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Les chemins de l'éducation à la citoyenneté


Geschwister-Scholl-Schule-Apolda von Br Thomas

Franziska Flucke, ATER à Paris-Nanterre
Publié le 27 juin 2017 par Cécilia Fernandez


Personne ne naît « bon démocrate », c’est un processus d’apprentissage durant lequel l’école joue un rôle extrêmement important. Chaque démocratie a besoin d’une éducation à la citoyenneté afin que les futures générations apprennent à exercer de manière compétente et autonome leurs droits démocratiques. C’est pourquoi, quand on m’a proposé d’intervenir lors de cette journée sur l’éducation à la citoyenneté en Allemagne, j’ai pensé principalement à une matière particulière : l’Education civique. Ce sont les différentes variantes de cette matière dans les Länder de la République fédérale d’Allemagne qui seront présentées brièvement dans la première partie, avant d’aborder le système scolaire allemand en général afin de pouvoir montrer dans une troisième partie quelques exemples plus concrets qui illustrent l’éducation à la citoyenneté plus en détail. Ainsi, nous étudierons les chemins que les jeunes Allemands doivent suivre afin de devenir de bons démocrates, des citoyens de leur pays, mais aussi des habitants de leur Land comme le Bade-Wurtemberg.

Cette contribution est la version rédigée d’une intervention du même titre lors de la journée académique des langues « Education à la citoyenneté », qui s'est tenue à l’ENS Lyon le 22 novembre 2016. Je tiens à remercier Laurence GUILLON pour sa relecture attentive.

 
I. Problèmes de traduction et diversité de l'éducation civique en Allemagne

II. Les bases du système scolaire allemand

III. L'éducation à la citoyenneté dans le Bade-Wurtemberg

IV. Références bibliographiques

V. Pour aller plus loin
 


 
La démocratie moderne suppose que tout citoyen est en mesure d’exercer de manière compétente et autonome ses droits démocratiques. Mais personne ne naît en étant un bon démocrate, c’est un processus d’apprentissage durant lequel l’école joue un rôle extrêmement important. La démocratie a besoin d’une éducation à la citoyenneté afin de pouvoir garantir cette démocratie également aux futures générations. Lorsqu’on m’a proposé d’intervenir sur l’éducation à la citoyenneté en Allemagne, j’ai pensé principalement à une matière particulière, celle de l’Education civique ou instruction civique. Ce sont les différentes variantes de cette matière dans les Länder de la République fédérale d’Allemagne et son cadre commun, le consensus de Beutelsbach, qui seront présentés brièvement dans la première partie. Ensuite, je présenterai le système scolaire allemand avec ses particularités pour revenir dans une troisième partie sur quelques exemples plus concrets qui illustrent l’éducation à la citoyenneté plus en détail dans le Land de Bade-Wurtemberg. Ainsi, nous verrons quels chemins les jeunes Allemands doivent suivre afin d’être des citoyens de leurs pays, mais aussi des habitants de leur Land.

Problèmes de traduction et diversité de l'éducation civique en Allemagne

 
La traduction allemande du mot « Citoyenneté » donne die Staatsbürgerschaft. Etant née en Allemagne de l’Est quelques années avant la chute du mur, le mot Staatsbürgerschaft fait pour moi tout d’abord référence à une matière enseignée à l’école en République Démocratique Allemande (= RDA) qui s’appelait Staatsbürgerkunde dont la traduction en français est « l’éducation à la citoyenneté ». Mais la RDA a cessé d’exister en 1990 et étudier son enseignement idéologique est un sujet de recherche très intéressant, mais trop complexe pour être traité dans cet article. Il nous semble donc plus pertinent de nous intéresser à la République Fédérale d’Allemagne (RFA) contemporaine. C’est là que les choses se compliquent en ce qui concerne l’équivalent de cette matière. Comme la RFA est un pays fédéral, nous n’avons pas un système scolaire, mais seize. Chaque Land détient la responsabilité de l’éducation dans son Land et conserve ses particularités dues à son histoire. Car il ne faut pas seulement former des citoyens allemands, mais aussi des Baden-Wurtembergeois ou des Saxons.
 
D’une manière générale, l’éducation civique et politique débute à l’école primaire dans le cadre du Sachunterricht [1] durant lequel les élèves se familiarisent avec les matières telles que la géographie, l’histoire, la biologie et la physique. Cet enseignement reste souvent ancré dans la région et traite de sujets très concrets par exemple l’organisation de la vie en classe. Ensuite, nous retrouvons l’éducation civique dans l’enseignement d’histoire dont le Leitmotiv est un double « Plus jamais cela » en rapport avec la double expérience de la dictature, le national-socialisme et le régime totalitaire de la RDA. Mais l’éducation à la citoyenneté se fait surtout à travers une autre matière introduite à partir des années 1960 en RFA. Cette matière relativement jeune manque de cohérence, car son nom et contenu changent d’un Land à l’autre et elle n’occupe que quelques heures dans les emplois du temps des jeunes Allemands. Mais ces programmes sont devenus rapidement, suite au mouvement de mai 68 et à la période de confrontation de la démocratie avec la Fraction armée rouge [2], des sujets de débat dans la société, car ils étaient jugés soit trop « gauchistes» soit trop « conservateurs » pour réagir aux attaques contre la jeune République fédérale. Suite à un grand débat organisé dans la petite ville de Beutelsbach près de Stuttgart, le politologue Hans-Georg Wehling a publié un article [3] qui est devenu célèbre par la suite sous le nom de « consensus de Beutelsbach » (= Beutelsbacher Konsens) de 1976. Ce consensus reconnaît trois principes didactiques spécifiquement pour l’éducation politique (en Allemagne) et est devenu la base de tout travail d’éducation à la citoyenneté dans le cadre scolaire ou parascolaire :
  1. Interdiction d’endoctrinement : La règle n° 1 est l’absence totale d’endoctrinement. Il est interdit à l’enseignant de forcer les élèves, par quelque moyen que ce soit, à faire leurs les opinions qu'il voudrait leur imposer. Les élèves doivent former leur propre jugement sur la base de l’enseignement. « Car l'endoctrinement n'est compatible ni avec le rôle de l'enseignant dans une société démocratique, ni avec l'objectif - communément adopté - du sens de la responsabilité que l'élève doit acquérir. »[4]

  2. Une controverse reste une controverse : La règle n° 2 est que ce qui, dans les sciences et en politique, fait l'objet de débats, doit l'être au même titre dans l'enseignement : l’enseignant est obligé de présenter de manière controversée un sujet suscitant la controverse dans l'opinion publique (ou dans le domaine de la science) et doit en discuter avec ses élèves. Ce qui veut dire que les points de vue et options différents ne doivent pas être interprétés de manière unilatérale. L’enseignement devrait mettre particulièrement en lumière les solutions et les points de vue peu familiers aux élèves en raison de leurs origines politiques et sociales respectives.

  3. Enseignement axé sur l'élève : L’éducation politique doit permettre à l’élève d’analyser la situation politique de la société en la confrontant à sa propre situation. Il doit apprendre à en tirer les conséquences possibles pour lui-même.
A part ces trois principes de base, l’enseignement varie selon chaque Land. Quant à moi par exemple, j’ai été confrontée à ce problème du fédéralisme allemand au moment du choix de filière à l’Université. Après avoir passé ma scolarité en Thuringe et avoir suivi, à partir de l’âge de 15 ans, des cours de Sozialkunde durant lesquels on discutait de politique, parlait des partis politiques, des élections, de l’unification de l’Allemagne, des conflits en Europe, j’ai voulu commencer mes études à l’université de Potsdam en 2002, mais je n’ai pu m’inscrire dans cette matière tout simplement parce qu’elle n’existait pas dans le Land de Brandebourg. En revanche, je pouvais étudier la Politische Bildung [5] tout en faisant un peu d’histoire, de sociologie, d’économie et de politique. Mais comme en Allemagne, les enseignants sont bivalents, voire parfois trivalents, j’ai également suivi des études dans deux autres filières (l’histoire et la langue et littérature françaises). Cet exemple illustre la complexité de la notion d’« Education à la citoyenneté », une fois traduite en allemand.[6]


De plus, le nom de la matière ne varie pas seulement d’un Land à l’autre, il peut aussi changer d’une école à l’autre au sein d’un même Land. Etudions le cas du Land de Bade-Wurtemberg. Au Gymnasium, au niveau du collège, l’éducation à la citoyenneté a principalement lieu dans un regroupement de matières qui s’intitule Geographie-Wirtschaft-Gemeinschaftskunde (GWG). Il s’agit d’un regroupement des matières suivantes : la géographie, l’économie et l’éducation civique. A la Realschule, en revanche, les élèves suivent des cours du regroupement Erdkunde-Wirtschaftskunde-Gemeinschaftskunde (EWG). Il s’agit du même enseignement qu’au Gymnasium, mais les termes changent et pour souligner la difficulté de la traduction, il faut aussi prendre en compte l’enseignement à la Hauptschule et à la Werkrealschule. Dans ces établissements, l’éducation à la citoyenneté se fait surtout dans les matières Welt-Zeit-Gesellschaft (WZG) et Wirtschaft-Arbeit-Gesundheit (WAG). Nous pourrions continuer à étudier les différentes appellations de cette matière, ce qui nous semble peu utile, même si cette multitude de noms pour une seule matière est très significative de la complexité du système scolaire allemand, surnommé « jungle » ou « labyrinthe » de l’éducation.

II. Les bases du système scolaire allemand

 
Le système scolaire allemand est confronté à, et est en même temps le résultat de trois défis: premièrement, il doit respecter le concept de la Bildung, développé au XIXe siècle par le réformateur prussien Wilhelm von Humboldt. Le deuxième défi est le fédéralisme de l’Allemagne, car conformément à la Loi fondamentale, la constitution de la RFA, l’éducation et les affaires culturelles relèvent exclusivement de la compétence des Länder. A cela s’ajoute l’obligation d’un double « plus jamais » face aux expériences totalitaires des Allemands au XXe siècle. Avant de présenter les différents chemins de l’éducation, nous voulons nous pencher sur ces trois défis afin de mieux comprendre l’organisation par la suite.

La notion de Bildung, ce mot intraduisible de l’allemand, est traditionnellement désignée par celui d’« auto-éducation » mais cette expression ne rend pas dans son intégralité la richesse du terme allemand, qui associe l’acquisition du savoir au développement de soi. L’enfant doit grandir et se développer selon son propre rythme et ses compétences individuelles. Cette conception allemande remonte à Wilhelm von Humboldt, ancien ministre de l’Education en Prusse et philosophe libéral qui l’a développée dans une œuvre de jeunesse.[7] Pour Humboldt, la civilisation passe par l’éducation et la Bildung vise le développement interne et harmonieux de l’individu. C’est la raison pour laquelle l’éducation allemande ne met pas l’accent sur la simple acquisition de savoirs, mais sur l’épanouissement de la personnalité de l’enfant. La Bildung vise à former des enfants équilibrés et aptes à vivre en collectivité. Cette idée de base se manifeste dans toutes les étapes scolaires, par exemple dans les rythmes scolaires (cours seulement le matin, gestion libre l’après-midi ; 45 versus 55 minutes de cours en France). Les méthodes d’enseignement sont davantage fondées sur la discussion, sur le développement de l’autonomie intellectuelle et sur l’acquisition de méthodes. L’ambiance au sein des classes et les nombreuses discussions animées qui s’y tiennent peuvent effectivement surprendre le visiteur français.

Le consensus de 45 minutes de cours est un des résultats du travail de la Conférence permanente des ministres de l’Éducation des Länder (Ständige Konferenz der Kultusminister ou Kultusministerkonferenz = KMK), l’union d’auto-coordination des ministres et sénateurs responsables de l’éducation, de la formation scolaire, de la formation dans le supérieur, de la recherche et des affaires culturelles. Comme selon la Loi fondamentale (Das Grundgesetz), l’éducation et les affaires culturelles relèvent exclusivement de la compétence des Länder, cet instrument de coordination garantit un minimum de cohérence des politiques éducatives en adoptant des recommandations qui devront ensuite être transposées dans le corps législatif de chaque Land. La KMK fixe donc les modalités de calendrier, de temps d'enseignement ou s'assure de la reconnaissance des diplômes entre les 16 Länder. En dehors de ce socle commun, chaque Land est libre d’établir ses programmes et ses objectifs pédagogiques. Cela explique pourquoi les matières, les programmes, les manuels scolaires, la formation des professeurs, même la durée de la scolarité, comme nous allons le voir plus loin, varient d’un Land à l’autre.

Mais même si les programmes changent, l’éducation à la citoyenneté passe aujourd’hui dans chaque Land par la confrontation avec le national-socialisme et la dictature en RDA. Leur passé oblige les Allemands, surtout à l’école, à un travail de mémoire qui est marqué par un double « plus jamais ». Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés se sont portés garants d’une « rééducation » et d’une restauration démocratique qui seraient le gage d’un nouveau départ, notamment à l’école. L’UNESCO, soulignant dans le préambule de sa constitution que l’éducation à la paix passe par les esprits (« Que, les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix »)[8], s’engage dans l’Allemagne d’après-guerre pour une éducation à la démocratie par la révision des manuels scolaires. Mais c’est surtout le mouvement de mai 68 et le changement de la société par la suite qui ont eu un impact sur l’enseignement. Depuis, une confrontation avec et un « retravail » du passé national-socialiste (Aufarbeitung der NS-Vergangenheit) est assuré dans tous les établissements scolaires: les élèves traitent le national-socialisme dans plusieurs matières (en cours d’histoire, mais aussi en littérature, biologie), à plusieurs reprises et souvent avec une approche très émotionnelle. En tant que citoyen allemand, il ne faut surtout pas refouler le passé ou rejeter la faute sur quelques responsables nazis, mais il faut assumer l’histoire, comprendre et donc faire de son mieux pour que nous ne revivions plus jamais sous un système totalitaire et méprisant envers les êtres humains. Finalement, chaque génération cherchera sa propre approche pour comprendre l’histoire contradictoire de l’Allemagne au XXe siècle, comme le soulignait l’historien Heinrich August Winkler lors de la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale au Bundestag le 8 mai 2015.[9] Cette « maîtrise du passé », la traduction officielle de la Vergangensheitsbewältigung -on pourrait traduire aussi par "surmonter le passé"-, n’est pas toujours une tâche facile pour tous les enseignants, mais elle est très importante pour la société et l’Etat démocratique (Schäfer 2012). Car l’expérience de la courte République de Weimar (de 1918 à 1933) a montré que la démocratie est une valeur fragile si elle n’est pas soutenue et promue par la société et ses représentants, comme les enseignants et les chercheurs. [10]

Aujourd’hui, le système éducatif allemand repose sur neuf ans de scolarité obligatoire pour tous, c’est-à-dire jusqu’à l’âge de 16 ans. La grande rentrée se passe à l’âge de six ans. Les Schulanfänger débutent leur parcours à la Grundschule, l’école primaire, qui s’étend sur quatre années scolaires, voire cinq ou six selon le Land. Les enseignants ont tous suivi des études supérieures et mettent l’accent sur l’éducation à l’autonomie : des discussions de classe et des travaux en petits groupes ont pour but d’inciter les enfants à développer leur propre opinion, à être critiques et à défendre leur point de vue dans une discussion tout en respectant l’avis de l’autre. Ils accordent ainsi une grande importance à l’éducation à la démocratie, au respect de l’environnement, à la santé, à l’ouverture d’esprit sur le monde, à côté de l’enseignement de la lecture, de l’écriture et du calcul. Après quatre années d’école primaire, les enfants sont orientés vers la filière la plus appropriée pour eux : la Hauptschule, la Realschule, le Gymnasium ou la Gesamtschule. [11] L’Allemagne ne connaît donc pas de collège unique mais une structure à trois branches. Cette organisation en trois filières s’appelle Dreigliedriges System.

La Hauptschule et la Realschule ont pour objectif de préparer les élèves à l’apprentissage professionnel et proposent une formation générale composée de cours théoriques et de nombreux cours pratiques. Le certificat de fin de scolarité est le Hauptschulabschluss, qui leur permet de continuer leurs études en suivant une formation professionnelle ou de commencer à travailler. La Hauptschule est souvent considérée comme une « voie de garage » (Restschule) où se concentrent les élèves appartenant à des milieux défavorisés ou issus de l’immigration. C’est pourquoi il est fortement question de fusionner cette filière avec la Realschule, comme c’est déjà le cas dans quelques nouveaux Länder : elle prendra le nom de fusionierte Oberschule qui offrira aux élèves plus de passerelles entre les différentes filières. La Realschule propose des enseignements plus approfondis qu’à la Hauptschule, tout en restant une formation générale qui doit mener les élèves soit vers les filières du Gymnasium, soit vers des filières de l’enseignement professionnel. L’examen de fin d’études, la Mittlere Reife, permet le passage dans les filières qui conduisent à une formation professionnelle (Berufsfachschule) ou aux Lycées techniques (Fachoberschule). Lorsque les élèves quittent la Hauptschule ou la Realschule (environ 40% d’une tranche d’âge termine la Realschule), les jeunes diplômés s’adressent directement aux entreprises. S’ils parviennent à décrocher une place en formation, les jeunes signent un contrat d’apprentissage avec l’entreprise et sont orientés vers une école professionnelle, la Berufsschule où ils vont suivre un enseignement général et technologique un ou deux jours par semaine. Nous constatons qu’on devient citoyen par le travail en prenant des responsabilités, en gagnant en autonomie et en ayant droit à un salaire avant d’avoir atteint l’âge de la majorité.

Le Gymnasium se décompose en deux cycles (5e à 10e Klasse, 11e à 12 ou 13e Klasse). Il propose ainsi une formation générale de huit ou neuf ans et débouche sur un baccalauréat allemand, l’Abitur. Pourquoi 8 ou 9 ans ? Dans certains Länder comme en Thuringe ou en Saxe, les élèves passaient toujours l’Abitur à l’âge de 18 ans après avoir passé huit ans au Gymnasium, mais dans les autres Länder seulement à l’âge de 19 ans, surtout dans les Länder de l’ouest, où l’enseignement était étalé sur neuf ans d’enseignement. Mais depuis 2008/09, une majorité des Länder a décidé d’écourter la scolarité d’un an : c’est le Gymnasium 8 (= G-8) qui fusionne les enseignements de la 8e et 9e Klasse, car les jeunes Allemands, si on compare avec la concurrence des autres pays, arrivaient trop tard sur le marché du travail. Cependant, quatre ans plus tard, depuis 2013, certains Länder sont revenus sur cette réforme, soit en rétablissant le G-9 soit en laissant cohabiter les deux formules, parfois dans un même établissement, ce qui amène à une turboklasse ou une autoroute pour les doués et une route nationale pour les autres qui souhaitent avoir plus de temps libre pour des activités sportives et musicales, pour la Bildung. Ces réformes et leurs contre-réformes sont des réactions au choc Pisa de 2001.

En décembre 2016, l’étude PISA constate le bon niveau des élèves allemands, mais il y a quinze ans, le « choc PISA » avait traumatisé les pédagogues en Allemagne. Selon la première étude comparative de l’OCDE sur l’éducation, les élèves allemands étaient loin d’occuper la 1ère place. Leur classement fut catastrophique : dans les trois domaines lecture et compréhension de textes, mathématiques et sciences, l’Allemagne se trouvait entre la 21e et 25e place. L’étude pointait également d’autres faiblesses du système allemand, comme une sélection trop sévère et précoce des élèves et l’inégalité des chances. Rien de tel en 2016. Les Länder ont revu leur copie. Après une décennie de réformes, les jeunes Allemands ont beaucoup progressé. La dernière publication de l’étude PISA en décembre 2016 révèle qu’ils se maintiennent au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. Dans les trois disciplines évaluées (les mathématiques, les sciences naturelles, ainsi que la lecture et la compréhension de textes), les Allemands restent bien installés dans la bonne moyenne du classement. En lecture, ils ont réussi à atteindre la 12e place, leur meilleure note depuis le début des évaluations. « On observe une stabilisation à un haut niveau, ce dont nous pouvons être fiers », a commenté Claudia Bogedan, présidente de la KMK. L’objectif reste néanmoins « de continuer à progresser pour rejoindre les meilleurs ». Les experts en ont néanmoins conscience : par sa méthodologie même, l’étude PISA offre une analyse pertinente, mais elle ne peut pas refléter l’ensemble du système scolaire, ni les performances de chaque école. Une certaine sérénité s’est donc installée, [12] d’autant plus que l’évaluation de PISA ne teste que les compétences concrètes et ne prend pas en compte la notion de Bildung. [13] Le recul de l’enseignement de l’histoire et de la science politique à l’avantage des matières « dures » comme les sciences est également une conséquence due au choc-Pisa. D’après une étude de l’année 2012, seuls 40 % des élèves connaissent la différence entre une dictature et une démocratie.[14] Un résultat très inquiétant dans une Europe où le mouvement populiste gagne du terrain d’un côté et où d’un autre côté, on observe des vagues de réfugiés fuyant des Etats en situation de guerre civile. Certes, le lien entre origine sociale et réussite scolaire tend actuellement à se réduire, car le système est devenu moins inégalitaire en renforçant le soutien apporté aux enfants socialement défavorisés, notamment issus de l’immigration, par exemple en développant et élargissant le soutien linguistique, avec des cours de Deutsch als Zweitsprache (allemand comme deuxième langue). Cependant, l’égalité demeure le problème central du système scolaire allemand et l’intégration des enfants réfugiés représente un grand défi pour les Länder.
 

III. L'Education à la citoyenneté dans le Bade-Wurtemberg



Nous avons mentionné le fait que l’éducation à la citoyenneté concerne aussi le niveau régional des Länder et dépend de l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. C’est pourquoi nous présenterons maintenant le système scolaire du Land de Bade-Wurtemberg, le Land du sud-ouest de l’Allemagne avec lequel la région Rhône-Alpes entretient un partenariat. Dans ce Land fortement peuplé, le réseau d’établissements d'enseignement scolaire est très diversifié. Comme tous les Länder régis par un gouvernement chrétien-démocrate, le Bade-Wurtemberg donne la préférence à un système scolaire à trois, voire quatre branches laissant peu de place aux Gesamtschulen (écoles regroupant les trois branches dans un seul établissement). Le Land a également créé un autre type d’école: la Gemeinschaftsschule qui propose l’Abitur en neuf ans à côté du Gymnasium. Néanmoins, 40 % des élèves d’une tranche d’âge fréquentent directement le Gymnasium après l’école primaire. De plus, en réaction aux résultats de la première étude PISA, le Bade-Wurtemberg a profondément remanié les programmes pour les différentes formes d'école et leurs matières. Il s'agit désormais de transmettre aux élèves moins de savoir concernant des faits précis, mais davantage de culture générale ainsi que de compétences sociales, ce qui est fixé dans des Bildungspläne pour la première fois en 2004 puis en 2016.[15] Nous allons maintenant étudier la place consacrée à l’Education à la Citoyenneté dans ces nouveaux programmes entrés en vigueur à la rentrée scolaire 2016/17 dans le Bade-Wurtemberg.

Mais dans un premier temps, il faut souligner que la constitution du Land, dont le Bade-Wurtemberg s’est doté après la fusion des anciens Länder d'après-guerre de Bade, de Wurtemberg-Bade, et de Wurtemberg-Hohenzollern, donne des indications très précises sur l’éducation de ses citoyens. Ainsi, l’article 12 de la constitution demande à l’école de transmettre une multitude de valeurs chrétiennes et républicaines aux élèves, mentionnées dans l’ordre cité : le respect envers Dieu, l’amour du prochain, la fraternité entre tous les humains, l’amour pour la paix, l'amour pour le peuple et la Heimat, la responsabilité morale et politique, et la conviction libérale et démocratique.[16] Il semble donc quant au Bade-Wurtemberg, qu’un bon citoyen est avant tout un bon chrétien. Cette forte orientation se comprend par le contexte historique, car la constitution date de la période d’après-guerre pendant laquelle la RFA (et le Land de Bade-Wurtemberg) était gouvernée par l’Union chrétienne-démocrate (Christlich Demokratische Union = CDU), un parti conservateur et libéral, avec à sa tête le chancelier Konrad Adenauer, catholique pratiquant et figure emblématique de la renaissance démocratique de l’Allemagne occidentale. Plus loin, la constitution définit l’objectif de l’éducation à la citoyenneté dans l’article 21. Les jeunes doivent devenir des citoyens libres qui éprouvent du plaisir à prendre des responsabilités. A ces fins, la matière de l’éducation civique est enseignée dans tous les établissements scolaires.[17] Par cet article, l’éducation civique est donc la seule matière garantie par la loi. Tous les élèves doivent assister aux cours afin d’acquérir des compétences permettant une participation active à la vie politique, civique et économique.[18] Dans les programmes actuels de Gemeinschaftskunde, les valeurs chrétiennes ont été remplacées par la tolérance et le dialogue entre les religions.[19] Selon les programmes de 2016, les élèves doivent apprendre à analyser des processus et des prises de décisions, à les juger selon des critères concrets et en partant de cela, à apprendre à agir d’une manière réfléchie dans le domaine politique. C’est ainsi qu’ils deviennent des citoyens responsables (Bildungsplan 2016 : 3-5). Au Gymnasium, les élèves suivent des cours d’éducation civique selon les principes didactiques suivants: le travail se fait sur des exemples concrets de l’actualité en partant du vécu des élèves. En étudiant des cas, les élèves sont confrontés avec des intérêts et points de vue divers, ainsi que des avis scientifiques qui aident à former une compréhension et une tolérance de différentes opinions (id. p. 9). Au fil des années, les élèves doivent acquérir des compétences en analysant trois perspectives :
  1. La perspective individuelle ;
  2. La perspective publique des différents acteurs dans une société ;
  3. La perspective du système selon les modèles et théories des sciences sociales. (id. p.6)
Dans le cadre de l’enseignement de la Gemeinschaftskunde, les élèves de 8e, 9e et 10e Klasse du Gymnasium traitent les sujets suivants qui figuraient déjà dans les Bildungspläne de 2004:
- famille et société
- la migration vers l’Allemagne
- les enjeux de l’Etat social
- les jeunes et le droit
- les droits fondamentaux
- participation à l’école
- politique dans la commune
- les institutions politiques (possibilités de participation, les processus de législation)
- démocratie et contrôle de pouvoir en RFA
- la politique internationale : les droits de l’homme et la paix
- l’Union européenne

Au niveau du Lycée, les élèves ont le choix entre 2 heures (à 45 minutes) par semaine ou en enseignement renforcé de 4 heures par semaine pour la matière Gemeinschaftskunde, en alternance avec la géographie (par semestre).[20] Dans les deux cas, ils étudient à nouveaux les sujets déjà vus, mais d’une manière plus approfondie. De plus, le programme prévoit un travail sur les relations internationales (les institutions internationales, les affaires étrangères de la RFA), et pour l’enseignement renforcé également sur l’économie.

Comme mentionné au début, en dehors du Gymnasium, l’éducation civique fait partie du regroupement des matières géographie, économie et éducation civique et est enseignée durant quatre ans avec pour objectif l’élaboration de connaissances de bases pour une compétence d’action dans un contexte politique. En ce qui concerne les principes et les enjeux de cet enseignement, le Bildungsplan pour le secondaire reprend les formulations du Bildungsplan pour le Gymnasium. En revanche, nous constatons des différences au niveau des formulations des contenus dans les catégories société (vivre en groupe, vivre dans le monde des médias, famille et société et migration vers l’Allemagne, les enjeux de l’Etat social), droit (les droits des enfants, les jeunes et le droit et enfin les droits fondamentaux), le système politique (participation à l’école, politique dans la commune, les institutions politiques (possibilités de participation, les processus de législation), relations internationales (paix et droits de l’homme et l’Union européenne). Cela laisse supposer que l’éducation à la citoyenneté ne varie pas forcément autant d’un type d’établissement à l’autre, mais c’est avant tout la mise en pratique et le temps consacré aux sujets qui varient. Les Bildungspläne laissent finalement beaucoup de place à la liberté pédagogique des enseignants.

Conclusion

Après avoir vu la polysémie de la notion de la citoyenneté, étudié le système scolaire allemand et analysé les programmes du Land de Bade-Wurtemberg, nous pouvons conclure qu’il n’y a pas un chemin qui mène les jeunes Allemands à la citoyenneté, mais une multitude de possibilités d’éducation à la citoyenneté. En Allemagne, l’éducation est marquée par la diversité et est réalisée à travers des discussions et des débats en cours ainsi que dans la société. D’ailleurs, la négociation joue aussi un grand rôle dans les entreprises allemandes. L’employé discute avec son patron comme l’élève avec son professeur. Cette mentalité de négociation s’apprend à l’école, tout comme l’autogestion. Le rapport professeur-élève et le rôle des parents dans l’organisation de la vie scolaire se distinguent clairement de la situation française. D’autres paramètres qui influencent les futurs citoyens n’ont pas pu être traités dans le cadre de cette étude. Nous pensons par exemple au rôle de l’Eglise voire des religions dans les établissements scolaires d’un pays qui ne connaît pas le concept de laïcité.


[1] Il s’agit d’un enseignement des disciplines d'éveil, dans certains Länder aussi Heimat- und Sachkundeunterricht.

[2] La Fraction armée rouge (allemand : Rote Armee Fraktion ; également connue sous le sigle RAF) est une organisation terroriste allemande d'extrême gauche qui opéra en Allemagne de l'Ouest de 1968 à 1998 et contribua au climat de violence sociale et politique de ce que l'on a appelé les « années de plomb ». Le groupe, également surnommé bande à Baader ou groupe Baader-Meinhof, du nom de ses leaders historiques, est responsable de la mort d’une trentaine de personnes entre 1971 et 1991.

[3] Wehling 1977 :  173-184.

[4] https://www.lpb-bw.de/beutelsbacher-konsens.html (04/03/2017)

[5] Le Dictionnaire Pons en ligne propose la traduction « formation à la citoyenneté » qui supprime la notion « politique » qui nous semble pourtant importante.

[6] Une liste des noms selon les Länder est disponible sous l’URL : http://www.bpb.de/gesellschaft/kultur/politische-bildung/193595/bildungsaufgabe-und-schulfach?p=all (04/03/2017).

[7] „Der wahre Zweck des Menschen […] ist die höchste und proportionierlichste Bildung seiner Kräfte zu einem Ganzen. Zu dieser Bildung ist Freiheit die erste, und unerlässliche Bedingung.“ Humboldt 1792 : 22.

[8] Convention créant une Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, adoptée à Londres le 16 novembre 1945, cité d’après : Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture 2014 : 5.

[9] „Abgeschlossen ist die deutsche Auseinandersetzung mit der eigenen Vergangenheit nicht, und sie wird es auch niemals sein. Jede Generation wird ihren Zugang zum Verständnis einer so widerspruchsvollen Geschichte wie der deutschen suchen. Es gibt vieles Gelungene in dieser Geschichte, nicht zuletzt in der Zeit nach 1945, über das sich die Bürgerinnen und Bürger der Bundesrepublik Deutschland freuen und worauf sie stolz sein können. Aber die Aneignung dieser Geschichte muss auch die Bereitschaft einschließen, sich den dunklen Seiten der Vergangenheit zu stellen. Niemand erwartet von den Nachgeborenen, dass sie sich schuldig fühlen angesichts von Taten, die lange vor ihrer Geburt von Deutschen im Namen Deutschlands begangen wurden. Zur Verantwortung für das eigene Land gehört aber immer auch der Wille, sich der Geschichte dieses Landes im Ganzen bewusst zu werden. […] » Discours de Heinrich August Winkler lors de la commémoration du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 8 mai 2015, disponible sous l’URL : https://www.bundestag.de/dokumente/textarchiv/2015/kw19_gedenkstunde_wkii_rede_winkler/373858.

[10] Des institutions très engagées dans ce « retravail » de mémoire et dans la lutte contre le mouvement de l’extrême droite sont les Länderzentralen für politische Bildung et la  Bundeszentrale für politische Bildung  (= Les centres des Länder pour l’éducation politique et le Centre fédéral pour l'éducation politique). Ces acteurs parascolaires jouent aussi un rôle très important pour l’éducation à la citoyenneté en Allemagne en menant un travail d’information varié: l’organisation de manifestations, la publication de livres sur l’histoire, la politique et la société, mais aussi la mise à disposition de matériel gratuit pour l’enseignement à l’école primaire et secondaire sur leurs sites. Une liste des seize centres en RFA est disponible sous l’URL www.bpb.de.

[11] La Gesamtschule est devenue dans plusieurs Länder une alternative au système tripartite traditionnel. La différence majeure avec le système scolaire traditionnel est que la Gesamtschule rend possible l'obtention des différents diplômes de fin d'études dans une seule et même école et s’oppose à une sélection des élèves à l’âge de 10 ans, car jugée trop précoce.

[12] Voir: A.L.: L’étude PISA constate le bon niveau des élèves allemands, CIDAL du 7 /12/2016, URL: http://www.allemagne.diplo.de/Vertretung/frankreich/fr/__pr/nq/2016-12/2016-12-07-etude-pisa-pm.html (08/12/2016).

[13] „Was bringt die Vermessung der Schule?“, Spiegelonline du 5/12/2016, URL: http://www.spiegel.de/lebenundlernen/schule/pisa-studie-2016-ueber-sinn-und-unsinn-der-schuelertests-a-1122998.html (08/12/2016).

[14] Cité d’après: http://www.br.de/br-fernsehen/sendungen/kontrovers/geschichte-unterricht-bildung-schule-100.html (02/01/2017).

[15] Des informations en français sur les réformes après la première étude de PISA sont disponibles sous le lien suivant : http://www.deuframat.de/fr/relations-culturelles/medias-et-communication/etude-comparee-des-structures-culturelles-du-bade-wurtemberg-et-de-la-region-rhone-alpes/lenseignement-en-bade-wurtemberg.html (03/01/2017).

[16] „Die Jugend ist in Ehrfurcht vor Gott, im Geiste der christlichen Nächstenliebe, zur Brüderlichkeit aller Menschen und zur Friedensliebe, in der Liebe zu Volk und Heimat, zu sittlicher und politischer Verantwortlichkeit, zu beruflicher und sozialer Bewährung und zu freiheitlicher demokratischer Gesinnung zu erziehen“. La Constitution du Land du 11 novembre 1953, Art. 12, cité d’après l’URL : http://www.verfassungen.de/de/bw/bw53.htm (03/01/2017).

[17] „(1) Die Jugend ist in den Schulen zu freien und verantwortungsfreudigen Bürgern zu erziehen und an der Gestaltung des Schullebens zu beteiligen. (2) In allen Schulen ist Gemeinschaftskunde ordentliches Lehrfach.“ ibd. Article 21.

[18] Voir Bildungsplan 2004. Allgemeinbildendes Gymnasium, edt. par Ministerium für Kultus, Jugend und Sport Baden Württemberg, le chapitre „Bildungsstandards für Gemeinschaftskunde im Rahmen des Fächerverbundes Geographie – Wirtschaft – Gemeinschaftskunde Gymnasium – Klassen 8, 10, Kursstufe“, p. 258-266.

[19]Aufgrund der zunehmenden Individualisierung und Pluralisierung werden die Auseinandersetzung mit gesellschaftlicher Vielfalt, der Umgang mit Minderheiten und die Förderung des interkulturellen und interreligiösen Dialogs immer bedeutsamer. Die Achtung der Menschenwürde, die Ausbildung von Toleranz und der Abbau von Vorurteilen haben im Fach Gemeinschaftskunde deshalb eine besondere Bedeutung.“ Bildungsplan 2016. Ministerium für Kultus, Jugend und Sport Baden Württemberg 2016 : 4; disponible sous l‘URL: http://www.bildungsplaene-bw.de/site/bildungsplan/get/documents/lsbw/export-pdf/depot-pdf/ALLG/BP2016BW_ALLG_GYM_GK.pdf (03/01/2017)

[20] Les deux matières perdent de l’importance vis-à-vis d’une nouvelle matière obligatoire, l’économie. Voir Schmidbauer / Timmler 2015.
 

Références bibliographiques

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Textes fondamentaux. Paris. Disponible sous l’URL : http://unesdoc.unesco.org/images/0022/002269/226924f.pdf#page=6

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Pour aller plus loin

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Droit, Emmanuel (2009) : Vers un homme nouveau? L’éducation socialiste en RDA (1949-1989). Rennes.

Durant, Béatrice (2002) : Cousins par alliance – Les Allemands en notre miroir. Paris.

Eisenhart, Walter (2014) : Historische und politische Bildung. Geschichts- und Politikunterricht als Gegenstand der Bildungspolitik in Bayern und Nordrhein-Westfalen – ein empirischer Bildungsvergleich. Schwalbach/Ts.

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Sites des institutions citées :
Mobiklasse.de http://mobiklasse.de/
Deutscher Akademischer Austauschdienst: www.paris.daad.de
Bundeszentrale für politische Bildung : www.bpb.de
Ständige Konferenz der Kultusminister: https://www.kmk.org
 

Pour citer ces ressources :

Franziska Flucke. 05/2017. "Les chemins de l'éducation à la citoyenneté".
La Clé des Langues (Lyon: ENS LYON/DGESCO). ISSN 2107-7029. Mis à jour le 12 juillet 2017.
Consulté le 20 novembre 2017.
Url : http://cle.ens-lyon.fr/ling-et-didactique/les-chemins-de-l-education-a-la-citoyennete-344094.kjsp

 
 
Mise à jour le 12 juillet 2017
Créé le 25 mai 2017
ISSN 2107-7029
DGESCO Clé des Langues