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Deuxième journée : Dante Alighieri et le XIVe siècle dans les études médiévales en France



Vidéos de la deuxième journée d'étude sur Dante Alighieri et le XIVe siècle dans les études médiévales en France, organisée à l'Université Jean Moulin-Lyon3 par Cécile Le Lay (Lyon3, Ciham UMR 5648) le 5 juin 2014
 





















 
 

 





Dante dans la culture du XIV e siècle : enjeux et réception

  • « "O poca nostra nobilità di sangue" : Dante, sa Comédie, ses noblesses », Guido Castelnuovo, Université d'Avignon, UMR 5648-CIHAM
    Comment, pourquoi, où et quand Dante a-t-il parlé de la noblesse ? Multiforme et éclectique, l’œuvre dantesque permet une réflexion à 360 degrés sur l’état et les enjeux de la problématique nobiliaire dans l’Italie communale à l’aube du XIVe siècle et bien plus encore. Poésie et théologie, ars dictandi et disputes universitaires, latin et langue vernaculaire, vers et prose, philosophie et politique, conseils juridiques et idéologie courtoise, auctoritates antiques et références contemporaines, communes populaires, cités princières et seigneuries rurales : tous les lexiques et les protagonistes de la question nobiliaire se retrouvent sous sa plume, la seule qui soit alors en mesure de traiter – tour à tour, en parallèle, de concert – la noblesse philosophique et les nobles héritiers, la noblesse spirituelle et les nobles chevaliers, la noblesse seigneuriale et les nobles vertueux. Qui plus est, ces profils nobiliaires sont ancrés dans un environnement géopolitique bien défini, celui d’une très concrète Italie des cités entre la dernière décennie du Duecento et les environs de 1320.
     

 



Le sujet que cette communication aborde concerne d’une façon assez large la stratégie de communication dans l’œuvre de Dante après son exil. Cette stratégie étant évolutive tant du point de vue de l’auteur que du lectorat, Sabrina Ferrara a préféré suivre pour l’analyse la succession chronologique des textes, témoins de cette évolution. L’œuvre majeure du poète florentin, la Comédie, reste en partie en dehors du plan chronologique car, s’étalant pendant tout l’espace temporel de l’exil, elle demeure la somme de la pensée de son auteur. L'analyse s’est orientée autant, sinon davantage, en direction du lecteur que de l’auteur, élément déterminant de toute lecture possible.

Profondément meurtri par l’exil, pour le transcender ontologiquement et socialement, Dante manœuvre sa parole de sorte qu’elle devienne une glose par elle–même et qu’elle oriente la lecture de son œuvre. Le lecteur perd ainsi son autonomie d’interprétation pour suivre une direction herméneutique qui tient compte des desseins optatifs de l’auteur. Une construction de soi, intentionnelle et réfléchie, tant sur le plan existentiel que sur le plan littéraire ou professionnel, organise la parole du poète dans une antinomie volontaire par rapport à sa figure d’exilé déprécié. Le lecteur est alors amené à suivre cette nouvelle construction et à en être le témoin, passif comme lecteur, mais actif comme facteur de transmission du message.


Il s’agit d’analyser les différentes formes de présence de Dante dans les écrits de Salutati (surtout dans les écrits de la fin de sa vie 1378-1406) et dans les écrits de son disciple Leonardo Bruni (surtout au début de sa carrière, dans les premières années du XVe siècle). On essaie de voir quelle est la place de la lecture de Dante dans leur redéfinition de l’éthique républicaine, à une époque de profonde transformation du gouvernement florentin, qui évolue vers une forme oligarchique. Il s’agit de vérifier quel est le Dante qui apparaît, et d’évaluer les différences de perception entre un homme du XIVe siècle (Salutati) et un homme né au XIVe siècle mais qui appartient à une autre période de l’histoire de la culture florentine, celle de l’humanisme triomphant du XVe (Bruni).


Après une présentation générale de la tradition d’illustration de la Divine Comédie telle qu’elle s’établit puis se développe dans l’enluminure italienne du Trecento, il s’agira de se pencher plus spécifiquement sur un cycle de l’Enfer, à savoir celui du manuscrit Egerton 943 (Londres, British Museum), datant de 1325-1350 environ. Au sein des nombreuses illustrations des chants qui composent la première cantica, on s’attardera en particulier sur deux enluminures, celle de la rencontre avec les luxurieux emportés par l’ouragan infernal (fol. 10v) et celle avec les traîtres pris dans la glace, Bocca degli Abbati au premier chef (fol. 58r). Ces deux rencontres adviennent juste avant deux autres rencontres encore plus célèbres, respectivement Paolo et Francesca au chant V et Ugolino au chant XXXII, et leur étude permettra de s’interroger sur les choix opérés par l’enlumineur, pour illustrer des chants qui contiennent toujours bien plus qu’un seul épisode, mais dont la traduction figurative implique, si ce n’est une censure ou des oublis, du moins une sélection, forcément partiale vis-à-vis du texte dantesque.

 

Nouveaux regards sur l'œuvre poétique de Dante


  • « La pétrification et la descente en Enfer », Christophe Libaude, Docteur de l'Université Lyon 3
La question de la pétrification chez Dante est abordée en partant du vers « fatto di pietra e, impetrato, tinto » (Purg XXXIII, 74). Après avoir discuté de la difficulté de ce vers, qu’on ne peut réduire à un reproche concernant l’“obscurcissement” de l’esprit du poète, on revient sur l’opposition classique entre Méduse / Petra et Béatrice (et donc sur le lien entre les “Petrose” et le chant IX de l’Enfer). On cherche à montrer que la pétrification ne doit pas être considérée simplement comme une “erreur” de Dante, mais comme un stade essentiel dans le parcours qui mène au centre de l’Enfer puis jusqu'à Béatrice.

 

  • « Poésie du repentir et repentir de la poésie dans le Purgatoire », Massimo Lucarelli, Université de Savoie, EA 3306-LLS
  • [Vidéo non disponible]

Dans l’étape intermédiaire de son voyage, le héros de la Comédie parcourt un itinéraire de pénitence qui se dessine de deux manières complémentaires : d’une part, il grimpe la montagne du purgatoire en participant ou en assistant à des rites d’expiation qui atteignent leur point culminant dans sa confession avec Béatrice ; d’autre part, il revient d’une façon autocritique, voire palinodique, sur quelques étapes de sa précédente production poétique pour mieux s’en éloigner. Massimo Lucarelli propose donc une lecture du Purgatoire en misant sur les liens complexes entre poésie, repentir et réécriture chez Dante.


  • « Béatrice et Marie : de la Vie nouvelle à la Comédie », Cécile Le Lay, Université Lyon 3, UMR 5648-CIHAM

De nombreux passages de la Vie nouvelle de Dante Alighieri montrent l’influence du modèle marial sur la description de sa bien-aimée. Sans pour autant assimiler le libello à une Legenda sancte Beatricis qui, dans le sillage de celle de sainte Claire, proposerait une nouvelle figure de Marie à la dévotion des « fidèles » (comme une partie de la critique l’a suggéré autrefois), ni chercher seulement à contrebalancer le modèle christique qui s’est imposé pour Béatrice depuis les recherches de Charles S. Singleton (portant à la fois sur l’œuvre de jeunesse et la Comédie), il nous semble intéressant de reprendre et de comparer certaines allusions mariales significatives qui sont proposées au début, au cœur et à la fin des deux récits, pour mieux comprendre les fonctions respectives attribuées aux deux femmes qui ont guidé le parcours du protagoniste (sachant que la troisième, Lucie, n’intervient pas dans le libello).



 

  • Conclusions, Cécile Le Lay, Université Lyon 3, UMR 5648-CIHAM
 
 
Mise à jour le 25 février 2015
Créé le 23 septembre 2014
ISSN 2107-7029
DGESCO Clé des Langues