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(Dé-)Boulonnages : Naissance, vie et mort des statues dans les Amériques (XVIIIe-XXIe siècles)

Publié par Elodie Pietriga le 12/01/2022
Colloque international
Quand ? Du 20/01/2022 au 21/01/2022
Où ? Université Paris Nanterre et par Skype

Nous nous étions habitués à pique-niquer dans leur giron, à nous donner rendez-vous sur leurs marches, à passer devant sans les regarder ni même les voir, la plupart d’entre elles étant centenaires. Durant l’été 2020, des dizaines de statues de « grands hommes », conquérants, entrepreneurs, souverains et hommes politiques ont été décapitées, démembrées, déboulonnées ou bien grimées, accoutrées, taguées. Si les statues ont été attaquées, c’est bien qu’elles continuent à parler même si elles ne parlent pas de la même voix pour tout le monde. Ces actes éminemment politiques que certains éditorialistes se sont empressés de disqualifier en criant au vandalisme réactivent dans notre imaginaire collectif d’autres vagues iconoclastes qui accompagnaient pourtant des ruptures majeures dans l’histoire de l’humanité, des destructions des symboles de la monarchie pendant la Révolution française aux déboulonnages des statues de Lénine au début des années 1990 dans l’ancien bloc soviétique.

Les statues ne sont pas l’histoire, elles ne narrent qu’une version de l’histoire produite par certains acteurs à un moment donné. Restituer les contextes historiques et les cadres spatiaux qui les ont vus naître, vivre et mourir est une manière de mieux comprendre quels usages publics ont été faits du passé et comment l’histoire officielle s’est écrite et finalement figée dans le marbre. Comprendre les déboulonnages suppose de s’intéresser aussi à la fabrication – dimension matérielle et symbolique –, à l’érection et à l’inauguration des statues. Une statue n’est pas un mobilier urbain comme les autres, il implique des choix politiques, artistiques et urbanistiques, un piédestal qui la rehausse, une grille qui la protège, une esplanade qui la fait rayonner. Tous ces éléments peuvent être modifiés au cours du temps et la statue peut facilement migrer dans l’espace public, être régénérée ou mourir de ne pas être regardée. De la même manière, sa charge symbolique peut-elle être réactivée volontairement ou au gré des événements, détournée ou se dévitaliser.

Les Amériques offrent un vaste terrain d’étude pour observer la statuaire car les romans nationaux se fondent dans un moule commun, propice aux comparatismes, marqué par les conquêtes, l’esclavage et les indépendances. C’est ainsi par exemple que des statues de Christophe Colomb ont été édifiées aux quatre coins du continent certainement pour des raisons très différentes. Aujourd’hui, elles sont malmenées aussi bien à Boston, Mexico, Arica, La Paz ou San Salvador, sans doute là aussi pour des motifs distincts, c’est justement cela qui nous intéresse.

Par Skype via le lien suivant : https://join.skype.com/BXekGD9RJnGP

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