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Les tubes de la Grande Guerre en Angleterre (Partie 2)

Par John Mullen : Maître de conférences - Université de Paris-Est Créteil
Publié par Clifford Armion le 27/08/2013
La vie des Britanniques il y a un siècle était souvent très dure. Comme à toute époque, le divertissement, et spécialement la musique, était essentiel pour toutes les classes sociales. Les couches privilégiées organisaient des concerts chez elles, aidées par leurs domestiques, ou allaient dans les salons de danse. La classe ouvrière rejoignait des fanfares ou des chorales, mais surtout allait au music-hall. Dans cet article nous avons choisi 10 chansons à succès des années de guerre qui peuvent illustrer les priorités de leur public. Pour chacune, nous fournissons un extrait des paroles, un enregistrement de l’époque, et une image.

If You Were the Only Girl in the World (1916)

George Robey and Violet LoraineSometimes when I feel low
And things look blue
I wish a boy I had… say one like you !
Someone within her heart to build a throne
Someone who’d never part, to call my own.

If you were the only girl in the world
And you were the only boy
Nothing else would matter in this world today
We could go on loving in the same old way.

A garden of Eden just made for two
With nothing to mar our joy
I could say such wonderful things to you
There would be such wonderful things to do
If you were the only girl in the world
And you were the only boy.

 

La photo des deux vedettes qui ont rendu célèbre cette chanson les montre en costume prêts à jouer dans la revue « Les garçons Bing sont arrivés » en 1916. Cette revue, écrite par un duo anglo-américain, connut un énorme succès.

À cette période, la revue menaçait la traditionnelle soirée de music-hall. Celle-ci était composée de numéros individuels qui restaient à l’affiche ou pas en fonction de leur popularité. La revue, au contraire, était un spectacle avec un scénario pour lier les numéros entre eux. Elle écartait, par ailleurs, les artistes qui tenaient plus du cirque. L’introduction de la revue était un effet de la concentration du capital : elle permettait d’envoyer en tournée un spectacle clé en main. Plusieurs centaines de revues furent présentées au cours de la guerre, et certains des plus grands théâtres de variété abandonnèrent les soirées traditionnelles pour se consacrer uniquement aux revues : dès 1913, l’Hippodrome de Londres fit ce choix, et l’année suivante, le Palace en fit autant[1]. Au Bristol Empire, dans l’Ouest de l’Angleterre, on constate un remplacement très brusque des soirées de variété par des revues dès 1914.

Début 1917, on compte trente-deux revues importantes en tournée en province, en plus de celles qui se produisent à Londres[2]. La revue pouvait proposer davantage d’effets spéciaux, et une direction artistique unique pour le spectacle. Ceci permettait au directeur artistique de préparer et contrôler des rythmes et des effets au-delà des quinze minutes que durait un numéro individuel de music-hall. Cela rendait des scènes romantiques plus faciles à mettre en place. On pouvait préparer une ambiance romantique, tandis qu’un chanteur ou une chanteuse de music-hall qui avait 15 minutes pour faire son numéro, précédé par un ventriloque et suivi par un numéro animalier, avait tendance à en rester au registre comique.

C’est une des raisons pour lesquelles l’expression des sentiments intimes avait été rare sur la scène du music-hall. De plus, il fallait se faire entendre sans microphone par des milliers de personnes dans la salle. Enfin, en ce qui concerne les chanteurs hommes, il était à l’époque très mal vu d’exprimer ses sentiments en public même sur scène, et souvent les sentiments intimes étaient réservés à des narrateurs « Noirs » (en fait des Blancs grimés en noir).

La photo montre bien que le personnage homme était un personnage comique. Ce n’est que quelques minutes avant d’interpréter cette chanson sur scène pour la première fois, en 1916, que George Robey décide de ne pas la chanter sur un ton comique mais sérieusement.[3] Est-ce qu’il avait compris, intuitivement, que les terribles tragédies des années de guerre permettaient désormais aux hommes d’exprimer davantage leurs sentiments en public ? Toujours est-il que la chanson fut un grand succès, et qu’il s’ensuivît d’autres chansons sur les sentiments intimes, tels que « Poupée brisée » l'année suivante.

Vous m’avez fait croire que vous m’aimiez aussi
Ne me dites pas que vous ne l’avez dit que pour rire
Car si vous vous détournez, vous regretterez un jour
De m’avoir abandonné, une poupée brisée

Écrit par un américain qui vivait en Angleterre, « If You were the Only Girl in the World » est l'un des très rares succès du music-hall à être encore connu de nos jours. Comment ne pas penser que le rêve exprimé dans les paroles n’est pas seulement de voir disparaître les rivaux en amour, mais toute la société, et, avant tout, la guerre ? Ce titre est resté dans le répertoire de la musique populaire et a été repris par Rudy Vallee, Dean Martin, Perry Como, Sam Cooke, Bernadette Peters et Barbara Streisand.


[1] Raymond Mander et Joe Mitchenson, British Music Hall, Londres, Gentry, 1974, p. 170.

[2] The Era, 3 janvier 1917.

[3] James Harding, op. cit., p. 86.

Keep the Homes Fires Burning (1917)

Keep the Homes Fires Burning They were summoned from the hillside
They were called in from the glen,
And the country found them ready
At the stirring call for men.
Let no tears add to their hardships
As the soldiers pass along,
And although your heart is breaking
Make it sing this cheery song :
[Refrain :]
Keep the Home Fires Burning,
While your hearts are yearning,
Though your lads are far away
They dream of home.
There’s a silver lining
Through the dark clouds shining,
Turn the dark cloud inside out
'Til the boys come home.
Overseas there came a pleading,
"Help a nation in distress."
And we gave our glorious laddies
Honour bade us do no less,
For no gallant son of freedom
To a tyrant’s yoke should bend,
And a noble heart must answer
To the sacred call of "Friend."

 

Le thème le plus populaire des chansons de la Grande Guerre était celui représenté par le mot « home » — « chez nous ». Pour chaque chanson éditée au Royaume-Uni en 1918 dont le titre contient le mot « victoire », il y en a dix qui contiennent le mot « home », et ceci reste vrai pour les chansons de l’année suivante. Pendant toute la durée de la guerre, d’ailleurs, ce thème était dominant. Voici une petite sélection des titres

1914

  • When Tommy Comes Marching Home
  • The Homes They Leave Behind
  • It’s a Long Way to Go Home

1915

  • Save Your Kisses Till the Boys Come Home
  • Tell My Daddy to Come Home Again

1916

  • The Road Back Home
  • When Tommy Comes Home Again
  • Blighty, the Soldiers’Home Sweet Home

1917

  • Back to My Home Once More
  • Keep the Home Fires Burning
  • I Love That Dear Old Home of Mine

1918

  • As the Boys Come Home Again
  • Home, Home, So Dear To Me
  • Welcome Home, Brave Lads
  • Where The Milestones End, It’s Home

L’avantage du thème de « rentrer chez soi » est qu’il met tout le monde d’accord, ceux dans le public qui sont sceptiques par rapport au discours officiel du Ministère de la Guerre, comme ceux qui sont fiers de leur gouvernement et sa détermination à éliminer la menace allemande. Notons que si les paroles de cette chanson défendent explicitement les objectifs de l’empire, les seules paroles qu’on demande au public de chanter en chœur concernent le rêve de la fin du conflit et les retrouvailles.

Ce texte s’adresse avant tout aux femmes qui restent en Angleterre pendant que leurs hommes sont partis faire la guerre. On demande aux femmes de « garder le feu allumé à la maison » pour préparer le retour des soldats. Ce n’est pas vraiment une représentation réaliste du rôle des femmes pendant la guerre, évènement qui avait transformé leur quotidien. Des millions de femmes mariées reprirent un emploi salarié. Sur quatre ans il y eut 500 000 nouvelles salariées dans le commerce, 400 000 dans l’agriculture et 800 000 dans l’industrie. Dans le secteur bancaire, il y avait 1 500 femmes en 1914, 30 000 en 1916.

De nombreuses chansons expriment une certaine inquiétude par rapport à ce bouleversement des rôles des hommes et des femmes : c’est le cas de ces morceaux, même si les titres sont souvent neutres :

  • Kitty, la fille du téléphone (1914)
  • Le club de football féminin (1915)
  • La Rédactrice en chef (1915)
  • La contrôleuse de billets (1916)
  • Tilly la dactylo (1916)
  • Le travail des femmes (1917)
  • Où sont passées les filles de la vieille brigade ? (1917)

Vers la fin de la guerre quelques morceaux comme « Nous vous remercions, femmes de l’Angleterre ! », « Crions ‘Hourra !’ pour les femmes britanniques » ou « Que ferions-nous sans elles ? » reconnurent la contribution des femmes à la guerre.

Oh it’s a lovely war (1918)

Cette chanson a donné son nom à une comédie musicale qui est encore représentée de nos jours Up to your waist in water,
Up to your eyes in slush
Using the kind of language
that makes the sergeant blush
Who wouldn’t join the army ?
That’s what we all enquire.
Don’t we pity the poor civilians,
sitting around a fire !
[Refrain :]
Oh, oh, oh it’s a lovely war.
Who wouldn’t be a soldier, eh ?
Oh it’s a shame to take the pay.
As soon as reveille has gone
we feel just as heavy as lead,
But we never get up till the sergeant
brings our breakfast up to bed.
Oh, oh, oh, it’s a lovely war, it’s a lovely war.
What do we want with eggs and ham
when we’ve got plum and apple jam ?
Form fours, Right turn !
How shall we spend the money we earn ?
Oh, oh, oh it’s a lovely war !

Plum and apple jam : de la confiture aux prunes et aux pommes. On disait que c’était la seule confiture fournie aux troupes, mois après mois.
Form fours, right turn : des ordres criés pendant les manoeuvres militaires.

Cette chanson de 1917 a donné son nom à une comédie musicale de Joan Littlewood et Gerry Raffles en 1963 (adaptée au cinéma en 1969), qui a participé à la popularisation d’une vision antimilitariste de la Première Guerre mondiale, présentée par les auteurs de la comédie musicale comme un massacre criminel perpétré par les élites insouciantes de l’Europe. Le spectacle de 1963 eut des difficultés pour être approuvé par la censure encore en place à l’époque. Malgré les objections de la famille du Général Haig, commandant en chef de l’armée britannique après 1916, l’autorisation fut enfin accordée. La comédie musicale fut reprise pour une tournée nationale en 2010 (voir l’affiche).

Une vision similaire de la Première Guerre est à voir dans la série télévisée comique Blackadder goes forth, produite par la BBC en 1989. Les deux ouvrages sont souvent critiqués par certains historiens qui voudraient réhabiliter la direction militaire et politique de la Grande-Bretagne d’il y a un siècle, et particulièrement le général Haig. Le livre de Gary Sheffield, Bloody Victory, et celui de Nigel Cave et Brian Bond, Haig : A Re-appraisal 80 Years on sont parmi les ouvrages les mieux vendus de ces historiens.

L’humour noir et sarcastique de ce morceau était courant dans les chansons inventées  par les soldats au front, chansons marquées par un mépris pour l’armée et la hiérarchie militaire, et parfois pour les civils en sécurité chez eux. Sur la scène du music-hall on ne pouvait voir ce genre d’humour au début de la guerre ; pourtant, après quelques années, il pointe son nez.

Ce genre d’humour avait été populaire au music-hall d’avant 1914 et le restera après la guerre. Diverses chansons traitaient de graves problèmes de la vie de la classe ouvrière sur un ton gai et comique. « I live in Trafalgar Square » de 1902 était chanté par un narrateur sans-abri. « Wait till the work comes round » de 1906 parlait du chômage (à une époque où son indemnisation était inexistante),

Il y en a qui se soumettent à cause du chômage, mais je n’en fais pas partie
Si le contremaître se plaint, je ramasse mes affaires et je lui mets mon poing à la figure…
Alors quel intérêt de se mettre à râler s’il n’y a pas d’emploi à trouver ?
Si tu trouves pas un travail, tu peux rester au lit jusqu’à l’heure où reviennent les écoliers/
Si on ne trouve pas de travail on ne peut pas se faire virer : Ce n’est que la stricte vérité
Repose-toi sur ton oreiller et lis ton Daily Mirror, et attends que le travail vienne te chercher !

Le succès chanté par Marie Lloyd, « My Old Man », raconte l’expérience d’une famille expulsée à plusieurs reprises pour non-paiement du loyer. Le fait que la guerre puisse être traitée avec le même humour nous rappelle que, si la guerre était un traumatisme massif pour la population, une bonne partie en avait vu d’autres : une pauvreté terrible et un taux élevé de mort infantile constituaient le quotidien pour des millions de Britanniques.

Cette chanson « Mon Dieu, que la guerre est jolie ! » était chantée par plusieurs artistes différents, mais la version la plus connue est celle d’Ella Shields, chanteuse vedette. Elle était une des artistes qui avait l’habitude de se déguiser en homme pour son jeu de scène, afin de se moquer de certains types d’homme. Les femmes qui jouaient l’homme sur scène, dont la plus connue était Vesta Tilley, étaient extrêmement populaires, jusqu’à la disparition du genre dans les années 1920. À cette époque d’une division rigide entre les rôles publics des hommes et des femmes, une femme portant des vêtements d’hommes avait quelque chose de choquant. Ces personnages ont peut-être aidé le public à se rendre lentement compte que les divisions pouvaient évoluer. Néanmoins, on dit que, lorsque Vesta Tilley chanta devant la famille royale lors d’un spectacle en 1911, la reine Mary préféra détourner son regard.

What did you do in the war, Daddy (1919)

Affiche de propagande qui a inspiré cette chansonTake my head on your shoulder Daddy,
Tell me the tale once more
I’ve often asked you to tell me, Daddy
What you did in the great Great War ?
What did you do in the War, Bertie ?
'I' said the young man from the grocery store
'Took no coupons from the woman next door
Whose husband was on the Tribunal.
All single girls got butter fresh
And lumps of sugar large
The married ones I gave the moist
And half an ounce of marge !
And that’s what I did in the Great War, Daddy.’
What did you do in the Great War, Frederick ?
'I' said the Special, 'From ten to four
Guarded the local reservoir
And saw that no one drank it !’
When small boys got impertinent,
I soon applied the stopper
And frightened them by threatening
To whistle for a copper
And that’s what I did in the Great War, Daddy.'

And all the profiteers
who had been so long in clover
Fell a-sighing and a-sobbing
when they heard the war was over
For they’d all made their 'bit' in the Great War, Daddy !
Coupons : tickets de rationnement
The moist : ici,  le sucre un peu humide
Marge : margarine
The Special : un policier bénévole recruté parmis les civils
To be in clover : vivre la belle vie
They « made their bit » : ils en ont bien profité.

Pendant la guerre, la pression du patriotisme était très forte. Si le répertoire pouvait critiquer certains aspects de la politique gouvernementale, il n’y avait quasiment pas de chansons antiguerre. Mais une fois le cessez-le-feu signé, l’union sacrée nationale pesait moins lourd. Dans le domaine social, on vit des mutineries, la grève de la police en 1918, et des grèves massives (35 millions de journées de grève) en 1919. Dans le music-hall, on pouvait chanter plus librement sans être accusé de trahir la patrie.


Quelques chansons à succès s’attaquèrent aux mythes d’une unité héroïque de la Nation. Le morceau « D’abord j’ai gagné une DCM »[1] se moque des soldats qui inventaient des histoires de leurs exploits courageux dans les tranchées. Dans la chanson que nous présentons ici, la vedette Tom Clare chante sa vision cynique de la guerre. Le titre reprend le slogan d’une affiche de propagande, qui avait voulu utiliser le sens de responsabilité familiale des hommes pour les encourager à rejoindre l’armée. L’affiche montre une scène de l’après-guerre confortable et prospère, et un homme qui ne réussit pas à se sentir à l’aise au sein de cette prospérité parce qu’il a refusé, quand il en avait la possibilité, de participer à l’effort collectif dont la prospérité est la récompense.


Dans chaque couplet de la chanson, le narrateur raconte les exploits d’un citoyen britannique et sa contribution à « la grande grande guerre ». On rencontre l’épicier qui n’applique pas le rationnement à la femme du magistrat qui l’avait exempté du service militaire, l’homme de la défense civile qui ne sert à rien, se contentant de « monter la garde sur le réservoir municipal pour être sûr que personne ne le boive », et l’ouvrier de l’usine des munitions qui profite des salaires élevés en temps de guerre. Notons que la cible des attaques est constituée de ceux qui ont échappé au sacrifice : ce n’est pas une condamnation des élites qui ont décidé et géré la guerre.

Quelques chansons de 1920 exigèrent que les profiteurs de guerre soient punis. « Que faut-il faire des profiteurs ? Il faut les fusiller tous ! » en était la plus agressive.

Un morceau impressionnant de 1920, réédité dans le recueil des succès de l’année de Francis and Day s’en prend aux officiers cruels. Le titre en est « Le Commandant fait pop » et il raconte un complot du narrateur pour retrouver et tuer l’officier qui était son supérieur à l’armée :

Quand l’Armistice fut enfin signé
Nous avons fait un grand serment
De trouver notre commandant […]
Il croit qu’il est tout oublié
Mais il nous verra bientôt sous une autre lumière
Car on va incendier sa maison ce soir
Le commandant fera « pop ! »

Qu’une chanson de ce type soit un hit en dit long sur toute la litanie d’indicibles souffrances des soldats ordinaires sous le contrôle de commandants choisis essentiellement en fonction de leur rang social dans une situation de guerre totale.


[1] « Distinguished Conduct Medal ».

Conclusions

Nous espérons que cette brève exploration des tubes de la Grande Guerre a réussi à communiquer un peu de l’ambiance du music-hall d’il y a un siècle en Angleterre et a clarifié les priorités des chanteurs populaires. Comme aujourd’hui, la musique était très importante dans la vie des gens, et les chansons (qui duraient déjà généralement autour de trois minutes) pouvaient connaître un grand succès très éphémère avant de tomber dans l’oubli ou pouvaient devenir des « classiques » chantées et écoutées pendant plusieurs décennies. Sans radio, télévision, MP3 ni gramophone (ce dernier était encore un luxe), la population entendait infiniment moins de musique que nous, et une musique généralement moins variée. Néanmoins, certains des thèmes – l’amour, le ludique et la vie quotidienne – étaient les mêmes que ceux qui inspirent les chansons populaires du XXIe siècle.

Pour citer cette ressource :

John Mullen, "Les tubes de la Grande Guerre en Angleterre (Partie 2)", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), août 2013. Consulté le 25/04/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/anglais/civilisation/domaine-britannique/les-tubes-de-la-grande-guerre-en-angleterre-br-partie-2-