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Hospital Británico de Héctor Viel Temperley - poemas

Par Julia Azaretto : Étudiante-chercheuse
Publié par Christine Bini le 05/10/2010
Lecture de quatre poèmes de Héctor Viel Temperley, transcription de deux d'entre eux ainsi que leurs traductions en français.

En español


Héctor Viel Temperley, Hospital Británico, Buenos Aires, Ediciones del Dock, 2003.

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"Dormido sobre sus labios"


"Británico"

 


"Larga esquina de verano"

 

 

"Tu rostro"

 

 

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Larga esquina de verano
Alguien me odió ante el sol al que mi madre me arrojó. Necesito estar
– a oscuras, necesito regresar al hombre. No quiero que me toque la
– muchacha, ni el rufián, ni el ojo del poder, ni la ciencia del mundo.
– No quiero ser tocado por los sueños.
El enano que es mi ángel de la guarda sube bamboleándose los pocos
– peldaños de madera ametrallados por los soles; y sobre el pasamano
– de coronas de espinas, la piedra de su anillo es un cruzado que trepa
– somnoliento una colina: burdeles vacíos y pequeños, panaderías abiertas pero
– muy pequeñas, teatros pequeños pero cerrados -y más arriba ojos de catacumbas,
– lejanas miradas de catacumbas tras oscuras pestañas a flor de tierra.
Un tiburón se pudre a veinte metros. Un tiburón pequeño -una bala
– con tajos, un acordeón abierto- se pudre y me acompaña. Un
– tiburón -un criquet en silencio en el suelo de tierra, junto a un
– tambor de agua, en una gomería a muchos metros de la ruta- se pudre
– a veinte metros del sol en mi cabeza: El sol como las puertas, con
– dos hombres blanquísimos, de un colegio militar en un desierto; un
– colegio militar que no es más que un desierto en un lugar adentro
– de esta playa de la que huye el futuro. (1984)
Larga esquina de verano
¿Nunca morirá la sensación de que el demonio puede servirse de los
– cielos, y de las nubes y las aves, para observarme las entrañas?
Amigos muertos que caminan en las tardes grises hacia frontones de
– pelota solitarios: El rufián que me mira sonríe como si yo
– pudiera desearla todavía.
Se nubla y se desnubla. Me hundo en mi carne; me hundo en la iglesia
– de desagüe a cielo abierto en la que creo. Espero la resurrección
– -espero su estallido contra mis enemigos- en este cuerpo,
– en este día, en esta playa. Nada puede impedir que en su Pierna me azoten
– como cota de malla -y sin ninguna Historia ardan en mí-
– las cabezas de fósforos de todo el Tiempo.
Tengo las toses de los viejos fusiles de un Tiro Federal en los ojos. Mi
– vida es un desierto entre dos guerras. Necesito estar a oscuras.
– Necesito dormir, pero el sol me despierta. El sol, a través de mis
– párpados, como alas de gaviotas que echan cal sobre mi vida;
– el sol como una zona que me había olvidado; el sol como un golpe
– de espuma en mis confines; el sol como dos jóvenes vigías en una
– tempestad de luz que se ha tragado al mar, a las velas y al cielo.
– (1984)
Larga esquina de verano
La boca abierta al viento que se lleva a las moscas, el tiburón se
– pudre a veinte metros. El tiburón se desvanece, flota sobre el último
– asiento de la playa -del ómnibus que asciende con las ratas
– mareadas y con frío y comienza a partirse por la mitad y a desprenderse
– del limpiaparabrisas, que en los ojos del mar era su lluvia.
Me acostumbré a verlas llegar con las nubes para cambiar mi vida.
– Me acostumbré a extrañarlas bajo el cielo: calladas, sin equipaje,
– con un cepillo de dientes entre sus manos. Me acostumbré a sus
– vientres sin esposo, embarazadas jóvenes que odian la arena que
– me cubre. (1984)
(...)
Tu Rostro
–  
– Tu Rostro como sangre muy oscura en un plato de tropa, entre cocinas
– frías y bajo un sol de nieve; Tu Rostro como una conversación
– entre colmenas con vértigo en la llanura del verano; Tu Rostro
– como sombra verde y negra con balidos muy cerca de mi aliento
– y mi revólver; Tu Rostro como sombra verde y negra que desciende
– al galope, cada tarde, desde una pampa a dos mil metros sobre el nivel
– del mar; Tu Rostro como arroyos de violetas cayendo lentamente
– desde gallos de riña; Tu Rostro como arroyos de violetas
– que empapan de vitrales a un hospital sobre un barranco. (1985)


Traduction française


Héctor Viel Temperley, Hôpital britannique, traduit de l'espagnol (Argentine) par Julia Azaretto

Longue ruelle d'été
Quelqu'un me hait face au soleil auquel me lança ma mère. J'ai besoin
– d'un peu d'obscurité, je dois retourner à l'homme. Je veux que la jeune fille
– ne me touche pas, ni le maquereau, ni l'œil du pouvoir, ni la science du monde.
– Je veux ne pas être touché par les rêves.
Le nain qui est mon ange gardien monte en titubant les quelques
– marches de bois mitraillées par les soleils ; et sur la rampe aux
– couronnes d'épines, la pierre de sa bague est un croisé somnolent qui
– grimpe une colline : des bordels vides et petits, des boulangeries ouvertes
– mais minuscules, des théâtres minuscules mais fermés - et un peu au-
– dessus des yeux de catacombes, de lointains regards de catacombes
– derrière les cils obscurs à fleur de terre.
À vingt mètres pourrit un requin. Un petit requin - une balle fendue, un
– accordéon ouvert - pourrit et m'accompagne. Un requin
– - un criquet silencieux posé sur le sol de terre, près d'un
– tambour d'eau, dans un garage à de nombreux mètres de la route - pourrit
– à vingt mètres du soleil dans ma tête : Le soleil comme les portes, il y a
– deux hommes d'une blancheur extrême, d'une école militaire dans un
– désert ; une école qui n'est qu'un désert quelque part à l'intérieur
– de cette plage d'où le futur s'évade. (1984)

Longue ruelle d'été
Ne périra-t-elle jamais l'impression que le démon peut se servir des cieux,
– et des nuages et des oiseaux pour observer mes entrailles ?

Des amis morts marchant dans les soirées grises vers des frontons
– solitaires : Le maquereau qui me regarde sourit comme si
– je pouvais encore la désirer.
Le ciel se couvre et se découvre. Je sombre dans ma chair ; je sombre dans
– l'église d'exutoire à ciel ouvert à laquelle je crois. J'attends la
– résurrection - j'attends son éclatement contre mes ennemis - dans ce
– corps, dans cette journée, dans cette plage. Plus rien ne saurait empêcher
– que dans sa Jambe, me fouettent telle une cotte de maille qui brûlent en
– moi sans aucune Histoire les têtes d'allumettes du Temps éternel.
J'ai les toux de vieux fusils de la Fédération de Tir dans mes yeux. Ma
– vie est un désert entre deux guerres. J'ai besoin d'un peu d'obscurité.
– J'ai besoin de dormir mais le soleil me réveille. Le soleil, à travers mes
– paupières, comme les ailes des mouettes qui déversent de la chaux dans
– ma vie ; le soleil comme une zone qui m'avait oublié ; le soleil comme un
– coup d'écume dans mes confins ; le soleil comme deux jeunes guetteurs
– lors d'une tempête de lumière qui a avalé la mer, les voiles et le ciel. (1984)

Longue ruelle d'été
Bouche ouverte au vent qui emporte les mouches, à vingt mètres pourrit le
– requin. Le requin se dissipe et flotte sur le dernier siège de la plage - du
– bus qui monte avec les rats étourdis dans le froid et commence à se fondre
– en deux, à se détacher de l'essuie-glace, qui dans les yeux de la mer était
– sa pluie.
Je m'habituai à les voir arriver avec les nuages pour changer ma vie.
– Je m'habituai à leur manque sous le ciel : silencieuses, sans bagage,
– juste une brosse à dents dans les mains. Je m'habituai à leurs
– ventres sans époux, des jeunes enceintes qui haïssent le sable
– qui me recouvre. (1984)
(...)

– Ton visage
– Ton Visage comme du sang très obscur sur une assiette de troupe, parmi
– les cuisines froides sous un soleil de neige ; Ton Visage comme une –
– causerie entre les ruches vertigineuses dans la plaine de l'été ; Ton
– Visage comme une ombre verte, noire, et des bêlements tout près de mon haleine,
– de mon revolver ; Ton Visage comme une ombre verte,
– noire, qui descend au galop chaque soir, en provenance d'une pampa à
– deux mille mètres au-dessus du niveau de la mer ; Ton Visage comme
– des ruisseaux de violettes s'épanchant doucement depuis des coqs de
– combat ; Ton Visage comme des ruisseaux de violettes qui
– éclaboussent de vitraux l'hôpital sur un ravin. –

Audio

voix : Julia Azaretto et Roberto Azaretto son et bruitage : Roberto Azaretto

Héctor Viel Temperley

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Pour citer cette ressource :

Julia Azaretto, "Hospital Británico de Héctor Viel Temperley - poemas", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), octobre 2010. Consulté le 22/08/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/espagnol/litterature/litterature-latino-americaine/poesie/hospital-britanico-de-hector-viel-temperley-poemas