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Dario Fo - Franca Rame : un théâtre en actes

Par Brigitte Poitrenaud-Lamesi : Maître de Conférences - Université de Caen , Stéphanie Laporte : Professeur agrégé d'italien - Collège et Lycée International de Saint-Germain-en-Laye , Pierre Katuszewski : Docteur en études théâtrales, enseignant - Bordeaux3
Publié par Damien Prévost le 30/01/2012
Vidéos des communications de la journée d'étude organisée par la Société les Italianistes de l'Enseignement Supérieur qui s'est déroulée à l'Université Jean Moulin-Lyon 3 le 27 janvier 2012.

Vidéos des communications de la journée d'étude organisée par la Société les Italianistes de l'Enseignement Supérieur qui s'est déroulée à l'Université Jean Moulin-Lyon3 le 27 janvier 2012.
 
Les communications seront mises en ligne simultanément sur le site de la SIES, en version écrite, et sur le site de la Clé des langues, en version vidéo.
 

Au cours de sa communication, Pierre Katuszewski analyse le théâtre de Dario Fo au sein du genre théâtral. Son oeuvre tient une place particulière dans l'histoire du théâtre : il se situe à la croisée des chemins, entre les formes les plus anciennes du théâtre et le théâtre contemporain et performatif. Pierre Katuszewski pose également la question de la "lisibilité" du théâtre de Fo : comment lire Fo en dehors de l'événement spectaculaire et de son contexte?

"La bête de scène, c'est un terme établi et récurrent pour designer le cas échéant celles ou ceux que Jean Cocteau qualifiaient de "monstres sacrés" mais aussi un acteur capable de tenir un public en haleine. Que Dario Fo soit une bête de scène nous paraît évident, "animale da palcoscenico", dans l'acception la plus banale et trivial du terme. Mais qu'il soit aussi bête en scène ou bête sur scène, ce n'est pas seulement un facile jeu de mot mais aussi une évidence"

Extrait de la communication de Marie-José Tramuta.

Au cours de cette communication, Brigitte Poitrenaud-Lamesi insiste sur le fort contraste qui semble caractériser le travail de mise en scène de Dario Fo : outrance langagière, intentions caricaturales, recours au grotesque  donnant davantage de relief à la sobriété du décor des lieux et parfois de la mise en scène. Cette volonté minimaliste - caractéristique d'une période - trouve des échos dans les formes d'art contemporaines de Fo (années 60 70) - théâtre pauvre, théâtre alternatif, Art pauvre, etc. - et pourrait correspondre à une forme d'exigence éthique. Des coïncidences sur lesquelles elle interroge le théâtre de Dario Fo et le travail critique de Fo sur sa propre création.

Au cours de cette communication, Eva Susenna pose quelques bases qui lui semblent nécessaires à la lecture de l'œuvre dramaturgique de Dario Fo, en s'appuyant sur ses pièces, sur ses textes théoriques et sur son expérience d'homme de théâtre. L'écriture est en effet un processus complexe, pour l'attautore Dario Fo : elle est une retranscription du spectacle, et elle ne constitue pas le but ultime de l'auteur. Dans quelle mesure, alors, pouvons-nous lire ses textes sans les insérer dans une plus large réflexion sur le théâtre ? L'écriture de Fo naît sur scène, et elle est donc une retranscription du spectacle, avant toute chose. Mais elle est aussi réfléchie en dehors de la salle théâtrale, et elle finit par bouleverser les codes de l'intérieur même du code dramaturgique.

Au cours de son intervention, Jean-Claude Zancarini prend tout d'abord soin de démontrer en quoi cette pièce va au-delà de la simple dénonciation du scandale Pinelli : elle aurait davantage pour but de montrer la vraie nature de cet État qui lutte contre la classe ouvrière. Il analyse ensuite les différentes fins qui ont pu exister et leurs significations en fonction du contexte politique dans lequel elles ont été rédigées. De la révolution à la justice plus juste.

Souvent nommés un « Mistero buffo au féminin », Tutta casa, letto e chiesa (1977)  et les autres monologues pour femme (1967-1984) sont au nombre des pièces les plus traduites et les plus jouées du théâtre Fo-Rame. L'étude s'intéresse à la construction dramaturgique du monologue, à la tension qui s'y joue entre espace scénique et voix narrative, et interroge, à travers ces personnages de femmes et de mères, les ressorts d'une théâtralité du féminin, en même temps que la résonance de ce théâtre aujourd'hui.

  • Françoise Decroisette (Universite de Paris 8) : « L'autre Dario Fo ».

mise en ligne prévue en février 2012

Pour citer cette ressource :

Brigitte Poitrenaud-Lamesi, Stéphanie Laporte, Pierre Katuszewski, "Dario Fo - Franca Rame : un théâtre en actes", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), janvier 2012. Consulté le 20/10/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/italien/arts/theatre/dario-fo-franca-rame-un-theatre-en-actes