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Les motivations du signe linguistique: vers une typologie des relations signifiant/signifié

G. Bohas / D. Bottineau
Publié le : 17 novembre 2009
 Le principe de l’arbitraire du signe va tellement de soi qu’il n’a jamais autant mérité qu’on le reconsidère : à la lumière de constats empiriques fournis par l’observation des langues, dans le cadre de modèles théoriques fondant leur cohérence, et dans le contexte de réflexions renouvelées sur les notions même de signe, de parole et de langue, envisagées comme actions et comme expérience humaine. 

  • Communication de Didier Bottineau :


 

 

Résumé de la communication de Didier Bottineau : 

On conçoit le signe non pas comme une abstraction construite par le linguiste, mais comme une classe d'expériences motrices et sensorielles vécue spontanément par les sujets parlants dans le cadre de la pratique quotidienne de l'interaction langagière, immédiate ou médiatisée (par l'écriture et par l'instrumentation technologique sous toutes ses formes). Sous cet angle, on peut envisager la typologie des motivations du signe comme celle des relations entre le signifiant (couple sensorimoteur verbal) et le signifié (catégorie correspondante, construite épisodiquement via des interactions sensorimotrices de même nature, non verbales et verbales), tous deux de nature dynamique et vécue. On distinguera entre autres:

 

-         la motivation mimétique (dont l'onomatopéique), par laquelle l'action signifiante mime, par ses propriétés sensorimotrices, celles de l'expérience non verbale à signifier (cris d'animaux, formes ou mouvements d'objets...), en tenant compte des synesthésies (encodage d'une sensation signifiée par une sensorialité verbale d'une autre nature), représentée entre autres par le modèle MER de Georges Bohas;

 

-         la motivation pragmatique, par laquelle un signifiant prédéfinit dans sa forme même la manière dont un humain peut interagir avec un objet (par exemple: anglais sponge "éponge", objet qui se manipule par un mouvement de torsion / rotation, marqué par sp, sans motivation onomatopéique particulière) (relecture des travaux de Firth et Tournier par Bottineau pour le lexique anglais);

 

-         la motivation autodésignative référentielle (un aspect de la théorie sémio-génétique de Dennis Philps), par laquelle une structure consonantique renvoie aux conditions articulatoires de sa propre production, avec extension analogique possible à des objets munis de propriétés comparables;

 

-         la motivation autodésignative procédurale (théorie des cognèmes de Didier Bottineau), selon laquelle les phonèmes investis dans la morphologie grammaticale mettent en œuvre des gestes articulatoires de nature à vectoriser des processus cognitifs isomorphes (articuler /i/ vs /a/ = contraster des mises en rapport de type proximal / distal, etc.).

 

A travers des exemples illustrant les faits lexicaux et grammaticaux dans des langues variées, on montrera comment cette typologie rend compte de l'articulation liant des modèles actuels en développement, et comment, pour tel ou tel mot, on observe des configurations simples (un type unique de motivation) ou hybrides (croisement de plusieurs critères).

  
 
 
 
Mise à jour le 3 mai 2017
Créé le 17 novembre 2009
ISSN 2107-7029
DGESCO Clé des Langues