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La aventura del tocador de señoras

Eduardo Mendoza
Publié le : 30 mai 2009
MENDOZA Eduardo, La aventura del tocador de señoras, Seix Barral, Barcelona, 2001.   Eduardo Mendoza est un auteur catalan né à Barcelone en 1943. Après avoir étudié le droit puis la sociologie à Londres, il a vécu à New York en tant que traducteur à l'ONU. Il a publié de nombreux romans dont le premier, La Vérité sur l'affaire Savolta, en 1975, a obtenu un franc succès après la mort de Franco. Mendoza a gagné plusieurs prix littéraires en Espagne et en France. La aventura del tocador de señoras a remporté le Prix du meilleur livre de l'année 2002 à la Foire du Livre de Madrid.   La aventura del tocador de señoras est un roman noir en espagnol. Il s'agit du récit à la première personne d'un personnage, déjà protagoniste de deux romans antérieurs de Mendoza, Le Mystère de la crypte ensorcelée, et Le Labyrinthe aux olives. Ces deux romans sont traduits en français au Seuil. Le narrateur-personnage (il n'est jamais nommé) est de retour, vingt ans après Le labyrinthe aux olives, pour nous faire partager une nouvelle « aventure ». A peine sorti d'un hôpital psychiatrique, le protagoniste s'installe comme coiffeur dans un quartier populaire de Barcelone. Un jour, une femme sublime appelée Ivet entre dans son salon, le suppliant de l'aider. Il est alors embarqué (de gré ou de force) dans le cambriolage du bureau du PDG d'une importante société, monsieur Pardalot. Le lendemain, ce dernier est retrouvé mort dans ce même bureau, et tout accuse notre personnage. A travers une aventure cocasse et embrouillée sur fond d'intrigue politico-financière, il mène l'enquête pour prouver son innocence. Si ce n'est pas lui le coupable, alors qui a tué Pardalot ? Sa quête est semée de rencontres insolites. Son compagnon le plus fidèle, Magnolio, immigré africain, l'aidera à percer les secrets de l'entourage de Pardalot, composé de personnages extravagants. Entre autres, il y a Ivet, belle et fragile, et « l'autre Ivet », la fille de Pardalot, disgracieuse et cynique. Les deux jeunes femmes, excellentes manipulatrices, restent traumatisées par le triangle amoureux que formaient leurs parents : Reinona, la femme bafouée, Agustin Taberner, faux infirme et ex-associé de Pardalot, et Pardalot lui-même. L'affaire politico-financière devient finalement un drame familial où tous sont coupables. Les jeux de masques et de mensonges compliquent encore les choses pour notre enquêteur, qui dévoile enfin la vérité dans une longue scène où le passé ressurgit. Chacun confesse alors ses erreurs et ses crimes, et la scène termine dans un bain de sang, dont les seuls survivants sont le détective et Ivet. Elle s'envole pour New York, mais il ne tardera pas à la rejoindre. Peut-être pour une nouvelle aventure ?   Au fil de ce polar, Mendoza nous fait déambuler dans une Barcelone décalée, à la rencontre de personnages saugrenus, dans un récit sombre rempli d'humour noir, où l'absurde et la parodie sont omniprésents, et la satire sociale n'est jamais loin. L'écriture est audacieuse, volontairement emphatique parfois, chargée d'ironie et de sarcasme. Mendoza mélange les termes catalans, les mots d'argot, les expressions plus érudites ou plus formelles... Ce style généreux et drôle réjouira les lecteurs les plus aguerris.   Pour des lycéens de la filière littéraire, ce roman, dont on pourra étudier un extrait en classe, peut être un bon exemple de littérature espagnole contemporaine, dans le sens où l'auteur est assez célèbre en Espagne et en France. De plus, le roman noir est bien peu étudié dans le secondaire, il serait donc intéressant de faire découvrir ce genre aux lycéens. Par ailleurs, les ressorts utilisés par Mendoza (humour noir, ironie...) sont des éléments très importants en littérature, il convient de les connaître et de savoir les repérer.  
 
 
Mise à jour le 9 octobre 2009
Créé le 30 mai 2009
ISSN 2107-7029
DGESCO Clé des Langues