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Introduction à la Langue des Signes Française : la place du sourd et de sa langue en France

Aliyah Morgenstern
Publié le : 2 juin 2008
 Cet article est extrait d'un chapitre de la thèse de doctorat soutenue en 1995 par Aliyah Morgenstern, "L'enfant apprenti-énonciateur : l'auto-désignation chez l'enfant en français, en anglais et en Langue des signes Française". 

Après le succès de la magnifique pièce Les enfants du silence[1] mise en scène par Jean DALRIC, et le Molière en 1993 de sa principale interprète Emmanuelle LABORIT, les médias français se sont penchés sur la communauté des sourds[2], oubliée ou plutôt refoulée, et sur leur langue: la Langue des Signes. Articles, émissions ("la marche du siècle", "envoyé spécial", "les chemins de la connaissance"), interviews se sont succédés. Mais il ne faut pas oublier que si la Langue des Signes commence à être moins méconnue du grand public en France, cela est aussi dû à un immense travail mené de front par la communauté sourde et par certains scientifiques entendants, afin de réaffirmer l'identité et la culture sourde ainsi que la Langue des Signes Française (L.S.F.)[3].


Nous commencerons par un panorama de la place du sourd et de la Langue des Signes dans l'histoire des idées en France, jusqu'au XIX° siècle. Nous verrons ensuite comment à partir du XX° siècle, la figure du sourd cessera d'intéresser autant les philosophes et les religieux. Le sourd devient objet d'expérimentation et de recherche en sciences humaines, et la Langue des Signes sera dénigrée par certains, reconnue par d'autres, ce qui a de nos jours un impact important sur l'éducation des enfants sourds. Ce n'est qu'à partir des années soixante, et surtout des années quatre-vingt, grâce au travail de linguistes, sociologues, psychanalystes et surtout grâce à la revendication culturelle des sourds eux-même, que leur identité et leur subjectivité propres sont moins occultées.

Nous ferons ensuite une synthèse des travaux (encore peu nombreux) sur l'acquisition de la Langue des Signes par les enfants, en différenciant ceux dont l'objectif est de montrer l'importance de la Langue des Signes sans laquelle l'enfant sourd rencontre d'énormes difficultés pour s'approprier le langage, et ceux qui décrivent des processus d'acquisition.

 

[1] Cette pièce française est une adaptation de "Children of a lesser God" qui a eu beaucoup de succès aux Etats-Unis sur la scène et à l'écran. L'adaptation française donne cependant une place beaucoup plus importante à la langue des signes. En effet non seulement une grande partie du dialogue se déroule en L.S.F., mais une interprète est présente dans un coin de la scène et traduit en L.S.F. les tirades en français.

[2] Les sourds ont longtemps été appelés "sourds-muets" (ils le sont parfois encore aujourd'hui) mais un sourd peut parler. De plus l'appellation "muet" fait croire qu'ils n'ont aucun langage alors qu'ils ont la langue des signes.

[3] Nous adopterons le sigle L.S.F. pour référer à la Langue des Signes Française.


Aliyah Morgenstern

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mise à jour le 30 juin 2009
Créé le 2 juin 2008
ISSN 2107-7029
DGESCO Clé des Langues