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Réflexions sur la langue

Introduction à...

La grammaire générative et transformationnelle : bref historique

Lire l'article de Françoise Dubois-Charlier et Béatrice Vautherin
La publication par Noam Chomsky de "Syntactic Structures" en 1957 remet en cause le structuralisme dominant et déclenche une révolution copernicienne dans le monde de la linguistique américaine. Cet article se propose d'expliquer quels ont été les apports de la grammaire générative transformationnelle et comment ce courant a évolué en un demi siècle.

Introduction à la sociolinguistique

Lire l'article d'Emilie L'Hôte
La sociolinguistique est cette branche de la linguistique qui étudie la diversité et les variations dans une ou plusieurs langues, cherchant à comprendre le langage tel qu'il existe en réalité. Avec l'aide du comique Ali G et du dramaturge J.M. Synge, l'auteur nous fait découvrir cette discipline relativement nouvelle.

Approches linguistiques du genre (gender)

Lire l'article de Yannick Chevalier
Yannick Chevalier part d'une ambiguïté lexicale, celle du mot « genre » : faut-il entendre par là la notion linguistique (genre masculin ou genre féminin) héritée de la tradition grammaticale (laquelle utilise cette notion depuis l’Antiquité), ou bien le concept plus récent de « sexe social » qu’ont introduit les études de genre ? Pour lever les ambiguïtés, les locuteur.rice.s précisent souvent : « genre au sens grammatical » ou « genre au sens de gender ». On pourrait croire qu’il s’agit là d’un jeu de mots, mais l’examen des dictionnaires et de l’histoire des langues montre que cette ambiguïté relève d’une polysémie attestée comme en témoigne l’histoire de la langue. En effet, le mot français genre et le mot anglais gender possèdent un même étymon latin, genus, generis. Le terme, sous sa forme accusative generem, est emprunté au latin en ancien français au début du XIIe siècle, où il apparaît sous la forme gendre (sous l’influence du verbe gendrer, cf. français moderne engendrer). Par la suite, gendre est refait sur le latin generem et adopte la forme moderne genre. L’anglais gender n’est pas directement emprunté au latin, où la lettre -d- n’apparaît jamais, mais à l’ancien français.

Le langage de l'enfant : de l'éclosion à l'explosion

Voir la conférence d'Aliyah Morgenstern
L’enfant n’apprend pas la langue dans les grammaires, mais dans les interactions avec ses interlocuteurs et dans le bain de langage qui l’entoure, il s’approprie des formes en contexte, il les saisit dans leur dynamique et les remet à son tour en mouvement. En suivant pas à pas l’entrée de l’enfant dans la langue, on peut observer directement comment le discours, l’histoire de l’enfant, son expérience, ses émotions, ses jeux, ses relations aux autres et au monde, l’aident à façonner ses productions et combien le rôle des interlocuteurs adultes est primordial pour que cette appropriation se fasse aussi naturellement que possible.

Domaines de la linguistique

Les “formules” dans les discours politiques et institutionnels

Voir la conférence d'Alice Krieg-Planque
Cet exposé s’inscrit dans le cadre de l’analyse du discours. Il est consacré à la notion de “formule”, en tant qu’elle aide à saisir la manière dont les arènes publiques sont structurées dans et par le discours. Une “formule” peut être définie comme un ensemble de formulations qui, du fait de leurs emplois à un moment donné et dans un espace public donné, cristallisent des enjeux politiques et sociaux que ces expressions contribuent dans le même temps à construire. Par exemple, les expressions “tourisme durable”, “durabilité énergétique”, “développement durable et solidaire”… peuvent être considérées comme des réalisations diversifiées de la formule “développement durable”. Cette conférence est l’occasion de rappeler l’origine de la notion de “formule”, de préciser la définition proposée, et de souligner les propriétés remarquables des formules (figement, caractère polémique...). Elle permet aussi d’observer quelques exemples précis, de façon à montrer en quoi les approches formulaires sont utiles à la compréhension des discours politiques, médiatiques et institutionnels contemporains.

Le renouveau de la linguistique historique : apports et perspectives

Voir la conférence de Bernard Combettes
Bernard Combettes nous propose ici un panorama sur les tendances actuelles pour la linguistique historique, dans le domaine du français.

Les enjeux de la diversité linguistique et l'intérêt de la typologie

Voir la conférence de Stéphane Robert
Faculté humaine universelle, le langage a cette propriété paradoxale de présenter une grande diversité sous la forme de près de 6000 langues différentes. Stéphane Robert prend le temps d'illustrer plusieurs expressions de cette diversité linguistique avant de montrer l'intérêt de son étude, d'un point de vue historique, cognitif et surtout structurel.

Organisation du lexique et typologie lexicale

Voir la conférence de Peter Koch
La typologie linguistique étudie les ressemblances entre différentes langues, d'un point de vue grammatical, phonique ou lexical. Peter Koch, professeur à l'Université de Tübingen, nous présente ici les enjeux de la typologie lexicale.

De l'audition à la production orale: l'émergence des mots chez le bébé

Voir la conférence d'Yvan Rose
Les études linguistiques portant sur les bébés offrent des portraits parfois très différents de l'acquisition de la langue maternelle. D'une part, les psychologues dépeignent souvent les capacités perceptuelles du bébé en termes de traitement statistique. D'autre part, les linguistes décrivent les productions précoces en termes d'unités (sons et combinaisons de sons) plus ou moins complexes. Yvan Rose offre ici des pistes permettant d'intégrer ces deux ensembles de travaux de manière cohérente, en établissant une relation entre perception auditive et production orale dans la compétence langagière émergente de l'enfant.

Diachronie et langue ancienne : un approche spécifique

Voir la conférence de Sophie Prévost
Etudier la langue ancienne a été la norme pendant des siècles. Le fait de travailler sur des états de langue contemporain a permis d'autres approches, le recours à une méthodologie et des modes de raisonnement qui ne sont possibles que lorsque l'on travaille sur une langue avec locuteurs. Travailler sur une langue ancienne ne relève donc plus de l'évidence : nous n'avons qu'une vision partielle de cette langue (pas d'oral), nous ne pouvons recourir à l'introspection (pas de compétence) et notre connaissance de la langue s'est construite par les textes, qui sont précisément notre objet d'étude (d'où une possible circularité, et le fait que le possible de langue tend à rejoindre le possible matériel)...

Gestures of negation

Voir la conference de Wendy Leeds-Hurwitz et Simon Harrison
Wendy Leeds-Hurwitz, chercheur au Collegium de Lyon et professeur de communication à l'Université du Wisconsin-Parkside, évoque l'histoire des études de la gestuelle et de ses différentes composantes. Cette introduction est suivie par une conférence de Simon Harrison, doctorant en liguistique anglaise à l'Université Bordeaux 3 et lecteur d'anglais à l'ENSL. En s'appuyant sur les travaux existants et sur ses propres recherches, il évoque le cas particulier de la gestuelle de négation.

The Sociolinguistics of Identity

Voir la conférence de Peter Stockwell
Le grand débat de la sociolinguistique aujourd'hui tourne autour de la question de la place que doit (ou ne doit pas) occuper la notion d'identité dans l'analyse sociolinguistique. Invité par le Centre d'Etudes Linguistiques de l'Université Lyon 3, Peter Stockwell, Professeur à l'Université de Nottingham, spécialiste de stylistique cognitive et de sociolinguistique, clôt sa série de conférences en revenant sur ce débat. (CONFERENCE EN ANGLAIS)

La linguistique textuelle : entre stylistique et analyse de discours

Ecouter la conférence de Jean-Michel Adam
Il a fallu presque un demi-siècle pour que la linguistique textuelle - d'origine assez largement anglo-saxonne - finisse par s'imposer en France. Cette conférence procèdera par problèmes et questions : y a-t-il continuité entre grammaire de phrase et grammaire de texte? Pour quelles raisons épistémologiqes la linguistique textuelle peut-elle prétendre dépasser les limites des grammaires de textes et des typologies de textes (types de textes et genres de textes) ?

Les langues au carrefour de la cognition

Ecouter la conférence de Catherine Fuchs
Faculté supérieure spécifique à l'espèce humaine, le langage est central pour diverses disciplines engagées dans l'étude du fonctionnement de l' « esprit-cerveau ». Au sein de ce champ, dit des sciences cognitives, la linguistique occupe une place à part : c'est en effet à partir de l'observation des langues dans leur diversité qu'elle tente d'appréhender les propriétés générales du langage. Après quelques définitions permettant de baliser ce terrain et de comprendre les enjeux, on évoquera le « tournant cognitif » de la linguistique apparu il y a plus d'un demi-siècle, ainsi que les deux grands paradigmes épistémologiques dans lesquels s'inscrivent désormais les travaux des linguistes se réclamant d'une « linguistique cognitive ».  On illustrera ensuite, à l'aide d'exemples, certaines recherches actuelles tournant autour de la recherche d'universaux (ou d'invariants) inter-langues et de la question des liens entre l'activité de langage (exercée à travers les langues) et l'activité de pensée.

Du morphème à la période: extension du domaine de la syntaxe

Voir la conférence d'Alain Berrendonner
Entre la syntaxe, qui produit des modèles de la phrase, et l'analyse du discours, qui est faite à base de concepts essentiellement pragmatiques, il existe une discontinuité théorique, qui se manifeste par le recours de part et d'autre à des unités d'analyse disparates. Il s'agira d'examiner comment réduire cet hiatus, et sur quels principes pourrait être fondée une syntaxe unifiée, qui décrive de manière homogène la combinatoire depuis le rang du morphème jusqu'à à celui de certaines unités de discours "transphrastiques".

Linguistique de terrain sur langues en danger d'Amazonie

Voir la conférence d'Antoine Guillaume
Dans cet exposé, je présenterai quelques aspects de mes travaux de recherche sur des langues amérindiennes parlées en Amazonie bolivienne et de leur contribution à la linguistique générale. Cette discussion m'amènera à parler de la diversité des langues, de la linguistique typologique et de la recherche des universaux du langage, de la problématique des langues en danger et de la pratique de la linguistique de terrain auprès des locuteurs de langues à tradition orale peu ou pas décrites.

Le changement linguistique

Comment une langue crée et recrée sa grammaire?

Voir la conférence d'Anne Carlier
Existe-t-il des langues sans grammaire ?  Comment se crée la grammaire d'une langue ? Une langue peut-elle complètement changer de système grammatical au cours de son histoire ?  Telles sont les questions qui seront abordées dans la conférence. Nous montrerons d'abord comment le partage entre grammaire et lexique varie d'après les langues et quelle est la diversité de marquages grammaticaux.  En retraçant ensuite l'évolution du latin au français, nous verrons que le français a en grande partie abandonné le système grammatical à flexions et a en revanche développé des petits mots comme les articles, les auxiliaires, les pronoms pour exprimer les oppositions grammaticales...

Origine et évolution du langage

Voir la conférence de Bernard Victorri
Jusqu'au 19e siècle, les hypothèses les plus farfelues ont été émises sur l'origine du langage. Ce n'est qu'avec la consolidation de la recherche sur l'hominisation depuis quelques dizaines d'années qu'a pu être élaboré un scénario sérieux sur l'origine du langage.

L'évolution des langues

Voir la conférence de Lene Schoesler
Si le changement est inhérent au langage, toutes les langues n'évoluent pas au même rythme et, dans une langue donnée, tout n'est pas destiné à changer. Malgré ces changements, les générations parviennent à se comprendre. Pourquoi et comment les langues changent-elles ?

Mécanismes et motivations du changement grammatical

Voir la conférence d'Alain Peyraube
Comment et pourquoi les structures grammaticales et syntaxiques évoluent au fil des ans.

De l'importance d'une langue bien vivante

Lire l'article de Sandrine Sorlin
Peut-on maîtriser la langue, jusqu'à en supprimer les irrégularités et en arrêter l'évolution ? L'auteur puise dans la littérature pour nous mettre en garde contre toute tentation de régularisation sclérosante de la langue et illustrer les potentialités qu'offre son élasticité.

Dossier - Acquisition du langage

Consulter nos ressources
Dans ce dossier, la Clé des Langues vous propose un ensemble de ressources universitaires sur le thème de l'acquisition des langues.

L'émergence de la complexité langagière du point de vue de l'évolution du langage

Ecouter la conférence de Salikoko Mufwene
De plus en plus de linguistes et autres chercheurs intéressés par l'évolution phylogénétique et/ou le développement ontogénétique du langage arguent que les langues sont des systèmes complexes d'adaptation (« complex adaptive systems »). Selon eux, les langues reflètent des dynamiques complexes particulières des « agents » en interaction dans des organisations qui sont constamment instables et qui sont à la recherche d'un équilibre afin de répondre à des changements qui ont lieu dans les écologies où ces dernières fonctionnent. Ces chercheurs supposent que des processus d'auto-organisation produisent des moments de stabilité transitoire pendant lesquels des organisations ou « systèmes » émergent, et des évolutions apparemment imprévisibles découlent de l'alternance de périodes de stabilité et d'instabilité.

Les Français et leurs langues : enquêtes sur les patois, dialectes et mots régionaux

Lire le texte de Brigitte Horiot
L'extension du français, langue romane, se fit à la fois au détriment du latin et des parlers locaux. Cependant, un siècle après l'édit de Villers-Cotterêts (1539), le français est loin d'être la langue de tous les Français et, plus près de nous, en 1914, sa compréhension posera encore quelques problèmes. Depuis plusieurs siècles ces parlers locaux intéressent les chercheurs et, au début du XXe siècle, paraît un monumental Atlas linguistique de la France qui consigne, sous forme de cartes, les patois recueillis dans 639 localités. L'entreprise sera reprise, régions par régions et avec un questionnaire adapté à chaque région, par le Nouvel Atlas linguistique de la France...

La migration francophone contribue-t-elle au futur du français comme langue de la globalisation ? Le cas de l’Afrique du Sud

Lire le texte de Cécile B. Vigouroux
Cette présentation se propose de revenir sur 4 siècles de présence du français en Afrique du Sud depuis les premiers colons huguenots chassés de France après la Révocation de l’Édit de Nantes (1685), en passant par la migration mauricienne au XIXème siècle jusqu’à celle plus contemporaine de migrants continentaux africains originaires des anciennes colonies belges et françaises. Nous montrerons dans quelle mesure l’Afrique du Sud est un point d’ancrage intéressant pour s’interroger plus largement sur les effets de la mobilité géographique et sociale sur la vitalité linguistique et sur les répertoires langagiers des locuteurs/trices. Nous montrerons, par exemple comment la mobilité entraîne un changement d’indexicalité des ressources langagières non seulement de ceux/celles qui se déplacent (ex : les migrant-e-s) mais également ceux/celles qui sont en contact avec ces dernier-e-s (les locaux). À travers cette présentation, nous soulignerons que les locuteurs/trices sont les agents de l’évolution linguistique et que l’histoire d’une langue ne peut se faire sans celle des pratiques langagières et donc des répertoires langagiers des locuteurs/trices.

Linguistique et enseignement du français : une perspective historique

Voir la conférence d'André Chervel
De la naissance (administrative) de la « linguistique française » dans les facultés des lettres des années 1960 à l’invention de la « transposition didactique » en 1985, il s’est écoulé 20 années riches en créations de périodiques universitaires, et en débats théoriques dont les échos sont encore perceptibles en ce début du XXIe siècle.

Miscellanées

Des propriétés des langues et de leur enseignement

Voir la conférence de Claude Hagège
"La clé des langues, c'est quoi, MAIS C'EST L'AMOUR !" s'exclame un Claude Hagège facétieux et pétulant qui, de boutade en anecdote, nous offre un florilège d'éléments de réflexion sur les langues et la manière dont nous devons les considérer et les apprendre.

Du discours politique au discours populiste. Un nouveau défi pour la démocratie

Voir la conférence de P. Charaudeau
Une première difficulté se présente lorsqu'on veut définir le «populisme». En effet, on ne peut que constater la diversité d'emploi de ce terme. On remarquera d'abord que dans usage courant, il finit par perdre de sa spécificité. En effet, il est souvent employé comme équivalent de démagogique, de poujadiste, parfois de raciste, parfois même de fasciste.

Introduction à la Langue des Signes Française : la place du sourd et de sa langue en France

Lire l'article d'Aliyah Morgenstern
Cet article est extrait d'un chapitre de la thèse de doctorat soutenue en 1995 par Aliyah Morgenstern, "L'enfant apprenti-énonciateur : l'auto-désignation chez l'enfant en français, en anglais et en Langue des signes Française".

La langue française au rythme des dictionnaires et de leur métamorphose

Voir la conférence de Jean Pruvost
Jean Pruvost retrace pour nous l'épopée des dictionnaires en soulignant les avancées techniques successives qui ont marqué chacune des étapes de cette évolution, de l'incunable aux nouveaux espaces virtuels où se déploiera le dictionnaire de demain.

Les motivations du signe linguistique: vers une typologie des relations signifiant/signifié

Voir la conférence de G. Bohas et D. Bottineau
Le principe de l'arbitraire du signe va tellement de soi qu'il n'a jamais autant mérité qu'on le reconsidère : à la lumière de constats empiriques fournis par l'observation des langues, dans le cadre de modèles théoriques fondant leur cohérence, et dans le contexte de réflexions renouvelées sur les notions même de signe, de parole et de langue, envisagées comme actions et comme expérience humaine.

Lingua Franca: une langue métisse pour l'histoire de quelle Méditerranée?

Voir la conférence de Jocelyne Dakhlia
Dans le cadre des Conf'apéros de l'ENS de Lyon, Jocelyne Dakhlia nous fait partager son intérêt pour la lingua franca. C'est ici le point de vue d'une historienne qui éclaire un objet linguistique. Il ne s'agit pas d'étudier les structures de la langue franque, mais plutôt son rôle dans les échanges commerciaux, culturels et diplomatiques rendus possibles par cet outil de communication qui unissait déjà au Moyen Age les rives de la Méditerranée...

Qu'est-ce que l'analyse du langage de l'enfant peut nous dire sur le langage en général ?

Voir la conférence de Frédéric François
A travers l'étude de récits et de dialogues d'enfants, Frédéric François montre comment apparaît chez l'enfant une autre façon d'être avec les mots et le langage, une "raison ludique", qui disparaîtra ensuite. Il inverse ainsi la méthode usuelle qui voit dans le langage de l'enfant un stade de développement primitif et inabouti et voit comment l'enfant au contraire sait réunir et faire entrer en contact des espaces qui chez l'adulte sont incompatibles. L'enfant, parce qu'il s'inquiète du rapport entre les mots et les choses, parce qu'il joue avec le présent et l'absent, le réel et l'imaginaire, parce qu'il sait entrer dans le domaine de l'inutile..., peut alors être vu comme un philosophe et un littérateur précoce.

Geler/dégeler les paroles : pourquoi, comment ?

Ecouter la conférence de Benoît Habert
Pour étudier l'oral, la parole sous toutes ses formes, on n'enregistre plus sur une cassette pour transcrire à la main ou à la machine à écrire. Le son est désormais mémorisé sous forme numérique, tout comme la transcription. Ce "tout numérique" facilite les copies, les échanges, la coopération à distance. Cette commodité masque pourtant de grandes fragilités. On sait mal aujourd'hui produire des données de recherche numériques qui seront encore utilisables dans vingt ou trente ans. Les solutions scientifiques, humaines et techniques pour pouvoir "dégeler" plus tard les données constituées aujourd'hui, "gelées" donc, pour reprendre Rabelais, sont présentées à partir d'un projet pilote d'archivage numérique pérenne de données orales en sciences humaines et sociales. Préserver pour plus tard, ce n'est pas simplement sauvegarder, mais choisir et organiser ce qui est précieux aujourd'hui pour demain.

Diglossie et interlecte : créoles et français aujourd'hui dans les quatre départements français d'outre-mer

Ecouter la conférence de Lambert-Félix Prudent
Malgré de longs débats en cours sur le sujet, les créoles ne constituent pas à proprement parler un type linguistique spécifique. Ces langues sont dites créoles pour deux séries de raisons, l'une historique et l'autre sociolinguistique. D'une part, elles sont nées d'une histoire coloniale qui voit les Européens au XVIIème siècle fonder avec leurs esclaves venus d'Afrique ou de l'Océan indien une nouvelle unité sociale et anthropologique, l'habitation ; d'autre part, leur niche écologique les inscrit dans un système duel, où placées sous tutelle de la langue coloniale, elles sont affectées d'un coefficient de minoration symbolique que l'on a arbitrairement appelé après 1959, la diglossie.

Pour une approche énonciative de la poésie

Ecouter la conférence de Michèle Monte
Pendant longtemps a prévalu dans l'approche linguistique de la poésie une perspective structuraliste qui, dans la lignée des travaux de Roman Jakobson et Nicolas Ruwet, insistait sur la clôture du texte et sur le rôle du travail sur le signifiant. Les travaux plus récents de Marc Dominicy plaidant pour une modalité sémantique propre à la poésie sans renier l'apport jakobsonien n'ont pas rencontré tous les échos qu'ils méritaient. Quant au tournant énonciatif qui a marqué une partie de la linguistique à partir des années 1980, il a curieusement fort peu affecté les recherches sur la poésie, alors que le lyrisme, une de ses composantes les plus couramment mises en avant, est bien un phénomène d'ordre énonciatif.

Entre blanc et voix, syntaxe et ponctuation. Fragments de littérature du XXe siècle

Voir la conférence de Véronique Braun Dahlet
Lorsqu'elle s'est imposée comme support de l'écrit, la page a affranchi la pensée de la perception immédiate du monde. Cet exposé part de l'évolution de l'usage de la page, pour ensuite montrer comment l'écriture littéraire, après la poésie, s'est saisie de la ponctuation et de la syntaxe pour en faire des formants d'une esthétique littéraire. Ce faisant, on observera le paradoxe qui consiste à rendre sensible la linéarité de l'écrit sur le blanc de la page pour faire advenir de la voix dans la parole écrite.

Les Fang d'Afrique centrale : synoptique de recherches récentes sur l'origine d'une langue, d'une population, d'une culture

Voir la conférence de Lolke van der Veen
Les Fang d'Afrique centrale occidentale n'ont cessé de fasciner explorateurs, militaires, commerçants, missionnaires et anthropologues occidentaux, dès les toutes premières rencontres aux 18ème et 19ème siècles de notre ère. De nos jours, de nombreuses populations de cette région d'Afrique, y compris les Fang eux-mêmes, croient fermement que la langue fang et ses locuteurs n'ont pas une origine bantu (comme la majeure partie des populations de la région) mais soudanaise ou égyptienne, voire pharaonique ! Ont-elles raison ? S'agit-il d'une réalité ou d'un mythe ? Que nous la science ?

Le traitement de la liaison en Français : approche psycholinguistique

Voir la conférence d'Elsa Spinelli
Au niveau du locuteur et de la production du langage parlé, le phénomène de liaison introduit des modifications notoires dans la réalisation des items liés par rapport à leurs formes canoniques produites en isolation. Le phénomène de liaison implique d'une part la prononciation d'un segment (phonème latent) qui est absent lorsque le mot est produit en isolation, et d'autre part la resyllabation du mot suivant qui prend le phonème latent comme segment initial (ex: un petit avion sera resyllabé un.pe.ti.ta.vion). En conséquence, du point de vue de l'auditeur et donc de la compréhension des séquences sonores, le phénomène de liaison crée des ambiguïtés transitoires dans la chaîne parlée.

Des nombres en lumière : explorations linguistiques de l'univers numérique

Voir la conférence de Bertrand Richet
Les nombres constituent un territoire étrange, et pas seulement pour les linguistes. Il n'est qu'à songer au statut du « savoir compter » à l'école, à la fascination qu'exerce la numérologie sur de nombreux esprits et à la mainmise des chiffres et des notations sur notre société contemporaine pour avoir une idée de l'ampleur du phénomène. Mais ce n'est pas directement cela qui va nous préoccuper. Pour le linguiste et le traductologue que nous sommes, les nombres sont un terrain propice non seulement à la détermination des modalités de l'organisation du sens en langue et en discours, mais aussi à la mise au jour d'un facteur culturel dont on aurait pu considérer a priori qu'il était secondaire, le monde mathématique se donnant au départ comme universel.
 

De l'intérêt des postures énonciatives de co-énonciation, sous-énonciation, sur-énonciation pour l'interprétation des textes (en classe)

Cette conférence présente les différentes postures énonciatives. Elle commence par distinguer la co-énonciation de la co-locution et définit les postures à partir du rôle des énonciateurs dans la co-construction des points de vue (PDV) : la co-énonciation correspond à la co-construction par les locuteurs d’un PDV commun, qui les engage en tant qu’énonciateurs. La sur-énonciation est définie comme la co-construction inégale d’un PDV surplombant et la sous-énonciation consiste en la co-construction inégale d’un PDV dominé. La deuxième partie illustre le rôle de ces diverses postures dans l’analyse et l’interprétation des textes dans le but d’optimiser leur exploitation didactique en dégageant les enjeux énonciatifs et les positionnements interactionnels sous-jacents à la construction des PDV.
 

Les origines du langage et le développement de la pensée symbolique

Voir la conférence de Christophe Coupé
Parmi les nombreuses aptitudes qui ont été proposées pour distinguer l’espèce humaine du reste du règne animal, la capacité à créer et à manipuler des symboles revient très fréquemment. Elle joue en particulier un rôle fondamental dans notre système de communication, comme déjà noté il y a près d’un siècle par Ferdinand de Saussure avec le concept d’arbitraire du signe. Dans cette présentation, j’aborderai la vaste question des origines du langage en prêtant tout particulièrement attention au développement de la pensée symbolique. Afin de mieux caractériser ce qui fait notre spécificité et comment celle-ci a vu le jour, je tenterai de mettre en rapport ce que nous disent à ce sujet différents champs scientifiques comme l’archéologie, l’étude de la communication animale ou encore la modélisation informatique.

S'approprier la langue orale quand on est sourd(e) profond(e)

Lire le texte de Laurence Vincent-Durroux
Les théories linguistiques contemporaines s'accordent sur l'existence de liens entre les perceptions sensorielles et les conceptions qui sous-tendent les langues. Or le contexte de surdité profonde implique des perceptions sensorielles différentes de celles des entendants, avec pour conséquence probable des conceptions propres aux sourds. Celles-ci font-elles obstacle à l'appropriation des langues orales par les sourds, langues fondées sur les conceptions de personnes entendantes ? Quelles sont les difficultés et les spécificités de l'enfant sourd qui s'approprie une langue orale ?

Mesure et démesure du discours. Nicolas Sarkozy 2007-2012

Voir la conférence de Damon Mayaffre
Le sarkozysme constitue une rupture dans l’histoire politique de la Ve République. Dénonçant la pensée unique, rompant avec les codes lexicaux ou la bienséance discursive, Nicolas Sarkozy invente, jusqu’à choquer, une nouvelle forme d’expression dissensuelle au service d’une idéologie néo-droitière ou post-État providence.
Discours populaire ou discours populiste ? Réformes sincères ou révolution conservatrice ? Président du peuple ou président des riches ?
L’étude logométrique, faite de lecture hypertextuelle et de statistique textuelle, permet de prendre la mesure des discours. Le corpus des discours de Sarkozy (2007-2012) est systématiquement passé au crible des logiciels TXM (Ens-Icar-Lyon) et HYPERBASE (Uns-Bcl-Nice). Les conclusions sont fortes : le parler Sarkozy constitue une rupture dans l’histoire du discours politique sous la Ve République, faisant basculer la droite républicaine française vers un au-delà.

Les Figures comme réalités discursives

En dépit des multiples mises au point théoriques qu'elles ont suscitées depuis l'Antiquité, les figures comportent des zones d'incertitude qui alimentent encore de nombreux débats. Nous nous proposons d'aborder deux questions complémentaires posées par les figures:
1) Sur le plan de leur statut, sont-elles "du discours", "de style" ou "de rhétorique"? A partir des exemples représentatifs que sont l'hyperbole, la métonymie et le mot-valise, nous montrerons que les figures constituent avant tout des réalités discursives qui exploitent les variations et les ramifications inhérentes à la langue.
2) Sur le plan de leur fonctionnement, les figures trouvent-elles leur terrain privilégié dans les productions stylistiques de la littérature ou contribuent-elles au rendement des discours les plus ordinaires? Nous appuyant sur le cas-type de la métaphore publicitaire, nous verrons que cette figure est en fait au coeur de la valorisation des annonces, qu'elle confirme les valeurs médiatiques établies ou qu'elle crée des valeurs inédites, sources de nouveaux modèles de consommation."
 
 
mise à jour le 2 octobre 2014
Créé le 29 novembre 2006
ISSN 2107-7029
DGESCO Clé des Langues