Vous êtes ici : Accueil / Arts et sciences / Arts visuels / Cinéma / Cinémas en révolution, Tunisie- Syrie. Partie II : Tunisie.Résumé.

Cinémas en révolution, Tunisie- Syrie. Partie II : Tunisie.Résumé.

Par Kmar Bendana : Chercheur - Institut supérieur d'Histoire de la Tunisie contemporaine
Publié par Narimane Abd Alrahman le 05/05/2015
Depuis 2011, le cinéma tunisien, issu en partie d'une tradition cinéphilique datant des années 1950 et considéré jusque là comme un cinéma de festivals et de films d'auteurs (avec quelques succès populaires) est en train de devenir un moyen d'expression plus direct sur l'état général de la société tunisienne.

Le cinéma tunisien après 2011

 

L’index général des films publié dans le catalogue de la 4ème rencontre des réalisateurs de films (Tunis, 18-22 février 2015), établit que 191 films (7 films d’animation, 40 CM documentaires, 64 LM Documentaires, 4 docu-fictions, 53 CM fiction, 23 LM fiction ) ont été réalisés entre 2011 et 2014, dont 62 films en 2014 (21 CM de fiction, 14 CM documentaires, 8 LM de fiction, 19 LM documentaires).

Ce bon quantitatif et qualitatif de la production accompagne une effervescence autour de la diffusion, depuis longtemps handicapée par une législation désuète, une infrastructure indigente en salles de cinéma, en équipements audio-visuels, un travail de médiation paralysé par la bureaucratie et la surveillance. La Tunisie fabrique depuis longtemps de nombreux techniciens (4 écoles de cinéma et autres filières) mais les conditions de distribution du cinéma sont en deçà des besoins et du potentiel des talents. Les habitudes de consommation filmique sur Internet jouent en défaveur de l'exploitation publique.

Depuis 2011, des tentatives diverses essayent de pallier aux besoins de consommation de cinéma. Plusieurs formules de festivals, de caravanes et de manifestations autour des films tunisiens se développent en direction du public (régional, scolaire, estival...). Des initiatives pour rénover des salles (CinéVog, Le Rio à Tunis, à Kasserine, à Nabeul...) sont le fait d'associations et d'expériences solidaires qui apportent leur contribution à cette dynamique qui met le spectateur au centre de l'action culturelle.

Le cinéma tunisien, issu en partie d'une tradition cinéphilique datant des années 1950 et considéré jusque là comme un cinéma de festivals et de films d'auteurs (avec quelques succès populaires) est en train de devenir un moyen d'expression plus direct sur l'état général de la société tunisienne. La part des documentaires augmente et domine largement ; les films à petit budget et indépendants se frayent un chemin. Dans une diversité qui s'accroit et par des initiatives diverses et encore limitées (festivals, cycles, ateliers d'écriture...), la production cinématographique tunisienne depuis 2011 aspire à être plus vue et fréquentée par le public local. Réalisateurs, producteurs, techniciens et critiques, prenant acte des lourdeurs officielles, multiplient les formules et les occasions de projeter ces nouvelles images, branchées sur les problèmes de la Tunisie actuelle.

A la faveur de l'explosion de la parole et de l'image, le cinéma tunisien participe d'une mue. Le phénomène, à peine perceptible, touche à l'extension de l'espace public (notamment en filmant des réalités jusque là timidement approchées) et à l'ouverture à des formes radicalement nouvelles.

Kmar Bendana,
Février 2015.

Voir :


L'intervention complète.

Autres contributions de l'auteur sur notre site :



Une révolution imprévue? Une société méconnue.

films conseillés :


Pousses de printemps.
De Intissar Belaid.

challat_1431711468645-jpg



Le Challat de Tunis.
De Kaouther Ben Hania.
Pour citer cette ressource :

Kmar Bendana, "Cinémas en révolution, Tunisie- Syrie. Partie II : Tunisie.Résumé.", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), mai 2015. Consulté le 25/04/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/arabe/arts/arts-plastiques/cinema/cinemas-en-revolution-tunisie-syrie-partie-ii-tunisie-resume-