloquence », qui ne cherchait qu’à « plaire, à rehausser en les ornant, des faits certains »,1988 : 63), consiste en fait à rassembler orateur et auditoire autour de valeurs communes. Dans nos deux discours, les orateurs passent, face à la foule et aux yeux du monde, du statut de maire et de pasteur, à celui de porte-paroles et de figures emblématiques de la liberté (Reuter), voire de prophète montrant le chemin qui mène à l’égalité et la fraternité (MLK). Ils réussissent l’exploit de faire croire en des jours meilleurs, un auditoire qui est en proie à un présent accablant et désespérant. Nous pensons que ce tour de force repose aussi en grande partie sur les pouvoirs de la répétition réticulaire.

Selon Perelman et Tyteca, la fonction principale de l’épidictique est de créer – et le mot est particulièrement fort – une « communion », quels que soient le contexte et la situation :

L’orateur cherche à créer une communion autour de certaines valeurs reconnues par l’auditoire, en se servant de l’ensemble des moyens dont dispose la rhétorique pour amplifier et valoriser. (1988 : 67)

Parmi les figures propres à créer des effets de communion, ils recensent l’allusion et la citation, qui reposent sur un savoir commun, ou encore l’apostrophe et la question oratoire, qui reposent sur le lien interlocutif. La répétition quant à elle n’est pas mentionnée explicitement comme figure de communion, mais recensée comme « figure de présence » (1988 : 236).

Dans nos deux textes, la répétition s’ajoute aux autres figures de communion, ou plutôt elle les intègre dans son réseau. Elle y apparaît en fait comme la plus puissante de ces figures. Sa fonction « communiante » découle de sa capacité à associer la triade logos, ethos et pathos, dans un mouvement unificateur.

C’est le retour des signes qui assure la structuration du logos. De ce retour initié par l’orateur découle, du côté de l’auditeur, la re-connaissance des signes. Un lien très fort s’établit entre les acteurs de l’énonciation. On sait que dans la répétition, le rapprochement des signifiants dans la texture sonore appelle et cautionne la recherche d’une parenté secrète entre les idées (cf. par exemple Jakobson 1976. Voir l’ouvrage de synthèse de M. Aquien 1998). Il faut ajouter à ce rapprochement entre son et sens le rapprochement entre orateur et auditeurs. Ce ne sont plus seulement des idées, des concepts qui sont communiqués, mais des signes-choses qui sont partagés. Dans la communion catholique, le prêtre distribue aux communiants les hosties qui sont le corps du Christ. Avec la répétition « communiante », ce sont les signes devenus corps qui sont distribués. Ce qui est répété devient répétable : bouche et oreilles, orateur et auditeurs se trouvent réunis autour du corps vocal des signes répétés.

Bien d’autres propriétés découlent de la matérialité de la répétition – en particulier ce qu’on décrit comme sa valeur performative (Prak-Derrington 2012, Magri 2014, Rabatel 2015), mais nous nous concentrerons ci-après sur la dimension de rassemblement et de communion autour des signes-corps de la répétition, ainsi que sur les possibilités rythmiques que lui confère sa matérialité sonore.

Ernst Reuter, Discours devant les ruines du Reichstag, 9 septembre 1948

Le discours d’Ernst Reuter (1006 mots)[9] déploie une grande variété dans les répétitions. On trouve, à côté de quelques figures syntaxiques, de très nombreuses répétitions lexicales, qui sans être nécessairement inventoriées comme figures par la rhétorique, font cependant accéder les signes répétés à une saillance incontournable. On trouve ainsi comme répétitions lexicales des réseaux de lexèmes dérivés, la fréquente utilisation du polyptote, le recours systématique aux anaphores dites fidèles (reprises du substantif, avec ou sans changement de déterminant), au lieu d’une reprise par des pronoms substituts (par exemple : das Volk von Berlindas Volk von Berlin et jamais Das Volk von Berlin - Es). On est frappé par l’organisation profondément rythmique du discours, qui ne laisse rien au hasard, mais met en œuvre de manière systématique et récursive des structures exclusivement binaires ou ternaires (en général 2+1).

Faute de place, nous ne commenterons ici que la clausule, le passage le plus célèbre du discours.

(1) Ihr Völker der Welt, ihr Völker in Amerika, in England, in Frankreich, in Italien! (2) Schaut auf diese Stadt und erkennt, dass ihr diese Stadt und dieses Volk nicht preisgeben dürft und nicht preisgeben könnt! (3) Es gibt nur eine Möglichkeit für uns alle: gemeinsam so lange zusammenzustehen, bis dieser Kampf gewonnen, bis dieser Kampf endlich durch den Sieg über die Feinde, durch den Sieg über die Macht der Finsternis besiegelt ist.

(4) Das Volk von Berlin hat gesprochen. (5) Wir haben unsere Pflicht getan, und wir werden unsere Pflicht weiter tun. (6) Völker der Welt! (7) Tut auch ihr eure Pflicht und helft uns in der Zeit, die vor uns steht, nicht nur mit dem Dröhnen eurer Flugzeuge, nicht nur mit den Transportmöglichkeiten, die ihr hierherschafft, sondern mit dem standhaften und unzerstörbaren Einstehen für die gemeinsamen Ideale, die allein unsere Zukunft und die auch allein eure Zukunft sichern können. (8) Völker der Welt, schaut auf Berlin! (9) Und Volk von Berlin, sei dessen gewiss, diesen Kampf, den wollen, diesen Kampf, den werden wir gewinnen!

La clausule est encadrée par la même apostrophe et la même intimation, qui forment la figure de l’antépiphore (A……A), qui trace une boucle entre le début et la fin : (1) Ihr Völker der Welt … ! (2) Schaut auf diese Stadt ! / (6) Völker der Welt, schaut auf Berlin ! La parole se veut performative, il s’agit de convoquer et de rendre présents par la parole les absents, mais aussi de rassembler en une entité abstraite et solennelle la foule des présents « Volk von Berlin, sei dessen gewiss ! ». Les apostrophes et les groupes nominaux à base Volk se succèdent en une alternance rigoureuse, construisant une symétrie qui témoigne du lien nécessaire et indéfectible qui unit le destin de Berlin à celui du monde occidental : (1) Völker der Welt - (4) das Volk von Berlin - (6) Völker der Welt (8) - Volk von Berlin.

En fait, c’est toute la séquence (et le discours dans sa totalité, cf. annexe) qui se révèle structurée par paires, tant au niveau des syntagmes que des phrases. Les mots, les périodes, les séquences n’apparaissent jamais seul(e)s mais toujours redoublé(e)s : « Ihr Völker der Welt ! Ihr Völker in Amerika, England… », « diese Stadt und dieses Volk nicht preisgeben könnt und nicht preisgeben dürft », « diesen Kampf, den wollen, diesen Kampf, den werden wir gewinnen ». Le Wir et le  Ihr se répondent, parfaitement symétriques : « unsere Pflicht … eure Pflicht » «  allein unsere Zukunft und … allein eure Zukunft ». On constate que l’abandon des structures « au singulier » au profit du redoublement est lui-même récursif. Comme pour la division binaire du temps en musique (ronde, blanche, noire etc.), une partie peut se décomposer en 2 sous-parties, elle-même décomposable en 2 sous-sous-parties. Ainsi le recours à la reformulation pour le rhème « gagner la bataille » (« bis dieser Kampf gewonnen, bis dieser Kampf durch den Sieg […] besiegelt ist ») est-il redoublé en interne par la répétition de Sieg (« durch den Sieg über die Feinde, durch den Sieg über die Macht der Finsternis besiegelt »…)

La présence de rythmes ternaires obéit elle aussi à un principe musical. Ils sont répartis en 2 + 1, ce qui donne une impression de rebondissement, comme l’atteste la phrase (4) : au pont aérien et à l’aide matérielle des alliés (« nicht nur mit dem Dröhnen eurer Flugzeuge, nicht nur mit den Transportmöglichkeiten »…), Reuter oppose un principe supérieur, l’adhésion à des idéaux communs (sondern mit dem standhaften und unzerstörbaren Einstehen für die gemeinsamen Ideale). Cette organisation quasi-musicale des formes trouve une réalisation remarquable dans l’exploitation de la figure du polyptote, sur laquelle nous conclurons cette analyse.

(2) Schaut auf diese Stadt und erkennt, dass ihr diese Stadt und dieses Volk nicht preisgeben dürft und nicht preisgeben könnt!

(5) Wir haben unsere Pflicht getan, und wir werden unsere Pflicht weiter tun.

(8) […] diesen Kampf, den wollen, diesen Kampf, den werden wir gewinnen!

Dans ces trois exemples, les polyptotes sont binaires et portent sur les catégories des verbes (modale et/ou temporelle). La variation de ces catégories permet au locuteur de construire une gradation, du moins vers le plus. Ainsi, en (2), le choix de la succession modale nicht dürft - nicht könnt est argumentativement plus fort que l’inverse, parce qu’il nous fait passer d’une impossibilité imposée par l’extérieur à une impossibilité intérieure, et donc plus profonde. En (5), le polyptote temporel crée une pérennité intangible, celle du devoir et des idéaux.

Et c’est parce que le polyptote temporel crée de l’intemporel qu’il se révèle un procédé particulièrement adapté à la fin. Le dernier polyptote (8), temporel et modal, constitue ainsi la dernière phrase de la clausule. Il concilie déclaration de résistance et promesse de victoire — on pense à la dernière phrase de l’appel du 18 juin : « La flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ». Le polyptote fonctionne comme un acte de langage performatif et implicite, qui transforme le futur en certitude et ouvre sur de meilleurs lendemains.

Le discours de Martin Luther King

Voir l'analyse du discours

Conclusion

Pas plus qu’un poème ne peut être réduit à la présence de rimes finales, la répétition ne peut être réduite à la figure d’ouverture qu’est l’anaphore. La répétition réticulaire, tant figurale que non-figurale, suspend le principe de linéarité pour instaurer une textualité stratifiée et rythmée, qui confère aux mots-signes relief et profondeur, et grave dans la mémoire, ineffaçables, les segments répétés. En lieu et place d’une prose qui va de l’avant, soumise à un rythme incertain, la répétition organise les virtualités rythmiques du discours pour les transformer en un système qui n’a plus, dès lors, rien de fortuit ou d’aléatoire. Dans les grands discours, sa matérialité en fait une puissante figure de communion qui réunit orateur et auditeurs autour du corps vocal des signes répétés.

Notes

[1] Il suffit de consulter les dictionnaires. À l’article « répétition » dans le Trésor de la langue française informatisé, on ne trouve que des collocations et synonymes dépréciatifs, qu’il s’agisse des noms (« rabâcherie, radotage, rengaine, scie »), des adjectifs (« répétition constante, continuelle, fastidieuse, inutile, machinale, mécanique, monotone, stéréotypée ; répétitions considérables, fréquentes, innombrables, superflues ; de vaines répétitions »), ou des verbes (« éviter une répétition; avoir tendance à la répétition; corriger les répétitions»). On remarquera que cette négativité est inscrite dans la langue française, puisque l’adjectif « répétitif » est lui-même péjoratif. Une telle dépréciation ne vaut pas pour le terme « Wiederholung » en allemand.

[2] La citation circule partout sur la Toile, sans que soit indiquée aucune source. Elle est citée par Gustave Le Bon, 1988, 70 dans Plantin (à paraître, 401).

[3] (Lisée et Matagne 2008) (Labiausse 2011) (Jelinek 2012)

[4] Les dictionnaires ou manuels de rhétorique traitent de la répétition indifféremment comme reprise du signifiant ou du signifié (Morier 1998 : 1017, Lausberg 2008 : 329), mais aussi Frédéric 1985 et Mazaleyrat & Molinié 1989 : 302).

[5] En linguistique aussi la répétition des signes est traitée sur le même plan que les phénomènes d’anaphorisation et de substitution (Adam 1990, Charolles 1978, Linke et al. 2004).

[6] Carlos Saura, « Le flamenco est un mystère qui peut s’exporter », http://www.flamenco-culture.com/article.html?category=2&rubrique=5&id=473, consulté le 16 février 2013.

[7] En France, c’est Bernard Combettes (1988) qui a repris la notion de progression thématique proposée par Danes, en lui consacrant un ouvrage entier. La notion est depuis exposée dans les grammaires, aussi bien françaises qu’allemandes : par exemple chez Riegel et al. 20094, dans Heidolph et al.1981, chez Engel 1996, ou chez Pérennec 2002.

[8] Certaines associations de la répétition sont d’ailleurs inventoriées par la rhétorique : la symploque est ainsi une figure duelle, qui réunit anaphore et épiphore (A…B/A…B/A…B) ; le chiasme formel, dit épanadiplose (ABBA), allie la symétrie encadrante de l’épanadiplose (A………A) et la réversion de l’anadiplose (…B/B…). Cf. Prak-Derrington, à paraître.

[9] Discours disponible en ligne sur le site de la ville de Berlin, avec en prime un enregistrement audio de la phrase « Ihr Völker der Welt !» : http://www.berlin.de/berlin-im-ueberblick/geschichte/historische-reden/ernstreuterrede.de.html, consulté le 23 août 2014.

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Pour citer cette ressource :

Emmanuelle Prak-Derrington, "Au-delà de l'anaphore rhétorique. Figures de répétition et textualisation", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), juin 2015. Consulté le 21/08/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/allemand/langue/linguistique-textuelle/au-dela-de-l-anaphore-rhetorique-figures-de-repetition-et-textualisation