Accès direct au contenu

 
Recherche
Retour rapide vers l'accueil

L'espace Diego Rivera de Lyon

Le projet


 

Brève présentation de Cité Création


 
Cité Création, entreprise coopérative réalisant œuvres murales, fresques, décorations et autres scénographies, a été fondée à Oullins en 1976. À ce jour, elle a réalisé plus de 470 œuvres murales dans le monde. Elle compte 70 peintres muralistes répartis entre Lyon, Québec, Berlin, Shanghai, Jérusalem, Yokohama et Moscou. Deux ateliers ont été créés en France (à Oullins et à Gerland) et d'autres à Berlin, Québec et Shanghai. Le financement de ces œuvres gigantesques se fait via des commandes directes, du mécénat ou des subventions. Cité Création réalise ses œuvres dans des espaces privés ou publics et les met au service de la population. Elle a pour vocation de révéler ou d'embellir des lieux et de créer des espaces de rencontre. Les œuvres sont entièrement imaginées et réalisées par Cité Création mais peuvent également se faire en partenariat avec d'autres acteurs (architectes, artistes, paysagistes...). Le site de l'entreprise  offre de nombreuses photos et informations.
 

Naissance du projet


 
Le projet de l'espace Diego Rivera vit le jour en mai 2006, à Mexico, lors de la Rencontre Internationale d'Art Mural organisée par la Fondation Diego Rivera. Cité Création connut à l'occasion une très forte reconnaissance mondiale et fut approchée par Guadalupe Rivera, fille du célèbre peintre et présidente de la fondation Diego Rivera, pour créer une œuvre en Europe qui célébrerait le cinquantenaire de la mort de son père (1957). La SACVL, sous la direction de Gérard Klein, proposa de mettre à disposition un HLM et de construire deux autres parois ainsi qu'une placette pour concevoir un réel espace de convivialité. En août, Cité Création convia Guadalupe Rivera à Lyon pour une visite des principales fresques de la ville. Charmée par la splendeur des réalisations, elle jeta son dévolu sur cette métropole pour mettre en œuvre son projet. Au cours de l'automne, Cité Création réalisa des maquettes tandis que l'architecte urbaniste Michel Poncet, en collaboration avec la SACVL, procéda à la conception de la place. Début 2007, les maquettes furent présentées à la Fondation Diego Rivera et à l'institut de Bellas Artes de Mexico. Grâce à la contribution des différents acteurs et de la municipalité de Lyon, le projet fut officiellement lancé en présence de Guadalupe Rivera le 5 juin 2007. Les peintres de Cité Création purent alors débuter la réalisation. L'atelier Jéol fut chargé de la mise en lumière. L'inauguration de l'Espace Diego Rivera eut lieu le 4 décembre 2007, soit plus d'un an et demi après les toutes premières négociations. Sur une initiative de la SACVL, Ariane Metzinger et Roland Amador rédigèrent un bel ouvrage qui retrace l'historique du projet et apporte de nombreuses informations sur l'espace Diego Rivera.
 

Choix plastiques et techniques


 
Situé rue Georges-Gouy dans le 7e arrondissement, l'espace Diego Rivera est ancré dans un quartier populaire de Lyon, réputé pour son importante concentration de logement pour travailleurs étrangers. Le brassage de la population et la mixité sociale étant des facteurs chers à la SACVL, cette dernière avait la volonté de construire un réel espace de rencontre et d'échange. Construit sur le modèle des places mexicaines avec des arcades et une circulation en diagonale, l'espace Diego Rivera se compose d'une place publique autour de laquelle sont peintes trois fresques gigantesques aux couleurs du Mexique. Au centre de la placette, des bancs décorés de serpents à plumes permettent aux gens de s'asseoir pour contempler les fresques.
Issues des oeuvres les plus célèbres du célèbre muraliste mexicain, les 17 extraits de fresque ont été réinterprétés afin de créer une oeuvre nouvelle. La prouesse de Cité Création va donc au-delà de la simple copie. Le style propre à Diego Rivera est indéniablement reconnaissable - l'objectif premier ayant été de retrouver toute sa méticulosité -, mais toute confusion est impossible. Afin de ne pas faire un plagiat, les peintres ont été contraints d'adopter une technique de peinture différente de celle de Diego Rivera. Celui-ci utilisait la technique « à fresque » où la couche colorée et l'enduit sèchent simultanément. En revanche, la peinture murale à l'acrylique choisie par Cité Création est différente puisqu'elle se compose de plusieurs couches superposées qui se différencient nettement les unes des autres. Cette technique offre l'avantage d'être plus résistante mais ne permet pas la dilution des couleurs. Ainsi, les effets de transparence très présents chez Rivera ont été impossible à reproduire. En accord avec l'institut de Bellas Artes de Mexico, Cité Création a choisi de réaliser les fresques sur des toiles ou des supports en bois qui ont ensuite été fixés à la paroi. Le tout a été recouvert d'un vernis acrylique pour être protégé de toutes les dégradations dues à l'extérieur, ce qui aurait été impossible avec la technique « à fresque » utilisée par Diego Rivera qui ne permettait pas la superposition des couches. Le travail de réinterprétation des œuvres auquel a procédé Cité Création s'est donc fait par des variantes au niveau des couleurs, des dimensions, des traités, des supports, des contrastes et par l'intégration de la technique du trompe-l'œil que Rivera n'utilisait pas. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les couleurs vives n'ont pas été utilisées pour « donner un esprit mexicain ». En effet, les fresques de Diego Rivera arborent des couleurs tout aussi saturées mais celles-ci sont moins chatoyantes dans la mesure où les fresques se trouvent souvent à l'ombre et ne reçoivent pas la lumière suffisante pour révéler tout l'éclat de leurs couleurs.
En ce qui concerne les thèmes abordés, les éléments sélectionnés retracent les grands moments de l'histoire mexicaine, depuis les civilisations maya et aztèque, en passant par la conquête espagnole, l'esclavage des populations et la révolution. Les deux murs latéraux correspondent à l'histoire du Mexique jusqu'à la Conquête et à la période révolutionnaire. Le mur nord reprend la forme pyramidale du musée Anahuacalli et contient divers extraits qui retracent l'histoire du Mexique avant la conquête. Le mur central est une fresque à proprement parler et aborde des thèmes plus contemporains, chers à Diego Rivera. Cette paroi a été entièrement construite et rehaussée sur un socle. Elle porte l'évocation de l'œuvre phare Rêve d'un dimanche après-midi au parc Alameda. Le troisième mur reprend lui aussi des thèmes contemporains comme la révolution mexicaine, l'industrialisation, la création du PC mexicain et la lutte des classes. Y figure également le portrait de Lénine, allusion au scandale du Rockefeller Center.
 

Étude des fresques de l'Espace Rivera


 

Façade préhispanique (mur nord)


 
 

La composition pyramidale de cette façade fait référence au musée "Anahuacalli", un bâtiment en forme de pyramide créé par Diego Rivera près de Mexico pour abriter ses collections précolombiennes. Cette composition évoque les nombreuses civilisations préhispaniques ainsi que la conquête espagnole, avec l'arrivée d'Hernán Cortés. Tous les aspects de cet épisode sont abordés : la conquête spirituelle, religieuse et culturelle. Le mur a été agrémenté de végétaux pour rappeler l'emprise que la nature a eue sur les pyramides au cours des siècles et des bacs ont été construits pour abriter un système d'arrosage et d'éclairage.

En haut se trouvent deux fresques de 1,20 m x 1,20 m et une de 1,60 m x 1,20 m intitulées Images du Popol Vuh évoquant la création du monde. Elles sont tirées de Popol Vuh (1931), œuvre composée de vingt-cinq aquarelles et dessins. Le Popol Vuh est un livre qui raconte la genèse du peuple maya et quiché. La scène centrale représente la création du monde. On reconnaît aussi Quetzalcóatl, le dieu-serpent.

Au milieu, à gauche, se trouve un panneau de 2,20 m x 4,25 m intitulé Civilisation tarasca. Cette civilisation vivait sur la côte pacifique du Mexique. On trouve sur cette peinture une référence au début de l'écriture avec le codex et aux ateliers artisanaux de tissage. Il s'agit d'un extrait revisité de la fresque México prehispánico y colonial (3,20 m x 4,92 m, 1951, Palacio Nacional, Mexico). Beaucoup d'extraits ont été tirés de cette œuvre phare, composée de onze panneaux pour une surface totale de 198,92 m2. Le Palacio Nacional, équivalent à notre Palais de l'Elysée, a été construit après la conquête à l'emplacement même de l'ancien palais de Moctezuma.
 
 

Le panneau central mesure 2,30 m x 4,25 m et s'intitule Civilisation totonaque. Il évoque le commerce entre les Totonaques et les Aztèques. À gauche, on reconnaît un Potcheca (un commerçant) et à droite, le roi. Le premier échange des marchandises contre les fruits et le cacao du deuxième. La scène se déroule à El Tajin, dans l'état de Véracruz. La pyramide qui s'y trouve possède 365 ouvertures symbolisant les jours de l'année. Dans la culture totonaque, chaque jour correspondait à un dieu et à un animal qui étaient chargé de veiller sur les hommes qui naissaient ce jour-là. Un manège, appelé volador est aussi représenté. Il se pratique encore actuellement pour célébrer le vol des aigles et des dieux venus du ciel. Cet extrait revisité est aussi issu de la fresque México prehispánico y colonial et le fragment original mesure 5,27 m x 4,92 m.
 

Le panneau de droite mesure 2,20 m x 4,25 m et s'intitule civilisation huatesca. Au fond, on distingue le volcan Popocatepelc, point culminant du Mexique. La région de Xochimilco ici représentée est une terre de maïs et possède des champs à perte de vue. Le maïs compose l'alimentation de base au Mexique et était un aliment sacré, tout comme le cacao. La technique d'irrigation mise en place par ce peuple d'agriculteurs est aussi décrite. Au premier plan, une fille au visage de Ruth, la plus jeune des filles de Rivera, confectionne des tortillas. On reconnaît également la déesse du maïs, Chicomecoatl. Cet extrait revisité provient aussi de la fresque México prehispánico y colonial. L'original mesure 2,24 m x 4,92 m.
 


En dessous figurent Huit statuettes et deux masques. Au cours du XXe siècle, beaucoup de travaux d'archéologie ont été mis en œuvre afin de mettre à jour les sites préhispaniques qui avaient été recouverts par la végétation. De nombreuses poteries et céramiques ont alors été découvertes. Les statuettes représentées font également référence à la passion de Rivera et à son souci de conserver ce patrimoine sur le sol mexicain. De la collection qu'il avait léguée au peuple mexicain, une partie figure aujourd'hui au musée anthropologique de Mexico.
 


En bas, à gauche se trouve La christianisation. Sur cet extrait de 2,20 m x 3,75 m, on peut voir la défaite du dernier empereur aztèque, Moctezuma, accompagné de sa femme, donnant son or et devant désormais se plier à l'Église. Toute la cruauté des méthodes des conquistadors et de l'Église est ici représentée. Contrairement au discours officiel selon lequel la conversion se faisait de manière volontaire, Rivera nous montre que les amérindiens avaient le choix entre le baptême ou la mort. Le personnage arborant une écharpe aux couleurs du Mexique est le général Santa Anna. On le voit recevoir beaucoup d'argent de l'Église. Cet argent lui était offert pour l'inciter à mener une guerre contre les « gringos » du Nouveau Mexique et du Texas afin de récupérer leurs terres ; terres qu'il a ensuite revendues aux Etats-Unis. Les amérindiens portent aussi une tenue indienne, symbole de leur assujettissement. Cette fresque est une réinterprétation de Epopeya del pueblo mexicano (1929-1935), extraite de Historia de México : de la conquista a 1930 dont les dimensions sont 8,59 m x 12,87 m pour une surface totale de 410,47 m2. Elle se situe au Palacio nacional, à Mexico.
 
 
 
En bas, au milieu, se trouve L'arrivée d'Hernán Cortés à Veracruz (2,25 m x 4,25 m). Cet extrait dénonce l'esclavage et le travail forcé à travers le fouet, le marquage au fer et le gibet. Hernán Cortés est représenté très malade, probablement atteint d'une des épidémies qui a décimé la population, tant amérindienne qu'espagnole. Un prêtre brandit une croix, symbole de la conversion imposée et du travail forcé infligé aux amérindiens pour construire les premières églises sur le sol du Nouveau Monde. En face de Cortés se trouve Pedro de Alvarado, le conquistador du Guatemala. Celui-ci lui remet de l'or. Il est accompagné de sa femme, une amérindienne qui porte leur enfant sur le dos. L'enfant est de type méso-américain mais a des yeux bleus, témoignage des premières traces de métissage. L'extrait original s'intitule La conquista o el arribo de Hernán Cortés 1519 (1951) et est tiré de México prehispánico y colonial, 1951, Palacio Nacional, Mexico. L'extrait original mesure 5,27 m x 4,92 m.
 
 

En bas, à droite, figure La canne à sucre (2,20 m x 3,75 m). Cet extrait fait référence à la période située à la charnière du XIXe siècle et du XXe siècle, sous la dictature de Porfirio Díaz. La fresque met en scène l'exploitation des indigènes dans les fincas, les grandes exploitations sucrières. Le contremaître fait régner l'ordre avec son fouet. Les travailleurs sont habillés avec les habits que portaient les amérindiens au moment de la conquête pour faire le lien entre les différentes formes d'esclavage que n'a cessé de connaître le pays durant quatre siècles. Tout en haut, le propriétaire de l'hacienda est habillé en « gringo » pour dénoncer la main-mise économique des Etats-Unis sur le Mexique. La fresque originale s'intitule Ingenio azucarero de Tealtenango, Morelos (1930-1931, 2,82 m x 4,35 m). Elle fait partie d'un ensemble de huit panneaux et de onze peintures en grisaille d'une surface totale de 149 m2 qui forment le cycle : Histoire de Cuernavaca et de l'État de Morelos, conquête et révolution.
 

 

Fresque de la place


 
 

La fresque de la place est en grande partie tirée d'une des dernières œuvres majeures du peintre, Sueño de una tarde dominical en la Alameda Central (1947-1948, 15 m x 4,8 m), située au musée mural Diego Rivera, à Mexico. Cette fresque avait tout d'abord été réalisée à l'hôtel del Prado mais celui-ci a été détruit lors du tremblement de terre de 1985. Cité Création a choisi d'y insérer en trompe-l'œil une reproduction d'une photo de Diego Rivera en train de peindre sa fille Guadalupe, son fils dans les bras.

    À gauche est donc reproduite Rêve d'un dimanche après-midi au parc Alameda qui mesure 12 m x 3 m et qui retrace l'histoire du Mexique. Il s'agit d'une des œuvres les plus autobiographiques de Diego Rivera car il s'est représenté lui-même, enfant, aux côtés d'une Frida Kahlo maternelle. Il donne la main à la « Calavera Catrina », squelette comique symbolisant la vanité, inventée par le dessinateur Posada, lui-même représenté à sa droite. Pour cette fresque, Diego Rivera a d'ailleurs puisé partie de son inspiration dans l'œuvre du dessinateur. La fresque suit une organisation chronologique, abordant de gauche à droite la conquête espagnole et l'inquisition, les grands évènements de la fin du XIXe et du début du XXe siècle (l'Indépendance, l'invasion américaine, l'intervention française) et enfin le Mexique moderne, représenté par ses buildings.
 
 

    À droite, Diego Rivera et sa fille Guadalupe avec son fils dans les bras « ressortent » de la fresque. Les artistes de Cité Création ont voulu rendre hommage au muraliste en réalisant un trompe-l'œil parfaitement réussi. En choisissant de reproduire une photographie du peintre en plein travail, ils ont pu laisser une trace de la technique employée par Diego Rivera pour réaliser ses fresques.
 

 

Façade contemporaine (mur sud)


 

 
Cette façade présente des oeuvres plus politiques. On retrouve notamment le célèbre portrait de Lénine extrait de L'Homme au carrefour. Y figure aussi un portrait d'Emiliano Zapata que Diego Rivera avait peint à Cuernavaca en 1930 et L'Arsenal : Frida Kahlo distribuant des armes qui avait été exposé à Mexico au ministère de l'éducation publique.

À gauche, en haut se trouve donc À l'arsenal (3,20 m x 4 m), copie de En el arsenal (1928, 2,03 m x 3,98 m, Secretaria de Educación Pública, Mexico), fragment tiré de La vision politique idyllique du peuple mexicain, composée de 235 panneaux pour une surface totale de 1585 m2. Au centre, on reconnaît Frida Kahlo, habillée en rouge et portant l'étoile du PC. Derrière, on peut voir paysans et ouvriers disposés à se battre. Des armes sont distribuées pour qu'ils puissent se révolter contre les patrons. On reconnaît aussi sur le côté droit, tenant une cartouchière, le couple d'amis formé par Julio Antonio Mella (assassiné en 1929) et Tina Modotti, eux aussi communistes.
 
 

    En bas, toujours à gauche est représentée L'usine (3,25 m x 7,50 m), copie de Detroit Industry ou Man and machine (1932-1933, Détroit, Michigan ; surface totale : 433,68 m2). Une fresque avait été commandée à Diego Rivera aux Etats-Unis, au cœur de l'empire Ford. Cette œuvre témoigne de la période d'industrialisation triomphante qu'avait connue le pays après la crise de 29. Elle représente les différentes étapes de la réalisation du moteur de la Ford V8. On y reconnaît Léon Trotski grâce à ses lunettes et à sa casquette.
 
 


Au milieu, en haut se trouve Zapata (1,10 m x 3,25 m). Symbole de la révolution mexicaine, Emiliano Zapata est une figure récurrente dans la peinture de Rivera. Plus encore que Pancho Villa, terni par son passé de bandit, Zapata est au Mexique un vrai héros mythique. La fresque originale s'intitule Emiliano Zapata (1930-31, 0,89 m x 2,14 m) et fait partie du cycle Histoire de Cuernavaca et de l'État de Morelos. Sa surface totale mesure 149 m2.
 

 
    Au centre du mur figure Lenine (1,20 m x 3,25 m), extrait de Comunismo, dans El hombre controlador del universo o el hombre en la máquina del tiempo (1934, 11,45 m x 4,85 m, Palacio de Bellas Artes, Mexico). Une fresque similaire avait tout d'abord été réalisée sur le mur du Rockefeller Center en 1933 mais la figure de Lénine avait créé un véritable scandale qui avait été soldé par la destruction de l'œuvre. El hombre controlador del universo est presque une reproduction de celle du Rockefeller Center.
 
 


    Au milieu, en bas se trouve Wall Street (1,20 m x 2,75 m) copie de El banquete de Wall Street dans La vision politique idyllique du peuple mexicain (1928, 1,55 m x 2,05 m, Secretaria de Educación Pública, Mexico). Cette œuvre avait été réalisée en même temps qu'une autre fresque intitulée El banquete de los pobres. On y reconnaît les principaux capitalistes de l'époque : John D. Rockefeller, Henri Ford et J.P. Morgan, attablés autour du champagne et des bandes en or des téléscripteurs de la Bourse.
 


À droite, en haut, on peut contempler Le jour des morts (3,25 m x 4,25 m), copie de Día de muertos (1924, Secretaria de Educación Pública). Le jour des morts équivaut sommairement à notre jour de la Toussaint. Il s'agit au Mexique d'une très grande célébration, joyeuse et festive. Beaucoup de préparatifs sont nécessaires à la population pour concocter les mets qu'ils disposeront sur la tombe de leurs morts. Les gens se rendent au cimetière pour danser, chanter, boire et déguster des têtes de mort en sucre. À droite, on reconnaît Diego Rivera lui-même, accompagné de sa femme Lupe Marin. On peut aussi distinguer de nombreux autres visages connus, Rivera aimant intégrer dans ces peintures des personnes populaires. Le célèbre torero Juan Silveti est par exemple représenté sous un grand sombrero.
 


    À droite, en bas, le Carnaval (3,25 m x 5,25 m) est une reproduction de México folklórico y turístico, in Carnaval de la vida Mexicana (1936, Palacio de Bellas Artes). L'œuvre originale est constituée de 4 panneaux transportables de 2,11 m x 3,89 m chacun. Est ici représentée la corruption de la culture mexicaine par le tourisme. La femme blonde est la caricature de la « gringa », la typique touriste américaine. L'âne et le cheval sont tous deux des animaux symboliques du carnaval. Cette fresque dénonce la cupidité et la vanité des gens qui sont éternelles comme le signale l'inscription « eternidad » sur le crâne en bas à droite. Cette œuvre avait été très dérangeante dans la mesure où Diego Rivera avait caricaturé en animaux les principaux gouvernants de l'époque.
 


    À l'instar du maître du muralisme, c'est bel et bien tout un panorama de l'Histoire du Mexique que Cité Création a retracé sur les murs de l'espace Diego Rivera.
 

Pour citer ces ressources :

Sylvia Perrin. 07/2010. "L'espace Diego Rivera de Lyon".
La Clé des Langues (Lyon: ENS LYON/DGESCO). ISSN 2107-7029. Mis à jour le 4 août 2010.
Consulté le 16 avril 2014.
Url : http://cle.ens-lyon.fr/espagnol/l-espace-diego-rivera-de-lyon-100255.

 
 
mise à jour le 4 août 2010
Créé le 15 juillet 2010
ISSN 2107-7029
DGESCO Clé des Langues