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Fârâbî et l'immortalité de l'âme. Notes

Publié par Narimane Abd Alrahman le 02/04/2013


[1] Yosra Garmi, Revue Diagonale phi : publications de la Faculté de philosophie de l'Université Jean Moulin Lyon 3, n°4-5, dir. C. Dekeuwer, Lyon, 2008-2009, pp.149-168.

[2] Fârâbî est l’auteur de l’Harmonie entre les opinions de Platon et d’Aristote, (Kitâb al-ğam‘ bayna ra’yay al-hakîmayn Aflâtûn al-ilâhî wa Aristûtâlis), texte arabe et trad. F. Mitri Najjar et D. Mallet, Damas, Institut Français de Damas, 1999. Dans cette œuvre dont l’authenticité est discutée (cf. l’article de Marwan Rashed, « On the authorship of  the treatise on the Harmonization of the opinions of the two sages attribuated to al-Fârâbî », Arabic Sciences and Philosophy, vol. 19 (2009), p. 43-82), Fârâbî aborde à l’extrême fin le problème de l’immortalité de l’âme chez Platon et Aristote (§ 77-§ 79, p. 156-158). Concernant Aristote, il revoie à une lettre que celui-ci aurait écrite à la mère d’Alexandre le Grand : « Quant aux témoins de Dieu sur terre que sont les esprits savants, ils s’accordent à reconnaître en Alexandre le Grand l’un des meilleurs hommes vertueux du passé […] Parmi les vertueux, il en est chez qui les signes de l’élection divine furent perçus et d’autres chez lesquels ils demeurent cachés. Alexandre est le plus célèbre par les signes de l’élection, le plus renommé, le plus loué pour sa vie, le plus bienheureux pour son trépas. O mère d’Alexandre ! Si tu aimes tendrement Alexandre le Grand, ne commets rien qui t’éloigne de lui et ne te charge pas d’une faute qui t’en sépare le jour de la rencontre des vertueux ! Convoite ce qui te rapproche de lui. Parmi cela, la première des choses est que tu t’acquittes avec ton âme pure des sacrifices dans le temple de Zeus » (§78, ibid.). Concernant Platon, Fârâbî nous renvoie (§79, p. 158) au mythe d’Er de la République (livre X, 614b-621d) : « Quant à Platon, il a placé à la fin de la République l’histoire qui parle du réveil, de la résurrection, du jugement, de la justice, de la balance et de la rémunération complète des actions, les bonnes et les mauvaises, par la récompense et le châtiment ».

[3] Makram Abbès, Islam et politique à l’âge classique, III, 1, Paris, PUF « Philosophie » n°199, 2009, p. 193-230.

[4] Cette remarque trouve place dans la préface à l’étude d’Ibrahim Madhkour intitulée La Place d’al-Fârâbî dans l’école philosophie musulmane, Paris, Librairie d’Amérique et d’Orient, Adrien-Maisonneuve, 1934, p. VII. Šîhâbodin Yahyâ Sohrawardî nommé par ses disciples « Šaykh al-Ishrâq » (le maître de l’illumination) est considéré par Henry Corbin comme le « résurrecteur de la philosophie et de la théosophie de l’ancienne Perse ». Cf. Histoire de la Philosophie Islamique, des origines à la mort d’Averroès, II, 2, Paris, Gallimard, 1986, p. 399.

[5] Pour plus de détails, cf. notamment Mort et au-delà dans l’Egypte ancienne de Jan Assman [trad. N. Baum, France, Éditions du Rocher, « Champollion », 2003] où il est question du rapport entre « l’Ici-bas » et « l’Au-delà » [p.29]. En ce qui concerne le cœur, cf. Partie I, Ch. IV, 3: « le cœur », p. 165-169.

[6] Le Coran, II, 4.

[7] Ibid., II, 7.
[8] Fârâbi, Les Opinions des Habitants de la Cité vertueuse, (Kitâb mabâdi‘ ârâ’ ahl al-madîna al-fâdhila), trad. S. Tahani, France, Vrin « Études Musulmanes », XXXI, 1990. Dans la mesure où nous solliciterons cette œuvre à plusieurs reprises, nous l’abrégeons « Op. ».

[9] Op., ch. XXXIII, p. 121. Le « non-être » (la-wujûd) est considéré par Fârâbî comme « ce dont l’existence n’existe pas en dehors de l’âme ». Il l’emploie cependant aussi bien pour désigner ce qui n’a pas d’essence que ce qui a une essence conçue dans l’âme, mais qui n’est pas en dehors de l’âme. Cf. Adurrahmân Badawi, Histoire de la Philosophie en Islam, tome II, Al-Fârâbî, I, p. 532.

[10] On s’appuie en général sur le commentaire aujourd’hui perdu de Fârâbî à l’Ethique à Nicomaque où il aurait considéré le bonheur suprême comme prenant part à des « divagations et des contes de vielles femmes ». Cf. notamment la critique de Leo Strauss dans son article intitulé « Le Platon de Fârâbî », trad. O. Sedeyn dans la Revue Philosophie : « La philosophie devant la Shoah », les Éditions de Minuit, n°67, 2000, p. 63-92. Strauss aborde le problème de l’immortalité de l’âme, p.74-75.

[11] Op., ch. XXXVI, p. 130.

[12] Ibid., ch. XXII, p. 118-119.

[13] Fârâbî, Aphorismes choisis, (Fusûl al-muntaza‘a), trad. S. Mestiri et G. Dye, ch. VII, 69, France, Fayard, Bibliothèque « Maktaba », 2003, p. 97.

[14] Ibid., 71.

[15] La puissance raisonnable de l’âme est toutefois secondée par la puissance imaginative. Nous reviendrons sur ce point.

[16] Nous avons réalisé ce schéma à partir des premiers chapitres des Opinions des Habitants de la Cité vertueuse.

[17] Op., Ch. XI, p. 63.

[18] Op., Ch. XX, p. 81-83.

[19] « La puissance principale est comme le roi chez qui se rassemblent les informations de toutes les régions de son royaume de la part de tous les informateurs », Ibid., p. 82.

[20] Ces organes sont cependant à leur tour servis par d’autres, et ainsi de suite.

[21] Ibid. cf. supra p. 81.

[22] Ibid., p. 82.

[23] Ibid.

[24] Ibid., Ch. XXI, p. 84 sq.

[25] L’on pourrait croire que la puissance appétitive principale est la forme de la puissance raisonnable, mais il n’en n’est rien. Fârâbî envisage la puissance appétitive dans une relation avec la puissance sensitive principale de laquelle elle dépend comme la chaleur qui est dans le feu dépend de ce qui constitue la substance du feu, ibid.

[26] C’est tout l’objet de la République.

[27] Op., ch. XXVII, p. 108.

[28] Ibid., ch. XXIII, p. 94.

[29] Op., ch. XXXII, p. 118.

[30] Ibid.

[31] Ibid.

[32] Il s’agit de la phrase d’inauguration du Compendium aux Lois de Platon de Fârâbî (Ğawâmi‘ Kitâb al-Nawâmis li-Aflâtûn), trad. S. Diebler,  in « Philosopher à Bagdad au Xe siècle », dir. A. Benmakhlouf, France, Éditions du Seuil, Points « Essais », n°578, 2007, p. 138.

[33] Curieusement, nous avons encore affaire à l’inauguration d’une œuvre de Fârâbî, à savoir, le Livre de la Religion (Kitâb al-Milla), trad. S. Diebler, ibid., p. 43.

[34] Le Politique, 311b-fin.

[35] Fârâbî, Aphorismes choisis, ch. VI, 61, p. 88.

[36] Op., ch. XXXII, p. 118.

[37] Le cas des âmes des habitants des cités ignorantes est le cas-type de l’individu imparfait, qui se transforme soit en automate, soit en animal, soit est réduit à une forme élémentaire.

[38] La Philosophie de Platon et ses différentes parties, ordonnancement de ses parties du début à la fin (Falsafat-Aflâtûn wa ajzâ’uhâ wa marâtib ajzâ’ihâ min awwalihâ ilâ âkhirihâ), §24, nous nous référons ici à notre traduction (Master II Études Arabes, Septembre 2010, Ens de Lyon, dir. M. Abbès). Voir également la traduction d’Olivier Sedeyn et Nassim Lévy (La Philosophie de Platon, VI, §30, Paris, Éditions Allia, 2002, p. 30-31).

[39] Eva de Vitray-Meyerovitch, Anthologie du Soufisme, L’homme parfait, Rûmî, « Le retour », Paris, Albin Michel, « Spiritualités vivantes », p. 328-329.

[40] Aphorismes Choisis, VII, 78, p. 104-105.

[41] Pour une analyse détaillée de la problématique de l’immortalité de l’âme chez al-Kindî et chez Avicenne, cf. l’article de Geneviève Gobillot portant sur « Quelques stéréotypes cosmologiques d'origine pythagoricienne chez les penseurs musulmans au Moyen Age », Revue de l’histoire des Religions, janvier-mars, n° 219, (2002), p. 54-89.

[42] Ghâzâlî, L’Erreur de la Délivrance (Al-Munqidh min al-dhalâl), trad. F. Jabre, III, 2, p.78.

[43] Nous parlons « d’optimisme universel » en suivant Badawi qui attire l’attention sur le fait que Fârâbî associe toujours les « cités » aux « nations » (al-mudun wa-al-umam) ce qui le distingue de Platon et d’Aristote pour lesquels la cité (polis) correspond à l’État, et qui ne conçoivent pas la nation comme une entité politique. Cf. Adurrahmân Badawi, Histoire de la Philosophie en Islam, tome II, Al-Fârâbî, III, p. 557.

Pour citer cette ressource :

"Fârâbî et l'immortalité de l'âme. Notes ", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), avril 2013. Consulté le 20/02/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/arabe/civilisation/histoire-de-la-pensee/theologie/farabi-et-l-immortalite-de-l-ame-notes-