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"De la crise de violence mafieuse à l’éveil des consciences : la construction médiatique d’une mémoire civile", Charlotte Moge (2e partie)

Par Charlotte Moge : Agrégée d'italien, doctorante
Publié par Alison Carton-Vincent le 17/12/2014


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Charlotte Moge, doctorante et agrégée d'italien

 

Entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, alors qu’une guerre intestine fait rage pour redéfinir les équilibres internes (on compte près de 1000 victimes en 5 ans), Cosa Nostra déclare également la guerre à l’État en s’attaquant à des figures essentielles de l’antimafia : policiers, juges, hommes politiques... On parle alors d’« homicides excellents » pour qualifier les assassinats de personnalités importantes. En 1982, la crise de violence mafieuse atteint son paroxysme. Pio La Torre, dirigeant du PCI sicilien, député et ancien membre de la commission parlementaire d’enquête sur le phénomène mafieux, est assassiné à Palerme le 30 avril 1982 avec son chauffeur Rosario Di Salvo. Le 3 septembre, le général Carlo Alberto Dalla Chiesa, ancien chef de la lutte contre le terrorisme de 1974 à 1981, alors préfet de Palerme, est tué ainsi que sa jeune épouse Emanuela Setti Carraro et leur agent d'escorte Domenico Russo. Les quelques mois qui séparent ces deux homicides incarnent le pic de cette crise de violence mafieuse et entraînent, pour la première fois, une réaction significative de l’État italien. Charlotte Moge propose d'étudier dans cet article le rôle de la presse locale et nationale dans le traitement de ces événements, entre avril et septembre 1982.

 


Lire la 1e partie de l'article
 

 


Les stratégies journalistiques mises en place pour matérialiser la violence et encourager une prise de conscience civile

Le récit : une dématérialisation de la violence ?

Nous avons souvent l'habitude de penser que la mise par écrit d'une scène violente en atténue l'impact. Par exemple, la lecture d'un thriller angoissant effraie moins que la vision du film, dans la mesure où le lecteur doit visualiser la scène écrite : il doit donc avoir recours à l'imagination, ce qui dématérialise la violence et en amoindrit l'impact émotif par rapport à une vision directe. Or, dans une optique de dénonciation écrite des crimes mafieux, quelles stratégies langagières utilisent donc les journalistes pour rendre la violence de l’exécution ?

Un extrait du Giornale d'Italia du 4 septembre 1982 est particulièrement emblématique de l’actualisation, cette tendance de la presse à reconstruire le déroulement des faits. Le but d’une telle narration est de ne rien perdre à l'écrit de la violence de la scène :

« Madame Emanuela Setti Carraro a tenté une manœuvre désespérée pour se soustraire au feu du commando : elle a accéléré, en se déplaçant sur la droite. Les assassins n'ont laissé aucune chance au préfet et à sa femme : c'est elle qui est tombée la première, le visage littéralement dévasté par les balles mortelles du fusil mitrailleur. Le préfet a été massacré. La police scientifique n'a pas réussi à déterminer avec exactitude combien de coups il a reçu. Carlo Alberto Dalla Chiesa est mort en tenant presque sa femme dans ses bras : peut-être est-ce là le geste désespéré d'un homme qui tente de protéger sa femme. »[1]
Nous pouvons noter la profusion d'adjectifs (« dévasté », « mortelles », « massacré », « désespéré »), parfois renforcés par des adverbes (« littéralement ») qui introduisent les détails morbides du récit (« le visage littéralement dévasté par les balles mortelles du fusil mitrailleur »). Ce sont ici les adjectifs qui donnent le ton du récit et renforcent l’horreur. Les adjectifs sont un des vecteurs de la subjectivité du locuteur, ce qui signifie qu'ils retranscrivent l'opinion de l'auteur et qu'ils démontrent son intention de matérialiser la violence de la scène. L'impact de cette description sur le lecteur est donc très fort : l'abondance des adjectifs rend l'horreur de l'assassinat, qui est elle-même largement renforcée par l'utilisation des photographies.

La puissance de l'image : la matérialisation de la violence
On constate que presque tous les quotidiens italiens ont placé à la une les photos des homicides excellents, sur lesquelles on voit clairement les cadavres des victimes. Ces photos immortalisent la violence des guet-apens mafieux : Pio La Torre a la tête sur la cuisse de Rosario Di Salvo et sa jambe droite pend à travers la fenêtre de la voiture, côté passager ; Carlo Alberto Dalla Chiesa est mitraillé (sans mauvais jeu de mots) sous tous les angles : nous avons d’une part un premier plan sur les cadavres[2], puis une photo prise de derrière la voiture nous montre la main d'Emanuela Setti Carraro dans l'entrebâillement de la portière et enfin, une vue latérale d'ensemble de la voiture et des corps.

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Fig. 9 : Giornale di Sicilia, 1er mai 1982, p. 1.

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Fig. 10 : L’Ora, 4 septembre 1982, p. 1.

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Fig. 11 : L’Unità, 4 septembre 1982, p. 1.

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Fig. 12 : Giornale di Sicilia, 4 septembre 1982, p. 2.

Seul Il Popolo, organe de la DC, ne fait pas ce choix journalistique. Cela confirme l'impression qui émane des articles, à savoir que la rédaction tente de minimiser les faits criminels qui se passent en Sicile. Nous pouvons supposer que la publication des photographies en une vise à provoquer un électrochoc de la population. Les journalistes veulent contribuer à l'effondrement de toute légende anthropologique et culturelle selon laquelle la mafia serait une honorable société. Afin de contrer cette image culturelle qui a la peau dure, la presse – exception faite du quotidien démocrate-chrétien – fait le choix de la dénonciation sans détours de la nature criminelle de la mafia.

L'Ora va même plus loin puisque pendant tout l'été 1982, alors que la guerre des clans fait rage, le journal publie les photos des cadavres des mafieux assassinés. Cependant, comme pour éviter que le lecteur s'habitue à ces faits de sang, le journal entreprend également un décompte des victimes. Giuseppe Di Piazza, chroniqueur à L'Ora dans les années 1980, décrit ce choix de la rédaction :

« L'Ora commença à indiquer les homicides avec un numéro progressif : 91°, 92° et après le numéro on mettait des points de suspension. […] On mettait toujours des points de suspension après, comme pour quelque chose qui ne finit jamais. Quand on arriva à 100, le journal parut avec, en une, un numéro un et les deux zéros étaient représentés par les trous d'un fusil. »[3]

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Fig. 13 : L’Ora, 17 août 1982, p. 1.

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Fig. 14 : L’Ora, 26 août 1982, p. 1.


Cette une a marqué les chroniqueurs du journal comme Attilio Bolzoni[4] qui, dans un récent documentaire consacré aux assassinats de La Torre, Dalla Chiesa, Falcone et Borsellino, rappelle que ce décompte était à la fois le signe d’un désarroi face à une violence quasi quotidienne, mais aussi le choix d’une prise de position forte pour interpeler le lecteur et dénoncer l’ampleur du massacre. Ainsi, L'Ora a pris le parti de médiatiser la violence de manière brutale et presque choquante, afin que la profusion d'images ne produise pas l'effet inverse de celui escompté. Le décompte vise donc à renforcer la matérialisation de la violence déjà obtenue par la publication des photographies de cadavres.

La violence d'une condamnation unanime
Par le choix d'une médiatisation crue et violente, la presse semble vouloir secouer l’opinion publique italienne afin que celle-ci prenne conscience que la mafia est un problème national. Non seulement elle véhicule l'horreur de la situation, mais elle donne également un écho très important à la condamnation sans appel de toute la classe politique émise par le Cardinal Pappalardo lors de l'enterrement de Dalla Chiesa.

« On peut appliquer une célèbre phrase de la littérature latine […] : ′Dum Romae consulitur… Saguntum expugnantur′ alors qu’à Rome, on discute de ce qu’il faut faire, l’ennemi s’empare de la ville de Sagunto ! Et cette fois il ne s’agit pas de Sagunto mais de Palerme. Pauvre Palerme ! »[5]

Tandis que, dans la plupart des quotidiens locaux et nationaux, l’homélie du cardinal fait les gros titres (le Giornale di Sicilia reprend la citation en une[6] et L’Unità insiste sur la condamnation de la classe politique prononcée par Pappalardo et interprète l’assassinat du préfet comme une « menace directe à la République »), seul Il Popolo – pourtant d'habitude très enclin à rapporter les discours des autorités religieuses – fait abstraction du prêche de Pappalardo. En effet, au lendemain des funérailles, le quotidien démocrate-chrétien titre en une « L’Italie honore Dalla Chiesa. L’État relève le défi » et met l’accent (en page 3) sur « l’adieu émouvant au général », éludant complètement les heurts entre une partie de la société et le monde politique après la cérémonie.

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Fig. 15 : Giornale di Sicilia, 5 septembre 1982, p. 1

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Fig. 16 : L’Unità, 5 septembre 1982, p. 1.

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Fig. 17 : Il Popolo, 5 septembre 1982, p. 1.


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Fig. 18 : Il Popolo, 5 septembre 1982, p. 3.


Cela dénote une fois de plus la volonté du journal et de la DC de ne pas donner une importance majeure aux événements siciliens. Le sermon de Pappalardo avait été très applaudi parce qu'il dénonçait l’inertie de la classe politique. La presse fait de même, elle pointe les responsabilités du monde politique et insère les meurtres excellents dans une analyse générale du contexte criminel de l'époque. Par ses prises de positions, la presse semble donner voix aux « Palermitains honnêtes »[7], soit à cette partie de l’opinion publique qui commence à s’opposer à la mafia. Face à l’immobilisme et à la langue de bois des gouvernants, la figure du cardinal Pappalardo est une autorité morale qui exprime le ressentiment d’une partie de la population et la presse – à l’exception du Popolo – va amplifier l’écho de sa dénonciation de la violence mafieuse et de l’inertie du pouvoir politique, devenant ainsi un acteur de premier plan qui favorise l’éveil des consciences.

Afin de comprendre comment la presse acquiert ce statut particulier, il nous faut revenir sur la dernière interview accordée par le général Dalla Chiesa. Lorsque celui-ci veut dénoncer la situation dans laquelle il se trouve, c'est à la presse qu'il fait appel et cette décision est hautement symbolique. Quand il dirigeait la lutte contre le terrorisme il était très avare de déclarations. À Palerme, les choses changent car, face à l’hostilité du pouvoir local, Dalla Chiesa a besoin de la presse pour mener à bien sa stratégie de démystification de la mafia et considère vraisemblablement qu'elle peut être le trait d'union entre l'opinion publique et l'antimafia institutionnelle. Ainsi légitimée par le fait d'avoir été l'interlocuteur privilégié du préfet[8], la presse a une aura particulière qui lui permet d’avoir un rôle actif dans la construction d’une conscience antimafia civile. À travers la médiatisation de la violence mafieuse et la forte prise de position contre le pouvoir politique suite aux meurtres excellents, la presse semble encourager et accompagner la mobilisation d’une partie de l’opinion contre la mafia.

Toutefois, il faut se garder de généralisations excessives. Bien que très mobilisés au moment des assassinats, dans les quotidiens nationaux, les crimes mafieux cèdent vite la place à d’autres sujets : c’est donc la presse régionale qui mène le combat militant. Tandis que la nouvelle ligne éditoriale au Giornale di Sicilia relègue la violence mafieuse au rang des faits divers, L’Ora médiatise les différentes initiatives antimafia qui émanent de la société et du monde associatif. Son engagement est tel que le journal redevient la cible de menaces, dénoncées en une le 17 octobre 1982 : « Alors que la grande manifestation des 100 mille se déroule à Palerme LA MAFIA NOUS MENACE DE MORT[9] ».

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Fig. 19 : L’Ora, 17 octobre 1982, p. 1.

Le gros titre occupe toute la une et est écrit à l’encre rouge, ce qui rappelle la une du 4 septembre 1982 qui annonçait l’assassinat du préfet dalla Chiesa « C’EST LA GUERRE[10] ». Les journalistes de L’Ora réaffirment la tradition d’un journalisme d’investigation engagé en faisant référence à la une du 21 octobre 1958, après l’explosion d’une bombe dans les locaux du journal. Le lendemain, sur les photos de la première manifestation nationale contre la mafia, on aperçoit des jeunes militants, le poing levé, qui exhibent la une de L’Ora de la veille, ce qui est interprété comme un geste de solidarité envers le journal, faisant ainsi du quotidien un acteur à part entière du mouvement antimafia naissant.

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Fig. 20 : L’Ora, 18 octobre 1982, p. 12.

Ainsi, malgré les différences de traitement de l'information entre la presse régionale et nationale, tous les quotidiens (à l’exception du Popolo) ont fortement médiatisé les meurtres excellents et ont relayé la colère d'une partie de la population devant ce déchaînement de violence. Toutefois, cette médiatisation possède des caractéristiques qui lui sont propres et que nous ne retrouvons pas dans le traitement médiatique d'autres faits violents. D'une part, la presse italienne inscrit les homicides dans une logique criminelle qu'elle explicite, et d'autre part, elle insère les victimes de cette crise de violence mafieuse dans un martyrologe qui leur confère de fait un statut particulier et pose les bases d’une mémoire unitaire de la lutte contre la mafia. Par ce processus d’historicisation, la presse acquiert une légitimité pour se poser en garante d’une mémoire collective dont le politique fait abstraction alors même qu’il devrait l’incarner. Enfin, pour que la dénonciation de cette violence soit plus incisive, la presse fait une utilisation-choc de la photographie, alliée à une prose brutale visant à rendre la violence mafieuse, tout cela afin de pousser la société à prendre conscience de la dangerosité de la mafia. D’abord générateur de mémoire grâce à l’établissement d’un martyrologe, puis acteur de premier plan favorisant l’émergence d’une conscience antimafia civile, la presse apparaît comme le vecteur d’une mémoire civile qui se construit en dehors du politique.

La crise de violence mafieuse de 1982 est ainsi l’embryon des événements de 1992 où, suite aux attentats contre les juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino et au scandale de corruption généralisée de la classe politique révélé par l’opération Mains Propres, la perte crédibilité du pouvoir politique est telle qu’une grande partie de la société italienne se rebelle et, portée par la presse, elle récupère l’héritage moral des victimes de la mafia. Ainsi délégitimés, les représentants des institutions républicaines n’apparaissent plus aptes à assumer leur rôle de garants de la mémoire nationale, raison pour laquelle, selon Giovanni De Luna, on assisterait à une « privatisation de la mémoire »[11].

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Bibliographie succincte

Monographies

Arlacchi Pino, Morte di un generale : l’assassinio di Carlo Alberto Dalla Chiesa, la mafia, la droga, il potere politico, Milan, Mondadori, 1982.

Bascietto Giuseppe et Camarca Claudio, Pio La Torre: una storia italiana. La vita del politico e dell’uomo che sfidò la mafia, Aliberti editore, Rome, 2008.

Bolzoni Attilio, Uomini soli. Pio La Torre, Carlo Alberto dalla Chiesa, Giovanni Falcone e Paolo Borsellino, Milan, Melampo, 2012.

Chartier Lise, Mesurer l’insaisissable. Méthode d’analyse du discours de presse, Sainte-Foy, Presses universitaires du Québec, 2003.

Dalla Chiesa Nando, Delitto imperfetto : il generale, la mafia, la società italiana, Milan, Mondadori, 1984.

Dalla Chiesa Nando, In nome del popolo italiano, Milan, Rizzoli, 1997.

De Luna Giovanni, La Repubblica del dolore. Le memorie di un’Italia divisa, Milan, Feltrinelli, 2011.

Deaglio Enrico, Il raccolto rosso 1982-2010. Cronaca di una guerra di mafia e delle sue tristissime conseguenze, Milan, Il Saggiatore, 2010.

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Figurelli Michele & Nicastro Franco (dir.), Era l’Ora. Il giornale che fece storia e scuola, Rome, XL edizioni, 2011.

Florea Marie-Laure et Rabatel Alain (dir.), Evoquer la mort, Questions de communication, 2011, n°20.

Halbwachs Maurice, Les cadres sociaux de la mémoire, Paris, Albin Michel, 1994.

Halbwachs Maurice, La mémoire collective, Paris, Puf, 1949.

Le Goff Jacques, Histoire et mémoire, Saint-Armand, Gallimard, 1988.

Lits Marc (dir.), La peur, la mort et les médias, Bruxelles, Vie ouvrière, 1993.

Lupo Salvatore, Storia della mafia dalle origini ai giorni nostri, Rome, Donzelli, 1993.

Matard-Bonucci Marie-Anne, Histoire de la mafia, Bruxelles, Ed. Complexe, 1994.

Moirand Sophie, Les discours de la presse quotidienne. Observer, analyser, comprendre, Paris, PUF, 2007

Murialdi Paolo, La stampa italiana. Dalla Liberazione alla crisi di fine secolo. Rome-Bari, Laterza, 1998.

Murialdi Paolo, Storia del giornalismo italiano. Dalle gazzette a Internet, Bologne, Il Mulino, 2006.

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Santino Umberto, Storia del movimento antimafia: dalla lotta di classe all’impegno civile, Rome, Ed. Riuniti, 2000.

Tranfaglia Nicola, Ma esiste il quarto potere in Italia ? Stampa e sistema politico nella storia dell'Italia unita, Milan, Baldini Castoldi, 2005.

Presse régionale dépouillée pour l’année 1982 (recherches effectuées à Palerme)

Il Giornale di Sicila

L’Ora

Presse nationale dépouillée pour l’année 1982 (recherches effectuées à Rome et Palerme)

Il Corriere della Sera

Il Giorno

Il Popolo

Il Tempo

Il Giornale d’Italia

L’Avanti!

L’Unità

La Repubblica

Paese sera

Sources orales

Entretien réalisé avec Francesco La Licata, journaliste à La Stampa et spécialiste de mafia, le 6 juillet 2011 à Rome.

Entretien réalisé avec Nando dalla Chiesa, fils de Carlo Alberto dalla Chiesa, le 4 septembre 2012 à Milan.

Entretien réalisé avec Franco La Torre, fils de Pio La Torre, le 5 septembre 2012 à Rome.

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NOTES
[1]
Giornale d'Italia, 4 septembre 1982, p. 6.

[2] Les photographies s’accompagnent souvent de légendes dans lesquelles on retrouve les mêmes caractéristiques analysées précédemment. Celle-ci est particulièrement éloquente : « Une image à glacer le sang du préfet et de sa femme criblés de balles par les tueurs. Seuls quelques instants nous séparent du moment du crime. »

[3] Deaglio enrico, Il raccolto rosso 1982-2010. Cronaca di una guerra di mafia e delle sue tristissime conseguenze, Milan, Il Saggiatore, 2010, p. 45.

[4] Bolzoni Attilio, Uomini soli. Pio La Torre, Carlo Alberto Dalla Chiesa, Giovanni Falcone e Paolo Borsellino, Milan, Melampo, 2012. Ce documentaire accompagne le livre éponyme.

[5] Omelia dellEmerito Monsignor Arcivescovo durante i funerali del prefetto Carlo Alberto Dalla Chiesa e della moglie Emanuela Setti Carraro, Chiesa San Domenico, 4 septembre 1982.

[6] Ce sera une des dernières prises de positions publiques du journal puisqu’après, le directeur est limogé et l’éditeur prend la direction du journal. Comme nous l’a expliqué Francesco La Licata lors de notre entretien, une partie de l’élite démocrate-chrétienne locale liée à la mafia avait acquis des parts du journal.

[7] Le lendemain de l’assassinat du préfet Dalla Chiesa, un écriteau est retrouvé sur les lieux du crime : « Ici est mort l’espoir des Palermitains honnêtes ».

[8] Le fils du général Dalla Chiesa va d’ailleurs choisir la presse pour dénoncer ceux qu’ils estiment être responsables de la mort de son père. Dans une interview publiée le 8 septembre 1982 dans Repubblica – le même journal qui a publié la dernière interview de son père – il met clairement en cause la DC sicilienne, ce qui déclenche une levée de boucliers sans précédent des centristes et de toute la presse proche de la DC (Il Popolo et Il Giornale di Sicilia).

[9] « Mentre a Palermo si svolge la grande manifestazione dei 100 mila LA MAFIA CI MINACCIA DI MORTE » in L’Ora, 17 octobre 1982, p. 1.

[10] « È LA GUERRA » in LOra, 4 septembre 1982, p. 1.
[11] De Luna Giovanni, La Repubblica del dolore. Le memorie di un’Italia divisa, Milan, Feltrinelli, 2011, p. 14.

 

 

 

Pour citer cette ressource :

Charlotte Moge, ""De la crise de violence mafieuse à l’éveil des consciences : la construction médiatique d’une mémoire civile", Charlotte Moge (2e partie)", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), décembre 2014. Consulté le 23/02/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/italien/civilisation/xxe-xxie/la-mafia/de-la-crise-de-violence-mafieuse-a-l-eveil-des-consciences-la-construction-mediatique-d-une-memoire-civile-charlotte-moge-2e-par