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Bill Douglas Trilogy / La trilogie Bill Douglas My Childhood - My Ain Folk - My Way Home (Bill Douglas 1972 -1973 -1978)

Par Lionel Gerin : Professeur d'anglais et cinéphile - Lycée Ampère de Lyon
Publié par Clifford Armion le 15/01/2015
Écosse. Un village minier près d'Édimbourg. 1945. Un enfant, son frère, leur grand-mère maternelle. Un prisonnier allemand.Mort de la grand-mère. Orphelinat. Grand mère paternelle. Un oncle. L'orphelinat encore. L'adolescence. La mine. Service militaire en Égypte. Rencontre de Robert. Ouverture. Les dialogues? Presque aucun. La musique? Aucune. L'action? Survivre. Le résultat? Au-delà des mots. Saisissement total. Comment en effet parler d'une telle œuvre? C'est un coup à l'estomac, un vent du Nord, une nuit charbonneuse.

http://video.ens-lyon.fr/eduscol-cdl/2015/ANG_2015_Douglas.mp4

Écosse. Un village minier près d'Édimbourg. 1945.

Un enfant, son frère, leur grand-mère maternelle. Un prisonnier allemand.

Mort de la grand-mère. Orphelinat. Grand mère paternelle. Un oncle.

L'orphelinat encore. L'adolescence. La mine. Service militaire en Égypte. Rencontre de Robert. Ouverture.

Les dialogues? Presque aucun.

La musique? Aucune.

L'action? Survivre.

Le résultat? Au-delà des mots. Saisissement total.

Comment en effet parler d'une telle œuvre? C'est un coup à l'estomac, un vent du Nord, une nuit charbonneuse.

Que ressent un enfant sans mère, avec un père absent, avec une chemise pour contrecarrer le vent, et le vol du charbon sur les terrils pour seule chaleur? Et quels mots, quelles images pour le dire?

Dans ce monde, pas de commisération, pas une larme, aucune sentimentalité. La vie brute, la vie noire de charbon et blanche de froid.
Que se passe-t-il dans la tête de cet enfant? De quoi sont faits ces jours qui dureront toute une vie?

Bill Douglas atteint ici l'os nu du récit, du cinéma. Nous voici sans ressources, livrés à l'enfance, elle aussi nue, ses terreurs et ses faims, sa colère et ses cris qui s'étouffent sur les ponts de chemin de fer dans la vapeur des express hurlants.

Cherchez la caresse, l'étreinte, la main sur l'épaule, cherchez la peau.

Sans pardon. Sans explications. Sans rémission.

Le dernier volet ouvre enfin un ailleurs, un ciel possible, un air chaud où côtoyer les hommes semble envisageable. Plans superbes. Quelques éclats de grâce volés à l'instant. Derniers plans. Faut-il parler de la lumière?

Ces films vous laisseront étrangers, à la porte lointaine d'une enfance qui ne fut pas vôtre.

Ou bien cet escalier, cette rangée de maisons en briques, ces collines venteuses feront à jamais partie de votre cinéma mental.

Bill Douglas nous fait le don de son passé.

Poésie pure.

Mais ceux qui ne connaissent de la poésie que les fleurs et les amoureux transis risquent l'électrochoc.

J'ai dit de Night of the Hunter que c'était un diamant noir. Cette trilogie est un morceau de charbon plus noir encore que la nuit. Et il faut, pour en voir toute la beauté, plonger au plus profond de la mine, dans une obscurité humide qui nous laisse transi, le cœur éparpillé.

 

Pour citer cette ressource :

Lionel Gerin, "Bill Douglas Trilogy / La trilogie Bill Douglas My Childhood - My Ain Folk - My Way Home (Bill Douglas 1972 -1973 -1978)", La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), janvier 2015. Consulté le 19/09/2018. URL: http://cle.ens-lyon.fr/anglais/arts/cinema/bill-douglas-trilogy-la-trilogie-bill-douglas-br-my-childhood-my-ain-folk-my-way-home-br-bill-douglas-1972-1973-1978-