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Vers une renaissance anglaise ? Dix ans de politique travailliste de la ville

David Fée et Sylvie Nail (éds)
Cet ouvrage dirigé par David Fée et Sylvie Nail rassemble huit contributions autour des différents enjeux de la politique de la ville en Angleterre pendant les années Blair, questionnant à la fois les intentions et les résultats des gouvernements travaillistes depuis 1997.
Vers un renaissance anglaise ? Dix ans de politique travailliste Les contributions, en français ou en anglais, proposent des études de cas (le rôle du patrimoine dans la régénération du quartier d'Ancoats à Manchester, la renaissance des villes-marchés (market towns) à travers l'exemple de Neston dans le Wirral, la régénération de Birmingham et les relations entre pouvoir local et central) ou des études sur des aspects transversaux  (les jeunes et la renaissance urbaine, le rôle devenu central de la culture, la question de l'évaluation de la politique urbaine ainsi que, en guise de conclusion, un article sur les enjeux, réussites, limites et perspectives d'avenir de la politique de Tony Blair et de son successeur en matière de logement).

Sans faire une revue de détail de toutes les contributions, notons que le premier article rappelle utilement que les fondements de la politique de la ville de Tony Blair reposent sur le travail de Richard Rodgers. Ce dernier a en effet défini l'Urban Design comme le moteur de la renaissance urbaine en Angleterre. Plus qu'une solution, l'Urban Design apparaît comme une méthode pour rompre avec les pratiques d'aménagement urbain des gouvernements précédents. Rodgers (ré-) imagine la ville en conférant une place prépondérante à l'espace public pour une ville durable, compacte et polycentrique. Il s'agit de favoriser la reconquête des brownfields (terrains auparavant utilisés, par opposition à greenfields) et de structurer des unités de voisinage pour que les habitants se réapproprient l'espace public, pour réhabiliter l'espace collectif dans des quartiers plurifonctionnels et denses, à l'opposé du modèle d'étalement urbain nord-américain. Cette philosophie est formalisée dans le rapport Towards an Urban Renaissance, présenté par le groupe d'experts Urban Task Force, constitué en avril 1998 et présidé par Richard Rodgers. Paru en 1999, ce rapport est le « véritable guide de la renaissance urbaine » et sous-tend l'action gouvernementale en la matière.

Le New Labour a développé une politique ambitieuse autour des villes avec pour objectif de concilier trois axes majeurs : attirer et retenir les entreprises dans un contexte de concurrence mondiale (les villes doivent donc être des moteurs économiques), répondre à la crise nationale du logement et apporter plus de justice sociale, car pauvreté et exclusion sociale sont davantage présentes en ville qu'à la campagne. Au bout du compte, l'élargissement des ressources humaines et le retour à l'emploi doivent permettre un renforcement de la croissance économique et réduire la dépendance aux allocations. La réponse à la crise de l'Etat providence n'est donc ni l'Etat, ni le marché mais l'individu. On retrouve là le crédo thatchérien.

A travers les différentes contributions, le lecteur est amené à comprendre que de nombreuses limites viennent fortement nuancer les intentions affichées par le gouvernement central ou les autorités locales, que ce soit en matière de participation citoyenne (implication des populations dans les projets culturels et dans les processus de décision), de mixité et d'exclusion sociale, et que la continuité avec la politique menée par les gouvernements conservateurs est souvent évidente.

Les tensions entre le centre et la périphérie des villes, le gouvernement central et les autorités locales, les élites dirigeantes et les citoyens, les petites villes et les grandes, les riches et les pauvres n'ont pas été apaisées (elles se sont quelquefois au contraire accrues). L'exclusion sociale n'a pas plus été résorbée, de l'aveu même de Tony Blair, comme le note Sarah Pickard citant ce dernier qui s'exprime à propos de ceux qui grandissent dans des foyers de chômeurs de génération en génération : « the rising tide has not helped lift them ». Richard Rodgers a en tout cas pris ses distances avec le bilan de Tony Blair en matière de renaissance urbaine.

compte-rendu de lecture rédigé par Fabien Jeannier


Sylvie Nail est professeur en civilisation britannique à l'université de Nantes. Ses recherches portent sur l'étude des formes symboliques du rapport  l'environnement et sur l'élaboration culturelle de ce rapport en Angleterre, ainsi que surles politiques publiques relatives aux espaces verts.

David Fée est maître de conférences en civilisation britannique à l'université Sorbonne nouvelle - Paris 3. Les politiques de logement en Grande-Bretagne constituent l'objet de ses recherches. Ses travaux actuels portent sur la crise du logement en Grande-Bretagne.

  • SOMMAIRE

Sylvie NAIL et David FÉE - Introduction

Stéphane SADOUX, Gilles NOVARINA et Charles AMBROSINO - L'urban Renaissance : la ville selon Richard Rogers ?

Rebecca MADGIN - The Role of the Historic Environment in Facilitating an Urban Renaissance

Sarah PICKARD - Young People and Urban Renaissance in Great Britain since 1997

Cécile DOUSTALY - Le rôle de la culture dans la renaissance urbaine depuis 1997
en Angleterre : de l'économique au socioculturel ?

Sylvie NAIL - La Renaissance à l'échelle des villes-marchés

Cecilia WONG - Indicators and Urban Policy-Making: The British Experience

David FÉE - New Labour et Birmingham: frein ou moteur de la renaissance ?

Alan MURIE - Urban Regeneration and Renaissance in England: Tensions, Exclusions and Market Responses


Presses Sorbonne Nouvelle
Vers une renaissance anglaise ? Dix ans de politique travailliste de la ville
David Fée et Sylvie Nail (éds)
décembre 2008
192 pages
20 €

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mise à jour le 21 avril 2009
Créé le 21 avril 2009
ISSN 2107-7029
DGESCO Clé des Langues