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Le Mīlād musulman ou l'écriture par collation

LAMNAOUI Slimane
Professeur à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah Fès - Maroc

 

La Sīra Nabawiyya, récit de vie du prophète de l’islam, est une narration inspirée du fond commun de la culture et de l’histoire des mentalités et croyances, s’autorisant du Musée imaginaire de l’Arabie.
À partir des premiers textes d’Ibn Ishāq et Ibn Hišām, mais aussi des œuvres épigones, l’auteur s’interroge sur la construction du récit et la forme narrative à travers laquelle se justifie une typologie de la Nativité conforme au topos de la naissance sacrée.


Le caractère mythologique et fantastique dont on a chargé plus particulièrement le récit de la nativité du prophète est indéniable. Il reproduit un jeu de représentation qui court anonymement dans les interstices des grands monuments discursifs païens et bibliques propres à la spiritualité proche-orientale. 

Mais pour l’auteur, il ne s’agit pas de partir à la découverte d’une « série fossile » selon le mot de M. Foucault (L’archéologie du savoir), de se contenter de saisir le jeu d’écho et d’emprunt à l’œuvre dans les textes, qui fera monter ou descendre la cote d’originalité de notre corpus ; il s’agit plutôt de mettre à jour la régularité d’une pratique discursive et une homogénéité narrative en vogue dans la littérature de l’époque.

Le processus natif recouvre-t-il un évènement historique ou est-il avant tout la mise en forme théologique d’un acte de foi ?  Nous ne serions pas devant un souvenir historique, mais une construction doctrinale et idéologique ; théologique en tout cas, où parodier la composition archétypale du mythe de la naissance est aussi la forme idéologique que se donne une religion nouvelle et une société en construction.

À partir de l’analyse de certains topoï autour de ce foyer thématique privilégié de la naissance-renaissance – le topos de « la naissance prodigieuse », celui de « la vision eschatologique », celui de « la victime épargné par le ciel » – nous essayerons de voir comment ce récit construit par « collation », marque une étape dans l’évolution du genre. La Sīra serait l’histoire non d’une invention mais d’une métamorphose lente d’un champ toujours-déjà structuré. Comment se présente l’extrême singularité d’une structure romanesque fondée sur la répétition? À partir des premiers textes d’Ibn Ishāq et Ibn Hišām, mais aussi des œuvres épigones, l’auteur s’interroge sur la construction du récit et la forme narrative à travers laquelle se justifie une typologie de la Nativité conforme au topos de la naissance sacrée.

Mots- clés :

Nativité- intertextualité-  mythes –langage- topos narratif.

 
 
Mise à jour le 2 mars 2017
Créé le 7 mars 2016
ISSN 2107-7029
DGESCO Clé des Langues