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L’horizon de la fin des temps chez les réformateurs de la période Tudor

Par Monique Vénuat : Professeur - Université Clermont-Ferrand 2 - Blaise Pascal
Publié par Clifford Armion le 27/09/2011
Le sentiment de l'imminence de la fin des temps se manifeste chez de nombreux auteurs dans le contexte des luttes confessionnelles à partir de l'expansion de la Réforme protestante au XVIème siècle. Il est alimenté par l'interprétation des passages prophétiques de la Bible, en particulier l'Apocalypse de Jean. On s'intéresse ici aux textes de trois auteurs protestants anglais, The Image of Both Churches de John Bale (1547), la traduction-adaptation en anglais par George Joye des Conjectures sur la Fin du Monde d'Andréas Osiandre, puis les Actes and Monuments de John Foxe.

La fin du monde - une éventualité qui périodiquement inspire craintes ou attentes exaltées. Les prédictions suscitées par le passage dans le troisième millénaire, il y a un peu plus d'une décennie, ou, à l'heure où nous écrivons, par l'approche de l'année 2012, nous le rappellent. Le questionnement sur la fin était présent dès les premiers siècles du Christianisme, où l'on s'interrogeait sur les passages de l'Evangile de Matthieu (Matt. 24), de l'Epître à Timothée (les « derniers temps troublés », I Tim. 4:1), ou de l'Apocalypse de Jean (Jn., Apoc. 20) évoquant les derniers temps, le jugement dernier, la destruction de la première création. Il connut un regain d'intérêt à l'approche de l'an mil, puis, à la charnière des XIIème et XIIIème siècles, à la faveur des écrits de Joachim de Flore. Il resurgit dès les débuts de la Réforme protestante au XVIème siècle, la prédication de l'Evangile, principal moteur de celle-ci, en étant perçue elle-même comme un signe, la détection de l'Antéchrist dans la papauté en constituant un autre. Pour autant une grave question se pose : est-il possible et si oui légitime de chercher à voir au-delà de l'horizon, à connaître la date de la fin ? Le Christ et les apôtres n'ont-ils pas mis en garde à plusieurs reprises, ainsi l'avertissement de Actes 1 :7 repris par st Augustin (sermon sur le psaume 6) : « Ce n'est pas à vous de savoir les temps ni les moments que le Père a fixés de son autorité » ? Aussi observe-t-on d'abord une réserve prudente à cet égard, de même que certaines réticences à aborder l'Apocalypse de Jean qui précisément offre un tableau de la fin des temps. A mesure que la Réforme progresse - et que la confrontation avec les autorités catholiques se durcit, on s'enhardit et l'Apocalypse devient le thème de sermons et commentaires chez les réformateurs continentaux. Le premier commentaire fut sans doute celui de François Lambert, vers 1529. Côté anglais c'est dans la phase de répression qui suit les Six articles, alors que ceux qui ne veulent s'y plier choisissent l'exil dans les territoires gagnés à la Réforme, que ce courant d'interprétation devient source d'inspiration. Je propose de voir à travers trois textes, The Image of Both Churches de John Bale, la traduction-adaptation en anglais par George Joye des Conjectures sur la Fin du Monde d'Andréas Osiandre, puis les Actes and Monuments de John Foxe, comment le commandement du secret cède par étapes - ou résiste - et selon quelles modalités de calcul on entreprend de scruter l'horizon de la  fin.

1. "L'image des deux Eglises" de John Bale

Ancien moine passé à la Réforme, devenu adversaire féroce de l'Eglise romaine, passionné d'histoire, connu pour son langage particulièrement cru, John Bale (1495-1563) s'exila en Allemagne en 1540 avec femme et enfants ; il s'intéressa alors de plus près à l'Apocalypse de Jean et à ses commentateurs, et entreprit d'en rédiger une paraphrase, intitulée The Image of Both Churches, Being an exposition of the most wonderful book of REVELATION of St John the Evangelist, dont la version finale parut en 1547. Il la rédigea en trois étapes : la première en 1541, la deuxième en 1545, la troisième à la  transition entre le règne d'Henri VIII et celui d'Edouard VI, en 1547. La version utilisée ici est celle de The Select Works of John Bale, ed. Parker Society, Cambridge 1849.

Cette Image of Both Churches allait devenir un fonds argumentaire inépuisable pour les polémistes protestants ultérieurs. Bale y dépasse l'interprétation devenue habituelle chez les réformateurs des événements contemporains dans l'éclairage eschatologique des Evangiles et des Epîtres pour lire dans les chapitres de l'Apocalypse les épisodes de l'histoire du monde, de l'Eglise et de l'Angleterre. Il s'appuie pour cela d'une part sur l'intertexte biblique, en particulier les autres livres prophétiques et d'autre part sur les histoires d'Eusèbe, de Bede et de Sleidan, et sur des chroniques antérieures (principalement celle de Joachim de Flore) ou contemporaines (celles de Schedel, de Sébastien Franck  qui avait repris la précédente, de Sébastien Meyer, et surtout celle de Johanes Carion, qui fut reprise et révisée en 1532 par les luthériens Mélanchthon, Camerarius et Corvenius et dont une version anglaise fut publiée en 1550 par George Joye).

Le titre, qui rappelle l'opposition augustinienne des deux cités, souligne l'antagonisme entre les deux camps dans lesquels se répartit l'humanité, Eglise vraie - fausse Eglise qui est rapidement devenu un lieu commun chez les polémistes de la Réforme, et s'enrichit des thèmes et images de l'Apocalypse. La prostituée assise sur la bête du chapitre 17 et la Babylone dont le chapitre 20 annonce la chute sont assimilées à la fausse Eglise, l'Eglise romaine qui persécute l'Eglise vraie du Christ. On voit l'image de cette dernière dans la femme enveloppée de soleil, menacée par le dragon et retirée 1260 jours au désert du chapitre 12 et dans la Nouvelle Jérusalem, l'Epouse de l'agneau. Elle est évoquée au début de l'Apocalypse, dans le message de l'Ange à l'Eglise de Philadelphie (Apoc. 3 : 12) mais surtout au chapitre 21.

L'originalité de Bale est de donner ici à cet antagonisme un dynamisme historique en établissant des liens chronologiques entre les visions du livre et les épisodes choisis de l'histoire du monde et de la lutte entre les deux camps - qui selon des pronostics de plus en plus unanimes devrait bientôt s'achever, avec l'ultime bataille d'Armageddon (ou Har Magedon). Quant à sa périodisation, à la base elle reprend celle de la plupart des chroniques universelles, adoptée notamment par Johannes Carion, divisant l'histoire de l'humanité en sept grandes périodes, six d'Adam à Christ et la septième de Christ à la fin des temps. Cette périodisation fut systématisée à la fin du XVème siècle dans le Fasciculus Temporum de Werner Rolewinck (1496). Elle se fonde sur la prophétie d'Elie tirée du Talmud : le cycle des six jours de la Création et du repos du septième jour permet, rapporté à l'idée que mille ans sont comme un jour pour le seigneur, de supposer que le monde doit durer six mille ans sous la génération et la corruption, pour aboutir à la fin des temps à un sabbat perpétuel. Pour connaître la date de la fin, il suffit en principe de savoir combien de temps s'est écoulé depuis la création. Mais on verra que d'autres éléments rendent le calcul plus complexe.

2. L'ouverture des sceaux et le chiffre de la Bête : la périodisation de Bale

Bale pour sa part ne cherche pas à calculer une date de fin. En revanche il introduit un repérage interne aux 6000 ans, à partir de certains des chiffres de l'Apocalypse : 7 (les sept sceaux) et 666 (le chiffre de la bête) (Jn. Apoc. 13:18). Ce dernier se décomposerait ainsi : les six centaines sont les six premières longues périodes de la Création de l'homme à la première venue du Christ (inaugurant le Sabbat de l'Esprit) et dont la durée va décroissant. Les six dizaines sont six autres périodes plus courtes, à partir de l'ascension du Christ. Le début de chacune est marqué par l'ouverture des six sceaux ; celle du septième sceau marquerait l'entrée dans un deuxième sabbat qui ne serait cependant que de courte durée et serait suivi d'une nouvelle mais brève période de persécutions (les six unités) puis enfin du jugement dernier (Jn. Apoc. 20) et du Sabbat perpétuel ( « Ses serviteurs [de l'agneau] [...] règneront aux siècles des siècles » ; Apoc. 22 :3-5) (John Bale 449-450).

Bale s'attache surtout à la période inscrite dans les six sceaux, l'ère chrétienne, avec un intérêt particulier pour l'Angleterre. Il y repère les jalons historiques de la corruption de l'Eglise, dont le premier et le plus important est la donation de Constantin (dénoncée par ailleurs comme une imposture) pour avoir introduit la possession de territoire dans l'Eglise et l'avoir associée au pouvoir terrestre. C'est cette corruption qui plus tard rendit possible son investissement par l'Antéchrist survenu avec l'élection au pontificat du maléfique Sylvestre II en 999 - que Bale fait coïncider avec la libération de Satan après ses mille ans de captivité (dans l'Apocalypse de Jean, Jn. Apoc 20 : 2-3, Satan est lié pour mille ans. Bale fait implicitement correspondre l'enchaînement de Satan à la naissance du Christ). Le règne de l'Antéchrist est caractérisé par le triomphe des fausses doctrines et la persécution des élus qui cherchent à proclamer la vérité  comme lors des condamnations scandaleuses de Wycklif et de Hus ; celle du premier aurait été suivie d'un tremblement de terre, dont Bale lit l'annonce prophétique dans les tremblements de terre d'Apocalypse 11 :13. Il estime que ces persécutions vont bientôt s'achever et qu'on se trouve vers la fin de la période inaugurée par l'ouverture du sixième sceau ; il avance que les premiers signes de la venue du deuxième Sabbat sont déjà apparus en Angleterre - avec les premières mesures de Réforme introduites sous Henri VIII, et malgré le revirement marqué par les Six Articles de 1539. Il reste à voir si ce deuxième sabbat pourra s'établir plus durablement mais ceci déclare Bale, qui prie pour le jeune Edouard, est entre les mains du Seigneur. Il s'en tient au décryptage du passé et du temps présent -  et s'abstient de chercher à percer les secrets de Dieu, et de prédire l'avenir. Pour les derniers chapitres de l'Apocalypse (la fin du chapitre 20, les chapitres 21 et 22), situés en dehors des temps historiques, de la vision du trône à  la descente de la nouvelle Jérusalem, (Jn. Apoc. 20 : 11)  Bale observe une réserve prudente : "I counsel no man to be curious in the search of so high mysteries as this here is one, without the fear of God; lest he, overcome of their exceeding brightness, be thrown into [...] blindness of the spirit. Rather submit your weak judgments [...] confessing God's secret counsels to be unsearchable, and his ways past finding out. [...]." (John Bale 584)

Pour autant s'il ne s'aventure pas à pronostiquer la manière ou la date des événements, il suggère qu'on entrevoit peut être déjà à l'horizon les contours de la Nouvelle Jérusalem. Il souligne que l'ange qui en mesure les murailles utilise des mesures humaines et suggère que celles-ci correspondent à des fonctions dans l'Eglise-Commonwealth. Ceci autorise à penser que la Jérusalem céleste pourrait peut-être descendre dans une Eglise terrestre si celle-ci était conforme aux prescriptions du Nouveau Testament.

3. "Les Conjectures sur la fin du Monde" d'Osiandre, dans l'adaptation anglaise de George Joye

L'avènement d'Edouard VI, à qui Martin Bucer dédie en 1551 son De Regno Christi, programme détaillé d'établissement d'une Eglise, encourage tous les espoirs en ce sens. Les exilés reviennent et en 1548 l'un d'eux, George Joye (ca. 1492-1553), s'aventure un peu plus loin en  proposant au public une version anglaise des Conjecturae de ultimis temporibus ac de fine mundi ex sacris literis d'Andreas Osiandre (ou Andreas Hosemann) parues en latin en 1544 puis en allemand en 1545, à laquelle il ajoute une introduction et quelques touches personnelles. Licencié en théologie, dénoncé pour ses opinions hérétiques, Joye s'était enfui à Strasbourg en 1527. Installé à Anvers en 1534 il avait été l'assistant de Tyndale dans la traduction du Nouveau Testament, mais s'était brouillé avec lui. Sa version anglaise du texte d'Osiandre connut plusieurs éditions la même année : The Conjectures of the ende of the Worlde and of that godly and learned man, Andrew Osiander (Anvers, in-8), The Conjectures of the ende of the Worlde by A. Osiander translated by Ge. Joye with many things by him added et The Conjectures of the ende of the Worlde (gathered out of Scripture by A. Oseander (in-8, Genève ?).

4. La levée du secret

L'intention est cette fois de déterminer au moins approximativement la date de la fin du monde. Quant à la question du secret qui s'y attache, dans une brève introduction Joye invoque la nécessité d'être à même de reconnaître les signes précurseurs de la fin : "that we might in time lift up our heads, awake out of our beastly and sinful living, gladly to come forth with our bright lamps to meet our bridegroom." (George Joye fol 2, cf. Luke 21 : 28 1 21 : 34 & Matt 25 :1-13 : "Awake and watch for ye know not the daye nor yet the hower when the sone of man shall come." "Veillez donc, puisque vous ne connaissez ni le Jour, ni l'Heure.")  ou encore pour que ceux qui sont encore captifs de la bête de Rome puissent la fuir à temps (George Joye fol 2, cf. Jn. Apoc.  13 :10 & 18 : 4). Osiandre, qu'il traduit, remarquait : "our Lord said not that world, or that age, or that year of His coming of no man to be known, but only the day and hour no man to know them", soulignant que  le Christ nous invite même à être attentifs aux signes annonciateurs du Jour du Seigneur : "For verily, [...] did He lovingly provoke us both to observe and wait for the same time, [...]." (George Joye fol 6). Osiandre se sent donc autorisé à élaborer une série de conjectures qui par recoupements amènent à proposer sinon une date pour la fin du monde, du moins une fourchette de dates. Il explique qu'il les a d'abord communiquées en privé à des amis puis que, de peur que quelque effronté ne s'avise de les publier en l'état il a préféré le faire lui-même après les révisions utiles (George Joye fol 8).

5. Les 6000 ans du monde et leur élasticité

Avec la première conjecture, on retrouve le postulat d'Elie "[...] which the Jewes recite as out of the mouth of God, spoken in diverse places of their book called Thalmude" (George Joye fol 13) sur les six mille ans du monde (dont 2000 sous les jours du Messie). Il est confirmé chez Osiandre, qui fait aussi référence à d'autres livres de la tradition juive, par le fait que Hénoch et Elie, qui furent transportés dans l'immortalité, sans goûter à la mort, étaient de la septième génération à partir d'Adam ; donc comme les six générations précédentes avaient connu la mort, et eux avaient été élevés à l'immortalité, de même la mortalité des hommes durera six millénaires et au septième nous serons élevés pour aller au devant de Christ pour le jugement (George Joye fol 13). Ceci nous amène toujours à l'an 2000 mais selon Osiandre qui évoque au passage les calculs de Pic de la Mirandole en 1486  (qui avait avancé la date de 1583 pour la fin), de justes raisons conduisent à penser que ce millénaire ne sera pas accompli en entier et que de Christ à la fin du monde, il n'y aura pas plus de 2000 ans et peut-être même beaucoup moins comme l'a dit Elias (George Joye fol 12-13). C'est à tort estime Osiandre que les rabbins ont ajouté par la suite l'idée que la venue du Messie avait été différée à cause des péchés des hommes, et que les juifs « attendent un autre messie que notre Seigneur Christ,  [...]. » (George Joye fol 9) On peut même penser au contraire que l'attente sera abrégée - l'idée que la fin pourrait survenir avant la fin du siècle émerge chez les luthériens allemands, et dans l'Angleterre d'Edouard VI, on se risque à se demander si, dans ces circonstances devenues favorables à cette édification de l'Eglise qui doit précéder la Parousie et le Jugement Dernier, la génération actuelle pourrait vivre ces événements. Ainsi dans un sermon prêché devant le jeune roi en 1552, Hugh Latimer, s'il rappelle que, le monde devant durer 6000 ans,  il doit encore s'en écouler 448, ajoute que ces temps seront abrégés à cause des élus et que les signes de l'approche de la fin sont apparus : "Antichrist is known throughout the world. Wherefore the day is not far off. Let us beware, for it will one day fall upon our heads." La référence est aux Epîtres de Jean  (I Jn. 2 : 18-23 et II Jn. 7-8) en particulier I Jn. 2 : 18-23 sur l'antéchrist ou les antéchrists : « Petits enfants, c'est la dernière heure, et comme vous avez appris qu'un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists : par là nous connaissons que c'est la dernière heure. » (Hugh Latimer, "3rd sermon upon the Lord's Prayer", 1926, 305-6).

Osiandre avance une autre explication en observant que sous la loi, le premier jour du sabbat commençait en fait la veille au soir, par anticipation. Il s'ensuit, par le jeu des projections analogiques, que le premier millénaire ne sera pas entièrement voué au labeur de la vie mortelle, mais le soir en sera  transposé dans ce bienheureux et éternel repos [...]. ("even so shall not the first millenariy be all full hole given to the laborouse last mortal life, but the most gloriouse beautiful part thereof about the evening shall be antevorted and prevented of that blessed and everlasting rest,[...]" fol 14). Ceci ne nous dit toujours pas quand - mais Osiandre le précise dans une série de conjectures que nous tâcherons de résumer au mieux :

Selon l'une d'elles, fondée sur l'Epître aux Romains où Paul déclare qu'Adam était la forme et l'image de Christ à venir, et la 1ère épître aux Corinthiens, il fait de Christ un autre Adam dans l'esprit qui donne vie, il devrait s'écouler de Jésus Christ -  l'Adam céleste ou Adam Kadmon (Joye fol 16) jusqu'à la catastrophe finale autant de temps que depuis l'Adam terrestre jusqu'à la catastrophe du déluge au temps de Noé, soit 1656 ans. (Joye fol 16) Il est très probable que la fin du monde surviendra vers l'an du Seigneur 1656, ou 33 ans plus tard si on compte à partir de la résurrection. Pour cette durée Osiandre s'appuie sur les chroniques antérieures et sur le fasciculus temporum et, pour le rapprochement avec Noé, sur  Matth.24 et Marc 13 où il est dit précisément que seul le Père connait le jour et l'heure : il est dit ensuite que la venue du Fils de l'homme sera « comme les jours de Noé ».

Un autre calcul est basé sur les 33 ans et « quelques jours », de la vie humaine du Christ et son âge, presque 30 ans, à son baptême, avant sa prédication : la Parousie devrait donc survenir au bout du même nombre d'années (30), mais de « grandes années » ... Et Osiandre d'expliquer qu'il y a dans l'Ecriture Sainte deux sortes de grandes années, l'année Angélique, que les Anges dans Daniel appellent souvent « un temps », qui  contient autant d'années qu'il y a de jours dans une année lunaire, c'est à dire 354 et l'année Mosaïque, ou grande année de Moïse, ou année Jubilaire, qui couvre 50 de nos années ou la durée d'un Jubilée à un autre. C'est elle qu'il convient d'utiliser ici : 33 x 50 font 1650 de nos années, auxquelles on en ajoute 6 pour le nombre des jours, dans lesquels Christ a vécu au delà de 33 ans : et ainsi nous retrouvons les 1656 années de la conjecture précédente. (Cap. iij The third conjecture, Joye fol 18-22).

Osiandre justifie encore ce calcul par un rapprochement systématique entre les événements de la vie du Christ et les étapes de l'histoire de l'Eglise. Par exemple, de même que Christ vers les débuts de sa prédication, chassa les marchands du temple, de même après le trentième Jubilée de l'Eglise du Christ, [on] en a chassé les marchands de pardons, mérites, messes, [...] de la prostituée romaine. ("Also as Christ anon about the beginning of his preaching this, in the first path tide? Threwforth the buyers and sellers out of the temple, even so the doctrine of the gospel, now sprounge up after the thirty Jubile of the church, hath cast out of Christ's church the buyers and sellers of poppish pardons, merist, messes, lippe labors with all other like papistrye and dyrty dregges of the whore of Rome. [...]Now therefore sith it is so cleare and evident, the Jubileis of the churche so justely to agree with the yeares of Christes lyfe: [...]" Joye ). On voit ici le mécanisme de justification de l'un par l'autre (du calcul par les événements et des événements par le calcul) pour prouver que les Jubilées de l'Eglise concordent avec les années de la vie du Christ.

6. Le chiffre de la Bête, la fin des temps et les deux chutes de Rome

Les Apocalypses de Daniel et de Jean fournissent d'autres chiffres et, avec leurs bêtes pluricéphales et multicornes et leurs empires respectifs, une autre piste. D'après Osiandre, la quatrième bête de Daniel et la Bête de Jean sont des allégories de Rome, qui par deux fois a dominé le monde : la première domination sous les empereurs, et la deuxième domination, bien pire que la première, préparée par Satan usant de toutes ses ruses, sous les papes (4° conjecture, Cap. Iiij., Joye fol 57-58). Osiandre déchiffre ainsi la marque, ou chiffre, ou nombre de la bête, les 666, d'Apocalypse 13:16-18 : "The Greek letters wherewith this number 666 is written, also make up this word, Lateinos, which name Virgil also gave to Rome. But the Hebrew letters make Rhomah, which signifies a proud beast." (Joye fol 93). Etre marqué du nom de la Bête, ou du chiffre de son nom est une métaphore signifiant adopter son comportement, se plier à ses coutumes. Porter sa marque sur le front, c'est manifester son orgueil et perpétuer ses superstitions, ou encore porter les tiares et autres coiffures, ou les tonsures du clergé romain, la porter sur la main, pratiquer les rites blasphématoires de l'Eglise romaine ; ne pouvoir acheter ni vendre sans cette marque est être frappé d'interdit pour refuser d'obéir au pape ("The number CCCCCClxvi.", Joye fol 93-97).

Rome a déjà été détruite une fois, ainsi lorsqu'elle le sera pour la seconde fois, alors pas de doute la fin du monde sera proche - mais quand cette deuxième destruction aura-t-elle lieu ? Pour répondre à cette question, Osiandre étabIit un nouveau parallélisme chronologique entre les périodes de Daniel et celles de Jean. Dans Daniel (Da.7:23-27) il est dit de la domination de la petite corne de la quatrième bête (qui n'est autre que la monarchie des Césars pour Osiandre) : "And they [the saints] shall be delyvered into his hand unto a tyme, and tymes, and to half a tyme" - selon Osiandre ceci fait trois années et demie - mais des années angéliques de 354 années lunaires, soit 1239 années humaines. [...] durée de la première domination romaine (l'empire). (Joye fol 37-39 et  Cap. iiij fol 51).

Or la formule (un temps, des temps, la moitié d'un temps) se retrouve au douzième chapitre de l'Apocalypse de Jean où elle désigne la période où la femme menacée par le dragon, se réfugie au désert -  il est aussi dit dans un autre passage qu'elle y est nourrie pendant 1260 jours. Par ailleurs dans Apocalypse 13 : 5 il est accordé à la bête de sévir et persécuter 42 mois : or 42 x 30 (soit le nombre de jours dans un mois, ici des mois romains de 30 jours et non les mois lunaires de l'année juive) (Joye fol 75) font 1260, dont Osiandre démontre que c'est la même durée que le temps, les temps et la moitié d'un temps de Daniel - ces 1260 jours sont à convertir en années : "In its prophetic context we are to understand and calculate these days as Angelic days, taking a day for a year, or 1260 years. This being so, once this time period is fulfilled it cannot be doubted that the end of the world is anon at hand." Mais il reste à savoir à partir de quand compter les 1260 années : "But the question remains, at what point in history shall we begin to count these years?" (Joye fol 97-107) Osiandre propose de partir de la fin de la première domination, c'est à dire le sac de Rome par les Goths vers 412 ; la chute de la Rome des papes, précédant la fin, devrait donc survenir en 1672.  "For so shall it come to passe, that the ende of bothe the Pope and of Rome, and of the worlde shall fall into the yeare of our Lorde, aboute m.cccccc.lxxxviij. (1688). Whiles the fall of the Pope is lyke to come in the yeare of Christ, about m.cccccc.lxxij. (1672). So that the Popedom slayn & extinct, yet shall there remain, as it were, xvi (16) years in which men [...] shall begin agen to lyve in a wealy securytie and in all manner voluptuose lustes as they were wont to do." (Joye fol 110-111).

C'est ici que Joye le traducteur se démarque de sa source - soit qu'il veuille avoir le mot de la fin, soit qu'il n'ait pas la patience d'attendre - et estime qu'il convient de compter les 1260 années à partir de 287, début du règne de Dioclétien, qui fut marqué par de féroces persécutions, mais aussi par la multiplication des hérésies. Ceci nous amènerait en 1577, horizon beaucoup plus proche - avec là aussi une marge d'une trentaine d'années correspondant aux années entre la naissance et la résurrection. (Joye fol 112-113). Joye meurt en 1553, et ne peut vérifier ses calculs. Ceci lui épargne cependant la cruelle déception qui frappe les autres réformateurs anglais la même année. Tous leurs espoirs de voir s'établir le règne du Christ s'effondrent avec la mort d'Edouard en qui ils saluaient un nouveau Josias, et l'avènement de sa demi-sœur Marie dans l'été 1553. L'adversaire, l'Eglise Catholique Romaine, triomphe et persécute à nouveau. Nouveau temps d'exil pour ceux qui n'ont pas la vocation du martyre. Nouvelles réflexions sur la période - tandis que l'attente de la fin s'installe dans la durée.

7. Les Actes et Monuments de John Foxe

Il va en sortir une des œuvres les plus célèbres de l'époque, les Actes and Monuments de John Foxe (1516-1587). Au départ un court traité en latin, Acta Martyrum, paru à Strasbourg en 1554, elle se transforme dans ses versions successives et sans cesse augmentées de 1559 à 1583 en une histoire de l'occident chrétien dans laquelle l'Angleterre occupe une place prépondérante.

Comme le suggère le titre d'une des éditions, Actes and Monuments of these Latter Perilous Days, Foxe partage le sentiment d'imminence eschatologique des militants de la Réforme. Sa démarche est plus proche de celle de Bale dans l'Image des Deux Eglises que de celle d'Osiandre présentée par Joye en ce qu'elle se veut celle d'un historien de l'Eglise même si la méthode adoptée diffère : Bale avait intégré l'histoire à la paraphrase de l'Apocalypse et intégrait la chronologie à une exégèse biblique. Foxe, qui procède par compilation et commentaire de sources, écrit une histoire de l'Eglise et de la nation anglaise depuis les débuts jusqu'à sa propre époque censément finale et intègre la glose biblique à cette histoire. Cependant dans les dernières versions de son livre, Foxe se rapproche d'Osiandre en tentant d'évaluer la date de la fin et en intégrant à sa périodisation une interprétation des chiffres de l'Apocalypse (les 42 mois, les 1260 jours, les temps) : à la différence de Bale qui déclarait simplement que l'Eglise vraie (la femme) était toujours nourrie de la pure parole, à l'écart des traditions des hypocrites, et que les temps pendant lesquels le Seigneur la nourrit ainsi dans le secret sont tantôt plus longs tantôt plus courts. "A place hath she in this desert appointed of God, wherein she is nourished for a time, for times, and for the half-time ; [...]. There is the true church nourished with the pure word, not mixed with the leaven of Pharisees. There is the faithful congregation at all times fed, without the traditions of hypocrites.[...] And this feeding-time of the Lord in secretness hath been sometime shorter, sometime longer, and sometime shortest of all, according to the times of persecution and of blindness in the enemies." (Bale 1547,  417).

Ces différences entre Bale et Foxe peuvent être liées à leurs influences et contacts respectifs. Bale s'était intéressé aux commentateurs luthériens et zwingliens de l'Apocalypse, et s'était inspiré de Carion ; Foxe avait sans doute été en contact avec Jean Sleidan (1506-1566) « historiographe du Prince de Hesse et professeur de droit à Strasbourg », et qui « s'était rendu en Angleterre en 1551 sur l'invitation de Cranmer et écrivait sur la Réforme depuis 1540. Il s'était intéressé aux prophéties de Daniel sur les quatre grands Empires suivis de celui du Christ revenu sur terre et aux trois siècles de martyrs décrits par Eusèbe dans son Histoire Ecclésiastique. » (E.R. Briggs, 1980, 153). « Le Christianismi Restitutio de Servet était également connu de Foxe : 3 ans ? ou 1260 jours du ch VII de Daniel, v. 23-24 comme symbole des 1260 années réelles s'écoulant depuis le concile de Nicée en l'an 325 [...] ». (E.R. Briggs, 1980, 155).

8. Les 1260 jours et les 42 mois de l'Apocalypse rapportés à l'histoire de l'Eglise

Dans les premières versions des Actes and Monuments, Foxe s'inspirait pour sa périodisation « d'Eusèbe et de sa description des dix persécutions de l'Eglise primitive terminées par la paix de l'Eglise », (E.R. Briggs, 1980, 153) marquée par la conversion de Constantin (314). Pour Foxe, celle-ci marque le début des mille ans de captivité de Satan. A partir de l'édition de 1570 il répartit l'histoire en cinq périodes (five sundry diversities of tymes) de 300 à 400 ans à partir de la prédication du Christ : la première, celle des premières persécutions, jusqu'à Constantin, la deuxième, celle de l'Eglise florissante (the florishing time of the church), la troisième, 300 ans plus tard, celle du déclin de l'Eglise (the declining tyme of the church), avec la montée de la superstition et de l'hypocrisie. Puis vient le temps de l'Antéchrist dans l'Eglise ou désolation de l'Eglise, qui s'étend sur 400 ans, jusqu'à l'époque de Wyclif et de Hus. C'est dans celle-ci qu'intervient la libération de Satan, que Foxe situe en 1324, soit mille ans après la victoire de Constantin : "[...] which thousand years, if ye adde to the xlij (42) monethes of years, that is, to 294. yeares: they make 1294 yeares, after the passion of the Lord. To these add moreover the thirty yeares of the age of Christ, and it cometh to the yeare of the Lord 1324." (Foxe 1583, 1 col. 2. / 2). Vient ensuite le temps de la réformation de l'Eglise et de la révélation de l'Antéchrist dont Foxe écrit qu'elle dure depuis 260 puis, dans l'édition de 1583, 280 ans. Ceci situerait le début de cette dernière période en 1303 et on peut donc remarquer que les périodes tendent à se chevaucher. Quand à la date à laquelle cette dernière période prendra fin seul le Seigneur, maître de toutes choses le sait, déclare Foxe (Foxe 1583, 1 col. 2. / 2). Cependant, dans les dernières éditions, il déclare sêtre longtemps demandé si, alors que les tourments des enfants de Dieu duraient depuis si longtemps, il était possible que Dieu ne leur ait pas laissé quelque indication de la fin des tribulations afin qu'ils puissent y trouver une consolation. Il en était arrivé à la conclusion que Dieu non seulement avait fixé la durée des persécutions et les tribulations de son peuple mais en avait fait une révélation particulière dans l'Apocalypse de Jean. Foxe entreprit alors de chercher la clé (ou les clés) permettant d'accéder à cette connaissance. C'est lors d'une rêverie matinale et dominicale qu'il lui apparut qu'il convenait de compter les 42 mois d'Apocalypse 13 par « sabbat d'années », c'est-à-dire sept ans, comme les semaines de Daniel. Comme Osiandre et Joye, il estime que les 3ans et demi ; le temps, les temps et la moitié d'un temps, les 1260 jours et les 42 mois sont une seule et même durée : 3 ans 1/2 = 3 x 12 = 36 + 6 = 42 mois. 1260 / 30 = aussi 42. Les références dans l'Apocalypse sont les mêmes. S'y ajoute Rev. 11 : 3 où les 2 témoins prophétisent 1260 jours sous le sac et 11 : 8 où leur corps reste 3 jours et demi sans être enterré (Foxe 1583). Mais ici son calcul est différent : 42 fois 7 font 294 années - qui correspondent à la première  période de persécutions jusqu'à la victoire de Constantin sur Maxence en 327. Si on y ajoute les 6 ans de persécution sous Licinus en Asie on obtient 300. Par le jeu de miroirs de l'histoire, la dernière période de persécutions devrait avoir la même durée que la première, soit 294 ou 300 ans. Au lecteur de calculer - selon plusieurs modes : si l'on ajoute les 300 ans à 1324 (libération de Satan) on arrive à 1624 ; et si l'on retranche les 33 ans de la vie du Christ, on arrive à 1591. Curieusement on arrive à la même date si on ajoute ces 33 ans à la date du début du règne d' Elisabeth, que Foxe met en parallèle avec Constantin - car de même que Constantin en 324 avait mis fin à la persécution des Chrétiens, l'avènement d'Elisabeth devrait avoir marqué la fin de la persécution des Protestants. Le retour du Christ pourrait donc survenir en 1591 ... Mais Foxe meurt en 1587, laissant inachevé le traité sur l'Apocalypse sur lequel il travaillait.

D'autres prendront la relève et au siècle suivant les calculs se multiplient et les attentes s'exacerbent alors que l'horizon de la fin, fidèle à sa nature d'horizon, s'éloigne sans cesse. Que dire sur cette quête qui peut sembler obsessionnelle de la date de la fin des temps ? Elle s'intègre bien sûr à une recherche plus générale de sens et de signes, de repères alors que la Réforme a évacué ou est en train d'évacuer hors de l'Eglise, avec le rejet des intermédiaires et des intercessions, les rituels et les croyances rassurants du catholicisme romain. Comme l'a écrit Jung l'homme se retrouve plus ou moins seul dans sa relation avec Dieu qui peut sembler bien inaccessible (Jung, 1937). On se tourne vers la Bible, réceptacle de sa Parole et on ne peut que s'interroger sur ces passages qui évoquent la fin et les antéchrists. Localiser ces derniers chez l'adversaire (le diable d'ailleurs c'est l'adversaire étymologique) aide à se conforter dans les interprétations doctrinales et les formes institutionnelles en voie d'élaboration, en premier lieu à retourner les accusations d'hérésies et de nouveautés - la fonction est éminemment polémique. En ce qui concerne plus précisément le sentiment que la fin est proche, la tentation d'en évaluer le degré d'imminence voire la date trouve aussi une explication dans les troubles qui caractérisent la période et dans l'instabilité du statut de la Réforme dans les différents pays d'Europe - en Angleterre les circonstances sont tantôt favorables, voire idéales sous Edouard, tantôt catastrophiques - sous Marie Tudor. Garder les yeux fixés sur cet horizon, en espérant y voir bientôt paraître le Messie, aide autant à attiser l'ardeur des bâtisseurs de l'Eglise, en période faste, qu'à éviter le découragement et la défection des timides, en période de persécution. Sur un autre plan enfin l'attente exaltée de la fin répond toujours - avec l'évocation de la vie éternelle, de la résurrection - à la question voire l'angoisse de la mort, l'horizon qui borne la vie de tout homme et que la Parousie doit abolir à tout jamais. –

Références bibliographiques

BALE, John : The Image of Both Churches, Being an exposition of the most wonderful book of REVELATION of St John the Evangelist. ; The Select Works of John Bale, ed. Parker Society, Cambridge 1849.

FOXE, John. The Acts and Monuments of the Christian Martyrs, 3rd ed., Rev. Josiah Pratt, M.A., 8 vol., Londres, 1870.

Acts and Monuments of John Foxe, with a life of the martyrologist and a vindication of the work, by the Reverend George Townsend, New York, A. M. S. Press Inc., 1965, 8 volumes.

CDRom Edition : Facsimile of John Foxe's Book of Martyrs ; 1583 Actes and Monuments of Matters Most Speciall and Memorable ; David G. Newcombe with Michael Pidd; Published for the British Academy by Oxford University Press, 2001. –

Editions en ligne : www.hrionline.ac.uk/johnfoxe/.

JOYE, George.  The Conjectures of the ende of the Worlde and of that godly and learned man, Andrew Osiander (Anvers, in-8, 1548) ; The Conjectures of the ende of the Worlde by A. Osiander translated by Ge. Joye with many things by him added (London, 1548) ; The Conjectures of the ende of the Worlde (gathered out of Scripture by A. Oseander (in-8, Genève ? 1548) (British Library C.124.dd.34). Version électronique disponible sur EEBO. Les références dans cet article sont à cette 2ème édition.

LATIMER, Hugh. Sermons by H. Latimer, Everyman's Library, (1906) 1926.

BRIGGS, E.R. : « L'historiographie protestante de John Foxe (1554) comme moyen de controverse en Angleterre » in La Controverse Religieuse (XVIe -XIXe siècles), Actes du 1er colloque Jean Boisset, t. 2, Montpellier, 1980.

FIRTH, Katherine : The Apocalyptic Tradition in Reformation Britain: 1530-1645, Oxford, 1979.

JUNG, Carl Gustav : Psychologie et Religion, (1937), Buchet Chastel, 1994.

Pour aller plus loin

COHN, Norman, Les fanatiques de l'Apocalypse, Julliard, 1962.

DELUMEAU, Jean, Une histoire du paradis, tome 2 : Mille ans de bonheur , Fayard, 1995.

Formes du Millénarisme en Europe à l'Aube des Temps Modernes (Actes du Colloque International de l'Association Renaissance, Humanisme, Réforme, sept. 1998), Honoré Champion Editeur, 2001.

Millénarisme et utopie dans les pays anglo saxons : Anglophonia 3, P.U. du Mirail, 1998.

Pour citer cette ressource :

Monique Vénuat, "L’horizon de la fin des temps chez les réformateurs de la période Tudor ", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), septembre 2011. Consulté le 17/10/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/anglais/litterature/litterature-britannique/l-horizon-de-la-fin-des-temps-chez-les-reformateurs-de-la-periode-tudor-