La composition pyramidale de cette façade fait référence au musée "Anahuacalli", un bâtiment en forme de pyramide créé par Diego Rivera près de Mexico pour abriter ses collections précolombiennes. Cette composition évoque les nombreuses civilisations préhispaniques ainsi que la conquête espagnole, avec l'arrivée d'Hernán Cortés. Tous les aspects de cet épisode sont abordés : la conquête spirituelle, religieuse et culturelle. Le mur a été agrémenté de végétaux pour rappeler l'emprise que la nature a eue sur les pyramides au cours des siècles et des bacs ont été construits pour abriter un système d'arrosage et d'éclairage.
En haut se trouvent deux fresques de 1,20 m x 1,20 m et une de 1,60 m x 1,20 m intitulées Images du
Popol Vuh évoquant la création du monde. Elles sont tirées de
Popol Vuh (1931), œuvre composée de vingt-cinq aquarelles et dessins. Le
Popol Vuh est un livre qui raconte la genèse du peuple maya et quiché. La scène centrale représente la création du monde. On reconnaît aussi Quetzalcóatl, le dieu-serpent.
Au milieu, à gauche, se trouve un panneau de 2,20 m x 4,25 m intitulé
Civilisation tarasca. Cette civilisation vivait sur la côte pacifique du Mexique. On trouve sur cette peinture une référence au début de l'écriture avec le codex et aux ateliers artisanaux de tissage. Il s'agit d'un extrait revisité de la fresque México prehispánico y colonial (3,20 m x 4,92 m, 1951, Palacio Nacional, Mexico). Beaucoup d'extraits ont été tirés de cette œuvre phare, composée de onze panneaux pour une surface totale de 198,92 m2. Le Palacio Nacional, équivalent à notre Palais de l'Elysée, a été construit après la conquête à l'emplacement même de l'ancien palais de Moctezuma.
Le panneau central mesure 2,30 m x 4,25 m et s'intitule Civilisation totonaque. Il évoque le commerce entre les Totonaques et les Aztèques. À gauche, on reconnaît un Potcheca (un commerçant) et à droite, le roi. Le premier échange des marchandises contre les fruits et le cacao du deuxième. La scène se déroule à El Tajin, dans l'état de Véracruz. La pyramide qui s'y trouve possède 365 ouvertures symbolisant les jours de l'année. Dans la culture totonaque, chaque jour correspondait à un dieu et à un animal qui étaient chargé de veiller sur les hommes qui naissaient ce jour-là. Un manège, appelé volador est aussi représenté. Il se pratique encore actuellement pour célébrer le vol des aigles et des dieux venus du ciel. Cet extrait revisité est aussi issu de la fresque México prehispánico y colonial et le fragment original mesure 5,27 m x 4,92 m.
Le panneau de droite mesure 2,20 m x 4,25 m et s'intitule civilisation huatesca. Au fond, on distingue le volcan Popocatepelc, point culminant du Mexique. La région de Xochimilco ici représentée est une terre de maïs et possède des champs à perte de vue. Le maïs compose l'alimentation de base au Mexique et était un aliment sacré, tout comme le cacao. La technique d'irrigation mise en place par ce peuple d'agriculteurs est aussi décrite. Au premier plan, une fille au visage de Ruth, la plus jeune des filles de Rivera, confectionne des tortillas. On reconnaît également la déesse du maïs, Chicomecoatl. Cet extrait revisité provient aussi de la fresque México prehispánico y colonial. L'original mesure 2,24 m x 4,92 m.

En dessous figurent Huit statuettes et deux masques. Au cours du XXe siècle, beaucoup de travaux d'archéologie ont été mis en œuvre afin de mettre à jour les sites préhispaniques qui avaient été recouverts par la végétation. De nombreuses poteries et céramiques ont alors été découvertes. Les statuettes représentées font également référence à la passion de Rivera et à son souci de conserver ce patrimoine sur le sol mexicain. De la collection qu'il avait léguée au peuple mexicain, une partie figure aujourd'hui au musée anthropologique de Mexico.

En bas, à gauche se trouve
La christianisation. Sur cet extrait de 2,20 m x 3,75 m, on peut voir la défaite du dernier empereur aztèque, Moctezuma, accompagné de sa femme, donnant son or et devant désormais se plier à l'Église. Toute la cruauté des méthodes des conquistadors et de l'Église est ici représentée. Contrairement au discours officiel selon lequel la conversion se faisait de manière volontaire, Rivera nous montre que les amérindiens avaient le choix entre le baptême ou la mort. Le personnage arborant une écharpe aux couleurs du Mexique est le général Santa Anna. On le voit recevoir beaucoup d'argent de l'Église. Cet argent lui était offert pour l'inciter à mener une guerre contre les « gringos » du Nouveau Mexique et du Texas afin de récupérer leurs terres ; terres qu'il a ensuite revendues aux Etats-Unis. Les amérindiens portent aussi une tenue indienne, symbole de leur assujettissement. Cette fresque est une réinterprétation de Epopeya del pueblo mexicano (1929-1935), extraite de Historia de México : de la conquista a 1930 dont les dimensions sont 8,59 m x 12,87 m pour une surface totale de 410,47 m2. Elle se situe au Palacio nacional, à Mexico.
En bas, au milieu, se trouve L'arrivée d'Hernán Cortés à Veracruz (2,25 m x 4,25 m). Cet extrait dénonce l'esclavage et le travail forcé à travers le fouet, le marquage au fer et le gibet. Hernán Cortés est représenté très malade, probablement atteint d'une des épidémies qui a décimé la population, tant amérindienne qu'espagnole. Un prêtre brandit une croix, symbole de la conversion imposée et du travail forcé infligé aux amérindiens pour construire les premières églises sur le sol du Nouveau Monde. En face de Cortés se trouve Pedro de Alvarado, le conquistador du Guatemala. Celui-ci lui remet de l'or. Il est accompagné de sa femme, une amérindienne qui porte leur enfant sur le dos. L'enfant est de type méso-américain mais a des yeux bleus, témoignage des premières traces de métissage. L'extrait original s'intitule La conquista o el arribo de Hernán Cortés 1519 (1951) et est tiré de México prehispánico y colonial, 1951, Palacio Nacional, Mexico. L'extrait original mesure 5,27 m x 4,92 m.
En bas, à droite, figure
La canne à sucre (2,20 m x 3,75 m). Cet extrait fait référence à la période située à la charnière du XIXe siècle et du XXe siècle, sous la dictature de Porfirio Díaz. La fresque met en scène l'exploitation des indigènes dans les fincas, les grandes exploitations sucrières. Le contremaître fait régner l'ordre avec son fouet. Les travailleurs sont habillés avec les habits que portaient les amérindiens au moment de la conquête pour faire le lien entre les différentes formes d'esclavage que n'a cessé de connaître le pays durant quatre siècles. Tout en haut, le propriétaire de l'hacienda est habillé en « gringo » pour dénoncer la main-mise économique des Etats-Unis sur le Mexique. La fresque originale s'intitule
Ingenio azucarero de Tealtenango, Morelos (1930-1931, 2,82 m x 4,35 m). Elle fait partie d'un ensemble de huit panneaux et de onze peintures en grisaille d'une surface totale de 149 m2 qui forment le cycle : Histoire de Cuernavaca et de l'État de Morelos, conquête et révolution.