Accès direct au contenu

 
Recherche
Retour rapide vers l'accueil

Les Antipodes et le Siècle

Ignacio Padilla
Publié le : 12 janvier 2011
Ignacio PADILLA, Les Antipodes et le Siècle, Traduit par l'Atelier de Traduction Hispanique de l'ENS de Lyon, Prologue de Tomás Regalado López, Editions A plus d'un titre, Collection Athisma, Janvier 2011, 144 pages, ISNB : 978-2-917486-20-7
 
Le livre
Selon Ignacio Padilla, l'on ne se souvient vraiment que des livres de nouvelles soutenus par un propos unificateur, tels que Le llano en flammes (Juan Rulfo) ou Histoire de l'infamie (Borgès).
Voici donc le volume d'ouverture d'une tétralogie intitulée Micropedia, dont la composition s'étend sur une très longue période autour de quatre thèmes ou éléments narratifs structurants : récits de voyageurs presque tous britanniques au XIXe siècle ; dans les volumes suivants viendront les monstres, les chimères et les androïdes sous l'inspiration d'un certain romantisme allemand, les femmes et les automates, la fraternité.
Les personnages des douze nouvelles des Antipodes sont des aventuriers malgré eux, des soldats amnésiques, des géographes perdus, des diplomates emportés jusque dans l'horreur et la folie par le tourbillon des empires coloniaux finissants, des êtres exclus de leur propre vie mais à qui leur condition permet d'entrevoir plus d'un gouffre insolite, de faire tinter jusqu'à nous plus d'une fêlure de l'âme humaine.

Tomás Regalado López, le prologuiste des Antipodes et le Siècle, nous dit que « les faits et gestes du petit héros mis en déroute par la montagne ou la jungle l'emportent face à la gloire et aux actions fabuleuses - non dénuées, pour la plupart, de corruption, d'avarice et de colère -, de ceux qui ont été célébrés dans l'Histoire. Les récits des Antipodes et le Siècle sont emblématiques de la croyance de Padilla dans une prose fortement liée à l'imagination, chiche en artifices rhétoriques, fuyant toute charge philosophique trop intense, où l'exercice naturel de l'écriture prend le dessus : dans ce livre défilent des personnages à peu près dénués de profondeur psychologique, mais placés devant des choix propres à la tragédie grecque et tournant autour de la volonté et du destin, de fugaces échos de recherches métaphysiques de grande ampleur sur le temps, le mal, la divinité ou sur le minuscule espace occupé par l'homme dans l'univers. La dialectique entre le rationnel et le subjectif, entre l'apollinien et le dionysiaque, entre l'ordre et l'entropie, conflue alors vers une perception de la littérature comme questionnement, défi et refus des dogmes absolus tels que la patrie, la religion, la réputation ou le pouvoir. »
 
Les Antipodes et le Siècle est magnifiquement traduit par l'équipe de l'Atelier de Traduction Hispanique de l'ENS de Lyon, soucieuse d'offrir au lecteur la parfaite transposition d'un style secrètement ciselé et rythmé pour l'emmener sans pause possible jusqu'à chacun des douze dénouements.
 
L'auteur
Ignacio Padilla (Mexico, 1968) est, avec Jorge Volpi, un fer de lance de la nouvelle génération d'écrivains mexicains qui, après avoir dénoncé les avatars du réalisme magique finissant, ouvre la littérature latino-américaine sur d'autres horizons que sa propre réalité. Quelles meilleures preuves que son roman Amphitryon (Gallimard, 2001) et son récit Impossibilité des corbeaux (Mille et une nuits, 2001) ? Il manquait au lecteur français une démonstration de sa maîtrise dans l'art difficile de la nouvelle que Les Antipodes et le Siècle commence à combler.
Parmi les très nombreux prix reçus par Ignacio Padilla, signalons le Prix Gilberto Owen pour Las Antípodas y el siglo, le prix Primavera du roman en 2000 ; en 1994, le Prix National Juan Rulfo (l'un des plus importants en Amérique latine) pour son premier roman, La catedral de los ahogados. Il vient de recevoir le 3e Prix Iberoamericano d'Essai, attribué en 2010 (par l'éditeur espagnol Debate et la désormais très officielle Casa de América) pour son œuvre La isla de las tribus perdidas. La incógnita del mar latinoamericano.
 

Les Antipodes et le Siècle


 
Les Antipodes et le Siècle est magnifiquement traduit par l'équipe de l'Atelier de Traduction Hispanique de l'ENS de Lyon, soucieuse d'offrir au lecteur la parfaite transposition d'un style secrètement ciselé et rythmé pour l'emmener sans pause possible jusqu'à chacun des douze dénouements.
 
L'Atelier de Traduction Hispanique de l'ENS de Lyon est dirigé par Philippe Dessommes.
 
 
mise à jour le 12 janvier 2011
Créé le 12 janvier 2011
ISSN 2107-7029
DGESCO Clé des Langues